Yourcenar Mémoires d’Hadrien texte 2 étude

Comment Hadrien s’est-il préparé au métier d’empereur ?

Interprétation Citation Analyse
H dans ce passage raconte sa jeunesse à son successeur Marc-Aurèle. « j’entrai assez gaiement ; j’acceptai » Passé simple, temps du récit

 

H a vécu par moments détaché de lui-même, jouant un rôle, comme un comédien.

Exemple avec l’ambitieux

1° phrase : « rôle, joué, souffleur » Champ lexical du théâtre
Opposition entre ses sentiments (fonction ennuyeuse) et ses actes (il travaille brillamment) concernant son travail de fonctionnaire. Hadrien ne se réduit pas à son métier. 2° phrase : « j’acceptai de remplir la fonction »

 

 

« ennuyeuse »

« l’exactitude la + sage » + « tous les services utiles »

 

Même idée que 1 (je sujet n’est pas le cod fonction (différent de ‘je devins curateur’)

 

Adjectif dévalorisant son travail

Superlatif + emploi de « tous »

 

> opposition entre les 2

H prend un recul critique vis-à-vis de l’empereur : il en connait les qualités de soldat et les défauts d’empereur.

 

Au contraire, proximité avec Plotine, femme de Trajan.

 

 

Hadrien va écrire les discours de l’empereur. A la lecture des phrases précédentes > un rôle de plus.

3° phrase

« laconique, insuffisant »

« admirable aux armées, insuffisant à Rome »

 

« dont les goûts … miens » + « le premier des bons offices »

 

 

« le persuada de me laisser fabriquer ses discours »

 

Voc dévalorisant Trajan

Opposition des adjectifs et des CC de lieu

 

Sub relative insistant sur goûts communs + expression valorisante

 

Imbrication de pronoms de 1° et 3° personne (+ adj possessif)

H insiste sur la raison qui lui a permis de réussir, en évoquant une habitude passée grâce à un retour en arrière. Phrases 4 et 5 :

« d’autant mieux que »

« au temps de mes débuts difficiles, j’avais souvent rédigé »

 

 

Expression de cause

CCT + verbe au plus que parfait

= analepse

 

Grâce au recul du temps, H porte un regard d’observateur sur lui-même. Le « je » narrateur n’est plus celui qui a vécu cette période lointaine.

Hadrien, âgé, prend du recul et compare des périodes de vie. Il a tjrs aimé joué un rôle, se mettre à la place d’un autre.

Phrase 6

« je trouvais … un plaisir » et « je me sentais »

« pareil à … adolescence »

 

 

 

Expressions de sentiment

 

comparaison

Insistance sur l’importance de ce travail (écrire les discours de l’empereur). Cela lui a appris à le devenir lui-même. Phrases 6 et 7 « exercices de rhétorique, essayant, apprenais » Champ lexical de l’apprentissage
On retrouve l’idée de la phrase 3. Trajan à Rome ne fascine plus autant Hadrien qu’à l’armée. Celui-ci en voit les défauts, qu’il n’hésite pas à évoquer. Le verbe d’état souligne l’idée qu’Hadrien fait siennes les pensées de Trajan. Phrase 8

« simple, inarticulée, obscure »

« Devint »

 

Adj qualificatifs peu flatteurs

Verbe d’état

Hadrien narrateur a bien conscience de la haute estime qu’il avait de lui-même, jeune, lorsqu’il se sentait supérieur à Trajan, considérant connaitre sa pensée mieux que lui-même, ce qui parait paradoxal. Phrase 8 « je me flattais de la connaitre un peu mieux que lui-même » Verbe de sentiment + comparatif de supériorité > paradoxe
Hadrien ne fait pas que raconter. Il donne surtout ses sentiments sur ce qu’il a vécu, son plaisir à imiter Trajan et à l’entendre prononcer ses discours. Phrase 9 « j’aimais »

« J’ ; du chef ; l’entendre ; j’étais »

Verbe de sentiment

Croisement des pronoms et noms de 1° et 3° personne

 

Nouvelle étape : Hadrien remplace Trajan au Sénat. Il n’écrit plus seulement les discours, il les lit à sa place. Il peut ainsi jouer entièrement le rôle d’empereur.

