Photolangage ou comment l’image fait parler

24 01 2009

Compte-rendu d’une petite expérience pédagogique autour de l’image et du langage, mais dont l’objectif s’organise autour de différents enjeux : l’image comme support de la parole, la réflexion autour d’un mot, les représentations qui lui sont associées, l’imaginaire auquel il renvoie, l’exploration d’une thématique.

En amont :

Demander aux élèves d’apporter une image, illustration ou photo (ou tout support graphique) en rapport avec le thème traité. La séquence de 4ème s’intitule « Portraits d’aventuriers ». Les élèves devaient donc apporter une image qui leur évoquait le mot

« Aventure »

(*/*) Le photolangage :

Chaque élève, à tour de rôle, doit présenter sa photo à la classe. Il dispose d’une minute environ.

La consigne, pour cet exercice était double  :

– Première partie : description de l’image le plus précisément possible (sans la montrer aux autres)

– Deuxième partie : justification du choix (l’image est montrée)

Intérêt et objectif :

Découvrir la fonction figurative de la description et les outils utilisés pour la construire (mots, éléments, organisation)

Initiation au travail sur l’argumentation autour d’une parole non plus limitée à une phrase mais dans la construction d’un discours (même s’il faut parfois le relancer tant la difficulté des élèves est parfois grande à développer un propos, même oral).

Découverte de la multiplicité des imaginaires et des points de vue puisque chaque image représente le même mot.

Poursuivre :

A partir de ces paroles d’élèves, on peut fournir un compte-rendu qui sera l’un des outils de l’expression écrite.


La très étonnante photo de Raphaël a d’ailleurs été choisie pour illustrer la page Portraits d’aventuriers



Une carte mentale pour l’expansion du nom

18 01 2009

Un petit coup de pouce graphique pour les visuels, qui aiment les lignes, les courbes, les couleurs et les bulles…

Rappel du code couleur : la classe grammaticale toujours en vert la fonction toujours en rouge...

Cette carte heuristique a été réalisée à l’aide du logiciel libre Free Mind, à télécharger ICI

Un petit tutoriel vidéo pour vous aider à démarrer, mais c’est en anglais. 🙁

Pour les plus courageux donc …. ou ceux qui veulent réviser leur anglais … ou ceux qui suivent le curseur … ou ceux qui mélangent infos audio et vidéo.

Et puis vous pouvez également essayer, rater, recommencer …… en bref, explorer.

Image de prévisualisation YouTube


Pour réviser le brevet blanc

14 01 2009

En lecture / écriture :

– l’autobiographie
– les questions du narrateur et du point de vue (qui voit? qui parle?)
– les figures de style et plus particulièrement les plus courantes : métaphores, comparaison, métonymie
– la notion de genre littéraire


En langue :

– la morphologie et la valeur des temps du passé et du présent
– les classes grammaticales
– la formation de mots
– le style direct et indirect
– la notion de champ lexical

Et puis, pour de plus amples informations, vous pouvez consulter la page brevet : vous y trouverez des fichiers, liens et autres descriptifs (un peu de patience aussi, elle est en construction)

Et puis aussi, voici un lien avec une multitude de ressources pour réviser le brevet :

juste un petit clic!!

Vous pouvez essayer…



Des p’tits papiers (2)

16 11 2008

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Creative Commons License photo credit: tschörda

Un contrôle de conjugaison interactif? Pourquoi pas?

* Choisissez un temps, un mode,  à réviser, à connaître et fixez une date

* Le jour dit, distribuez à chacun des p’tits papiers

* Demandez à chacun des élèves d’écrire deux verbes à conjuguer (vous pouvez rajouter des consignes : 1 verbes du 1er groupe et un verbe du 2ème groupe par exemple ou les laisser complètement libres)

* Récupérer les p’tits papiers

* Redistribuez les p’tits papiers

Il y a autant de contrôles que d’élèves.

