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Prouve ta jeunesse par ta curiosité et ton désir! Exige l'inaccessible ! (V.Cespèdes)

Entraînement au brevet 1 – Blaise Cendrars (sujet)

on 17 novembre 2010

Introduction :

Quelles connaissances, quelles compétences pour cette séquence ?

Séance 1 : date : 16/11/10

Objectifs :

  • Acquérir des méthodes pour brevet.
  • Utiliser ce qui a été appris dans la séquence précédente.
  • Faire le point sur les connaissances utiles.

Texte :

Blaise Cendrars, La main coupée, in L’Homme foudroyé (1946)

L’auteur, d’origine suisse, naturalisé en 1916, a participé à la Première Guerre mondiale comme volontaire étranger dans l’armée française. Le 28 septembre 1915, il perd au combat sa main droite.

Le narrateur et son camarade Segouâna ont tiré le matin sur un Allemand et attendent le soir pour aller le chercher et le ramener prisonnier.

Je lui parlais allemand.

  • Debout, lui dis-je, et tâche de marcher droit ! On les met (a).
  • Je ne peux pas bouger, me fit-il. Je dois avoir la jambe cassée.
  • Cela ne m’étonne pas, lui répondis-je en regardant en l’air pour mesurer la hauteur d’où il était tombé. Tu as fait un beau plané. Il ne fallait pas y aller, mon vieux.

Merde, voilà que je devais maintenant trimbaler monsieur sur mon dos. Je le chargeai tant bien que mal. Et nous voici partis l’un portant l’autre, la monture ployée en deux, le blessé lourd comme un mort qui se laisse aller, un drôle d’équipage, ahanant, sacrant, jurant, chutant, tombant sur les genoux, se prenant les pieds dans les taupinières, se relevant. Jamais je n’oublierai cette équipée avec ce Boche qui me pissait dans le coup un sang[…] mal engagé. Je dus décharger mon blessé et me frayer une nouvelle voie à coups de cisaille, puis revenir sur mes pas, rechercher le pauvre type et repartir à la sauvette car j’avais fait beaucoup de bruit et je n’en revenais pas qu’avec toutes ces allées et venues, personne dans aucun camp ne nous eût encore remarqués. Enfin, je le balançais dans notre trou d’obus. J’avais eu chaud. C’était un dur. Durant tout le trajet, il n’avait pas poussé un gémissement.

  • Qui est-ce ? Me demanda Ségouâna en se penchant sur le blessé allongé au fond du tou et qui serrait les dents.
  • Tu pourras le lui demander toi-même. En tout cas, c’est ton homme. Il a ta balle dans le ventre. D’abord on va le panser et puis on l’emportera dès qu’il fera nuit. Arrange un brancard avec nos fusils, moi je vais voir ce qu’il a.

La blessure du ventre n’était pas belle, j’y mis un tampon. Puis je lui pansai l’épaule.

  • Ne t’en fais pas, pauvre vieux, ça n’est rien. On sera bientôt rendus et tu fileras à l’hôpital, veinard. Je ne te fais pas mal, non ? Comment t’appelles-tu ?

Il s’appelait Schwanenlaut. J’ai oublié son prénom. Il était de Hambourg. Il travaillait dans une banque. Il avait un stage en Angleterre pour apprendre l’anglais. La suite de notre conversation eut lieu en anglais. […] Le pansement était terminé. Nous installâmes notre homme sur la civière improvisée, prenant grand soin de soutenir sa patte cassée, une fracture de la cuisse gauche, pour ne pas le faire souffrir inutilement.

(a) : on met les bouts… on s’en va.

LECTURE

  1. Un récit de soldat
  1. Qui sont les 3 personnages de ce texte. Présentez-les.
  2. Relevez une phrase de dialogue (+ indiquez la ligne)
  3. une phrase de récit fait par le narrateur (+ indiquez la ligne)
  4. une phrase montrant une pensée du narrateur. (+ indiquez la ligne)
  5. A quel temps sont les verbes soulignés ? Pourquoi ?
  6. Quel est le registre de langue employé dans les dialogues ? Pour quelle raison ?
  7. Qu’apporte au récit la présence de ces dialogues ?
  8. Ligne 6 à 8 : quelle image s’impose au lecteur ? Quelle est la figure de style employée ? Quel effet produit-elle ?
  1. Un témoignage d’humanité
  1. Relevez les indices qui montrent que les soldats n’appartiennent pas au même camp.
  2. Relevez les différents noms donnés au soldat allemand par le narrateur.
  3. Relevez les trois apostrophes utilisées par le narrateur pour s’adresser au soldat blessé : quel effet produisent-elles ?
  4. Dans quelles langues les soldats échangent-ils ? Pourquoi l’auteur nous donne-t-il ces détails ?
  5. Quelle est l’attitude du narrateur envers le soldat blessé ? Justifiez en citant le texte.
  6. Comment qualifieriez-vous la relation qui s’installe entre les deux hommes ?
  1. La visée® du texte
  1. Qu’est-ce qui rend ce texte vraisemblable ?
  2. Quels sont, selon vous, les sentiments éprouvés par le narrateur envers le soldat blessé ?
  3. Quels sont, selon vous, les sentiments éprouvés par le blessé envers le narrateur ?
  4. Quelle vision de la guerre ce passage donne-t-il ?
  5. A votre avis quel est l’intérêt d’un tel texte pour un lecteur d’aujourd’hui ?

REECRITURE

Transposez au discours indirect le passage suivant :

  • Qui est-ce ? Me demanda Ségouâna en se penchant sur le blessé allongé au fond du tou et qui serrait les dents.
  • Tu pourras le lui demander toi-même. En tout cas, c’est ton homme. Il a ta balle dans le ventre. D’abord on va le panser et puis on l’emportera dès qu’il fera nuit. Arrange un brancard avec nos fusils, moi je vais voir ce qu’il a.

ECRITURE

(ce travail servira de préparation à l’évaluation finale).

Réécrivez ce récit du point de vue du soldat blessé.


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