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Document : Les mariniers du Rhône

on 3 mars 2010

LECTURE

POUR PREPARER

LA VISITE AU MUSEE DES MARINIERS

Serrières-sur-le-Rhône

Les mariniers, ces marins d’eau douce

© Maison du fleuve Rhône

Les mariniers du Rhône ont besoin d’un grand courage pour exercer leur pénible métier. Les naufrages n’épargnent aucune famille et la mort accompagne ces marins d’eau douce tout au long de leurs voyages. Ils ne s’aventurent jamais sur la mer, mais la navigation sur le Rhône est tout aussi ardue du fait de son débit très irrégulier et des transformations incessantes dont son parcours fait l’objet : disparition ou apparition d’îles, chemin de halage détruit, berges déformées…

Les équipages de chevaux et la longueur des convois exigent une organisation rigoureuse. Le patron doit connaître parfaitement la rivière et ses hommes. Ceux-ci occupent différentes fonctions : la cuisine, le soin des animaux, l’entretien du bateau et du matériel…. À terre, dans certaines villes comme Baix, Sablons, Serrières ou Givors, les mariniers constituent de véritables foyers de navigateurs.
Ainsi, le terme de marinier désigne tout d’abord les hommes travaillant sur les convois de la batellerie halée, héritiers des nautes, avant de s’étendre à l’ensemble des professionnels de la navigation sur le fleuve. Le marinier est une personne salariée par opposition au batelier qui est propriétaire de son bateau.

La vie du marinier a été décrite par certains écrivains romantiques (notamment Frédéric Mistral) comme une existence bien particulière mais ce mythe n’est pas confirmé par les faits. Bien souvent, ces hommes du fleuve exercent d’autres métiers en parallèle notamment pour pallier les fréquentes périodes d’inactivités dues aux basses eaux et aux crues.

Les personnages mythiques

Les personnages mythiques qu’ils soient bons ou mauvais peuplent les eaux des rivières et des fleuves : tantôt salvateurs et protecteur, tantôt malfaisants et diaboliques, ils sont nombreux à habiter les rives et les profondeurs du Rhône.

Saint Nicolas protège les mariniers ainsi que les taureaux que l’on sacrifie, dès l’Antiquité pour calmer la colère du fleuve et plus tard, au Moyen Âge, pour rappeler les souffrances des martyrs de Lyon. La pierre de Pierre-Bénite protège les mariniers, alors que d’autres pierres ont la réputation d’être maudite. Certains personnages mythiques apportent la peur, la maladie ou le chagrin : les dracs emmènent les femmes dans leurs palais sous les eaux, les fées malveillantes jettent des sorts ou attirent les malheureux dans des pièges mortels, la Tarasque terrorise jusqu’au jour où elle est enfin vaincue par des jeunes gens héroïques ou par Sainte Marthe selon les versions…

Tous ces personnages mythiques sont là pour rappeler les dangers mais aussi les bienfaits de ce fleuve impétueux et imprévisible. On s’en méfie autant qu’on le vénère et qu’on le respecte, notions quelque peu oubliées aujourd’hui et qu’il serait bon de rappeler…

Les objets du fleuve

croix de mariniers, statues de Saint Nicolas, instruments de navigation, outils de pêche et objets liés à la joute sont autant de témoins du passé rhodanien.

Ce patrimoine épars et varié se découvre partout sur le parcours du fleuve aussi bien dans des édifices religieux, que chez des particuliers ou dans des musées. Ainsi, on trouve des croix de mariniers au musée Gadagne de Lyon, au musée des mariniers à Serrières, au musée du Rhône à Tournon, dans l’église d’Andance, etc. Les statues de Saint Nicolas, patron des mariniers, se rencontrent en de nombreuses églises et musées le long du fleuve comme à Seyssel (Ain), Givors, Vienne, Condrieu…

Certains mariniers ont également laissé des traces de leur passage en divers endroits : la chapelle de Serrières contient des graffitis de ces hommes tandis que le musée qu’elle abrite possède des objets personnels de mariniers et des instruments de navigation.