Même sa diction tient de l’acteur.

Phrase 10

« à d’autres jours, où Trajan gardait la chambre »

« je fus chargé de lire moi-même »

 

 

 

« leçons de l’acteur tragique Olympos »

 

CCT

 

Forme passive > mise en valeur du « je » ; Trajan relégué dans les subordonnées

 

Référence au théâtre comme au début du texte par l’évocation de celui qui l’a aidé à améliorer son élocution.

C’est en jouant des rôles, se mettant dans la peau des autres et notamment de Trajan, qu’Hadrien s’est préparé au métier d’empereur.

Texte d’une grande richesse par rapport au thème du parcours, puisque :

– Hadrien joue un rôle, donc devient autre que lui-même pour se préparer au métier d’empereur

– Hadrien âgé porte un regard observateur sur cet autre qu’il était plus jeune.

– Derrière ce « je » se cache non seulement le narrateur fictif Hadrien mais aussi l’auteure Marguerite Yourcenar qui doit se mettre à la place d’Hadrien pour rédiger cette lettre autobiographique fictive.

 

Pour compléter cette étude, vous pouvez relire la page 138, où Hadrien évoque l’idée de n’appartenir à aucun lieu et d’endosser en cours de route toutes les professions du métier d’empereur.

Yourcenar Mémoires d’Hadrien Texte 3

Vous pouvez écouter la lecture de ce texte en cliquant ci-dessous :

Je n’avais pas attendu la présence d’Antinoüs pour me sentir dieu. Mais le succès multipliait autour de moi les chances de vertige ; les saisons semblaient collaborer avec les poètes et les musiciens de mon escorte pour faire de notre existence une fête olympienne. Le jour de mon arrivée à Carthage[1], une sécheresse de cinq ans prit fin ; la foule délirant sous l’averse acclama en moi le dispensateur des bienfaits d’en haut ; les grands travaux d’Afrique ne furent ensuite qu’une manière de canaliser cette prodigalité céleste. Quelque temps plus tôt, au cours d’une escale en Sardaigne[2], un orage nous fit chercher refuge dans une cabane de paysans ; Antinoüs aida notre hôte à retourner une couple de tranches de thon sur la braise ; je me crus Zeus visitant Philémon en compagnie d’Hermès. Ce jeune homme aux jambes repliées sur un lit était ce même Hermès dépliant ses sandales ; Bacchus cueillait cette grappe, ou goûtait pour moi cette coupe de vin rose ; ces doigts durcis par la corde de l’arc étaient ceux d’Eros. Parmi tant de travestis, au sein de tant de prestiges, il m’arriva d’oublier la personne humaine, l’enfant qui s’efforçait vainement d’apprendre le latin, priait l’ingénieur Décrianus de lui donner des leçons de mathématiques, puis y renonçait, et qui, au moindre reproche, s’en allait bouder à l’avant du navire en regardant la mer.

Le voyage d’Afrique s’acheva en plein soleil de juillet dans les quartiers tout neufs de Lambèse[3] ; mon compagnon endossa avec une joie puérile la cuirasse et la tunique militaire ; je fus pour quelques jours le Mars nu et casqué participant aux exercices du camp, l’Hercule athlétique grisé du sentiment de sa vigueur encore jeune.

 

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Editions Gallimard, pages 190-191

[1] Carthage : cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains, située en Tunisie.

[2] Sardaigne : île au sud de la Corse

[3] Lambèse : ville militaire romaine d’Afrique, située dans l’actuelle nord-est de l’Algérie (à Tazoult)

HLP Sensibilité 4 : créativité et folie : recherches documentaires + essai (corrections)

Recherches documentaires :

– Cherchez un résumé court de la nouvelle Docteur Jekyll et Mr Hyde de R.L. Stevenson. Quelles sont les deux aspects du Moi, qui se trouvent en chaque homme, si l’on en croit cette histoire ?