Intérêt

* il est difficile de copier, l’oeil peut glisser, mais le pourcentage qu’il rencontre la réponse attendue est faible. Du coup, la tentation est moins grande.

*les élèves se sentent impliqués dans le travail.


Pour les impliquer davantage…

… et, du même coup, les faire réviser, vous pouvez leur proposer de corriger chacun une copie avec leur cours sous les yeux.

Quant à la probabilité d’une erreur de correction, elle est toujours possible, mais elle ne saurait passer inaperçue pour celui qui récupère la copie.

Découvrez Regine!



Tu vas commencer…

6 11 2008

Un texte d’élève, suite à un travail d’écriture que j’avais donné

Tu vas commencer le roman du docteur Murray. Coupe-toi de toute civilisation. Ferme la porte de ta chambre à clé pour ne pas être dérangé. Tu es maintenant seul au monde. Allume une petite lumière pour ne pas rester dans l’obscurité.
Arrête la musique, arrête aussi tes mouvements qui ne servent à rien, qui te fatiguent plus qu’autre chose.
Oui, tu as raison, va éteindre tout objet technologique qui pourrait faire des grésillements, comme ton ordinateur.
Il te reste quelques petites choses : va demander à tes frères et soeurs d’arrêter de se disputer et aux parents de baisser le volume de la télévision. C’est bon, retourne dans ta chambre.
Installe-toi sur ton lit, prends la position la plus confortable possible, c’est bon tu es installé.
Maintenant, concentre-toi sur le récit, fais abstraction de tous tes sens. Tu n’entends plus que ta voix qui dicte l’ouvrage, et plus rien d’autre.

Hippolyte Genaud

Et à cette occasion, le désir pour moi de vous présenter une oeuvre ….

Fahrenheit 451 (la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume) de  Ray Bradbury

aborde des questions

suscite la réflexion

provoque des frissons

pose un regard critique sur notre société et  ses dérives

Une histoire de lecture, de censure, de télévision. Mais rassurez-vous, c’est de la Science Fiction!

Elle a été adaptée au cinéma par François Truffaut.

Voici un extrait du film :

http://www.dailymotion.com/video/x49vdb

En espérant que ceci vous donnera envie d’aller voir plus loin… A feuilleter sans modération ^.^



Baudelaire : Mélancolie pour Frimaire

4 11 2008

Pour honorer une promesse faite à d’anciens élèves.. quand on réunit Baudelaire et Murat, cela donne :

Pour aller plus loin…



Voici un autre poème de Baudelaire, dont je vous avais parlé cette année.

Spleen,

Pluviôse, irrité contre la ville entière,

De son urne à grands flots verse un froid ténébreux

Aux pâles habitants du voisin cimetière

Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.


Mon chat sur le carreau cherchant une litière

Agite sans repos son corps maigre et galeux ;

L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière

Avec la triste voix d’un fantôme frileux.


Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée

Accompagne en fausset la pendule enrhumée,

Cependant qu’en un jeu plein de sales parfums,


Héritage fatal d’une vieille hydropique,

Le beau valet de coeur et la dame de pique

Causent sinistrement de leurs amours défunts.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal



Des p’tits philosophes (1)

24 10 2008

Petit compte-rendu de l’un des premiers ateliers philosophie (en 4ème)

Après avoir discuté autour de l’allégorie de caverne :

une petite vidéo à ne pas manquer, juste comme ça, en passant, pour se souvenir de Platon, pour rêver ou sourire, pour jouer à démêler le vrai du faux….

Les élèves ont réfléchi autour d’un objet, qu’ils avaient choisi un miroir de poche


Voici les questions que cet objet a suscitées.

La FIAC 2008 au Grand Palais - Paris
Creative Commons License photo credit: y.caradec

Pourquoi notre image nous déplaît ?

Qu’est-ce que la glace du miroir ?

Est-ce la vérité qu’on voit à travers le miroir ?

