JOURS APRES JOURS

Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Argumentation – cours

Quelques modèles de paragraphes argumentatifs simples

Pour s’entraîner :

– recopiez l’affirmation en caractère gras

– démontrez qu’elle est juste ou au contraire controversable.

– comparez ce que vous avez écrit à la proposition de corrigé.

– interrogez-vous : avez-vous utilisé des exemples concrets ? précis ? avez-vous utilisé des connecteurs logiques ? quelles relations logiques avez-vous mis en évidence dans le paragraphe ?

a) Dans une société qui ne fait pas sa juste place à la jeunesse, il est normal que certains veuillent tout casser.

 

Dans une société qui ne fait pas sa juste place à la jeunesse, il est normal que certains veuillent tout casser. En effet, les adultes défendent souvent leurs idées par la violence comme le montrent les nombreuses guerres ou révolutions sanglantes. Encore récemment [ajouter exemple précis] . Les jeunes prennent modèles sur eux : la révolte leur apparaissant comme le seul moyen de se faire entendre.

 

b) Si les jeunes cassent tout, il est normal que la société leur refuse la place qu’ils réclament.

 

Si les jeunes cassent tout, il est normal que la société leur refuse la place qu’ils réclament. De fait, les problèmes ne se règlent pas par la violence, sans quoi les problèmes des lycées par exemple seraient résolus depuis longtemps. Ces jeunes réclament un droit à la parole, mais ne s’en servent pas quand ils sont violents. Par conséquent, à quoi bon le leur donner, s’il leur est inutile ?

 

c) Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée.

 

Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée. Un enfant est une personne innocente, à qui l’adulte doit montrer l’exemple. On ne doit pas s’attaquer à plus petit que soi : l’enfant n’a pas les moyens de se défendre. Les crimes contre les enfants sont indignes d’un être humain, il ne peut plus être considéré comme tel. Marc Dutrou, pédophile belge responsable de nombreux meurtres, en tuant des enfants (y compris les siens) a renié son humanité, l’enfant qu’il a été. Il est devenu comme une bête sauvage qui n’obéit qu’à son instinct. Il est donc juste que la société veuille éliminer cet individu.

ou

Quand un homme ou une femme s’attaque à la vie d’un enfant, la peine de mort est justifiée. Un enfant est une personne innocente, à qui l’adulte doit montrer l’exemple. On ne doit pas s’attaquer à plus petit que soi : l’enfant n’a pas les moyens de se défendre. Les crimes contre les enfants sont indignes d’un être humain, il ne peut plus être considéré comme tel et il est donc compréhensible que la société veuille éliminer cet individu. Toutefois, ce n’est pas parce que l’homme se comporte de manière inhumaine qu’il n’est plus un homme. En effet, on ne peut confondre la personne et ses actes. Par conséquent, la société qui justifie la peine de mort se comporte comme l’homme dont elle réprouve le comportement et se déshumanise elle aussi. Elle doit donc se montrer capable à la fois de se protéger des individus dangereux sans s’identifier à eux sans quoi elle ne dépasse pas une conception primitive  de l’humanité et justifie la loi, injuste, du Talion « oeil pour oeil, dent pour dent ».


 

d) Rien ne peut justifier qu’une société puisse décider de mettre à mort l’un des siens. En effet, pour punir celui qui a tué, la société se rend elle-même coupable de meurtre et elle ne joue plus alors son rôle éducateur. S’il s’agit de « faire payer », mieux vaut condamner le coupable à vie, car un meurtre sur la conscience et la prison sont plus difficiles à supporter que la mort, qui ne dure qu’un instant. Par ailleurs, il ne manque pas d’exemples de criminels repentis, tout près de nous dans le temps, Jacques Fresch en est la preuve.

NOTIONS A CONNAÎTRE

La logique d’une argumentation

  1. THEME ET THESE

 

Le thème est le sujet débattu dans le texte, exprimé soit par une notion (ex. ; la liberté), soit par une question (ex.  qu’est-ce que la liberté ?).

La thèse est l’opinion soutenue sur un thème et s’opposant à d’autres thèses possibles (ex. : la liberté consiste à pouvoir faire ce que l’on veut, thèse qui s’oppose à : la liberté doit s’arrêter là où commence celle des autres). Elle n’est pas forcément exprimée par une phrase du texte; il faut alors savoir la déduire. C’est une idée principale, générale, un principe que l’on va ensuite défendre (ou attaquer, ou nuancer).