Exemple de résumé

  1. Utterson, notaire, apprend qu’un certain M.Hyde a piétiné une fillette avec un acharnement monstrueux. C’est pourtant à ce M.Hyde que son ami le docteur Jekyll lègue tous ses biens dans son testament. M.Utterson cherche donc à en savoir plus, mais ses rencontres avec Hyde puis Jekyll ne lui apprennent rien de nouveau.

Un an plus tard, Hyde commet un meurtre horrible en agressant sauvagement un vieil homme dans la rue. Puis il disparaît.

Utterson est de plus en plus inquiet. Un jour Poole, le domestique de Jekyll, vient chercher le notaire car son maître reste enfermé dans son bureau depuis huit jours. Utterson et Poole enfoncent la porte de Jekyll et découvrent Hyde, mort ; il s’est suicidé.

En lisant les lettres laissées par Jekyll et Lannion (un autre docteur décédé peu de temps avant et qui a découvert le secret de Hyde), Utterson découvre que Jekyll avait fabriqué une potion qui lui permettait de se dédoubler. Hyde n’était autre que le mauvais côté de Jekyll.

Hélas, Jekyll se transformait de plus en plus souvent en Hyde et seule la potion lui rendait son apparence de gentil docteur. Lorsque Jekyll / Hyde n’a plus réussi à fabriquer sa potion, car il ne pouvait plus se procurer exactement le même ingrédient que la première fois, il s’est suicidé.

 

A en croire cette histoire il existe en chacun un côté bon et un côté mauvais de l’homme.

– Cherchez un résumé court du Horla, de Maupassant. Quelles sont les deux explications, l’une naturelle et l’autre surnaturelle, pour expliquer les événements étranges évoqués ?

L’explication surnaturelle, c’est celle évoquée par le narrateur, un être invisible hante sa maison et lui veut du mal. On ne peut expliquer scientifiquement cette présence.

L’explication naturelle, c’est de dire que le narrateur est fou. L’être invisible qui selon lui le poursuit n’existe pas et naît de ses cauchemars et de ses hallucinations.

Fiche biographique Guy de Maupassant (5 août 1850 – 6 juillet 1893)

Sa vie

  • Né près de Dieppe, il a fait ses études en Normandie (Etretat, Yvetot et Rouen) avant de gagner Paris.
  • Il a profité à la fois de la rigueur de ses lieux d’étude (collège religieux puis séminaire) et de la liberté de mouvement laissée par ses parents (jeux dans la campagne normande)
  • Tout d’abord fonctionnaire dans des ministères, il est devenu journaliste puis écrivain.
  • Il a été profondément marqué par la guerre de 70, ainsi que par ses rencontres avec Flaubert.
  • Sur la fin de sa vie, les souffrances physiques et mentales l’amènent à la folie.

Son œuvre

Les genres littéraires

Maupassant a surtout écrit :

  • des romans comme Une Vie
  • des nouvelles comme Le Horla (certaines sont classées comme « contes »)
  • des chroniques

Les sujets de ses œuvres

Il a souvent cherché à peindre la réalité telle qu’elle est, s’inspirant des milieux sociaux qu’il avait côtoyés : les paysans normands, les petits employés de ministère, les jeunes filles du bord de Seine, les gens de la haute société.

Vers la fin de sa vie il a utilisé ses souffrances et hallucinations pour écrire ses contes fantastiques et cruels.

Son style

Il a exprimé surtout son pessimisme dans de nombreuses nouvelles naturalistes.

Il a cherché parfois à aborder un événement sous un éclairage fantastique.

 

– Par quels moyens les surréalistes tentent-ils d’accéder à leur inconscient ? Nomme quelques artistes surréalistes et leurs œuvres.

Le surréalisme est un courant artistique transdisciplinaire du XX° siècle. André Breton dans son manifeste du surréalisme explique qu’ils cherchent à libérer la pensée notamment inconsciente.

Ils emploient l’écriture automatique, le cadavre exquis, les récits et analyses de rêve, les séances de sommeil hypnotique, l’écriture sexualisée, la méthode paranoïaque-critique de Dali avec la réalisation d’images doubles

Sujet d’essai :

La créativité artistique suppose-t-elle nécessairement une forme de folie ?