D’autre part, des objets anciens associés aux joutes sont éparpillés chez des particuliers comme des rames, des vêtements ou des plastrons et les musiques traditionnelles des jouteurs ont fait l’objet d’un enregistrement sur cassette audio par le Centre des Musiques Traditionnelles de Rhône-Alpes.

Enfin, les outils de pêche constituent des collections très importantes. On peut en admirer dans l’écomusée de la pêche du Lac Léman (Thonon), au château-musée d’Annecy ou au musée Denon (Châlon-sur-Saône) tandis que de nombreux riverains possèdent encore des objets de valeur comme des filets, des carrés, de vieilles embarcations ou du petit matériel (hameçon, fil).

Contes et légendes

De tout temps, les hommes ont inventé des contes et des légendes concernant les lieux proches de leur habitat. Ces histoires sont racontées aux enfants, mais on aime aussi se les répéter lors des longues soirées d’hiver. Ainsi, elles évoluent lentement en se transmettant oralement de génération en génération.

Parfois nées d’événements réels comme le « baiser de la veuve » puis déformées au cours du temps pour les rendre plus attractives, plus captivantes ou même plus percutantes lorsqu’on les relate, les légendes sont aussi bien souvent le fruit d’imaginations fertiles ou constituent un moyen d’expliquer des phénomènes naturels que la science balbutiante ne parvient pas encore à éclaircir.

Les contes et les légendes en rapport avec l’eau sont nombreux et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’histoires liées à un fleuve changeant et puissant qui terrifie autant qu’il fascine. Les personnages mythiques de ces légendes sont humains ou animaux voire les deux, bienfaisants ou malfaisants, du passé ou du présent… et peuplent les eaux et les rives du Rhône.

Aujourd’hui ces histoires méritent d’être encore contées car elles sont les témoins d’une époque où le fleuve était libre et largement investi par ses riverains.

Plongez-vous dans les légendes du fleuve…http://www.pnich.com/histoire.htm
1. Le baiser de la veuve
2. La légende de St Bénezet
3. La grotte et la fontaine des fées de Saint Maurice (Suisse)
4. Un requin d’eau douce ?
5. La légende du poisson Kupléa

METIERS ANCIENS DU RHÔNE

http://rhone.populus.org/rub/11

Le Rhône a toujours connu de nombreuses activités et métiers : braconniers, gardiens de chèvres, tireurs de sable, propriétaires d’hostelleries ou d’auberges d’eau, mais aussi …

LES PECHEURS
La pêche existe depuis que les berges du fleuve ont été occupées.
Les pêcheurs aux engins utilisent vire-vire, nasses, filets dérivants (petit Rhône).
La pêche professionnelle est riche de savoir-faire, (confection, pose des filets…) souvent transmis de génération en génération.

LES PISCICULTEURS :
Les jours maigres incluaient les 40 jours de carême, et jusqu’au XVe siècle les mercredis, les vendredis et les samedis du reste de l’année, ce qui était intéressant pour la vente des produits de la pêche.
Dès le XIIIe siècle, des étangs furent aménagés pour l’élevage de la carpe. Des voituriers acheminaient vers Lyon les carpes vivantes jusqu’à des bateaux viviers qui les transportaient sur la Saône et le Rhône.

LES AGRICULTEURS profitaient de l’eau du fleuve pour leurs champs et leurs cultures.

LES CONSTRUCTEURS DE BATEAUX se sont succédé le long du Rhône depuis l’antiquité.

LES CORDIERS , TISSERANDS fournissaient le matériel nécessaire à la navigation

LES AUBERGISTES hébergeaient les voyageurs

LES PERCEPTEURS D’IMPÔT A LA CIRCULATION ont existé depuis la période romaine.

LES NAUTES, sous l’Empire romain, étaient les membres de la corporation des mariniers qui avaient le monopole du transport fluvial, mais aussi les magistrats préposés à la navigation et au commerce.
LES UTRICULAIRES naviguaient sur les zones de faible profondeur à l’aide de barques ou de radeaux.

LES MARINIERS, successeurs des nautes, sont chargés de la conduite des chalands, coches d’eau et autres bateaux de transport de marchandises (aujourd’hui des automoteurs).

