La description

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I- Définition:

Une description est le plus souvent un arrêt dans le récit. Elle sert à faire percevoir au lecteur le cadre ou des éléments du cadre dans lequel se déroule une action.
Une description peut faire comprendre: une situation historique, un milieu social, un paysage et son atmosphère. Ces éléments sont nécessaires à la cohérence du récit.

II- Où se place la description?

1. Au début du récit:

On décrit le lieu où va se dérouler l’action . Cela peut être un paysage extérieur (une forêt, une montagne…) ou un lieu fermé (une maison ou une de ses pièces…).

2. À l’intérieur du récit:

La progression du récit peut entraîner un changement de lieu: on fait une description lorsqu’un personnage se déplace, ou lorsqu’il arrive pour la première fois dans un lieu important pour l’action.

III- Les outils grammaticaux à utiliser:

Afin d’alléger les phrases, pensez à toutes les formes d’expression du groupe nominal.
Exemple: qui se produit en même temps = simultané, de la commune = municipal.
Évitez les cascades de relatives. N’écrivez pas par exemple: Je vois les lumières qu’on vient d’allumer et qui brillent et dont la lueur me rassure.
Choisissez le pronom relatif qui convient. A chaque fonction correspond une forme différente du pronom.
Exemple: N’écrivez pas: C’est l’histoire que je t’ai parlé et qu’il m’a racontée. Mais écrivez: C’est l’histoire dont je t’ai parlé et qu’il m’a racontée.

IV- À quoi sert une description?

1. Informer et expliquer:

La description des lieux ou des objets permet au lecteur de mieux comprendre le déroulement de l’action. C’est une description objective des choses.

2. Exprimer les sentiments:

La description peut traduire les sentiments du personnage qui regarde, à travers:
L’impression d’ensemble qui se dégage de l’objet décrit (tristesse ou gaieté…)
Le style utilisé: la construction de la phrase, le vocabulaire (favorable ou défavorable), les images. Par exemple, si un lieu est comparé à une prison, on sait que le personnage s’y sent mal à l’aise. C’est une description subjective.

V- La description objective:

Comme on l’a déjà dit, la description objective sert à décrire les objets et les choses comme ils sont sans ajouter les sentiments. D’ici pour avoir une bonne description objective, il faut suivre les conseils suivants:

Choisissez un point de vue externe et un angle de vision approprié.
Enrichissez votre description par les champs lexicaux appropriés. Utilisez des noms propres, des mesures et des distances.
Caractérisez l’objet décrit par des adjectifs qualificatifs, des compléments du nom, une subordonné relative.
Organisez l’espace en différents plans.
Employez les indicateurs spatiaux et les mots-liens (connecteurs sans charge affectifs) appropriés.
Évitez les « il y a« , les « se trouve« , les « on voit« , etc., et employez des verbes vivants, expressifs (d’action, de mouvement, d’attitude) ayant pour sujets grammaticaux les éléments décrits.
Privilégiez l’emploi du présent atemporel (de vérité générale), le temps de la description étant « statique », une sorte de time-out, à la différence du temps de la narration qui est « dynamique ». N’oubliez pas aussi d’employer l’imparfait de l’indicatif étant le temps de la description.

VI- La description subjective:

La description subjective sert à traduire les sentiments du personnage qui regarde. Il décrit tout en évoquant ses sentiments. Les conseils à suivre sont les suivants:
Employez le présent actuel ou atemporel ou l’imparfait de description.
Enrichissez votre description par le champ lexical de l’affectivité sans négliger celui de la lumière, la couleur, la forme…
Utilisez des phrases de type déclaratif et de forme affirmative…
Employez les adverbes qui marquent l’intensité, l’émotion…
N’oubliez jamais les adjectifs à valeur affective (appréciative ou dépréciative), les modalisateurs et les connecteurs…
Insistez sur le vocabulaire de l’affectivité qui se rapporte à la psychologie, aux émotions et aux sentiments…

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Le portrait

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Le portrait est une description physique ou morale d’un personnage.

I- Le portrait physique:

1. Aspect général:

On commence par évoquer l’âge de la personne (adolescent, jeune, vieux…) puis la taille (courtaud, trapu, haut…) ensuite la masse (mince, gros, ventru, obèse, corpulent…) enfin l’attitude (leste, souple, gracieux, prompt…).