Cherchez trois éléments de réponse et des exemples avec des références précises d’œuvres.

A quoi renvoie le mot « folie » ? une maladie mentale, de type psychose, dédoublement de personnalité, bipolarité, schizophrénie, autisme … ? ou plus largement à une attitude ou un comportement décalé, hors-norme ?

Nombreux sont les artistes qui ont été victimes de maladies mentales (Maupassant, Nerval, Van Gogh…) et sans doute que Maupassant n’aurait pas écrit le Horla, s’il n’avait pas subi de souffrances mentales.

Certains artistes ont cherché un autre état de conscience pour écrire, par l’usage d’alcool ou de drogues Cf. Baudelaire, Henry Michaux… ou en libérant l’inconscient (surréalistes) Freud prenait ces derniers pour des fous, mais sa rencontre avec Dali l’a fait changer d’avis.

Mais en proportion, nombreux sont ceux qui n’ont pas besoin de folie pour créer. Marguerite Yourcenar, Victor Hugo… font preuve d’une grande lucidité jusqu’à la fin de leur vie.

Plutôt que la folie, n’est-ce pas une sensibilité au monde qui est nécessaire ? Et c’est cette sensibilité qui expliquerait la « forme de folie » de certains artistes. On peut penser à Rimbaud « le poète voyant », Baudelaire au-dessus des hommes dans l’Albatros…

HLP essai : Quel intérêt un lecteur peut-il trouver au récit de la vie d’une autre personne ?

Quel intérêt un lecteur peut-il trouver au récit de la vie d’une autre personne ?

Eléments de réponse proposés en classe

– Le lecteur s’identifie au personnage et vit une aventure par personne interposée (Exemples : BD sur la vie de Alexandra David Néel ou Deux ans de vacances de Jules Verne

– Cela permet de surmonter certains obstacles de sa propre vie, en découvrant comment le personnage a fait face

– cela aide à comprendre le monde (Exemples : Ulysse from Bagdad de E.E.Schmitt sur la vie d’un migrant ou La Guerre des tranchées de Tardi)

– Cela répond à la curiosité intellectuelle du lecteur qui veut en savoir plus sur une personnalité (Mémoires de De Gaulle, Confessions de Rousseau…)

– Cela répond à la sensibilité ou aux sentiments du lecteur (Proust ou Chateaubriand et l’âme romantique)

– c’est une source d’évasion, une vie totalement différente de celle du lecteur, soit dans l’espace, soit dans le temps, soit socialement…

– on peut distinguer les récits fictifs (romans, nouvelles) des récits réels (autobiographies ou biographies)

 

HLP Devoir d’entraînement à l’exercice d’interprétation (pour les P2) et sa correction

Nous avions passé ensemble une longue journée qui m’avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l’un et à l’autre, et que nos deux âmes désormais n’en feraient plus qu’une. […]

Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d’un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l’ardeur d’un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches […].

Droit devant nous, sur la chaussée était planté un brave homme d’une quarantaine d’années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d’une main un petit garçon et portant sur l’autre bras un petit être trop faible pour marcher. […] Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l’âge.

Les yeux du père disaient : « Que c’est beau ! que c’est beau ! on dirait que tout l’or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs. » – Les yeux du petit garçon : « Que c’est beau ! que c’est beau ! mais c’est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous. » – Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu’une joie stupide et profonde.

Les chansonniers disent que le plaisir rend l’âme bonne et amollit le cœur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non seulement j’étais attendri par cette famille d’yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée ; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dîtes : « Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères ! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d’ici ? »

Tant il est difficile de s’entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s’aiment !

Charles Baudelaire, « les yeux du pauvre » dans Petits poèmes en prose, 1869 (posthume)

Question d’interprétation :

Comment le narrateur a-t-il accès aux sentiments des différents personnages, y compris aux siens ?

 

Voici des éléments de réponse. Chacun pouvait faire l’objet d’un paragraphe.

C.Baudelaire : Comment le narrateur a-t-il accès aux sentiments des différents personnages, y compris aux siens ?

