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BILAN : la poésie engagée (document et questions)

on 1 mars 2010

DOCUMENT

(source : Hatier, Mots en voyage, 3ème)

LA POESIE ENGAGEE AU XXème siècle

Définition

On appelle engagement l’attitude qui consiste à mettre son oeuvre au service d’une cause et, notamment, à prendre position contre les atteintes aux droits del’homme. La poésie engagée répond à l’idée, chère à Victor Hugo et aux romantiques, que le poète a pour mission d’exprimer les préoccupations de son époque et de guider les hommes vers la liberté et le bonheur.

Les poètes de la Résistance

Pendant la guerre et l’Occupation s’est développée une poésie engagée qui dénonce les atrocités de laguerre, exalte la liberté et le courage des résistants. Les principaux représentants en sont Paul Eluard, Robert Desnos, Louis Aragon, René Char mais aussi de nombreux poètes demeurés anonymes.

Censure et éditions clandestines

Pendant l’occupation, les productions littéraires et la presse sont soumises à la censure nazie. Le texte poétique, court, facile à mémoriser et à diffuser sous forme de tracts, est un moyen d’expression et de mobilisation efficace. Son langage métaphorique, imagé, a permis la transmission de messages en faveur de la Résistance.

En 1941, Vercors et Pierre de Lescure fondent, dansla clandestinité, les éditions de Minuit, qui publièrent notamment le 14 juillet 1943, L’Honneur des poètes, une anthologie regroupant les oeuvres de vingt-cinq poètes résistants.

L’écriture des camps : dire l’indicible ?

La libération et la victoire apportent la révélation des « camps de l’enfer » et permettent le rapatriement des déportés. La poésie a été, pour certains d’entre eux, une source de réconfort et un moyen de conjurer leur souffrance : ils composaient des poèmes dans leur tête, sans crayon, ni papier ; ils les ont retranscrits plus tard, de mémoire, à leur retour.

Une poésie ancrée dans un contexte

Les poèmes de la Résistance et de la déportation portent la trace du contexte historique : noms de lieux, faits concrets, évocation de la vie clandestine des Résistants, évocation de la réalité des camps…

Le poète s’engage : il parle en son nom, en employant le pronom de la première personne (je) et en impliquant avec lui son lecteur (nous / vous). Il dénonce, appelle à la vengeance, réveille les énergies, clame son espoir en des jours meilleurs, incite à se souvenir.

Une poésie de rupture et de tradition

La poésie engagée est une poésie de révolte, poétique et idéologique. Les poètes rompent avec les formes traditionnelles : ils utilisent l’heptasyllabe, ou le vers libre (sans rime) qui suivent le mouvement de la pensée. Ils suppriment la ponctuation pour traduire leur impatience de parler. Mais pour être compris et ne pas être rejetés, ils respectent aussi des formes classiques en utilisant l’alexandrin ou des images poétiques traditionnelles. (ou clichés).

Les images sont fortes et nombreuses. Elles sont influencées par le surréalisme, mouvement littéraire et artistique né en 1924 et auquel ont participé Desnos, Eluard, Aragon… Le surréalisme prône la libération du langage et met en avant le pouvoir de l’imaginaire. Le poème Liberté d’Eluard garde la trace de cette volonté de surprendre en créant des rapports nouveaux entre les mots et ce qu’ils représentent.

Les procédés d’écriture de la poésie engagée

La poésie engagée est une arme du langage. Elle se veut à la fois esthétique et argumentative. L’écriture engagée se caractérise par :

  • l’interpellation du destinataire (vous);

  • l’implication personnelle du poète (je / nous)

  • l’utilisation d’un rythme destiné à rendre le message mémorisable et à lui donner une force de persuasion. Le rythme est créé par :

  • les répétitions de mots ou d’idées

  • les retours de sonorités (ex : chaque fois qu’un coeur éclate / Sous les coups des assassins... » dans le poème Oradour. La répétition du son [k] reproduit le claquement des coups, ou le bruit des coups de feu).