Avons-nous besoin de nous voir dans la glace ?

Notre reflet est-il superficiel ?

Peut-on se fier à l’apparence ?

Est-ce que ce qu’il y a à l’intérieur est différent de ce qu’il y a à l’extérieur ?

Est-ce que le nous-même se reflète à l’extérieur ?

Pourquoi le miroir doit-il être beau ?

Qu’est-ce que ça nous fait quand ça nous plaît ?

Pourquoi a-t-on des cheveux ?

Pourquoi se sent-on obligé de se mettre en valeur ?

Pourquoi veut-on se manifester en tant que nous-même et vouloir ressembler aux autres ?

Pourquoi y a-t-il différentes langues ?

Pourquoi on est tel qu’on est ?


Quelques pistes? Si vous avez envie de vous y pencher de plus près :

C’est en ce moment, bientôt un colloque : c’est ici

Les sites?

les p’tits philosophes en herbe

Ou encore La Philosophie et les enfants

Mais également celui de Michel Tozzi

Les ouvrages? Quelques noms?

Débattre à partir des mythes (photo ci-dessous), Tozzi

Ou encore quelques dernières nouveautés « internes » (photo ci-contre), à consulter

ou bien autour de Matthew Lipman et ses romans philosophiques (photo ci-dessous)



le déserteur

10 10 2008


Voici la musique du déserteur sur laquelle on travaille en ce moment : cette chanson est interprétée par Boris Vian. Cette chanson parle d’un homme, appelé à la guerre, qui ne veut pas la faire. Il décide de déserter.

Voici le texte avec quelques informations sur le contexte

Amandine, 4ème 2



Finissez vos phrases!!

7 10 2008
Voici un court texte de Jean Tardieu, d’une grande richesse pédagogique : une proposition d’écriture?
1 – Lecture du texte : les élèves identifient assez vite le principe d’écriture du texte
2 – Composition de la classe en groupe de deux : les groupes complètent ce qui manque
3- Lecture à voix haute ou mise en scène de la saynète
Des surprises en perspective 😉

PERSONNAGES

MONSIEUR A, quelconque. Ni vieux, ni jeune.
MADAME B, même genre.

Monsieur A et Madame B, personnages quelconques, mais pleins d’élan (comme s’ils étaient toujours sur le point de dire quelque chose d’explicite) se rencontrent dans une rue quelconque, devant la terrasse d’un café.

[…]

MONSIEUR A, sur le ton de l’intimité.
Chère ! Si vous saviez comme, depuis longtemps !

MADAME B, touchée.
Vraiment ? Serait-ce depuis que ?

MONSIEUR A, étonné.
Oui ! Justement ! Depuis que ! Mais comment pouviez-vous ?

MADAME B, tendrement.
Oh ! Vous savez ! Je devine que. Surtout quand.

MONSIEUR A, pressant.
Quand quoi ?

MADAME B, péremptoire.
Quand quoi , Eh bien, mais : quand quand.

MONSIEUR A, jouant l’incrédule, mais satisfait.
Est-ce possible ?

MADAME B
Lorsque vous me mieux, vous saurez que je toujours là.

MONSIEUR A
Je vous crois, chère ! … (Après une hésitation, dans un grand élan.) Je vous crois, parce que je vous!

MADAME B, jouant l’incrédule.
Oh ! Vous allez me faire ? Vous êtes un grand ! …

MONSIEUR A, laissant libre cours à ses sentiments.
Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me ! Il y a trop longtemps que ! Ah ! si vous saviez ! C’est comme si je ! C’est comme si toujours je ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous!

MADAME B, émue.
Ne pas si fort ! Grand, Grand ! On pourrait nous !

MONSIEUR A
Tant pis pour ! Je veux que chacun, je veux que tous ! Tout le monde, oui !

MADAME B, engageante, avec un doux reproche.
Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

[…]

Jean TARDIEU, Finissez vos phrases ! ou Une heureuse rencontre, comédie associée à d’autres pièces dans La comédie du langage, 1978.