– par le regard : répétition « les yeux » et traduction en paroles par Baudelaire « que c’est beau ! … » pour connaitre les sentiments du père et des enfants (sentiments nuancés : fascination commune, mais aussi désillusion, incompréhension, envie…) / il plonge dans les yeux de sa bien-aimée pour y lire ses pensées (il espère y trouver la même compassion, et de l’attendrissement pour la famille pauvre)

– par les attitudes des personnages : « un peu fatiguée » pour la femme aimée (on ne sait si elle l’a dit ou si B l’a vu dans l’attitude de sa compagne) / description du père de famille « visage fatigué, brave homme, barbe grisonnante, extraordinairement sérieux… » par des adj qui suggèrent des soucis / « était planté » > immobilité qui s’explique par le sentiment de fascination évoqué ensuite « contemplaient, admiration, fascinés »

– par l’écoute de soi et l’autoanalyse pour le narrateur : récit au passé d’un événement qui a changé son regard sur celle qu’il aimait et aussi sur l’accès aux sentiments / « une longue journée qui m’avait paru courte » antithèse ou oxymore+ verbe « paraitre » > B exprime son ressenti qui suggère son sentiment amoureux / Il s’aide des proverbes des chansonniers pour mieux analyser ce qu’il ressent / « j’étais attendri, je me sentais honteux » verbes d’état et adjectifs exprimant des sentiments > il met des mots sur son ressenti, peut-être après coup, lorsqu’il raconte l’événement.

– par la parole : début du texte au discours indirect « nous nous étions promis… » / fin du texte avec discours direct des paroles de la femme aimée qui exprime à voix haute ce qu’elle ressent pour la famille / « leurs yeux ouverts comme des portes cochères » comparaison péjorative des yeux, « ces gens-là » désignation péjorative, « me sont insupportables » exagération >tout cela s’oppose aux sentiments de B.

Cette parole remet en question tous les autres moyens d’accès aux sentiments !

On pouvait aussi s’intéresser à chaque groupe de personnages :

– la famille pauvre, avec leur aspect général et leur attitude, avec leur regard.

– le narrateur, qui s’auto-analyse

– la femme aimée, par l’attitude, le regard et la parole à la fin qui détruit tout.

HLP Devoir d’entraînement à l’exercice d’interprétation (pour les P1) et sa correction

Dans Les Vagues (1931), Virginia Woolf fait entendre les monologues intérieurs de six personnages. Ici, les jeunes personnages partent en pension, au collège, pour la première fois.

A présent, dit Bernard, l’heure est venue. Le jour est venu. Le fiacre est à la porte. Mon énorme malle fait plier les jambes arquées de George encore plus. L’odieuse cérémonie est terminée, les conseils, et les adieux dans le hall. A présent il y a cette cérémonie, gorge serrée, avec ma mère, cette cérémonie, échange de poignées de main, avec mon père ; il faut à présent continuer à faire au revoir de la main, continuer à faire au revoir, jusqu’à ce que nous prenions le virage. A présent cette cérémonie est terminée. Le ciel soit loué, toutes les cérémonies sont terminées. Je suis seul ; je vais au collège pour la première fois.

Tout le monde a l’air de s’affairer en vue de ce seul instant ; puis jamais plus. Jamais plus. Toute cette excitation est terrible. Tout le monde sait que je vais au collège, que je vais au collège pour la première fois. « Ce garçon va au collège pour la première fois », dit la bonne, en lavant le perron. Il ne faut pas que je pleure. Il faut que je les regarde avec indifférence. A présent les horribles portiques de la gare s’ouvrent grand ; « l’horloge à face de lune me contemple ». Il me faut faire des phrases et des phrases pour interposer quelque chose de dur entre moi et le regard des bonnes, le regard des horloges ; les visages qui m’examinent, les visages qui sont indifférents, sinon je vais pleurer. Voilà Louis, voilà Neville, en pardessus, portant leurs sacs de voyage, près du guichet. Ils sont calmes. Mais ils n’ont pas leur air habituel.

