« Push » ou le pouvoir de l’écrit.

17 11 2006

« J’ai redoublé quand j’avais douze ans pasque j’ai fait un môme à mon père. C’était en 1983. J’ai pas été en classe pendant un an. Là , ça va être mon deuxième môme. Ma fille est Très Somique. » Les trois premières lignes de Push, de Sapphire. Éd. de l’Olivier/Éd. du Seuil 1997.

Ce roman a déjà beaucoup fait parler de lui des deux côtés de l’Atlantique.
Je ne vais donc pas répéter les nombreuses critiques littéraires existantes. C’est l’histoire d’une adolescente noire de 16 ans, Precious Jones, qui ne sait ni lire, ni écrire, qui n’a connu que violence et pauvreté, et qui va « gagner » son identité grâce à l’écriture.


Pourquoi je parle de ce roman ?

S’il est le témoignage d’une certaine Amérique, si son style est à lui seul un pari littéraire (et sans parler de la traduction, qui est un véritable exercice de style), il est pour moi le témoignage du pouvoir de l’écriture d’expression et de la pédagogie. « L’école de L’Enseignement Parallèle/Apprendre de Chacun/Apprendre à Chacun » reste une expérience américaine, mais il y a à apprendre, notamment sur la place de l’enseignant, avec « Mrs Avers ». Le nom de l’école non plus ne vous a pas échappé, « Apprendre de Chacun/Apprendre à Chacun », tout un programme, une position pédagogique.

L’outil ?
Le journal d’expression.
Un autre exemple très différent d’utilisation de l’outil « Journal de bord », qui montre que cet outil est nécessairement multiforme ; qu’il peut être utilisé, à chaque fois sous une forme différente, de la maternelle à l’université, et dans tous les types de formations et d’environnements éducatifs.
Parce qu’il utilise ce pouvoir de l’écrit d’expression, de l’écrit « réel ».
– Quant au roman, il est à lire, rien que pour son originalité.

Je finirais donc juste avec cinq lignes du poème de Precious Jones qui clot le roman :

« Je sais voir
Je sais lire
personne ne le voit aujourd’hui
mais je pourrais devenir poète, rappeur, j’ai une boîte d’aquarelles
mon enfant est malin »

Ludovic Bourely


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3 réponses à “« Push » ou le pouvoir de l’écrit.”

1 12 2006
borie cathy (19:58:03) :

Bravo ! Voil? qui remet ? sa juste place les délires actuels sur les méthodes d’apprentissage de la lecture, en re-situant le problème ? sa source : lire et écrire comme outil de liberté, de vie, d’expression…
En tous cas, j’ai envie de lire le roman cité, et ça, déj? , c’est un résultat très positif.

2 12 2006
journal (14:57:55) :

Merci pour cette contribution intéressante.
Pour le roman, bonne lecture, et je serais ravi d’avoir votre opinion …

Ludovic Bourely

7 03 2007
Liberté d’expression - Les dossiers du WebPédagogique - LeWebPédagogique (15:00:29) :

[…] Ludovic Bourely sur Journal de bord… – Le mot est complexe : pour Ludovic, le mot est la clef de l’apprentissage. Dans cet article, il compare l’arrivée de l’imprimerie à celle des blogs : l’écrit est de moins en moins réservé à une élite, la liberté d’expression s’étend. – Le pouvoir de l’écrit : un éloge à l’écrit et une invitation à la lecture de Push, de Sapphire. […]

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