Quelques exemples?

A : sur le ton de l’intimité – Chère amie ! Si vous saviez comme j’oublie tout, depuis longtemps !
B : touchée – Vraiment ? Serait-ce depuis que votre poisson s’est noyé ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que sa mort est survenue ! Mais comment pouviez-vous savoir ?
B : tendrement – Oh ! Vous savez ! Je devine que vous devez être bien malheureux ! Surtout quand une personne aussi importante que cela s’en va du lourd fléau de la mort.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand quelqu’un nous est enlevé.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me comprendrez mieux, vous saurez que je ne perds jamais raison, elle est toujours là.
A : Je vous crois, chère amie ! ( Après une hésitation, dans un grand élan ) Je vous crois parce que je vous comprends !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire donner un torticolis ! Vous être un grand monsieur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me rapetisser ! Il y a trop longtemps qu’on me le reproche ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je ressemblais à … Hagrid ! C’est comme si toujours je venais d’un autre monde ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous me comprenez, que moi je vous comprends, que nous nous comprenons !
B : émue – Ne riez pas si fort ! Grand, grand monsieur ! On pourrait nous voir rire !
A : Tant pis pour … ! Je veux que chacun, je veux que tous sachent qu’être grand ne me pose plus de problèmes ! Tout le monde oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Thelma et Clarisse


A : sur le ton de l’intimité – Chère ! Si vous saviez comme j’ai envie de vous, depuis longtemps !
B : touchéeVraiment ? Serait-ce depuis que nous avons dansés l’autre soir ?
A : étonné – Oui ! Justement ! Depuis que l’autre soir nous avons dansés! Mais comment pouviez-vous le savoir ?
B : tendrementOh ! Vous savez ! Je devine que ça ne peut être que ça ! Surtout quand vous me touchiez de cette façon.
A : pressant – Quand quoi ?
B : péremptoire – Quand quoi ? Eh bien mais : quand quand vous m’enlaciez, je me sentais tellement bien dans vos bras.
A : jouant l’incrédule, mais satisfait – Est-ce possible ?
B : Lorsque vous me connaitrez mieux, vous saurez que je suis toujours là, à attendre vos câlins, prête à tout.

A : Je vous crois, chère! (Après une hésitation, dans un grand élan) Je vous crois parce que je vous aime !
B : jouant l’incrédule – Oh ! Vous allez me faire rougir ! Vous être un grand charmeur !
A : laissant libre cours à ses sentiments – Non ! Non ! C’est vrai ! Je ne puis plus me retenir ! Il y a trop longtemps que je vous aime ! Ah ! Si vous saviez ! C’est comme si je rêvais ! C’est comme si toujours je n’attendais que vous ! Enfin, aujourd’hui, voici que, que vous, que moi, que nous nous aimons !
B : émue – Ne criez pas si fort ! Grand, grand amour ! On pourrait nous entendre !
A : Tant pis pour ça ! Je veux que chacun, je veux que tous! Que tout le monde oui le sache oui !
B : engageante, avec un doux reproche – Mais non, pas tout le monde : seulement nous deux !

Et à présent, un autre Tardieu, et d’autres
enfants

Et le texte, très court, est à lire ICI sur ce lien



Quelques lectures d’été en attendant la Seconde

18 07 2008

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Comme promis, un peu en retard, je l’avoue, voici quelques titres dans lesquels vous pourrez vous plonger, avec ou sans eau, sous le soleil ou le parasol, qui, je l’espère, vous offriront des univers palpitants -drôles ou douloureux- tout en vous aidant à préparer la rentrée.