  • Les anaphores (répétition d’un mot au début d’une phrase ou d’un vers) qui crée un effet de martèlement (Oradour) ou de litanie (Liberté)

  • les énumérations (Liberté)

  • l’emploi du lexique (vocabulaire) de la violence, de l’injustice, de la souffrance

  • le jeu sur les connotations (c’est-à-dire ce qu’évoquent les mots) : par exemple, « les meules » dans Oradour connotent (évoquent) le pain, l’été, le blé…

  • l’emploi de figures de style qui créent des images, des associations d’idées et frappent l’imagination du lecteur :

  • métaphores (« sur la mousse des nuages / sur les sueurs de l’orage »)

  • comparaisons (« Les yeux vides et le sein froid / comme une grenouille en hiver »)

  • allégories qui personnifie des idées abstraites (Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses… » ou Liberté)

  • chiasme (« Le matin est neuf, neuf est le soir »)

  1. Sur quelles figures de style repose l’image suivante ?

  2. Quelles références culturelles et historique faut-il posséder pour la comprendre vraiment ?

Paul Colin (1892-1985), La Libération de la France, le 17 août 1944 (BNF, Paris)

LA POESIE ENGAGEE

Bilan

à rendre le : ………………………..

Pas de cours le jeudi 4/02 de 16 h à 17 h : sortie des 5e1, ni le lundi 8/02 (stage).

Reprenez les poèmes que nous avons étudiés dans le cadre de cette séquence.

A chaque expression ci-dessous faites correspondre un poème. Justifiez chaque réponse par écrit (par une phrase explicative).

1. Appel à la liberté o

2. Eloge du courage o

3. Cri de révolte o

4. Témoignage contre l’oubli o

5. Espoir o

A. Demain

B. Si c’est un homme

C. Oradour

D. Liberté

E. Strophes pour se souvenir

Répondez aux questions suivantes sur une feuille de cours en vous aidant du document ci-dessus, d’un dictionnaire et des notes prises en cours.

I- Repères

  1. Qu’est-ce qu’un engagement ?

  2. Que signifie l’expression défendre une cause ?

  3. Qu’est-ce qu’une valeur (au sens moral du terme) ?

  4. Quelles sont les valeurs morales défendues dans chaque poème étudié ?

  5. Qu’est-ce que la censure ? Qui l’exerçait pendant la seconde guerre mondiale ? Contre qui et pourquoi ? (attention il y a 4 questions !).

  6. Qu’est-ce que la clandestinité ? Qui vivait dans la clandestinité pendant la seconde guerre mondiale ?

  7. A quelle date et dans quelles circonstances les Editions de minuit ont-elles été fondées ? (maison d’édition prestigieuse qui existe encore aujourd’hui)

II- Particularités de la poésie engagée

  1. Qu’est-ce qui marque particulièrement la poésie engagée ? (par rapport à d’autres formes de la poésie ?)

  2. Qu’évoquent plus particulièrement les poèmes que nous avons étudiés ?

  3. A l’aide de verbes, définissez les fonctions de la poésie engagée.

  4. En quoi la poésie engagée renouvelle-t-elle les formes poétiques ?

  5. Quel mouvement littéraire influence fortement la poésie engagée ?

  6. Quelles sont les idées défendues par les poètes qui appartiennent à ce mouvement littéraire ?

  7. Quelles sont les caractéristiques de l’écriture de la poésie engagée ?

  8. Comment la poésie engagée s’est-elle diffusée pendant la guerre ?

III- Réfléchissez personnellement :

  1. A propos du dossier d’images que vous avez eu en histoire :

  2. Sur quelle image avez-vous travaillé ?

  3. Décrivez-la et indiquez l’objectif de cette image auprès des populations.
    Sur quelle(s) figure(s) de style repose-t-elle ?

  4. Les poèmes engagés que nous avons étudiés, ou ceux que vous avez pu lire par ailleurs, vous paraissent-ils efficaces pour lutter contre le pouvoir de telles images ? Qu’est-ce qui peut faire la force d’un poème contre une affiche, ou contre un discours de propagande ? Justifiez le mieux possible.

  5. Pensez-vous que les poètes ont un rôle à jouer dans la société ? Défendez votre idée quelle qu’elle soit.


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