Quelques pistes pour guider l’étude du texte :
Que veut dire Hadrien dans ce passage ? Observer les champs lexicaux.
Analyser la première ligne.
Analyser la négation aux lignes 3 et 4.
Analyser les subordonnées circonstancielles aux lignes 4 à 8.
Analyser la négation des lignes 10 à 13.
Repérer les formes comparatives dans le dernier paragraphe.
Pour chaque analyse, quel effet produit cet emploi ?
Quelques pistes d’explication linéaire
– champs lexicaux de l’action et de l’inconsistance > difficulté à se connaitre ; les actions ne suffisent pas à se définir
– « Je perçois bien dans cette diversité, dans ce désordre, la présence d’une personne » « je » = sujet ; « perçois » = verbe de perception au présent, mais ici perception non par les sens mais par l’esprit ; « dans cette diversité, dans ce désordre » = double complément circonstanciel de lieu, mais ici pas un lieu réel, évocation des « matériaux divers entassés pêle-mêle » évoqués plus haut dans le texte et qui le caractérisent ; « la présence d’une personne » = COD de « perçois » > je est un autre ; Hadrien se perçoit comme une personne difficile à cerner
L2 « semblent presque toujours » > incertitude ; forme changeante puisqu’elle dépend des circonstances
L3 pour aider à la compréhension de cette idée, emploi d’une image (comparaison « comme une image reflétée sur l’eau » V « se brouillent » rejoint l’idée de diversité, de matériaux pêle-mêle) Hadrien n’écrit pas que pour lui, mais aussi pour Marc-Aurèle son successeur.
– négation des lignes 3 et 4 : négation dans la proposition principale « ne suis pas » et portant sur l’ensemble de la phrase + négation dans la subordonnée complétive « ne leur ressemblent pas ». Cela équivaut à dire : je suis de ceux dont les actions leur ressemblent.
Avec l’expression « ceux qui disent que leurs actions ne leur ressemblent pas », Hadrien évoque les hommes qui n’assument pas leurs actes. En commençant sa phrase par « je ne suis pas », il se distingue de ces derniers et il se définit par ce qu’il n’est pas, plus facile à faire que de savoir ce qu’on est.
– la phrase lignes 4 à 8 contient deux longues subordonnées circonstancielles de cause « puisqu’elles sont … propre » et « puisque c’est » jusqu’à « vivant ». > Hadrien explique pourquoi ses actions doivent lui ressembler : elles sont le seul moyen de mesurer qui il est, elles servent le souvenir, elles sont la preuve qu’on est vivant.
Les actes servent donc pour une part à le définir. Mais Hadrien montre que cela ne suffit pas en soulignant le décalage existant entre ses actes et lui. Pour cela, emploi de coordination « mais » + GN « hiatus indéfinissable » > H ne peut définir ce décalage mais il va tenter de l’expliquer et de l’illustrer dans la suite du texte. (« et la preuve » / « par exemple »)
Il montre que ce décalage existe en opposant les pronoms de 1° personne qui renvoient à lui-même « j’éprouve, moi-même » et ceux de 3° personne qui renvoient à ses actes « les peser, les expliquer » > regard critique et prise de recul sur ses actions.
Négations lignes 10 à 13 : phrase binaire avec opposition emploi de « mais » et « durèrent peu » / « s’étendirent sur toute la vie ». mais élément négatif dans chaque proposition : négation lexicale dans la première partie « négligeables » et négation syntaxique dans la deuxième partie « ne signifient pas ». > Hadrien insiste ainsi sur le fait que l’importance d’une action n’est pas liée à sa durée. Il prend ensuite l’exemple de son activité d’empereur (21 ans) qui lui semble « à peine essentiel » = illustration du décalage évoqué, marquante pour le lecteur
Les actes ne suffisent pas à définir sa vie et n’en représenteraient qu’un quart, le reste composé de tout ce qu’il a voulu faire mais n’a pas réalisé.
Rythme ternaire « masse de mes velléités, de mes désirs, de mes projets même », emploi de 3 termes désignant tout ce qui nait de sa volonté et comparaison avec un fantôme.
Formes comparatives du dernier § :
– « aussi nébuleuse et aussi fuyante qu’un fantôme » et « aussi confuse que celle des songes » : comparatifs d’égalité pour sa volonté et pour ses actes
– « à peine plus distincte » sous entendu : « que les ¾ de sa vie qui échappent à une définition par les actes » : comparatif de supériorité presque réduit à une égalité par l’emploi de « à peine »
– Associées à des verbes d’état « demeure, est » > Hadrien cherche à se définir et à définir sa vie, mais il l’associe au champ lexical de l’inconsistance « à peine distinct, nébuleuse, fuyante, fantôme… » soulignant ainsi la difficulté à se connaitre soi-même.