du roman classique français?
Les noms à retenir, quel que soit le roman : Zola, Maupassant, Alexandre Dumas …. n’hésitez pas …

quelques étrangers?
Amok, Stefan Zweig
L’Idiot, Dostoievsky (un très grand, très beau roman si vous n’êtes pas découragé au début)

du théâtre?
vous pouvez tenter le contemporain avec Koltès

de la Science Fiction?
Un bonheur insoutenable, Ira Levin
La nuit des temps, Barjavel
1984, Orwell
Fahrenheit 451, Bradbury

de la poésie?
Baudelaire, l’incontournable (mais vous le retrouverez) Rimbaud (mais vous le retrouverez aussi)

du roman policier?
Agatha Christie si vous avez aimé les Dix Petits Nègres

mes coups de coeur?
Kafka sur le rivage, de Murakami
Lambeaux, Juliet
L’Elégance du hérisson, Barbery (mais il n’existe pas en poche)

Tous ces titres sont réellement accessibles… N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et à proposer, pour vos camarades, d’autres lectures d’été.. N’hésitez pas à revenir, il se peut que d’autres idées surgissent



Je saigne des cailloux…..

5 07 2008


Creative Commons License photo credit: Neil Hunt

Je saigne des cailloux parce que la lune est rouge.
Autrefois la lune était blanche, mais un jour de la peinture rouge lui tomba dessus. Certains habitants de la lune, les cailloux, réussirent à s’enfuir avant le déluge. Ils cherchaient désespérément une terre d’asile. Je les accueillis dans mes veines et depuis ce temps je saigne des cailloux.
Lionel

Je saigne des cailloux parce que la lune est rouge.
Je saigne des cailloux parce les nuages pleurent.
Je saigne des cailloux parce les étoiles s’envolent.
Je saigne des cailloux parce ta neige est bleue.
Aurélie

Au bout du jour et de la nuit. La Lune s’élève, le Soleil me délaisse. Ma vie s’assoupit, elle dort. Mais elle rêve. Ne me laisseras-tu jamais de repos ? Les remords me pèsent, la Haine m’accable. Les nuages de mes Yeux jamais ne versent gouttes. Alors que le Sablier du Corps s’écoule vite mais lentement. Au clair du lampadaire, Arès pour compagnie. Au clair du Sang, drapeau révolutionnaire en main. Au clair de la Vengeance, je leur lancerai les Pierres de la Honte et de l’Amertume. Je les ouvrirai, et toute leur Vie, leurs Plaies béantes aux Yeux du Monde. Je m’écroulerai, sous le Pommier. La douleur de ceux-là ne m’ont changée en rien. Le bien que j’attendais n’est jamais arrivé. Et jamais je n’aurais la Fierté de ces Autres que j’espérais autant. Orage dans les Nuages. Mon premier souffle me quitte laissant place à un autre. Je saigne des Cailloux parce que la Lune est rouge.
Clarisse

Je saigne des cailloux parce que la lune est rouge. Et comme ce Phénomène de la « lune rouge » n’arrive qu’une fois par millénaire, cela déclenche dans notre organisme une solidification du sang et ça ressemble à des petits cailloux on dit « je saigne des cailloux »
Antonin

Je saigne des cailloux parce que la lune est rouge , les étoiles filent et mes yeux vont de bleu en bleu tandis que les tiens de larmes sont secs. Mon cœur me lance , ma mémoire s’encombre , ton sourire pleure et ton visage est dans l’ombre pourtant l’arc-en-ciel n’arrête pas son dégradé et chaque couleur est un supplice. Les tournesols ventent et la nuit de réglisse est comme un drap au touché de tes doigts .
Flavia.S

Comme chaque soir entre 20H60 et 20H61 , je sors dehors. Sous mes pas , les cailloux de l’allée crissent , le vent souffle et les arbres feuilloient. Les étoiles me regardent , elles sont bleues , vertes , jaunes , roses et brillent les dents des stars. Je regarde la lune rouge et comme chaque soir le temps s’arrête . Pendant cette minute où je suis la seule à vivre , je hurle , je me jette par terre et roule sur les cailloux , je me blesse et je lèche mes plaies comme un animal. Je n’ai plus conscience de mon être et ça tourbillonne dans ma tête. Je saigne des cailloux parce que la lune est rouge.
Thelma.S



– C’est impossible! – C’est pourtant vrai!

