Archive pour Actualités

La grève dans les aéroports : quand deux libertés s’affrontent

Comme nous l’avons vu en cours, la république française garantit des libertés individuelles (ex : se déplacer) et des libertés collectives (ex : faire grève). Mais il arrive qu’à un moment donné des libertés ne soient pas compatibles entre elles et que des conflits apparaissent. C’est ce qui est arrivé au cours du mois de décembre 2011 dans certains aéroports français où une grève des agents de sûreté a provoqué l’annulation de certains vols.

Droit de grève contre liberté de se déplacer : quand deux libertés s’affrontent, comment faire pour que l’intérêt général l’emporte ?

OBJECTIFS de la séance :

  • Travailler en groupe et en autonomie
  • Rédiger un résumé
  • Exposer ce résumé à l’oral
  • Prendre en compte le point de vue de chaque acteur du conflit pour se forger une opinion

Consigne : La classe est divisée en 4 groupes afin d’étudier le rôle et les réactions des 4 acteurs de ce conflit social :

  • les grévistes,
  • les entreprises,
  • les passagers,
  • l’état.

Chaque groupe travaille sur un dossier documentaire afin de rédiger un texte expliquant la position de chaque acteur dans le conflit. Il faudra ensuite le présenter à l’oral.

Suite à ce travail, nous mettrons en parallèle deux articles de lois car l’exercice des libertés est inséparable du droit.

* L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dit :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

* L’article 13 de la Déclaration Universelles des Droits de l’Homme de 1948 dit :

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état.« 

 

GROUPE 1 : Les grévistes

Document 1 : Comment et pourquoi faire grève ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : Le droit de grève en question

Un communiqué de presse de la CGT : « Avant de toucher au droit de grève, il faut négocier sur les revendications ! », 20 décembre 2011.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=W70kQf9cHis[/youtube]

Document 3 : La résolution du conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 2 : Les entreprises et les aéroports

Document 1 : Que réclament les salariés aux entreprises ?

L’appel à la mobilisation du personnel de la sûreté aéroportuaire par la CGT, 8 décembre 2011.

Document 2 : La réponse de la Brink’s (société qui emploie des agents de sûreté) au début du conflit

Un article d’Europe 1 : « La Brink’s accuse les syndicats », 18 décembre 2011

Document 3 : L’aéroport de Lyon dans le conflit

Une information donnée par l’Aéroport de Lyon le 17 décembre 2011 sur sa page Facebook

 

Document 4 : Un compromis pour résoudre le conflit social

Un article de La Croix, « La grève des aéroports touche à sa fin », daté du 26 décembre 2011

GROUPE 3 : Les passagers

Document 1 : Une photographie prise à l’aéroport de Lyon publié dans Le Progrès du 17 décembre 2011

Document 2 : Un dessin de Plantu paru dans le Monde du 18 décembre 2011

Document 3 : Des avis de passagers sur la page Facebook de l’aéroport de Lyon, 17 décembre 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GROUPE 4 : L’état

Document 1 : Le droit de grève, un droit inscrit dans la constitution

Un article sur le droit de grève sur le site viepublique.fr

Document 2 : Trois ministres sur le terrain, « la liberté de se déplacer est aussi un droit constitutionnel »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hGr5JhA9rIk[/youtube]

Document 3 : Une proposition de loi : le service minimum dans les aéroports

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=jyk49AWz7nc[/youtube]

Document 4 : L’avis d’un journaliste sur l’action de l’état

Un article du Monde : « Quand le droit de grève est pris en otage », 23 décembre 2012

Les valeurs, les symboles et les principes de la République française

OBJECTIFS

  • Connaître les symboles, les valeurs et les principes de la République française
  • Connaître trois textes de référence : DDHC (1789), DUDH (1948), Charte des droits et devoirs du citoyen français (2012)
  • Définir « république », « démocratie » et « citoyenneté »

Accroche : Le 15 mai 2012, François Hollande prononçait son discours d’investiture. Le 24ème président de la république française en profitait pour inscrire son mandat dans la droite ligne des principes et des valeurs de la République française

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=bZiqlPUfC9o[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=qHqXDrV-KlU[/youtube]

 

Le PREZI de la séance

 

1.Trois textes de référence

Ces trois textes de référence rappellent les principes et les valeurs de notre république. La Déclaration de 1948 rappelle que nos valeurs démocratiques ont une visée universelle. Le Code civil et la Constitution affirment également les principes de notre République.