Hadrien montre ainsi que le définir par ses actes serait réducteur. Il s’interroge sur lui-même et s’observe comme on observe quelqu’un d’autre.
Comme texte complémentaire, lire l’extrait des Mémoires d’Hadrien page 65-66 de « Il serait facile » à « mes actes me formaient ».
Problématique :
Comment Hadrien évoque-t-il la difficulté à se définir, notamment par ses actes ?
Etude sous forme de tableau d’analyse
| Interprétation | Citation | Analyse |
| Hadrien s’observe lui-même, se prend pour sujet d’étude | « Je perçois bien » | « je » = sujet
« perçois » = verbe de perception au présent, mais ici perception non par les sens mais par l’esprit |
| Hadrien se voit comme un mélange d’éléments divers. | « dans cette diversité, dans ce désordre» | double complément circonstanciel de lieu, mais ici pas un lieu réel, évocation des « matériaux divers entassés pêle-mêle » évoqués plus haut dans le texte et qui le caractérisent |
| je est un autre. Hadrien se perçoit comme une personne difficile à cerner | « la présence d’une personne » | = COD de « perçois » |
| Forme changeante puisqu’elle dépend des circonstances : il évoque la difficulté à se définir | L2 « sa forme semble presque toujours tracée par la pression des circonstances » | Expression de l’incertitude |
| Il aide à comprendre cette difficulté et la manière dont il se voit en employant une comparaison. | L3 « comme une image reflétée sur l’eau »
+ « se brouillent » |
Comparaison
Verbe qui rejoint l’idée de diversité |
| Cela équivaut à dire : je suis de ceux dont les actions leur ressemblent.
Avec l’expression « ceux qui disent que leurs actions ne leur ressemblent pas », Hadrien évoque les hommes qui n’assument pas leurs actes. En commençant sa phrase par « je ne suis pas », il se distingue de ces derniers et il se définit par ce qu’il n’est pas, plus facile à faire que de savoir ce qu’on est |
L3-4 « Je ne suis pas de ceux qui disent que leurs actions ne leur ressemblent pas. » | négation dans la proposition principale « ne suis pas » et portant sur l’ensemble de la phrase + négation dans la subordonnée complétive « ne leur ressemblent pas ». |
| Hadrien explique pourquoi ses actions doivent lui ressembler : elles sont le seul moyen de mesurer qui il est, elles servent le souvenir, elles sont la preuve qu’on est vivant. | L4 à 8 de « il faut bien » à « vivant » | deux longues subordonnées circonstancielles de cause « puisqu’elles sont … propre » et « puisque c’est » jusqu’à « vivant ». |
| Les actes servent donc pour une part à le définir. Mais Hadrien montre que cela ne suffit pas en soulignant le décalage existant entre ses actes et lui. | « Mais il y a entre moi et ces actes dont je suis fait un hiatus indéfinissable. » | emploi de coordination marquant l’opposition « mais » + GN « hiatus indéfinissable » |
| H ne peut définir ce décalage mais il va tenter de l’expliquer et de l’illustrer dans la suite du texte. | « et la preuve » / « par exemple »
|
Vocabulaire de l’exemple |
| Il montre un regard critique en opposant soi et ses actes | « j’éprouve, moi-même » « les peser, les expliquer » | Pronoms de 1° et 3° personne |
| Hadrien insiste ainsi sur le fait que l’importance d’une action n’est pas liée à sa durée. | « Certains travaux qui durèrent peu sont assurément négligeables, mais des occupations qui s’étendirent sur toute la vie ne signifient pas davantage. » | phrase binaire avec opposition emploi de « mais » et « durèrent peu » / « s’étendirent sur toute la vie ». mais élément négatif dans chaque proposition : négation lexicale dans la première partie « négligeables » et négation syntaxique dans la deuxième partie « ne signifient pas ». |
| Il évoque avec insistance ce qui constitue l’essentiel de sa vie.
Les actes ne suffisent pas à définir sa vie et n’en représenteraient qu’un quart, le reste composé de tout ce qu’il a voulu faire mais n’a pas réalisé. |
« masse de mes velléités, de mes désirs, de mes projets même », | Rythme ternaire
emploi de 3 termes désignant tout ce qui nait de sa volonté |
| Hadrien montre que le définir par ses actes serait réducteur. | « aussi nébuleuse et aussi fuyante qu’un fantôme » et « aussi confuse que celle des songes » :
– « à peine plus distincte » sous entendu : « que les ¾ de sa vie qui échappent à une définition par les actes » : |
comparatifs d’égalité pour sa volonté et pour ses actes
comparatif de supériorité presque réduit à une égalité par l’emploi de « à peine »
|
| Il souligne la difficulté à se connaitre soi-même | « à peine distinct, nébuleuse, fuyante, fantôme… ». | champ lexical de l’inconsistance |
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