20 06 2008

– C’est impossible !
– C’est pourtant vrai !

– Mais c’est impossible !
– Mais c’est pourtant vrai !- Mais t’es sûr ?
– Mais oui, puisque je te le dis !
– C’est de la folie !
– Je sais, c’est incroyable…
– Je ne comprends pas…
– Moi non plus …
– Tu es sur que l’Humain est l’assassin ?Moi qui croyais toutes ces légendes racontées par les autres…
– C’est la réalité qu’on a en face.L’Humain se nourrit de notre innocence, de nos rêves.
– C’est impossible…

– C’est pourtant vrai…

Sué

– C’est impossible !
– C’est pourtant vrai !

C’est ainsi que s’est terminé le dialogue entre la raison et le rêve. La solution de cette énigme est qu’il n’y en a pas. Quoi que l’on fasse, que l’on dise, il y aura toujours des exceptions pour tout. Le tout et le rien, l’impossible et le possible ne tiennent que sur un léger fil qui menace à chaque minute de se briser. L’impossible n’est rien et le rien est un tout qui lui aussi peut devenir un rien.
– Que serait le bonheur sans le malheur ?
– Que serait le tout sans le rien ?
Ces questions, pas beaucoup de personnes ne se les posent pourtant elles sont intéressantes. Le monde donnerait-il de la valeur au bonheur s’il n’avait pas connu le malheur ? Si la vie était entièrement faite de tout alors elle ne serait que monotonie et cela est possible pour tous les opposés, enfin , peut-être qu’il y a encore une exception. Sur ce point la raison et le rêve étaient dans le doute. Mais au fait … que serait le concret sans le doute ?

Flavia


_ C’est Impossible !

_ C’est pourtant vrai ! Madame Rodart a tué son Chat, une Souris encore dans la Bouche. Souris qu’elle s’empressa de tuer aussi. Elle le posa dans son Jardin, derrière la Cabane à Bois. Elle s’en alla dans son Salon, regarder ‘Questions pour un Champion’ Mais, prise de Remords, elle ressortit pour voir le Corps du Défunt Nestor. Mais Catastrophe ! Turlututu Chapeau Pointu, le cher petit chat a disparu !

Quelques Années plus tard, nous retrouvons Mme Rodart. Elle avait dans sa Maison, quelques dizaines de Petits Chatons. L’un d’Eux mourra dès la Naissance. Elle alla donc, avec aisance, au Cimetière pour Animaux du Coin. Elle choisit pour Emplacement, celui à Côté du Chien Médor. Mais quelle fut donc sa Surprise quand elle vit quel était son Voisin Ce n’était autre que le Chat Nestor. & au dessus de la Sépulture, une Petite Sculpture à l’effigie de sa belle Figure. & en guise d’Epitaphe : ‘Sans Soucis, Mme Rodart ! Apprenez chère Maîtresse, que pour fleurir ma Tombe des Plantes de la Honte & du Désespoir, il n’est jamais trop tard !’

_ Non, vraiment, pas possible !

Clarisse C. 3e2

Et puis aussi une petite vidéo : étonnement, poésie, féerie, drôlerie… un peu d’impossible dans les yeux? (un petit clic sur la ligne verte)

http://www.dailymotion.com/video/xk9jm




Traversée de mots (4)

15 06 2008

Le début du roman d’Italo Calvino, yrose02.gif

Si par une nuit d’hiver un voyageur,

lu par Rita

 

siparunenuitdhiver.mp3

bottiglia.jpg

source : http://www.internetculturale.it



Des p’tits papiers (2) qui deviennent les p’tits crayons

15 06 2008

crédit photo © taylorkoa22 198754727_bbb12f5ce6_m.jpg

Compte-rendu d’une expérience pédagogique :

2ème partie

 

 

 

* Distribuer à chacun des élèves une copie quelconque non corrigée

* Sur la copie, placer un encadré : Nom de l’élève assorti du Nom du correcteur
* Procéder à la lecture de la première question
* Demander à l’élève qui a proposé la question quelle réponse il envisage

PUIS

* Questionner les élèves : ont-ils des doutes quant à la réponse qu’ils ont sous les yeux? Est-elle juste ou fausse?