Voici Bernard, dit Louis. Il est calme ; il est à l’aise. Il balance son sac en marchant. Je vais suivre Bernard, car il n’a pas peur. Nous sommes entraînés du guichet vers le quai comme un fleuve entraîne brindilles et brins de paille autour des piles d’un pont. Voilà la puissante locomotive vert bouteille, sans encolure, seulement un dos et des cuisses, qui crache de la vapeur. Le chef de gare siffle ; le drapeau s’abaisse ; sans efforts, de son propre élan, comme une avalanche déclenchée par une légère poussée, nous partons.

Virgina Woolf, Les Vagues (1931), trad. M.Cusin, Gallimard, 2012

Question d’interprétation :

Comment sommes-nous placés au plus près de l’intériorité des personnages dans ce texte ?

Voici des éléments de réponse. Chacun pouvait faire l’objet d’un paragraphe.

V.Woolf : Comment sommes-nous placés au plus près de l’intériorité des personnages dans ce texte ?

– Le choix du point de vue : emploi de la première personne ; plusieurs points de vue avec changement d’un § à l’autre, mais même préoccupation de tous les personnages

– l’expression des sentiments et sensations à travers leurs manifestations : « je suis seul, gorge serrée, excitation, pleure, calme, n’a pas peur » > peur, inquiétude, anxiété, angoisse, impatience…

– une écriture qui suit la pensée et l’obsession commune : une écriture au présent / anaphores ou répétitions > chacun est obnubilé par le fait de partir en pension et d’aller au collège pour la première fois. C’est donc cette idée qui revient sans cesse dans leur tête, et qui est répétée dans le texte

– la relativité du temps et son importance : nombreux CCT, « l’heure est venue », l’horloge personnifiée …

– des visions très personnelles de l’environnement : personnification de l’horloge, de la locomotive, ou « énorme malle, jambes arquées » du §1

– des visions très personnelles de ce qui est vécu : insistance sur la notion de cérémonie dans §1, visions très imagée dans §3 (comparaisons, métaphores…)

– manière très personnelle de faire face à ce qui est vécu : besoin de solitude §1 ; « il me faut faire des phrases… » §2 ; absence de contrôle des événements §3

On pouvait aussi suivre l’ordre du texte :

Dans ce cas on reprend l’idée que tous ont une même préoccupation mais que chacun a une manière très personnelle de faire face à ce qui est vécu, et ensuite on rattache plusieurs autres exemples à cette idée.

HLP Méthodologie pour l’épreuve

L’épreuve de HLP (4h00, sur 20 points, coefficient 16)

2 exercices de 2h00 chacun

A partir d’un texte

Question d’interprétation Essai
Philosophique ou littéraire

 

Structure du travail rédigé :

Introduction

Développement en 3 ou 4 §

Conclusion

 

Structure de l’introduction

Amorce

Présentation du texte

Rappel de la question

Annonce du plan

 

Structure d’un paragraphe de développement

– Une phrase pour présenter l’idée qu’on va développer dans ce §.

Cette idée présentée est un élément de réponse à la question

– explication de l’idée en s’appuyant sur le texte qu’on analyse

– une phrase qui rappelle l’idée développée afin de clore le §

 

Structure de la conclusion

Une réponse concise à la question posée

Littéraire ou philosophique

 

Structure du travail rédigé :

Introduction

Développement en 3 ou 4 §

Conclusion

 

Structure de l’introduction

Amorce

Rappel de la question

Annonce du plan

 

 

Structure d’un paragraphe de développement

– Une phrase pour présenter l’idée qu’on va développer dans ce §. Cette idée présentée est un élément de réponse à la question.

– explication de l’idée en s’appuyant sur des références précises

– une phrase qui rappelle l’idée développée afin de clore le §

 

Structure de la conclusion

Une réponse à la question posée

Une ouverture

 

 

HLP Sensibilité 3 : sujet d’essai

Essai littéraire à partir d’un texte de Schiller

Mesure-t-on comme le dit Schiller, la liberté et la force morale d’un personnage à sa capacité à résister à des sentiments puissants ? Vous illustrerez votre réflexion d’exemples tirés des textes étudiés dans l’année et de votre culture personnelle.

