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Baudelaire Spleen « quand le ciel bas et lourd » texte
Objet d’étude : La poésie du XIX° au XXI° siècle
Parcours : Alchimie poétique : la boue et l’or
Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857, Section Spleen et Idéal, poème LXII « Spleen », dans Biblio lycée, Hachette
Baudelaire Le Soleil correction de l’explication linéaire
Lisez le poème Le Soleil
Puis en vous aidant éventuellement des analyses proposées dans les deux liens suivants, préparez-en l’explication linéaire (à présenter sous forme de tableau ou de carte mentale ou d’une liste de points expliqués)
https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/2020/02/09/le-soleil-baudelairien/
https://commentairecompose.fr/le-soleil-baudelaire/
Idées de problématiques :
Que représente le soleil pour Baudelaire ?
En quoi le soleil et le poète sont-ils des alchimistes ?
A travers cette évocation du soleil, quelle vision Baudelaire donne-t-il du poète ?
Poème en alexandrins (12 syllabes par vers) aux rimes plates (ou suivies) (aabb), divisé en trois strophes : deux huitains (de 8 vers) et un quatrain (de 4 vers)
| Interprétation | Citation | Analyse |
| Baudelaire pose d’abord le cadre (où, quand) avant d’évoquer son activité de poète. | Première strophe | Une seule phrase, avec un CCL vers 1 et 2
Un CCT vers 3 et4 Sujet + verbe + compl essentiels au vers 5 3 CC de manière v6 à 8 |
| L’aspect misérable du quartier est évoqué par le choix du vocabulaire.
C’est aussi un lieu de débauches, mais qui restent cachées à l’intérieur des maisons |
Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures, |
Vocabulaire dévalorisant |
| Le soleil personnifié est présenté comme violent et tout puissant puisqu’il frappe partout (ce que souligne le parallélisme) | Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés, |
Personnification du soleil grâce à l’adj « cruel »
Voc de la violence « frappe, traits » Répétition de « sur » / parallélisme |
| Le poète parle de lui-même « je ». Ce pronom est mis en valeur au début du vers, tout comme l’adj « seul » au milieu du vers. Il ne doit pas être seul au milieu de la ville, mais plutôt solitaire.
« ma fantasque escrime » est une périphrase originale pour désigner l’activité du poète qui cherche la rime (d’ailleurs « escrime » rime avec « rime » du vers 6). Comparer cette activité à de l’escrime fait de la création poétique un combat difficile. |
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime, | Pronom 1ère pers
Adj « seul » avant la césure Périphrase « ma fantasque escrime » |
| On retrouve cette idée dans les vers suivants avec les participes présents : le poète trébuche au sens propre et au sens figuré. Il doit beaucoup chercher « dans tous les coins » avant de trouver « parfois » un vers réussi. | Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés, Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés. |
3 part présents en début de vers
Opposition complément de lieu « dans tous les coins » « sur les mots comme sur les pavés » au pluriel et complément de temps « parfois » |
| Cette première strophe évoque donc surtout la difficulté du poète à créer des vers. La création poétique ne vient pas en restant assis à une table, mais dehors, errant dans les rues. Cette création apparait comme un combat (« escrime »), où il faut subir les assauts du soleil et les difficultés « trébuchant, heurtant ».
Le soleil semble seulement un élément du décor. |
Première strophe | |
| Contrairement à la 1ère strophe, le soleil est ici présenté méliorativement grâce au GN développé : en tant que « père » il fait naitre, « nourricier », il fait croître, « ennemi des chloroses », il soigne, aussi bien la nature que les hommes.
