Matière à pensée (6..)

14 12 2009

lecteur1

6 .  « Apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance » Aristote

7. «  N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? » Gibran

8. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et le mots pour le dire nous viennent aisément » Boileau

9.« La mort ne vous concerne ni mort ni vif : vif parce que vous êtes,

mort parce que vous n’êtes plus » Montaigne


10. « Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l’homme, ce n’est pas la mort, mais la crainte de la mort ? » Epictète


11. « Plus on va loin, moins on apprend » Lao Tseu

12. « L’enfer, c’est les autres » Sartre

13. « On ne voit que ce que l’on regarde » Merleau Ponty

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6 réponses à “Matière à pensée (6..)”

5 01 2010
S.A (23:50:36) :

12. L’enfer, c’est les autres.

J’ai bien sûr deux interprétations pour cette phrase :

1) Si on a de mauvais rapports avec les autres, alors ce ne peut être que l’enfer. Je pense que Sartre, ici, a voulu dire qu’il n’était pas nécessaire d’explorer  » les profondeurs de l’enfer  » pour y s’y trouver et que tout le monde peut côtoyer l’enfer de son vivant. Après, cela va se rapprocher à ce que j’ai dit en début de phrase, par exemple, si on a de mauvais rapport avec certaines personnes, on se sent mal, méprisé, on ressent pratiquement de la douleur.
Là, ça rejoint plus l’idée de  » la douleur, c’est les autres ».

2) Après, j’ai un deuxième raisonnement qui va à l’encontre de cette affirmation.
L’enfer ce n’est pas de manière inévitable les autres car pour certaines personnes, vivre sans son prochain, ce peut réellement être l’enfer. On peut se poser deux questions auxquelles je vais y répondre de façon brève et en donnant ma définition : l’Homme c’est quoi ? c’est un être social. L’humanité c’est quoi ? c’est l’ensemble des Hommes et par conséquent, un humain est fait pour créer du lien. Ainsi c’est par le lien, le contact social, que l’Homme vit son humanité.
Ici, ça rejoint l’idée de « l’enfer c’est la solitude ».

12 01 2010
Karola (22:34:59) :

Merci pour ton petit commentaire, ce qui prouve que les matières à penser font travailler les élèves même après les cours…Ce que tu dis est intéressant : un début de raisonnement par hypothèses, une croisée de point de vue, une capacité à penser l une thèse et son contraire avec des éclairages divers…. bref, quelque chose de la démarche philosophique 🙂
Mais, finalement, pourquoi ne pas lire la phrase dans son contexte?
Je veux dire dans Huis Clos, de Sartre, pour mieux en mesurer les enjeux 😉
Merci, en tout cas, pour l’intérêt que tu as manifesté et le temps que tu a pris…
Mme Valobra

31 03 2010
Naitmazi Manon (22:12:48) :

Si je puis me permettre,

La phrase dans le contexte de Huis clos, est à prendre presque au pied de la lettre. Il semble dire que l’Enfer n’est pas forcément six pieds sous terre. Qu’il est parmi nous. Dans Huis Clos, les personnages sont tous enfermés dans une même pièce, et chaque constitue l’enfer de l’autre. Pourtant on le voit bien, ils ont tous besoin les uns des autres, car dans cette pièce, rien ne permet une quelconque échappatoire. Pas de livres, et même aucun autre objet ne leur est accessible. Donc les autres constituent la vie, mais en même temps l’enfer, alors l’enfer serait-ce la vie ?

Cette phrase est assez antithétique, enfin d’après ce que j’ai compris.

Désolée de m’immiscer dans cette conversation.

PS : votre blog est très intéressant, et le sujet du dossier autobiographique est assez captivant.

Bonne soirée.
Naitmazi Manon

1 04 2010
Karola (17:11:27) :

Mais non mais non au contraire Manon, quel plaisir de découvrir un commentaire aussi intéressant. Et en contexte!
N’hésitez pas à vous immiscer dans nos conversations.
Et vous pouvez vous amuser, pour vous, à suivre les propositions du dossier autobiographique.
D’autres surprises vous attendent sur le site de Hubert Haddad (voir le lien de son livre dans les tags « écriture »)
Bonne soirée à vous

Karola Valobra

18 05 2010
Oreste (18:16:51) :

Dans son contexte, la phrase perd de son mystère. En effet, comme le dit Manon, cette phrase est presque à prendre au pied de la lettre : L’Enfer se situe dans tout les autres, ceux qui nous côtoient…en Enfer.
Mais ici se pose la question : Quels Autres ? Sont-ce ceux qui se trouvent enfermés dans la pièce, les deux autres damnés ? Ou sont-ce ceux que nous voyons en bas, les vivants, ceux qui au final, ne nous regrettent pas tant que ça. Ceux qui ne nous pleurent pas, ceux qui nous torturent par l’absence de larmes, ou pire : par leur réjouissance.
Mais Sartre ne veut-il pas dire aussi : « L’Enfer est en chacun de nous » ?
Cela fait beaucoup de question pour une argumentation, normal, ce n’en est pas une 😉 (Et j’attends des réponses !!)

Sinon, je trouve que vos matières à penser sont une bonne idée, elles permettent à, disons « la capacité de débat » des élèves de se développer, mais il serait encore mieux d’étudier des matières à penser tirer d’extraits ou de livres qu’ils ont lut. Le choix se restreint tout de suite, mais cela n’est pas obligatoire à chaque fois, mais une phrase replacée dans son contexte permet de partir sur une base solide, plutôt que de partir sur une phrase toute simple, tout comme pour évaluer la surface d’un iceberg, c’est toujours plus simple de l’avoir en entier =)
Bref, cela n’est qu’une proposition, bien évidemment.

Oreste

20 05 2010
Karola (15:33:57) :

Bonjour Oreste,
Merci pour le temps que tu as pris à rédiger cette « petite » contribution.
Et comme comme tu souhaiterais des réponses, voici quelques pistes de réflexion que je suggère.
– « De quels autres s’agit-il? Les damnés ou les vivants?  » demandes-tu… Mais au fond, cela a-t-il vraiment de l’importance? L’Autre, c’est ce qui n’est pas nous, ce qui nous est étranger. De la même manière que nous sommes l’étranger, l’autre de l’autre. Et aussi son enfer, à en croire Sartre. Alors, c’est logique, « L’enfer est en chacun de nous », comme tu dis.
– Mais en même temps et de la même manière que l' »on ne voit que ce que l’on regarde », ne sommes-nous pas responsable en partie de cet enfer? Et si nous voyions en l’autre l’enfer qui est nous même? (c’est une manière de lire ta proposition)
– Enfin, et oui bien sûr, il est plus intéressant de lire une phrase dans son contexte, une phrase qui ne surgit pas du néant mais qui s’inscrit dans un réseau plus vaste, plus construit. Mais encore faudrait-il pour cela que tous les élèves lisent les oeuvres imposées (sentiment vague d’un propos définitivement utopique)
Voilà pourquoi je proposerai, la prochaine fois cette phrase extraite du film que vous avez TOUS vu , Sa majesté des mouches de Peter Brook :  » Les règles sont notre force ».

Merci encore
Karola Valobra

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