Sur les barques,
LES PROUIERS étaient postés à la proue
LES NAUCHERS (ou nochers) désignaient plutöt les pilotes.
LES PASSEURS pilotaient les bacs permettant de traverser le fleuve (voir la rubrique bac à traille)
LES HALEURS :
La voile était parfois utilisée en  » decize « , (pour la descente du fleuve), mais pour la remonte, le halage fut longtemps le principal moyen de déplacement des bateaux hors périodes de crues. Les ‘attelages se sont généralisés jusqu’au milieu du XIXe siècle (apparition des bateaux à vapeur). Les attelages pouvaient compter 30 chevaux, qui étaient étaient attelés à la  » courbe « , pièce de bois à laquelle était attachée une longue corde qui les reliait au mât de halage du  » foncet  » ou  » furetier  » (sorte de barge avec cale).

La remonte des marchandises était particulèrement difficile sur le Rhône. Il fallait au moins 8 à 10 chevaux souvent relayés pour haler un petit train de chalands mais parfois il fallait y ajouter jusqu’à quatre paires de bœufs, ce qui permettait à l’équipage de remonter le fleuve de Beaucaire à Lyon en 30 à 60 jours. Le plus bas prix payé aux « patrons » pour une moyenne de 35 jours était de 25 francs par tonne.

A la fin du Second Empire, apparurent des bateaux à vapeur (« grappins  » parce qu’ils s’accrochaient sur le fond). Les chalands descendaient la Saône et le Rhône jusqu’à Beaucaire avec, à bord, une écurie de 50 à 60 chevaux pour remonter le fleuve.

LES FLOTTEURS DE BOIS, PORTEFAIX ET RADELIERS :
Le flottage aurait été imaginé vers le XVe siècle.
Coupé l’hiver par les bûcherons, le bois était empilé l’été et découpé en grosses bûches. Ces bûches étaient d’abord jetées à bois perdu dans les ruisseaux et poussés par des journaliers. Le tout était arrêté par des perches et des cordes mises en travers de la rivière, puis tiré à terre.
Chaque marchand identifiant ses marques, le bois était mis en piles durant 2 ou 3 mois avant d’être assemblé en coupons. Les approcheurs formaient des trains constitués de 3 ou 4 branches de 18 coupons de 60 bûches de 4 m (soit 72 mètres de longueur et 100 stères de bois) unis au moyen de perches liées avec des « harts », ou « rouettes », les branches étant unies par des traverses. Le coupon de devant et celui du milieu étaient le plus souvent de bois blanc et il était ajouté à cet endroit une « nage » comme point d’appui pour percher.
2 à 4 flotteurs conduisaient un train de 4 branches, soit 5 m de large, fournissant 25 cordes ou 50 voies de bois. Si le train se mettait de travers, ils le coupaient en deux avant qu’il ne se fracasse sur une pile de pont.

LES RADELIERS formaient des radeaux sur les rivières pour descendre les troncs destinés à la marine jusqu’à Avignon et Beaucaire d’où, par les canaux, ils les acheminaient jusqu’à Sète.

LES LAVANDIERES :
Jusqu’au début du XXe siècle, les femmes transportaient à l’aide de brouettes ou de corbeilles d’osier le linge qu’elles lavaient sur une planche en bois, agenouillées au bord du fleuve. Elles savonnaient le linge, le frappaient au battoir, le rinçaient, l’essoraient et l’étendaient sur les galets pour le sécher.

Les bateaux-lavoirs, surtout entre 1840 et 1860, permettaient de s’adapter au niveau d’eau, les femmes nettoyant le linge à froid ou à l’aide de réchauds puis le faisant sécher dans la partie supérieure de l’embarcation.