La polysémie du mot « vers » fait penser que le soleil nourrit la nature, mais nourrit aussi la création poétique. |
V 9 Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Eveille dans les champs les vers comme les roses ; |
V9 GN désignant le soleil avec nom « père »+ adj « nourricier » + apposition « ennemi des chloroses »
Le soleil devient sujet du verbe « éveille » |
| Le poète insiste sur les bienfaits du soleil. Celui-ci est créateur des roses, du miel, mais il aide les hommes aussi à créer des vers, à éloigner leurs soucis. | V 11 Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel. |
Verbes mélioratifs « s’évaporer, remplit »
Deux champs lexicaux entrecroisés de la nature « ciel, ruche, miel » et de l’humain « soucis, cerveaux » |
| Le poète multiplie les exemples des bienfaits du soleil. Ici on retrouve le thème de la maladie « porteurs de béquilles » // « chlorose » et surtout l’idée de transformation grâce à la comparaison « comme des jeunes filles » et le verbe « les rend » Le soleil transforme la boue en or. | V13 C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles, |
Forme emphatique
GV mélioratifs « rajeunit, rend gais » comparaison |
| Le poète va plus loin ici, puisque le soleil ordonne à la nature, celui-ci a donc un pouvoir sur elle et sur le cœur des hommes.
Le vers 15 semble évoquer la nature, mais le vers suivant fait référence à l’humain. |
V 15 Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir ! |
Verbe désignant un ordre
Voc de la nature « moissons, croître, mûrir, fleurir »
|
| Baudelaire compare ici le soleil à un poète. Pour lui, le poète a donc le même rôle que le soleil : il est source de création (père), nourrit l’esprit et le cœur des hommes (nourricier), soigne (en remplissant les cerveaux et en faisant s’évaporer les soucis | Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes, | comparaison |
| Il transforme la boue en or (par un regard différent sur le monde) | Il ennoblit le sort des choses les plus viles, | Opposition « ennoblit » / « viles » |
| Le soleil, comme le poète, a une position supérieure, mais reste discret « sans bruits » et solitaire « sans valets ». Il ne profite pas de sa position. | Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets, | V 19 « roi » à associer au mot « ennoblit » v18
|
| Le soleil brille pour tous, riches (palais) ou pauvres (hôpitaux) | Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais. | Parallélisme
Opposition sémantique « hôpitaux / palais » |
Conclusion
Le thème du soleil permet à Baudelaire d’évoquer la création poétique. Pour lui, le poète, tout comme le soleil, doit toucher les hommes, tous les hommes qu’ils soient riches ou pauvres, nourrir leur esprit et leur apporter du baume au cœur. Le poète erre au monde pour y chercher l’inspiration et porte un regard neuf sur les choses, transformant ainsi la boue en or. C’est l’Idéal que cherche en effet Baudelaire dans sa création poétique.
Baudelaire Le Soleil texte
Objet d’étude : La poésie du XIX° au XXI° siècle
Parcours : Alchimie poétique : la boue et l’or
Le soleil
Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.
Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Eveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !
Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857, Section Spleen et Idéal, dans Biblio lycée, Hachette
HLP : travaux pour cerner ce qu’est une oeuvre d’art
1 Tapez « procès Brancusi » dans un moteur de recherche. Pourquoi ce procès a eu lieu ? Observez l’image de l’objet du litige.
2 Lisez le document suivant, qui présente un extrait du procès Brancusi.
Audition du témoin Edward Steichen, importateur de l’article intitulé « Oiseau ».
Question : Voulez-vous décrire à la Cour en détail sur quoi se fonde votre conviction [qu’il s’agit d’une authentique œuvre d’art ?
Réponse : j’ai vu cela au cours du processus de fabrication. En fait, je l’ai vu se faire. La première ébauche a été taillée dans du marbre. A partir de ce marbre, il a été réalisé un moule en plâtre et à partir du moule un bronze a été coulé. Lorsque le bronze est sorti de la fonderie, il ne présentait qu’une très vague ressemblance avec cette chose, et c’est alors qu’avec des limes et des ciseaux M. Brancusi a taillé et travaillé cette pièce en bronze.
Q : Et c’est l’artiste qui a fait cela ?
R : Oui, l’artiste en personne. Ce sont là les étapes par lesquelles est passé cet objet. J’ai vu ce bronze-ci au cours du processus, alors qu’il n’était qu’à moitié limé et faisait le double de sa taille actuelle.
Q : Il ne s’agit pas d’une copie de quoi que ce soit ?