2. ARGUMENTS ET EXEMPLES

L’argument est la preuve utilisée pour soutenir une thèse (argument persuasif) ou pour infirmer une thèse adverse (argument polémique). Une thèse a besoin d’arguments pour être acceptée, alors qu’un argument doit sembler évident par lui-même. La thèse est un but, l’argument est le moyen d’amener à ce but.

Les exemples viennent illustrer les arguments. Ils ont plusieurs fonctions possibles :

• rendre l’argument plus clair grâce à un cas concret ;

• prouver l’argument par une réalité incontestable et vérifiable;

•séduire le destinataire en frappant son imagination.

3. LES TYPES DE RAISONNEMENTS

Le raisonnement déductif

Chaque argument découle des précédents. On va du général au particulier. Le syllogisme est la forme la plus pure de la déduction, qui fait découler une conclusion de deux propositions générales, appelées prémisses.

Ex. : Tous les hommes sont mortels [prémisse majeure] ;or, Socrate est un homme [prémisse mineure] ; donc Socrate est mortel [conclusion].

Toute déduction peut être reformulée sous forme de syllogisme. En général, le raisonnement déductif n’exprime qu’une seule prémisse, l’autre étant évidente et restant sous-entendue.

Le raisonnement inductif

Au contraire de la déduction, l’induction part d’exemples particuliers pour en déduire une loi générale.

Ex. : Tous les hommes ayant vécu avant nous sont morts, donc tous les hommes sont mortels.

Le raisonnement concessif

Cette forme de raisonnement accorde une part de vérité à la thèse adverse afin de mieux en marquer les limites. L’auteur, qui semble ainsi moins partisan et plus objectif, peut ensuite présenter son propre point de vue avec plus de force. La concession s’appuie sur des connecteurs tels que certes, sans doute, s’il est vrai que, bien que, et s’achève souvent par un connecteur d’opposition tel que mais, cependant, pourtant…

• Le raisonnement par analogie

Ce raisonnement permet de rapprocher le thème traité d’une réalité simple, indiscutable, et procède par amalgame. On sait que A implique B, or A ressemble à A’ et B ressemble à B’, donc A’ implique B’.

Ex. : Athènes et Sparte ont triomphé des tyrans d’Asie parce qu’elles étaient des cités démocratiques; or la République française est une démocratie comme Athènes et Sparte; donc elle doit triompher des monarchies européennes.

(D’après un discours de Robespierre).

Ce raisonnement, bien que simplificateur, frappe l’imagination. Il est souvent utilisé dans la polémique pour déprécier un adversaire en l’associant à un modèle historique négatif.

4. LES TYPES D’ARGUMENTS

L’argument a fortiori

Cet argument examine un cas extrême et conclut à plus forte raison dans les autres cas.

Ex. : Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? Racine, Andromaque, 1667.

= Puisque je t’aimais alors que tu étais inconstant, à plus forte raison t’aurais-je aimé si tu avais été fidèle.

L’argument a contrario

Appelé également argument par l’absurde, il montre que si la thèse n’était pas vraie cela entraînerait des conséquences absurdes. En polémique, l’argument a contrario montre que la thèse adverse entraîne des conséquences absurdes ou moralement inacceptables.

L’argument d’autorité

Cet argument consiste à montrer qu’une personne digne de confiance est du même avis. Invoquer des travaux scientifiques, citer une personnalité célèbre, constituent des arguments d’autorité.

L’argument ad hominem

Argument qui consiste à s’en prendre, non aux idées de l’adversaire, mais à sa personne même, en la discréditant. Ridiculiser l’adversaire constitue un argument ad hominem. C’est la manière la plus faible, le dernier moyen à utiliser pour argumenter contre quelqu’un.

5. LE PARADOXE

Le paradoxe est une thèse contraire aux idées courantes. Parce qu’il est original, le paradoxe a une force de séduction que n’a pas le lieu commun et frappe davantage l’imagination.

Ex. : Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau. Paul Valéry

La contradiction n’est qu’apparente puisque le mot peau désigne ici, au sens figuré, la sensualité et est un élément extérieur de l’homme (or l’idée de surface s’oppose à la profondeur).

FICHE argumentation 4e_3e

la logique d’une argumentation

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