Terry Jones, l’idiot du village planétaire

Terry Jones. C’est le nom de l’idiot du village de Gainesville, en Floride (Etats-Unis). Cet inconnu, qui aurait dû le rester, est un chrétien extrémiste qui accuse l’Islam « de vouloir conquérir le monde » et trouve que le Coran est « rempli de mensonges« .  Alors pour la date anniversaire du 11 septembre 2001 (attaques terroristes d’Al-Qaida contre les Etats-Unis), Terry Jones a décidé de brûler des exemplaires du Coran dans sa ville. La raison ? : « Le 11 septembre 2010, nous allons brûler des exemplaires du Coran pour alerter le monde. Ce n’est ni un acte d’amour ou de haine. Mais nous voyons l’islam comme un danger ». Cet ignorant bourré d’intolérance joue à monter les religions les unes contre les autres. Faut-il vraiment faire la Une avec ce genre d’individu ?

Terry Jones ne représente que lui même : son mouvement est ultra-minoritaire, une cinquantaine de personnes seulement le suivraient à Gainesville. Mais un climat d’islamophobie (une peur de l’islam) semble se manifester depuis quelques temps aux Etats-Unis. Comme le note Le Monde, « le projet de construction d’un centre islamique près de Ground zero déchaîne les passions« . Alors, dans cette atmosphère particulière, quand un extrémiste veut jouer avec le feu, les médias se précipitent. Les journalistes de la chaîne CNN ressemblent vraiment à des pompiers pyromanes : parmi eux, Anderson Cooper, qui jouait déjà au reporter super-héros en Haiti (voir article de la [email protected] : CNN en Haiti, le monopole du cœur), incarne parfaitement la télévision qui aime le show et le choc. Dans cette vidéo de CNN, il médiatise internationalement l’action isolée de Terry Jones et joue en même temps au redresseur de torts en rappelant les dangers qu’un tel geste fait courir pour les soldats américains en Afghanistan.

Terry Jones représente la bêtise et les écueils de la médiatisation de notre monde devenu un village planétaire. Au risque de créer l'amalgame et d'encourager l'erreur, on braque des caméras sur lui et on lui tend le micro. Quand un extrémiste réussit à faire d'un geste inconsidéré et isolé un événement médiatique, il faut aussi se questionner sur la responsabilité des médias à traiter l'information. Dans ce court et excellent reportage, le journaliste commence par dire : "C'est une histoire qui n'aurait jamais dû voir le jour". Pourtant le 11 septembre 2010, on parlera bien de Terry Jones, l'idiot du village planétaire. Après, les médias se demanderont si le battement d'ailes de ce papillon de mauvais augure peut déclencher une flambée de violences à l'autre bout du monde. Quand on participe à la métamorphose du ver en papillon, on aime bien savoir ce qu'il est capable de faire.

Sources : Un article du Monde intitulé "Un pasteur américain maintient son projet de brûler le Coran"

Aller plus loin : Une interview de Terry Jones et les dix raisons qui expliquent son geste.

Image : AP / John Raoux

2 commentaires

  1. Un article qui explique l’emballement médiatique autour du pasteur : « Emballement et mea culpa des médias autour de l’affaire du pasteur de Floride  »

    http://www.france24.com/fr/20100910-etats-unis-coran-bruler-pasteur-extremiste-terry-jones-medias-consequences-mondiales

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