R : Non.
Q : D’abord limé puis poli ?
R : Oui. Il n’en existe aucun autre au monde, en bronze, de cette forme et de cette taille.
Q : Voulez-vous avoir l’amabilité de parler à la Cour de la réputation d’artiste de M. Brancusi ?
R : Constantin Brancusi vit à Paris depuis 25 ans et il expose dans toutes sortes de salons d’art en Europe aussi bien qu’en Amérique.
Q : C’est par conséquent un sculpteur reconnu, n’est-ce pas ?
R : Oui. […]
Q : Voyez-vous une quelconque fonction utilitaire à cet objet ?
R : aucune.
Q : Lui voyez-vous ne serait-ce qu’un seul usage ou une quelconque finalité ?
R : Non aucun.
Q : En fait, vous ne concevez pas qu’il puisse ressortir à l’article 399 ?
Q : Comment appelez-vous ceci?
R : j’utilise le même terme que le sculpteur : « oiseau », bird.
Q : qu’est-ce qui vous fait l’appeler « oiseau » ? Ressemble-t-il à un oiseau pour vous ?
R : Il ne ressemble pas à un oiseau mais je le ressens comme oiseau et il est défini par l’artiste comme un oiseau.
Q : Le seul fait qu’il l’ait appelé « oiseau » en fait un oiseau pour vous ?
R : oui, votre Honneur.
Q : Si vous l’aperceviez dans la rue, vous ne songeriez pas à l’appeler « oiseau », n’est-ce pas ?
Q du deuxième juge : Si vous le voyiez dans une forêt, vous n’en prendriez pas une photo n’est-ce pas ?
R : Non, votre Honneur. […]
(…)
Q : Titre mis à part, dites-nous si ceci est une œuvre d’art et obéit à un principe esthétique sous-jacent, indépendamment du titre.
R : Oui.
Q : Veuillez expliciter votre réponse, je vous prie.
R : D’un point de vue technique, tout d’abord, elle a une forme et une apparence ; c’est un objet en trois dimensions créé par un artiste, ses proportions sont harmonieuses, ce qui me procure une émotion esthétique, le sentiment d’une grande beauté. Cet objet possède cette qualité. C’est pourquoi je l’ai acheté. M. Brancusi, de mon point de vue, a tenté d’exprimer quelque chose de beau. Cet oiseau me donne la sensation d’un vol rapide. A l’origine, il n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. Pendant vingt ans, l’artiste a travaillé à cette chose, la modifiant, l’épurant, pour arriver à cet état où les lignes et les formes sont l’expression d’un oiseau, les lignes suggérant son essor vers le ciel.
(texte proposé dans le manuel HLP Tle Hachette éducation)
3 Dans le texte précédent, quels arguments (6) défendent l’idée que l’objet de Brancusi est une œuvre d’art ?
4 En suivant les liens suivants, lisez ces articles qui proposent de définir l’œuvre d’art.
https://www.artinterview.com/critique/quest-ce-quune-oeuvre-dart/
5 Choisissez un roman, une poésie, une pièce de théâtre que vous avez apprécié. Expliquez en quoi cet ouvrage est une œuvre d’art littéraire.
BTS CGE : Derniers conseils avant les épreuves
Pour réussir les épreuves, il faut en connaitre les attendus et pouvoir s’appuyer sur des connaissances.
Pour les attendus, quelques rappels en formats audio et écrit :
Les attendus :
Vous trouverez sur cette page un rappel des épreuves de CGE : déroulé et plan à suivre
Ici des points à surveiller au moment de l’écriture personnelle
Et là quelques astuces supplémentaires.
Et si vous préférez l’audio, vous pouvez écouter les conseils suivants :
Organiser son temps :
La notation :
Le barème des épreuves de CGE, détaillé par écrit en cliquant ici.
Ou quelques explications sur la notation en format audio ci-dessous :
Vous trouverez là comment construire une introduction ainsi qu’un paragraphe de développement.
