Darcos, l’Attila de l’éducation ?

31 01 2009

Il semble maintenant évident que là où passeront les réformes Darcos, plus rien ne repoussera !

On pouvait s’attendre au pire, il a été largement dépassé.

Je ne vais pas répéter ce que d’autres ont dit mieux que je ne saurais le faire.

Globalement sur l’ensemble des réformes, ces deux textes essentiels :

http://meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

http://educpol.over-blog.com/article-27229568.html

Sur les évaluations de CM2 :

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/12/106-evaluer-tellement-plus-facile-qu-aider-a-apprendre

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/17/107-ca-veut-dire-quoi-evaluer

http://www.charmeux.fr/blog/index.php?2009/01/19/108-ca-veut-dire-quoi-evaluer-suite-sans-fin

Ainsi que ce texte de l’excellent Sylvain Grandserre dont l’ouvrage, Ecole : Droit de réponses : Lettres d’un jeune maître d’école, reste d’une actualité brûlante.

http://www.meirieu.com/FORUM/grandserre_triangle_des_bermudes.pdf

Avec ces évaluations, les enseignants ne peuvent se battre seul. 

Je lance un appel aux parents d’élèves pour les réquisitionner et faire en sorte qu’elles n’arrivent jamais aux Inspections.

Si je me décide aujourd’hui à reprendre le cours de mon blog (j’hibernais et il a fallu que l’on me réveille, du coup je suis un peu grognon), c’est que j’aimerais revenir sur un point du débat qui me semble essentiel.

En 1934 ce cher Guizot, premier véritable ministre de l’instruction publique, fit un choix dont les conséquences furent lourdes et longues : il choisit la pédagogie Lassallienne du XVII ème siècle dont les principaux fondements sont l’autorité du maître tout puissant, l’apprentissage par répétition, l’apprentissage de l’obéissance, de la morale et j’en passe …

Pédagogie du savoir où l’enseignant sait tout, l’apprenant rien, du modèle (le maître), de l’autorité (la discipline comme raison d’être), de l’effort (critère essentiel d’évaluation), de l’individualisme (aucun débat, aucune relation entre les élèves, aucun travail de groupe) et de la sanction (l’erreur est simplement sanctionné, c’est une « faute », jamais un moyen d’apprendre), de la répétition comme seul moyen d’apprendre.

C’est cet esprit lassallien qui revient dans les nouveaux programmes et les réformes Darcos.

Il a fallu attendre la fin des années 60 pour que l’institution commence à vraiment réfléchir sur l’acte d’éduquer, malgré Rousseau, Pestalozzi, Owen,  Dewey, Cousinet, Freinet, Korczak, Decroly, Oury, Montessori …

C’est ce bon en avant, qui n’a cessé de progresser depuis quarante ans, qui est en train d’être remis en cause.

Quelques exemples avec les nouveaux programmes :

 

La morale : « L’instruction civique et l’enseignement de la morale permettent à chaque élève de mieux s’intégrer à la collectivité de la classe et de l’école au moment où son caractère et son indépendance s’affirment. » 

 

Les évaluations CM2 ne ressemblent-elles pas à la pédagogie de la sanction ? Évaluation sommative où tout est juste ou tout est faux : 0 ou 1 …

Le retour de la répétition, du par coeur …

 « L’élève est capable de :
– dire de mémoire, de façon expressive une dizaine de poèmes et de textes en prose », « Une attention permanente est portée à l’orthographe. La pratique régulière de la copie, de la dictée sous toutes ses formes « , « Un travail régulier de récitation (mémorisation et diction) est conduit sur des textes en prose et des poèmes. » et « C’est en proposant aux élèves un enseignement structuré et explicite, orienté vers l’acquisition des savoirs de base, et en leur offrant des entraînements systématiques » 

 

L’effort remis au goût du jour comme une valeur transcendantale … « montrer une certaine persévérance dans toutes les activités »

 

L’autorité du Maître comme une de ses compétences principale …

 

L’individualisme avec certainement des classements d’établissements en fonction des résultats et la suppression de la carte scolaire …

 

C’est le retour des lassalliens qui vont préparer nos enfants à entrer dans le XVIIIème siècle. 

Mince ! 

Mais nous sommes déjà rentré dans le XXIème ?!

Il va falloir offrir un calendrier à Darcos !

Il ne faut pas se faire d’illusions, soit Darcos est le pire des incompétents, ce dont je doute, soit il y a une volonté de détruire définitivement l’école publique républicaine, qui, si elle avait quelques défauts, restait bien trop performante et n’incitait pas assez les parents à se tourner vers le privé.

L’école est en vente … s’il en reste quelque chose après le passage de Darcos !

À moins que l’objectif de Xavier soit d’être sanctifié par Sa Grandeur Le Tout Puissant Sarkozy comme le fut Jean-Baptiste …

 

Ludovic Bourely




« Le passé ne me sert à rien. »

7 12 2006

« J’ai passé ma vie à lire et à analyser, à écrire ( ou à m’essayer à écrire) et à jouir de l’écrit. (…). Chaque fois que je me trouve confronté à la page blanche, je ressens la même impression : je dois redécouvrir la littérature par moi-même. Le passé ne me sert à rien. Ainsi donc, (…), je n’ai que mes perplexités à vous offrir. », Jorge Luis Borges, L’art de la poésie, Gallimard, 2002.

Pour en finir avec la grammaire, Jean Pierre Dubreuil a publié sur son blog la liste des commentaires sur le rapport Bentolila, j’y ajouterai la réaction de Lubin et de Lofi qui me fait l’honneur de me citer. Avec le rapport, finalement, cela constitue un formidable outil pédagogique (sous forme de dossier par exemple), pour le français (lecture, commentaire de textes, argumentation …), la philosophie, la communication, l’histoire même …
Ce rapport n’aura donc pas été inutile.
Même sans l’utiliser comme outil pédagogique, quand on aime le second degré, on peut beaucoup rire en lisant les 33 pages.

Et le rire est bon pour la santé …
De Robien, Ministre de la Santé !

Pour être plus sérieux, il faut bien de temps en temps, les journaux de bord peuvent être un formidable outil d’apprentissage de la grammaire …
Parce que faire de la grammaire à partir de ce que l’on a écrit s’inscrit dans une démarche complète de l’apprentissage de la langue. Parce que le journal de bord permet, par exemple, la réécriture qui elle aussi est une démarche stimulante et efficace.

Oui, et la citation ?…

À vous de voir ! …

Non, je vous aide un peu…
Premièrement, je n’avais aucune citation d’Eric Orsena sous la main. Ma bibliothèque serait-elle mal rangée ? Je n’ai pas la même bibliothèque que Monsieur le Ministre De Robien, ou que celle du candidat Sarkozy ?

Deuxièmement, et essentiellement, cette page blanche, c’est en se confrontant à elle que l’on apprend à écrire …
C’est l’une des convictions qui m’ont conduit à utiliser les journaux de bord.

Troisièmement, non cette fois à vous de trouver…

Ludovic Bourely