 

– La Déclaration des Droits de l’Homme (1789) : un texte fondateur

 

– La Déclaration Universelle des droits de l’Homme (1948)

Ses principes se retrouvent dans la déclaration Universelle des droits de l’homme Signée à Paris le 10 décembre 1948, trois après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, cette charte réaffirme les droits de l’homme bafoués par un conflit dévastateur.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=AFmGZy4JXxc[/youtube]

 

– La charte des droits et des devoirs du citoyen français (2012)

A partir de la Révolution, le français est devenu un outil de transmission des valeurs républicaines. Dans La charte des droits et des devoirs du citoyen français, il apparaît clairement que la langue française est un fondement de la nationalité.

Clique sur l’image pour le reportage de TF1

« Vous souhaitez devenir Franc?ais. C’est une de?cision importante et re?fle?chie. Devenir Franc?ais n’est pas une simple de?marche administrative. Acque?rir la nationalite? franc?aise est une de?cision qui vous engage et, au-dela? de vous, engage vos descendants.

C’est pour vous et pour vos descendants, la volonte? d’adopter ce pays qui vous a accueilli et qui va devenir le vo?tre, adopter son histoire, ses principes et ses valeurs et ainsi, en inte?grant la communaute? nationale, accepter de contribuer a? le de?fendre et devenir un acteur solidaire de son avenir. En retour, la France vous reconnai?t comme un citoyen de la Re?publique.

En acque?rant la nationalite? franc?aise, vous be?ne?ficierez de tous les droits et serez tenu a? toutes les obligations attache?es a? la qualite? de citoyen franc?ais a? dater du jour de cette acquisition. En devenant Franc?ais, vous ne pourrez plus vous re?clamer d’une autre nationalite? sur le territoire franc?ais.

Afin de s’assurer de votre bonne compre?hension des droits et devoirs de tout citoyen franc?ais, et en particulier de la loyaute? que chacun doit a? la Re?publique franc?aise, il vous est demande? de prendre connaissance de la pre?sente charte, puis, si vous y adhe?rez, de la signer. Votre signature qui est la marque de votre engagement, est une condition indispensable d’obtention de la nationalite? franc?aise. »

 

L’école de la République

Sur les hauteurs de Saint-Etienne, le long d’une départementale boisée, se trouve l‘école de la République. Rassemblant les enfants d’un hameau, la bâtisse en pierres et en briques renvoie l’image bucolique des écoles de campagne. 10419011_10152665052163905_8787023082888201429_n On s’attendrait presque à voir sortir les élèves en blouses comme échappés d’une photo de Doisneau. Le fronton en bois déroule des lettres toutes en rondeur : « école de la République ». En ce dimanche matin brumeux, les rideaux sont tirés  mais le lieu apparaît éminemment sympathique. On sourit aussi de l’analogie avec l’autre école de la République, ce grand pari républicain pétri d’égalité auquel Najat Vallaud-Belkacem faisait référence au moment d’endosser la charge de ministre de l’Education Nationale.

« L’école de la République est notre bien le plus précieux, l’aider à progresser notre plus belle mission« 

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x24ntoy_passation-de-pouvoir-discours-de-najat-vallaud-belkacem_school?start=114[/dailymotion] Évidemment la maison Éducation Nationale ne ressemble guère à cette paisible école de village. Le temps du politique n’est pas celui de l’école, les ministres valsent souvent avec leurs réformes et peinent à faire de leur action un levier de la réussite pour tous. Première femme à occuper le poste de Ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem pense lors de la passation de pouvoir « à ces enseignants qui ne comptent ni leur temps, ni leur énergie pour transmettre leur passion et leur savoir, à ceux qui déploient des trésors d’intelligence, de dévouement pour accompagner des petits adultes en devenir  sur le chemin de l’émancipation. »

Si les récents sondages montrent des enseignants qui doutent, le plus grand nombre est fier d’exercer ce métier. Albert Jacquard disait « Entre le pessimisme désespéré et l’optimisme satisfait, la seule certitude raisonnable est le volontarisme. » Bonne rentrée à tous ! 
 

Comment parler de l’affaire Dieudonné en classe ?