Vous pouvez aussi relire certaines corrections de travaux faits dans l’année, ce qui vous permet de repérer comment construire une synthèse ou une écriture personnelle. Par exemple avec cette synthèse sur la vitesse :
synthèse de Venayre, Garcia, Hugo, Bilal
Pour les connaissances, retenez quelques références et leur contenu.
HLP Vivre avec les robots : texte et recherches documentaires
L’étude de Luisa Damanio et Paul Dumouchel porte sur les robots sociaux et sur la possibilité d’une interaction d’ordre affectif entre les humains et les robots.
Les robots, contrairement aux ouvriers, ne se fatiguent pas (ils tombent cependant en panne) ; ils ne se plaignent pas ; ils ne sont jamais distraits dans leur travail ; ils ne font pas la grève ; ils n’ont pas la gueule de bois le lundi matin. Ce sont là certaines des raisons pour lesquelles nous voulons des robots et avons recours à eux dans de nombreuses circonstances. Ce ne sont pas les seules. Les robots coûtent moins cher. Ils sont souvent plus efficaces et précis que les travailleurs humains. Ils n’ont ni retraite, ni assurance santé, ni droits légaux. Nous voulons que les robots aient toutes les qualités que les maîtres recherchent dans leurs esclaves, les patrons dans leurs employés, les commandants dans leurs soldats, et nous voulons qu’ils n’aient ni leurs faiblesses, ni leurs manques, ni surtout cette tendance irrépressible à l’insubordination, à l’indépendance, et à n’en faire qu’à leur tête qui caractérise les travailleurs humains.
C’est dire qu’il est plusieurs dimensions de l’autonomie humaine que nous ne voulons pas que les robots aient. Nous voulons à la fois que les robots soient autonomes et qu’ils ne le soient pas. Cette contradiction est au cœur de la fable de Karel Capek. Ses robots sont comme nous, capables de faire tout ce que nous pouvons faire, mais ils sont néanmoins différents. Ils ne connaissent ni l’amour, ni la peur. Ils sont sans émotions. L’un d’entre eux fabriqué spécialement, et en secret, pour qu’il soit un peu plus humain, deviendra un des chefs de la révolte. Lorsque les robots se révèlent être trop comme nous, ils déclarent la guerre à leurs maîtres. Nous voulons que les robots soient autonomes, mais nous ne voulons pas qu’ils soient entièrement autonomes et surtout nous voulons que leur manière d’être autonome soit différente de celle dont nous le sommes. Ce projet contradictoire est aussi ce qui explique la permanence du thème de la révolte des robots.
Luisa Damanio, Paul Dumouchel, Vivre avec les robots, Le seuil, 2016 Texte proposé dans le manuel HLP Tle, Hachette éducation
Réponds aux questions suivantes :
– quels avantages les robots présentent-ils pour les humains ?
– Quels écueils concernant les robots les humains veulent-ils éviter ?
– En quoi les attentes et les craintes des humains se contredisent-elles ?
Lis l’article en suivant le lien suivant : https://www.lexpress.fr/culture/livre/robots-tueurs-ces-oeuvres-de-science-fiction-que-les-militaires-devraient-lire_1703063.html
Renseigne-toi sur les œuvres littéraires suivantes :
Ghost in the shell, Masamune Shirow
Le robot qui rêvait, Les cavernes d’acier, L’homme bicentenaire, Asimov
Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Philip K. Dick
C.H.A.R.L.Ex, Danielle Martinigol
HLP correction de l’interprétation « un robot plus qu’humain »
Interprétation : En quoi ce dialogue fait-il la démonstration du dépassement de l’homme par la machine ?
Vous pouvez relire le texte en cliquant ici.
– la notion de démonstration : le robot suit la méthode de Descartes dans son Discours de la méthode. Il part d’une question ligne 2, s’appuie sur sa raison (ligne 8). Il s’appuie sur l’observation et la comparaison (deux derniers paragraphes) pour en déduire une conclusion. Il utilise le postulat qu’a utilisé Descartes pour prouver l’existence de Dieu ? Il s’en sert pour déduire que les humains ne peuvent l’avoir créé. Même si son postulat et sa conclusion sont fausses, sa démonstration, elle, montre bien que la machine est sur de nbx points supérieure à l’humain.