LES LAVEUSES étaient des professionnelles, qui travaillent pour les autres.
LES MEUNIERS utilisaient dès 1245 les moulins flottants à roues à aubes, qui produisaient la farine à partir de la force hydraulique du Rhône.
Il s’agisait souvent de bateaux en bois permettant de se déplacer sur le fleuve en fonction du niveau des eaux.
Avec l’endiguement du fleuve, les meuneries mobiles ont été remplacées par des constructions fixes le long des digues, avant de disparaître avec l’installation de l’électricité.
LES HYDRAULICIENS :
Les frères de Montgolfier eurent l’idée, en 1796, de forcer une partie de l’eau d’une chute à remonter au-dessus du niveau de celle-ci. Benoît Fourneyron créa en 1827 la première turbine hydraulique, P.L. Fontaine la turbine axiale à réaction en 1840, et Dominique Girard la turbine à action dix ans plus tard. Le papetier Aristide Bergès transforma en 1869 l’énergie d’une chute d’eau des Alpes en énergie électrique pour faire tourner ses mahines. Il présenta sa réalisation à l’Exposition universelle de 1889, inventant l’expression  » houille blanche  » pour désigner cette énergie propre et renouvelable.

anesAvant l’apparition de l’énergie « mécanique », la propulsion des bateaux sur les fleuves et les canaux se faisait grâce au courant, à la voile,  à la perche ou au halage. Le halage c’est la traction du bateau par des hommes ou des bêtes. Il est alors le moyen le plus employé pour remonter les rivières. Le halage par des hommes a l’avantage de pouvoir s’employer le long de rivières non aménagées, contrairement au halage par des chevaux qui nécessite un chemin continu et dégagé tout le long du rivage.

Le travail des chevaux :

péniche & cableUn câble de halage est fixé en hauteur à un mât spécial implanté sur le tiers avant de l’embarcation, mât très fortement haubané pour résister aux efforts, et qui peut se coucher pour passer sous les ponts. Le câble doit être très long pour ne pas tirer le bateau vers la berge ou entraîner les chevaux dans l’eau.

couple de chevaux au travailSur le Rhône et la Saône en 1842, la remontée des fleuves est organisée en convois de 5 à 6 bateaux. Les convois sont tirés par des chevaux attelés 4 par 4, avec un charretier pour huit chevaux. Un convoi de 6 bateaux, ce qui représente 450 tonnes de charge, exigeait 16 fois 4 chevaux pour le tracter. On peut imaginer les efforts désespérés à fournir, le cri des charretiers avec le claquement de leurs fouets, le piétinement de ces soixante chevaux sur les galets, et la tension énorme des cordes en chanvre pour tracter ces centaines de tonnes contre un courant puissant.

Le convoi avançait de 10 kilomètres par jour en moyenne, soit 30 à 40 jours pour faire Arles – Lyon. En revanche la descente s’effectuait en seulement 3 jours. Pour cela, les chevaux étaient embarqués sur des « bateaux de chevaux » qui accompagnaient le convoi, c’était leur seul vrai moment de repos.

Le choix des chevaux :

Les chevaux de halage travaillent au pas. Les câbles exercent une traction oblique sur leurs épaules et leurs jambes, ce qui ruine leur santé en deux ou trois ans. En se déplaçant sur le fond irrégulier des rivières, ils sont amenés aussi à marcher sur des pierres anguleuses faute de les voir, et le fond est parfois assez instable pour que certains s’y noient. Le choix se porte sur des chevaux lourds au tempérament calme.

rivièreContre les cailloux, ils portent des fers qui ne laissent apparaître que la fourchette. Ces fers n’ont pas de pinçons pour permettre à la corne de changer de volume au rythme des variations de température eau froide – air extérieur plus chaud. Le travail est d’autant plus difficile que les fers n’ont pas de crampons afin de ne pas s’accrocher dans les cordages ou défoncer les ponts des bateaux qui les transportent à la descente.

Leurs conditions de vie :

écurie sur le pontParfois les ânes, mulets et chevaux utilisés dans la batellerie sont logés dans une petite écurie placée au milieu du pont. Une petite réserve de foin est placée sur le toit de cette écurie.

On leur évite les accidents les plus graves en prévoyant un large couteau fixé au collier et qui permet au conducteur de trancher rapidement les cordes dans le cas où le bateau risquerait d’entraîner les chevaux à la rivière.

Les mariniers propriétaires d’un petit attelage avaient intérêt à soulager les efforts de leurs bêtes. Pendant qu’un marinier les conduisait, l’autre aidait ses bêtes en s’harnachant avec elles.

