L’hommage à Maurice Druon : « Ami, entends-tu … »

Londres. 1943. Deux hommes rédigent le texte d’une chanson qui deviendra l’hymne de la Résistance française. Joseph Kessel dit alors à son neveu : « C’est peut-être de nous deux tout ce qu’il restera« . Le temps semble lui avoir donné raison…

Ce neveu, c’est Maurice Druon. Ecrivain et homme politique, Maurice Druon est décédé la semaine dernière. Aujourd’hui, ses obsèques ont rassemblé de nombreuses personnalités. Nicolas Sarkozy a rendu hommage à la mémoire de l’auteur de la « Marseillaise de la résistance », un chant dont les paroles universelles résonneront encore demain. 

« Ami, entends-tu dans tous les coeurs de tes amis réunis ici autour de toi la douleur de t’avoir perdu et la joie de t’avoir connu ? Ami entends-tu ce soir l’hommage que t’adresse la Nation tout entière que tu as si noblement servie ? »

Rédigeant une contribution pour le site Les Clionautes, je me suis intéressé à l’histoire de ce chant dans le cadre d’une étude sur :

La Seconde Guerre mondiale en chansons : les voix de la France après la débâcle.

http://www.deljehier.levillage.org/telechargements/le_chant_des_partisans.mp3

« Le chant des partisans », une chanson engagée de la Résistance

 « Elle fit de son talent une arme pour la France » : cette phrase de Charles De Gaulle à propos d’Ana Marly résume l’œuvre de celle que l’on surnomma « le troubadour de la Résistance ». Depuis Londres, cette artiste d’origine russe composa la musique de l’hymne officieux de la France libre. Le 30 mai 1943, depuis un hôtel de la banlieue londonienne, Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon vinrent poser leurs textes sur la mélodie : le Chant des Partisans fut interprété le soir même dans la capitale britannique. Cette « Marseillaise de la Résistance » a été commandée par le réseau Libération et son chef Emmanuel d’Astier de la Vigerie au motif que l’on « ne gagne la guerre qu’avec des chansons ».

Diffusé clandestinement en France, le texte est médiatisé par les émissions de la BBC faites sous l’indicatif « Honneur et Patrie ». Parachuté par les aviateurs britanniques et transmis par la bouche à oreille, cette ode à la liberté sera chantée par les résistants dans les prisons ou au moment de leur exécution. Le manuscrit original de cet hymne emblématique de la Résistance et de la Libération (trois feuillets d’un cahier d’écolier où le chant est rédigé à l’encre bleue) est depuis 2006 classé comme monument historique, une œuvre marquante de notre patrimoine immatériel. 

Image : agence Reuters/Philippe Wojazer / 20.04.09

Sources : L’histoire du chant des partisans sur le site de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes

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