– les faits montrent que la machine est plus performante que l’humain. Cf. les 2 derniers § avec le vocabulaire dépréciatif pour décrire l’humain « mous et flasques, inefficace, pis-aller… » et l’insistance sur la faiblesse humaine grâce aux verbes comme « manquent » l17, « dépendent » l18 ou « diminue » l20. Et au contraire une description très valorisante de la machine par elle-même (répétition systématique du « je » suivi de propos mélioratifs insistant sur la résistance l25, et l’efficacité l24.
– sa description est fondée sur la supériorité de la machine face à l’humain : emploi au début du § de « moi, par contre, je » (formule emphatique insistante) ; exemple avec les matériaux et la source d’énergie. Les expressions négatives « sans éclipses, sans mal » l 25 soulignent sa supériorité par rapport à l’homme qui doit dormir et ne peut s’adapter que très difficilement à des situations extrêmes.
– les réactions des deux humains les font paraitre inférieurs à la machine. L3 « la mâchoire de Powell s’affaissa » : il semble ébahi au point d’en rester bête. L11 « le poing soudain noué de Donovan » il semble ne pouvoir exprimer sa colère que par son corps. Ils parlent peu et leur paroles ne les montrent pas très intelligents l5 Donovan semble ne pouvoir s’expliquer que par la violence « te réduira en pièces détachées ». Par la suite, ils ne réagissent pas, n’interrompent pas la machine et ne proposent aucun contre-argument.
– La machine, elle, se considère comme bien supérieure à l’homme. De ce fait, elle ne peut imaginer qu’ils soient son créateur (voir l9 et 27) / l 16 « je m’en voudrais de vous dénigrer » : elle ne se gêne pourtant pas pour le faire ! / le « doigt réprobateur » pour désigner le sandwich montre qu’elle porte un jugement négatif sur l’humain. / l 12 à 15 la machine rit, c’est un rire moqueur envers les humains qui « se croient » son créateur.
Le Malade imaginaire : étude de l’acte III, scènes 13 et 14
Argan vient de jouer la comédie en faisant le mort. Il a ainsi découvert les véritables sentiments de sa femme pour lui. A la fin de la scène précédente, Toinette lui suggère de faire la même chose devant sa fille.
Propositions de problématiques :
Comment la comédie d’Argan dénoue-t-elle l’intrigue ?
Quels sont les sentiments d’Angélique envers son père ?
| On voit que sont présents dans cette scène Argan qui fait le mort, Toinette et Béralde qui sont dans la confidence. Angélique arrive sur scène. | ANGÉLIQUE, ARGAN, TOINETTE, BÉRALDE. | didascalies |
| Tout dans l’attitude et les paroles de Toinette annoncent une mauvaise nouvelle : elle s’exprime en s’exclamant, emploie des termes annonçant un désagrément « fâcheuse, malheureuse » C’est drôle pour le spectateur qui sait qu’elle joue la comédie. | TOINETTE s’écrie :- Ô Ciel ! Ah, fâcheuse aventure ! Malheureuse journée ! | Didascalie, exclamations, interjections |
| Les paroles d’Angélique traduisent son étonnement et son envie de savoir ce qui met Toinette dans cet état. Ses paroles permettent d’en savoir plus sur l’attitude de Toinette qui « pleure ». | ANGÉLIQUE.- Qu’as-tu, Toinette, et de quoi pleures-tu ? | interrogations |
| Toinette joue très bien son rôle et semble vouloir adoucir l’annonce qu’elle a à faire en préparant Angélique à une mauvaise nouvelle | TOINETTE.- Hélas ! j’ai de tristes nouvelles à vous donner. | Interjection + voc de la tristesse |
| La question très courte d’Angélique peut exprimer son angoisse. | ANGÉLIQUE.- Hé quoi ? | Interrogative non verbale |