 

Des éléments pour répondre : Oui on peut mesurer la liberté et la force morale d’un personnage à sa capacité à résister à des sentiments puissants :

– car il faut bcp de force morale pour résister aux passions

Exemple : la princesse de Clèves dans l’œuvre éponyme de Madame de Lafayette ou Rodrigue et Chimène dans Le Cid de Corneille

– car pour être vraiment libre, il faut être prêt à se détacher de ses passions

Exemple : Ruy Blas dans la pièce éponyme de Victor Hugo

Des éléments pour répondre : Non la capacité à résister à des sentiments puissants ne suffit pas à mesurer la liberté et la force morale d’un personnage

– car la force morale ne suffit pas pour résister aux passions, la fatalité peut entraver un personnage

Exemple : Phèdre, dans la pièce éponyme de Racine, tente de résister à son amour incestueux pour Hippolyte mais la malédiction de Vénus sur sa famille la fait céder à sa passion.

– c’est la capacité à vivre des sentiments puissants et à les assumer qui peut servir à mesurer la liberté et la force morale d’un personnage.

Exemple : Dans Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, la débauchée marquise de Merteuil met toute son intelligence et sa force morale au service de son indépendance vis-à-vis des hommes, et de sa réputation. Elle a effectué un travail colossal sur elle-même (qu’elle décrit très bien dans une des lettres), ce qui montre une grande force de caractère et une volonté farouche d’indépendance.

Exemple : Figaro dans le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Face à l’adversité, il rebondit toujours, malgré des passages de désespoir, il se relève toujours et se bat pour tenter de vivre.

BTS : Dans quelle mesure la musique permet-elle de s’évader du quotidien ?

Quelques éléments de réponse proposés lors de l’échange en classe :

Dans quelle mesure la musique permet-elle de s’évader du quotidien ?

– Certaines musiques font rêver à un ailleurs exotique. (évasion dans l’espace)

Exemples : la balalaïka > Russie, le Flamenco > Andalousie, le tango > Argentine…

– certaines musiques font rêver à une autre époque (évasion dans le temps ; souvenirs)

Exemples : les musiques avec violes de Gambe > moyen-Age, châteaux forts et chevaliers / musique de clavecin > Renaissance, salons dorés, hommes en perruque, Louis XIV …

– Chaque compositeur est un univers à explorer Cf. le texte de Shmitt avec le « continent Bach », le « continent Mozart » …

– la musique est une source d’inspiration pour l’imaginaire

Exemples : Nerval Fantaisie : un air fait naitre en lui des images liées à un autre temps (deux cents ans plus tôt, avec un château et une dame à sa fenêtre) / L’oiseau de feu de Stravinsky illustré dans Fantasia 2000, ici la musique correspond au réveil d’un volcan qui détruit tout avant que renaisse la nature. Chacun peut imaginer ce qu’il veut, par exemple la vie, la mort et la renaissance d’un phénix…

La musique aide l’esprit à se plonger dans son intériorité et à faire abstraction de ce qui nous entoure.  Cf. Khnopff, en écoutant Schumann ou musique en fond sonore pour aider à méditer…

Exemples de paragraphes d’écriture personnelle

La musique nous permet entre autres de nous concentrer sur nous-mêmes, de nous frayer un chemin dans notre « monde intérieur ». On peut constater ce phénomène dans le tableau de Fernand Khnoppf de 1883 nommé « en écoutant du Schumann ». Ce tableau représente parfaitement l’idée d’isolement en nous-mêmes, avec cette femme assise au centre de la pièce. Elle se tient la tête, comme si elle réfléchissait à tous ses problèmes, comme si elle était en harmonie avec son for intérieur. Le titre de cette œuvre nous montre bien que cette femme écoute de la musique. On le voit aussi avec le piano et la main qui semble en jouer à gauche du tableau. On retrouve la même idée dans une musique d’aujourd’hui. C’est le cas dans la chanson « Trajectoire » sortie en 2019 où Népal, un artiste français, se parle à lui-même, parle de ses décisions et de ses problèmes. Cette musique représente la « petite voix dans notre tête » que tout le monde possède, ce qui accentue cette idée d’évasion de soi. Nathan