Et c’est ICI, devant le DOUTE que la classe s’anime : lorsque qu’un élève met en débat une réponse. Chacun alors, s’engage dans une démarche collective autour de l’ambiguïté : réflexion, argumentation, interrogation, discussion, argument, contre-argument, justification.Et les élèves apprennent, et le professeur apprend. .. un grand moment d’étonnement

Que se passe-t-il?

– intuitivement, les élèves repèrent les réponses mal formulées, qui ne veulent rien dire
– ils se rendent compte qu’un seul mot peut TOUT changer
– ils se rendent compte que le langage est matière à travail
– ils font preuve d’exigence
-ils se détachent de la peur et d’une timidité par rapport à leur écrit
– ils prennent conscience de la diversité des erreurs
– ils réalisent qu’il n’est pas si difficile de se corriger
– ils sont souvent plus sévères que le professeur quant à la qualité et la clarté des réponses
– ils découvrent les réactions d’incompréhension des autres élèves face à leur réponse lorsque celle-ci est soumise à la « lecture » de la classe- très vite, ils prennent de la distance et du recul par rapport à l’écrit : on parle, on discute autour des mots

– ils distinguent celui qui a lu, mais vite, celui qui n’a pas lu, celui qui a bien lu

Quels sont les points qui ont été soulignés?

– l’imprécision des formulations
– la grande présence de l’implicite

– la mauvaise ou trop rapide lecture de la question
– la mauvaise ou trop rapide lecture du livre



Quand Ranger et S’amuser se rencontrent (2)

9 06 2008

Décidément, les élèves nous surprendront toujours!!

Par Alicia B.

Un mardi matin, au début d’une page, Ranger rencontra S’amuser. Le premier était las et fatigué, le deuxième pétillait de bonne humeur. Attiré par tant de joie, Ranger lui adressa alors la parole :

– Bonjour… Vous m’avez l’air bien guilleret dites moi ! Qu’est-ce qui vous met donc de si bonne humeur en ce mardi matin ? Auriez-vous par hasard aperçu un joli groupe nominal ? Un mot dont vous ignorez l’existence ?

S’amuser lui sourit puis répliqua :

– Enchanté Ranger ! Moi ? Et bien je suis toujours comme ça, c’est dans ma nature ! Je me dois d’être souriant, amusant et joyeux. Je m’amuse de l’escalier dans le lac, je m’amuse de boucles de chaussures en safari, je ris de taxis roses en Mars ! Et vous, que faites-vous donc pour paraître en si mauvais état ?

– Oh, et bien moi je range ma chambre, je range des étagères ou des tables. Je ne rencontre que des COD… La routine,quoi.

– Hum, c’est embêtant en effet. Il vous faudrait plus vous amuser de vache à sel ! Ou pourquoi donc ne pas rire de jambes en poudre sur les bords du bois joli ?!

Mais S’amuser voyait bien que cela ennuyait Ranger plus qu’autre chose. Alors elle eut une idée:

– Et si nous nous mariions ? Comme cela, « ranger » rimera toujours avec « s’amuser » pour l’éternité ! Ranger sa chambre deviendra une partie de rigolade et tout le monde serait heureux.

– C’est une excellente idée ! Ajouta Ranger, ému de voir que S’amuser lui accordait autant d’importance. C’est alors ainsi que les deux verbes se marièrent et eurent plus tard de magnifiques petits verbes plus .