| Toinette annonce la nouvelle de manière concise. | TOINETTE.- Votre père est mort. | Déclarative affirmative |
| Cette répétition machinale montre qu’Angélique est sous le coup de l’émotion. Elle semble incrédule : elle ne remet pas en question les propos de Toinette mais reste ébahie par une annonce à laquelle elle ne s’attendait pas. | ANGÉLIQUE.- Mon père est mort, Toinette ? | Reprise des paroles de Toinette, avec un ton interrogatif |
| Toinette recentre le regard vers Argan. Elle donne peu de détails (ce qui lui serait difficile étant donné qu’il n’est pas mort). | TOINETTE.- Oui, vous le voyez là. Il vient de mourir tout à l’heure d’une faiblesse qui lui a pris. | affirmations |
| Angélique exprime ses sentiments : elle est profondément attristée par la mort de son père. Cela s’oppose à la réaction de Béline, sa belle-mère. On comprend que son père est pour Angélique la personne à laquelle elle est la plus attachée « la seule personne qui me restait au monde », « une si grande perte ». | ANGÉLIQUE.- Ô Ciel ! quelle infortune ! quelle atteinte cruelle ! Hélas ! faut-il que je perde mon père, la seule chose qui me restait au monde ; et qu’encore pour un surcroît de désespoir, je le perde dans un moment où il était irrité contre moi ? Que deviendrai-je, malheureuse, et quelle consolation trouver après une si grande perte ? | Champ lexical de la tristesse
Exclamations puis interrogations |
| Le changement de scène s’explique par l’arrivée d’un nouveau personnage : Cléante | CLÉANTE, ANGÉLIQUE, ARGAN, BÉRALDE, TOINETTE. | Changement de scène ; dernière scène |
| Tout comme Angélique face à Toinette dans la scène précédente, Cléante face à Angélique veut savoir ce qui la met dans cet état. On sait ses sentiments pour la jeune fille « belle Angélique » . | CLÉANTE.- Qu’avez-vous donc, belle Angélique ? Et quel malheur pleurez-vous ? | Phrases interrogatives |
| Pas besoin de didascalie pour préciser au comédien comment jouer ce personnage. Ses paroles le disent : elle « pleure ». Son corps et ses paroles expriment sa tristesse d’avoir perdu son père.
Cette scène pourrait être pathétique, mais elle ne l’est pas car le spectateur sait que c’est faux. |
ANGÉLIQUE.- Hélas ! je pleure tout ce que dans la vie je pouvais perdre de plus cher, et de plus précieux. Je pleure la mort de mon père. | Expression des sentiments : voc, interjection, exclamation, répétition « je pleure » |
| La réaction de Cléante ressemble fort à celle d’Angélique avec les mêmes exclamations « ô ciel !… Hélas ! ». Mais on comprend que Cléante se désole non de la mort elle-même mais de ce qu’elle implique : il ne pourra pas faire sa demande ! Le comique vient du fait que le père n’est pas mort et entend ses paroles. Les mots de Cléante restent très respectueux : « par mes respects et par mes prières… disposer son cœur ». | CLÉANTE.- Ô Ciel ! Quel accident ! Quel coup inopiné ! Hélas ! Après la demande que j’avais conjuré votre oncle de lui faire pour moi, je venais me présenter à lui, et tâcher par mes respects et par mes prières, de disposer son cœur à vous accorder à mes vœux. | Exclamations, interjections
Parallélisme de structure avec paroles d’angélique dans la scène précédente
|
| Angélique renonce au mariage. Elle se sent responsable de la mort de son père, pense que c’est parce qu’elle s’est opposée à lui et l’a mise en colère qu’il est mort « j’ai résisté, le chagrin que je m’accuse de vous avoir donné ».