Leur disparition :

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, l’amélioration des routes, la concurrence déloyale du chemin de fer qui casse les prix, et l’apparition des bateaux à vapeur va faire disparaître la batellerie avec traction animale.

LE RECIT DE LA SEMAINE SAINTE ET LA CROIX DES MARINIERS

(Histoire littéraire et culturelle)

Sur le puissant symbolisme religieux des croix d’équipage, Bernard CLAVEL écrit dans son roman Le seigneur du fleuve : « …Il y avait des croix sur les bateaux et dans chaque maison où vivait une famille de mariniers…Celles-là étaient de petites croix…Elles étaient moins complètes que les grandes, mais pour être de vraies croix de mariniers, elles devaient porter au moins la Sainte Face couronnée d’épines et placée à l’endroit où se croisent les deux branches ; le Sacré Cœur, la robe d’écarlate, les tenailles et le marteau, l’éponge, la lance, la colombe, le coq saluant la naissance du jour et une des lanternes du bateau, un tonnelet ou une gourde paillée…le Saint Ciboire…Au pied les plus patients sculptaient parfois les personnages de la Passion... »

Ces croix étaient, et restent encore, un « évangile de bois » racontant la Semaine Sainte. Nul doute que pendant les veillées, sur les bords du fleuve, les enfants n’aient écouté son récit !

Ainsi que l’écrit le chanoine J.B LANFREY1 :

« Ce n’était pas forcément le signe d’une grande piété, car les voituriers d’eau étaient comme les autres hommes, certains d’entre eux avaient la foi, d’autres ne croyaient qu’en eux-mêmes ».

Le 6 décembre, fête de saint Nicolas, est l’occasion de réjouissances dans le village : une vraie barque, « le coursier », est promenée toute décorée dans les rues. Elle porte en proue la croix des mariniers et les bateliers font à travers tout le village une parodie d’appareillage : « Ho, le baïle ! fais tirer la maille ! Prouvier, pousse à l’empi, tires au riaume ! »2

La fête se termine sur la place du village, après avoir, bien sûr, commencé de bon matin par la messe de la Saint Nicolas à l’église paroissiale.

Les mariniers qui, avant la vapeur, naviguaient sur le Rhône luttaient contre les crues, les orages, le vent, en plus de leur saint patron, se recommandaient auprès de la Vierge Marie. De nombreux sanctuaires en son honneur étaient édifiés au bord du fleuve. La chapelle de Notre Dame des Mariniers, à Saint Symphorien d’Ozon, en garde le souvenir encore vivace : de nombreux ex-voto y témoignent de la reconnaissance à Notre Dame pour sa protection. Non loin de là est invoquée Notre Dame de Limon. Des foules de pèlerins de toute la région viennent pour l’Assomption célébrer la Dame du Ciel et invoquer sa grâce.

La vie de tous les jours est ainsi rythmée, au fil de l’année, par de nombreuses fêtes religieuses : celles de l’Eglise catholique (Ascension, Noël, Toussaint, Pâques) mais aussi, et surtout, par des fêtes locales : la Saint Clair le 2 janvier avec ses « bachelards » ; la Saint Vincent le 22 janvier, très fêtée dans notre pays de vignobles ; Mardi-Gras avec les « brandons »… Puis arrive le traditionnel mois de mai et ses « mayanches » qui chantent le printemps.

Culte populaire, culte chrétien ? Certainement une heureuse harmonie des deux !

http://www.forez-info.com/encyclopedie/histoire/petite_histoire_de_saint-just-saint-rambert_217.html

Un site très intéressant : http://www.fleuverhone.com/conte2.html

Introduction

Pour comprendre la croix des mariniers, tu dois connaître le récit de la Passion de Jésus-Christ. Pour les croyants ces événements sont importants. Pour les non-croyants, ils ont une valeur culturelle : ces événements sont racontés sur les vitraux des églises, par les peintures de grands artistes européens. Ils ont aussi inspiré des textes importants dans notre culture et notre histoire (comme les récits de chevalerie, la Quête du Saint-Graal).