2. Le visage:

Le choix de quelques détails caractéristiques de la physionomie du personnage permet d’annoncer son portrait moral:
Le visage peut être (maigre, osseux, ridé, lisse…).
Sa forme (ovale, carré, arrondi…).
Le teint (blanc, brun, rose, injecté de sang, bronzé, blême…).
La physionomie (gaie, triste, froide, souriante…).
Les cheveux (châtains, roux, ondulés, dorés, fauve, lisses, crépus, touffus…).
Le front (étroit, large, bombé, aplati…).
Les yeux (flamboyants, enfoncés, vifs, étincelants, cernés, tombants, larmoyants…).
Le nez (retroussé, camus, en bec d’aigle, crochu…).
La bouche (mince, charnue, épaisse, souriante, entrouverte…).
Les joues (pommettes, creusées, joufflues…).
Le menton (rond, carré, pointu…).

3. Les membres:

Les épaules (larges, étroites, carrées…).
Les mains (douces, fines, massives, musclées, ridées…).
Les jambes (musclées, grosses, arquées, élancées…).
La démarche (majestueuse, gracieuse, vive, fière, raide, boiteuse, élégante…).
Après avoir tracé le portrait physique en choisissant les éléments particuliers du personnage, on doit parler des occupations de ce dernier (vétérinaire, chômeur, architecte, fabricant, juge, dentiste, fermier…)

II- Le portrait moral:

Le caractère ou la situation sociale d’un personnage sont le plus souvent suggérés par le geste, l’expression du visage, la façon de parler, par une occupation habituelle, par un acte exemplaire
Mais on doit parler aussi:
Qualités intellectuelles du personnage (instruit, cultivé, intelligent, sage, lucide, savant…).
Les qualités morales (généreux, charitable, loyal, honnête, franc, aimable, ambitieux…).
Les défauts intellectuelles (illétré, analphabète, inculte, idiot, débile…).
Les défauts moraux (impoli, avare, hypocrite, curieux, arrogant, odieux…).
Il faut aussi brosser le portrait en action de la personne c’est-à-dire la présenter en train d’agir. Le portrait en action nous éclaire sur le caractère du personnage.

III- Quelques conseils:

Il faut enrichir le portrait par des comparaisons et des métaphores.
Exemple: Des yeux d’une biche (métaphores).
Les oppositions enrichissent encore le portrait.
Exemple: Elle aurait bien voulu être habile, mais elle ne faisait que des catastrophes.
Il ne faut pas seulement énumérer les particularités physiques mais aussi les qualifier.
Exemple: Il avait les yeux bleus vifs qui réflétaient sa sincérité.
L’utilisation trop fréquente des verbes être et avoir manque d’originalité et alourdit la phrase. D’ici il faut regrouper toutes les composantes du portrait en une seule phrase en se contentant d’un seul verbe.
Exemple: Marc était un grand garçon, aux yeux bleus et aux cheveux blonds…
Pour donner à votre phrase plus d’originalité et pour éviter les clichés, vous pouvez avoir recours à un présentatif ou à une tournure exclamative ou interrogative.
Exemple: Quelle était belle Jeanne! Cette grande jeune fille aux cheveux blonds!…
Employez les verbes qui décrivent l’attitude ou le mouvement du personnage.
Exemple: Se courber, se renverser, haleter…
Dans la conclusion, il est à conseiller de mettre les impressions personnelles sur le personnage.

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Dis-leur !

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Allez ! Pour passer un agréable moment en cette fin de week-end, voici un joli poème d’Ernest Pépin, écrivain et poète, né  en Guadeloupe en 1950 !


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Un oiseau passe
éclair de plumes
dans le courrier du crépuscule
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que tu viens d’un pays
formé dans une poignée de main
un pays simple comme bonjour
où les nuits chantent
pour conjurer la peur des lendemains
dis-leur
que nous sommes une bouchée
répartie sur sept îles
comme les sept couleurs de la semaine
mais que jamais ne vient
le dimanche de nous-mêmes
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que les marées
ouvrent la serrure de nos mémoires
que parfois le passé souffle
pour attiser nos flammes
car un peuple qui oublie
ne connaît plus la couleur des jours
il va comme un aveugle dans la nuit du présent
dis-leur que nous passons d’île en île
sur le pont du soleil
mais qu’il n’y aura jamais assez de lumière
pour éclairer
nos morts
dis-leur que nos mots vont de créole en créole
sur les épaules de la mer
mais qu’il n’y aura jamais assez de sel
pour brûler notre langue
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur qu’à force d’aimer les hommes
nous avons appris à aimer l’arc-en-ciel
et surtout dis-leur
qu’il nous suffit d’avoir un pays à aimer
qu’il nous suffit d’avoir des contes à raconter
pour ne pas avoir peur de la nuit
qu’il nous suffit d’avoir un chant d’oiseau
pour ouvrir nos ailes d’hommes libres
VA
VOLE
ET DIS-LEUR…

Ernest Pépin (« Babil du songer » – éditions Ibis Rouge, 1997)

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