Cette chronique sera prochainement publiée sur le site du Web pédagogique. L’article s’adresse en particulier à mes élèves de 3ème avec qui j’ai évoqué l’affaire Dieudonné en classe : vous retrouverez ici les documents vus et le sens pédagogique de cet éclairage de l’actualité.

_______________________________________________

Depuis plusieurs jours, « l’affaire Dieudonné » a pris une ampleur considérable. En tant que professeur d’Histoire-Géo-Education civique, cette actualité fait écho à des sujets que j’enseigne au quotidien. Je travaille actuellement avec mes élèves sur l’exercice des libertés en France (4ème) et sur l’antisémitisme à travers la montée du nazisme en Allemagne (3ème). Bientôt, nous étudierons l’extermination industrielle des Juifs et des Tziganes lors de la Seconde Guerre mondiale. Alors que ces thèmes se retrouvent dans un débat public, faut-il parler de l’affaire Dieudonné en classe ? Oui, car c’est notre devoir d’éclairer les élèves sur ce qu’ils  entendent et vivent, surtout quand cela peut les mettre en porte-à-faux avec ce que nous leur enseignons. Mais comment s’y prendre ?

En 2009, Dieudonné se présente aux élections européennes à la tête de la « Liste antisioniste ».

Le débat autour de l’antisémitisme de Dieudonné est ouvert depuis les années 2000 mais c’est avec l’émission de France 2 « Complément d’enquête » (« La dictature du rire », 19.12.2013)  qu’il est revenu sur le devant de la scène. En enquêtant sur Dieudonné, les journalistes de France 2 montrent que la « quenelle » est pour certains bien plus qu’un gimmick scénique déclaré anti-système par son auteur. A de nombreuses reprises, ce signe a été effectué et photographié devant des lieux explicites : des synagogues, une photo d’Anne Franck, un mémorial des camps de la mort, Auschwitz, … Une caméra cachée d’un spectacle rapportant les propos de Dieudonné sur Patrick Cohen amène Radio France à porter plainte pour « incitation et provocation à la haine« .  En pointant l’humour au service de la haine, France 2 montre que la frontière entre l’humoriste Dieudonné et l’activiste politique est de plus en plus confuse.

En 2008, le régisseur de Dieudonné se déguise en déporté juif pour remettre un « prix »  au négationniste Robert Faurisson

En 2008,  Dieudonné avait déjà fait scandale en décernant à la fin de son spectacle « le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence » à Robert Faurisson. J’avais déjà écrit un article sur ce sujet (voir « Les ficelles de l’Histoire : Dieudonné, marionnettiste et pantin ») et je concluais le billet ainsi :

« Le scandale auto-proclamé du Zénith est une provocation antisémite de plus de la part de Dieudonné. La présence dans la salle de négationnistes et de Jean-Marie Le Pen (qui réaffirma cette année que les chambres à gaz étaient « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale») donnent une consistance particulière à cette scène. Un appel à la vigilance et à toujours regarder dans quel but certains tirent les ficelles de l’Histoire.« 

La polémique actuelle m’a amené à regarder sur internet de nombreuses vidéos émanant de Dieudonné ou de la « Dieudosphère ». Le constat que je tire de tous ces visionages, c’est que Dieudonné continue ce qu’il a commencé, contribuant à attiser la haine et, sous couvert d’humour, menace le vivre-ensemble dans notre pays. Plusieurs documents montrent qu’il s’amuse de façon répétée d’un crime contre l’humanité. À partir de ce moment-là, il devient nécessaire de prendre un moment pour expliquer aux élèves la signification de ce débat et le rapport qu’il entretient avec ce que nous étudions en classe.

Parler de l’affaire Dieudonné en classe 

Quel public ? à quel moment ? 

Je ne compte pas évoquer cette affaire avec toutes les classes. Il faut que le programme du moment s’y prête et c’est le cas pour mes 4ème et 3ème. J’ai déjà évoqué le sujet avec les 3ème car ils ont étudié un dessin animé de propagande montrant l’embrigadement de la jeunesse allemande et travaillé sur un dossier expliquant comment l’Allemagne était devenue un état totalitaire en parlant notamment de l’antisémitisme à cette époque.  Voici comment j’ai amené le sujet.