Croyants ou non, nous devons savoir ce que sont ces événements racontés dans les Evangiles, de manière parfois très différente d’un évangile à l’autre, pour comprendre les oeuvres d’art et la pensée des hommes qui nous ont précédé et qui ont bâti un occident chrétien.

La semaine sainte commence le dimanche des Rameaux et s’achève dans la nuit de Pâques. Elle rappelle le dernier repas du Christ (la Cène), la Passion3 du Christ, sa mort sur la croix. La fête de Pâques célèbre sa résurrection.

Repères dans le calendrier par rapport aux événements racontés :

Dimanche des Rameaux : Six jours avant la fête de La Pâque juive , Jésus vient à Jérusalem. La foule l’acclame lors de son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur.

En mémoire de ce jour, les catholiques viennent à l’église avec des rameaux (de buis, olivier, laurier ou palmier, selon les régions) que le prêtre bénit au début de la messe. Les fidèles peuvent les emportent ensuite chez eux pour orner leur crucifix jusquau dimanche des Rameaux de l’année suivante.

Jeudi saint : Avant de mourir, Jésus prend son dernier repas avec ses douze apôtres dans la salle dite du « Cénacle ». Saint Paul et les évangélistes Marc, Luc et Matthieu rapportent les récits de la Cène (1re Épître aux Corinthiens, 11 ; Évangile selon saint Marc, 14 ; Évangile selon saint Luc, 22 ; Évangile selon saint Matthieu, 26) au cours de laquelle, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce à Dieu (son père) et offre son corps et son sang pour que les hommes soient sauvés du péché. Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier. Au cours de ce repas, Jésus a été dénoncé, en échange d’argent, aux prêtres qui vont faire arrêter Jésus par un apôtre : Judas. Les évangiles racontent que Judas, ne supportant pas sa trahison, se pend ensuite.

Le jeudi saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur ».

Le vendredi saint : Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements qui semblent s’opposer à la loi Juive et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les Hommes (c’est un blasphème pour les juifs). Il est interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région) qui se lave les mains pour montrer qu’il refuse de condamner Jésus, car il estime que ce n’est pas de son ressort, mais un problème religieux juif. Jésus est ensuite flagellé (fouetté) par les soldats jusqu’au sang, il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels. Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Avant de mourir, un soldat romain lui donne de l’eau vinaigrée à boire, sur une éponge piquée au bout de sa lance. Après sa mort, pour vérifier qu’il est mort, un autre garde lui transperce le côté avec sa lance. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau. Une légende raconte qu’une femme nommée Véronique a essuyé le visage de Jésus quand il portait sa croix. L’évangile raconte qu’au moment de la mort de Jésus, la terre tremble et le ciel s’obscurcit (tremblement de terre et éclipse de soleil).

Les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion.

Le samedi saint : La célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques, les catholiques célèbrent le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du Christ sur la mort. C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge de Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.

Le dimanche de Pâques : Des femmes qui accompagnaient Jésus sur les routes se rendent au tombeau. Elles découvrent que la pierre du tombeau (c’est une sorte de grotte, fermée par une lourde pierre) a été roulée. Prévenus par les femmes, les disciples de Jésus viennent voir et trouvent le tombeau vide : les Evangiles racontent que le corps de Jésus a disparu. Pour les chrétiens, Jésus est ressuscité et « monté au cieux » comme la Bible (Torah) l’a annnoncé notamment dans le livre du prophète Isaïe. Étymologiquement, « Pâques » signifie « passage » de la mort à la vie, du péché au pardon des fautes commises par les hommes. C’est pourquoi la fête de Pâques est le sommet du calendrier liturgique chrétien. Ce jour d’allégresse est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée, symbole de joie et de lumière.(Quand tu vois ces couleurs sur des statues ou dans des peintures religieuses, sacrées, elles signifient la joie, l’allégresse).

http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article450

1. Chez nous, recueil de notes historiques et géographiques sur le département de l’Isère

2: Riaume et Empi : ces deux termes évoquent l’époque lointaine où le Rhône était frontière entre l’Empire -rive gauche et le Royaume -rive droite).

3Passion (avec un P majuscule, c’est un nom propre) : vient du verbe « patior » en latin, qui signifie souffrir.


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