Elle s’adresse à lui et s’engage à respecter ce qui est devenu sa dernière volonté : la mettre dans un couvent. C’est ce que l’on comprend dans l’expression « je ne veux plus être du monde » |
ANGÉLIQUE.- Ah ! Cléante, ne parlons plus de rien. Laissons là toutes les pensées du mariage. Après la perte de mon père, je ne veux plus être du monde, et j’y renonce pour jamais. Oui, mon père, si j’ai résisté tantôt à vos volontés, je veux suivre du moins une de vos intentions, et réparer par là le chagrin que je m’accuse de vous avoir donné. Souffrez, mon père, que je vous en donne ici ma parole, et que je vous embrasse, pour vous témoigner mon ressentiment. | Impératifs « ne parlons plus, laissons là »
Oppositions de phrases négatives « ne parlons plus, je ne veux plus » et affirmatives « laissons là, oui, je veux » Répétition de l’apostrophe « mon père » Emploi de la 2° personne : adresse directe à son père mort |
| Argan en se levant brise la comédie et dévoile la supercherie. On peut imaginer de la reconnaissance envers sa fille qui a montré tout son amour pour lui.
La réaction d’Angélique est la même que celle de Béline, mais on se doute qu’elle ne sera pas suivie du même effet : sans doute de l’effarement et de la honte d’avoir été découverte pour Béline, du soulagement que son père ne soit pas mort pour Angélique |
ARGAN se lève.- Ah ! ma fille.
ANGÉLIQUE, épouvantée.- Ahy ! |
Didascalies interjections exclamations |
Le Malade imaginaire : texte acte III, scène 13 et début de la scène 14
Objet d’étude : le théâtre du XVII° au XXI° siècle
Parcours : Spectacle et comédie
SCÈNE XIII
ANGÉLIQUE, ARGAN, TOINETTE, BÉRALDE.
TOINETTE s’écrie :- Ô Ciel ! Ah, fâcheuse aventure ! Malheureuse journée !
ANGÉLIQUE.- Qu’as-tu, Toinette, et de quoi pleures-tu ?
TOINETTE.- Hélas ! j’ai de tristes nouvelles à vous donner.
ANGÉLIQUE.- Hé quoi ?
TOINETTE.- Votre père est mort.
ANGÉLIQUE.- Mon père est mort, Toinette ?
TOINETTE.- Oui, vous le voyez là. Il vient de mourir tout à l’heure d’une faiblesse qui lui a pris.
ANGÉLIQUE.- Ô Ciel ! quelle infortune ! quelle atteinte cruelle ! Hélas ! faut-il que je perde mon père, la seule chose qui me restait au monde ; et qu’encore pour un surcroît de désespoir, je le perde dans un moment où il était irrité contre moi ? Que deviendrai-je, malheureuse, et quelle consolation trouver après une si grande perte ?
SCÈNE XIV ET DERNIÈRE
CLÉANTE, ANGÉLIQUE, ARGAN, BÉRALDE, TOINETTE.
CLÉANTE.- Qu’avez-vous donc, belle Angélique ? Et quel malheur pleurez-vous ?
ANGÉLIQUE.- Hélas ! je pleure tout ce que dans la vie je pouvais perdre de plus cher, et de plus précieux. Je pleure la mort de mon père.
CLÉANTE.- Ô Ciel ! Quel accident ! Quel coup inopiné ! Hélas ! Après la demande que j’avais conjuré votre oncle de lui faire pour moi, je venais me présenter à lui, et tâcher par mes respects et par mes prières, de disposer son cœur à vous accorder à mes vœux.
ANGÉLIQUE.- Ah ! Cléante, ne parlons plus de rien. Laissons là toutes les pensées du mariage. Après la perte de mon père, je ne veux plus être du monde, et j’y renonce pour jamais. Oui, mon père, si j’ai résisté tantôt à vos volontés, je veux suivre du moins une de vos intentions, et réparer par là le chagrin que je m’accuse de vous avoir donné. Souffrez, mon père, que je vous en donne ici ma parole, et que je vous embrasse, pour vous témoigner mon ressentiment.
ARGAN se lève.- Ah ! ma fille.
ANGÉLIQUE, épouvantée.- Ahy !
Extrait de l’acte III, scène 13 et début de la scène 14, Le Malade imaginaire, dans l’édition Classiques & Cie, Hatier

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