Puerto Piramides et quelques tranches de baroudage


Je mets sur cet article, un peu en vrac, des petites tranches de vie du baroudage d’Héliette, que j’ai extrait de ses mails. L’essentiel étant son séjour à Puerto Piramides.

Arnaud

Le musée du vin – où l’on voit la bonne étoile de la Claque-Galoche agir sans même se masquer.

J’ai eu beaucoup de chance sur la fin de ma journée, j’ai d’abord pris le bus pour aller à la cave à vin et je n’avais pas de monnaie, donc le chauffeur, qui n’en avait pas non plus, ne m’a pas fait payer. Ensuite je ne savais pas ou j’étais, et ma voisine de bus vivait juste en face de la bodega, donc elle m’a guidée… Et voila que la visite de ce musée de 5000 pièces est guidée, gratuite et la dégustation avec ! Je goûte le fameux Malbec, delicieux, et demande si je peux décoller ou emporter une étiquette…. et on m’en file une collection ! Ce n’est pas fini : je faisais la conversation a deux quinquagénaires de Cordoba, et donc ils m’ont ramenée en ville… Ou j’ai finalement rencontré mon hôte, Claudio.

Voyagez, et faites des rencontres inoubliables…

Je lisais tranquillement, après l’agitation d’un film avec Bruce Willis où ça grouillait de types en tenue SWAT et FBI. Et soudain le car s’arrête, je lève le nez et me trouve face à une cagoule et une mitraillette ! J’ai fait un sacré bond intérieur. Un deuxième type est monté aussitôt, mais lui au moins était étiqueté POLICIA. Et là, soupir de soulagement…

Puerto Piramides, son océan, ses baleines…

Puerto Piramides, c’est un lieu tout petit, tout désert, où j’ai déniché à grand peine une chambre à 15 pesos dans une maison en tôle qui est isolée avec des bouteilles de soda en plastique… Mais voilà, en route, je suis restée le nez collé à la vitre pour suivre un troupeau de guanacos sauvages, et en descendant du colectivo n.2 après 25h30 de route, me voilà scotchée sur la plage : à cinquante mètres dans la flotte, les baleines s’éclatent. J’hallucine ! Je suis donc allée marcher à cinq km de là voir les loups de mer, les créatures les plus apathiques que j’aie jamais vues. Tous les quarts d’heure ça bouge un cil, ou une patte, et parfois au bout de trente minutes d’intense sieste ça se réveille pour bailler et se rendormir… il n’y en avait que cinq ou six, et j’étais en hauteur, sur la falaise, pour les photographier… faudra faire usage du zoom pour bien les voir !

Je viens de passer deux heures et demie en mer. J’ai pris la compagnie la plus chère en grimaçant, mais quand ils m’ont dit que le capitaine avait tendance à oublier de rentrer quand il y avait des baleines, je me suis dit qu’au moins ce n’était pas un de ces rapaces qui sort en mer chrono en main pour emmener le plus de passagers possibles. J’ai eu raison – en fait on a payé pour une heure… et cette sortie en mer n’a pas de prix…

On est monté à une petite vingtaine dans un hors bord et on a parcouru la péninsule… le capitaine s’arrête… et une baleine surgit à cinq mètres deux minutes plus tard, elle nous contourne, balance un jet d’eau et se casse… et ressort, avec sa drôle de tronche de baleine franche australe, dardant son regard et ses mollusques dans notre direction. J’ai regardé une baleine dans les yeux ! Et mieux encore, je l’ai photographiée !! Bref, me voilà ahurie devant cette baleine, quand deux autres se mettent à faire des sauts au loin. Trop loin… on entend juste les splashes… (là,c’est un pluriel à l’anglaise)

On sort de la péninsule, contrairement aux autres bateaux qui font tous demi-tour. Et là… une mère et son petit. Le baleineau très curieux, avec son bide tout blanc comme un orque, a décidé de venir nous voir. Il saute et s’éclate dans l’eau en approchant… la mère essaie de l’éloigner. Mais là, hop ! Il surgit à dix mètres, saute et retombe…! Et je prends encore de belles photos… Un peu plus loin ce sont deux ou trois baleines qui ont décidé de faire un ballet… elles sortent la queue de l’eau, et restent ainsi en l’air un moment. Des mouettes viennent les piquer du bec. Et elles sont là, à dix mètres, jusqu’à ce que l’une d’entre elles longe le bateau… à portée de main. Je suis ébahie. Et complètement crevée maintenant, la mer ça épuise.

Hier soir, toute nostalgique dans ma solitude, je suis allée voir le coucher de soleil sur la péninsule, avec les baleines qui surgissaient par ci par là de manière hallucinante : elles apprennent à nager à leurs petits le soir quand plus personne ne les dérange. Et un loup de mer a sorti la tête à quinze mètres de là, impossible de le photographier, mais il est resté un long moment… après quoi je me suis fait embarquer par les flics. Je revenais paisiblement, et un type en uniforme m’a interpellée pour savoir ce que je faisais là, si j’étais perdue… deux minutes après j’étais au poste de la police maritime, entourée de quatre flics… qui venaient de m’inviter tout gentiment à boire le maté !

J’ai décidé d’un commun accord avec moi-même de vous épargner la scène insoutenable où l’on voit les policiers sus-cités boire du vin coupé au… fanta. Il faut probablement de tout pour faire un monde, mais il est certaines choses que l’humanité ne devrait jamais savoir…

Comodoro Rivadavia, parfois pas besoin de faire de longs paragraphes.

C’est une ville pétrolière laide et la plus chère du pays. J’ai décampé vite fait : j’ai un ticket pour El Calafate et son immense glacier le Perito Moreno qui sera ma dernière étape avant retour sur la capitale.

Le Perito Morino – Eh, c’est l’hiver là-bas, alors aux pieds d’un glacier, imaginez !

Ici en arrivant j’avais l’impression que les mots se solidifiaient en sortant de ma bouche, mais ça c’est un truc normal près du Perito Moreno…

Héliette

Et ça sera tout pour cette fois, Héliette devrait écrire la fin elle-même dans une semaine, une fois rentrée !

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