Lors de la correction, nous sommes revenus sur ce qu’est l’antisémitisme. La question des élèves est souvent la même : « Pourquoi les Juifs ? ». Je note ici que nous manquons actuellement de ressources pédagogiques expliquant simplement les raisons et les manifestations de l’antisémitisme (une vidéo serait la bienvenue). J’ai alors expliqué ce qui a nourri la haine des Juifs au cours de l’Histoire (cet article de Dominique Natanson peut venir illustrer le discours du prof) et connecté ce sujet d’histoire à « l’affaire Dieudonné ». Comme j’avais rédigé un article sur Dieudonné et Faurisson en 2008, j’ai utilisé ce document pour éclairer le débat et le rattacher à un point du cours.

Quelle démarche ? Quels documents ?

Intégrée dans le cours, je ne fais pas de l’explication de « l’affaire Dieudonné » une activité à part entière où les élèves travailleraient en autonomie ou en groupes. Il ne s’agit pas non plus de faire débattre des collégiens sur le cas Dieudonné. L’idée est de leur apporter un éclairage pour comprendre ce qui y est reproché à Dieudonné dans ses propos, ses actes et leur expliquer que cela l’a amené à être condamné par la justice française.  Voici comment j’ai abordé le sujet :

 1. 2008, Dieudonné invite un négationniste sur scène

Nous sommes dans un cours d’Histoire et certains faits doivent être affirmés. J’utilise l’article de la [email protected], explique ce qu’est le négationnisme et montre que Dieudonné s’amuse d’un crime contre l’humanité et entretient l’ambiguité sur scène et sur internet.

2. J’utilise ensuite une vidéo de l’émission « 28 minutes ARTE » (les 45 premières secondes) pour revenir à la polémique actuelle.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XqS0jIvGL-4[/youtube]

3. J’aborde la gestuelle initiée par Dieudonné pour montrer que réalisée devant certains lieux symboles du judaïsme ou de la Shoah, « la quenelle » est clairement antisémite.  Un extrait du reportage de France 2 le montre bien (« Quenelles et bananes : l’indigestion » de 6.15 à 6. 55).

4. Je termine avec cette image interactive que j’ai élaborée. Dans la fin de l’extrait vidéo citée plus haut, on voit Jean-Marie Le Pen faire la quenelle.  J’explique avec l’image pourquoi l’ancien leader du Front national a été condamné pour « contestation de crime contre l’humanité » (le point de détail) et les relations privées qu’il entretient avec Dieudonné. J’évoque de nouveau le négationnisme de Robert Faurisson et montre que Dieudonné ne s’est pas contenté de l’inviter une fois sur scène. Il l’a aussi fait joué dans son film « L’AntisEmite » dont j’ai inséré un extrait montrant que Dieudonné s’amuse de la Shoah de façon répétée. Il a clairement dépassé  le stade de la blague sur les juifs pour enter dans un discours qui porte atteinte à une communauté et au vivre-ensemble.

 

Je termine sur quatre points

– le rire est une arme redoutable et l’humour peut être utilisé à des fins politiques. Il faut rester vigilant car le talent humoristique n’enlève rien à la teneur radicale et dangereuse des propos tenus. Il en est de même pour la chanson (voir Shoananas).

– n’importe quel état peut être critiqué. L’état d’Israël ne fait pas exception à la règle mais il faut se méfier de la confusion que Dieudonné et d’autres entretiennent entre antisionisme et antisémitisme. À ce propos, la lecture de ce billet de Pascal Boniface est très intéressante (« On peut être sioniste et favorable à la reconnaissance des droits du peuple palestinien. »)

– ce n’est pas parce que vous avez déjà fait une quenelle que vous êtes antisémite. Cette gestuelle, banalisée par Internet et la médiatisation de l’affaire Dieudonné, peut être considérée comme un bras d’honneur. Mais quand il est fait devant un lieu de culte juif ou un lieu de mémoire, il n’y a pas de doute possible sur sa signification antisémite (voir cet article Enquête : sur la « quenelle » devant l’école juive où Merah a tué 4 personnes).

– j’ai rédigé cet article pour que vous ayez un support écrit sur lequel revenir de façon claire à la maison.

 

L'Antisémite : affiche
Affiche de l’AntisEmite, un film de Dieudonné de 2012