Nous allons tout d’abord étudier le fait que la musique permet de s’évader du quotidien dans le sens où elle donne la possibilité de nous isoler du monde qui nous entoure, de façon totalement hermétique. Pour appuyer cette idée, je parlerai en premier lieu de la peinture de Fernand Khnoppf, de 1883, « en écoutant du Schumann ». Cette œuvre nous montre une femme assise dans un salon, perdue dans ses pensées en écoutant un pianiste jouer. Il est aisé de constater que cette femme n’est pas attentive à l’environnement qui l’entoure, elle est entièrement plongée dans la mélodie de Schumann, et n’est plus présente que physiquement dans son salon, son esprit totalement isolé, seul avec la musique. De la même manière, on peut prendre l’exemple d’un bus bondé à sept heures et demie. Il a beau être rempli d’étudiants et de travailleurs presque collés, la majorité d’entre eux, grâce à leurs écouteurs dans les oreilles, sont pourtant seuls, le regard perdu dans le vide et la tête ailleurs. Ils sont plongés dans leur musique, faisant abstraction totale du monde environnant. On voit ainsi à quel point la musique a le pouvoir de nous isoler du monde. Bastien

BTS : musique et peinture

A partir des documents proposés :

Document 1 : https://www.symphozik.info/quand-la-musique-inspire-les-peintres,405,dossier.html

Document 2 : https://www.beauxarts.com/expos/paysage-rythmique-quand-la-peinture-et-la-musique-se-rencontrent/

Chacun relève les idées essentielles contenues dans les documents afin de pouvoir les présenter ensuite au groupe.

Quelques éléments de réponse :

Dans la peinture figurative, où l’on représente des instruments ou des musiciens en train de jouer, la musique peut avoir cinq fonctions :

  • Elle sert à représenter une vision hédoniste de l’existence (aspect agréable, heureux…)

Exemples dans différentes époques (antiquité : fresques étrusques ; moyen-âge : les tapisseries des châteaux comme la dame à la licorne ; XVII°s : Vermeer la leçon de musique avec inscription « la musique est la compagne de la joie » ; XIX°s Renoir Jeunes filles au piano…)

  • La musique traduit divers sentiments

Exemple : la mélancolie dans La tristesse du roi, de Henri Matisse

  • La musique peut servir à glorifier une divinité

Exemple Fra Angelico, le couronnement de la vierge

  • La musique sert à symboliser la fuite du temps car la musique est l’art de l’instant

Exemples dans des vanités du XVII°s ou Les noces de Cana de Véronèse

  • La musique devient un thème formel qu’on cherche à représenter (approche de l’abstraction)

Exemple George Braque Hommage à Bach = vision éclatée d’un violon pour représenter le thème musical construit, transformé…

Dans la peinture abstraite, la musique devient un modèle à suivre.

Les peintres s’efforcent de suggérer l’une des composantes de la musique : le rythme, la mélodie…

Wassily Kandinsky associait en permanence couleurs et sons. Pour lui, formes et couleurs peuvent faire naitre une « vibration » et une « résonnance de l’âme ».

On ne cherche plus à copier le réel, on cherche à exprimer des impressions et des sensations.

Paul Klee choisit la forme de l’échiquier pour représenter le rythme.

D’autres peintres abstraits :

  • Kupka qui représente la musique sous forme de barres verticales colorées « Nocturne »
  • Piet Mondrian…

En peinture comme en musique, apparaissent la nécessité d’une attitude perceptive (regard ou écoute) et d’une volonté d’expression.

Bruno Keip est un peintre contemporain d’art abstrait. Il peint de la musique.

Quelques titres Partitions, Sonorités…

Selon lui, les mouvements du musicien ou du chef d’orchestre sont similaires aux mouvements du peintre lorsqu‘il peint.  La musique est une source de sensations et de pensées à retranscrire sur la toile. Il travaille en collaboration avec des musiciens et en s’appuyant sur des œuvres de compositeurs comme Olivier Maessian ou Stravinsky.