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Un bus et un « buzz » : les dessous d’un « fake »

Le « buzz » fait du bruit. En peu de temps, beaucoup de personnes ont entendu parler de lui… Aujourd’hui, une vidéo peut créer le « buzz » sur internet. Le « buzz », c’est un document qui fait sensation sur la toile. Les internautes en parlent, se l’échangent, le commentent. Le « buzz » flotte pendant un  temps au dessus de la vague médiatique, puis, il est rapidement balayé.

Le 17 janvier 2010, le « buzz » c’est la vidéo d’un bus se retournant en plein centre-ville de Lyon.

"Ok, vas-y", lance le vidéaste amateur à son camarade en pleine de rue de Lyon. En deux secondes, les auteurs de la vidéo donnent l'impression de mettre en scène une plaisanterie stupide qui consiste à effrayer le conducteur d'un bus lyonnais. Finalement, la plaisanterie finit avec un bus couché par terre et avec deux piétons qui l'ont échappé belle. Le vidéaste à l'origine de la mauvaise blague prend ses jambes à son cou…

Mise en scène plausible, apparence de la réalité : tout peut laisser croire que l'accident a bel et bien eu lieu. Pourtant, il s'agit d'un "fake", un montage vidéo parfaitement réalisé. Le Post a interviewé l'auteur du fake pour connaître ses motivations. Cet ancien élève de l'école Bellecour, spécialisée en infographie 3D, a été épaulé par deux co-équipiers. Fraîchement arrivés sur le marché du travail, ils ont créé "un buzz" pour faire parler d'eux et montrer leurs compétences dans le milieu de l'audiovisuel. L'idée du "fake" n'a pas été choisie au hasard :

"Nous avons réfléchi sur la manière de créer un buzz à partir de rien. Il faut d'abord regarder ce qui marche le mieux sur le net, ce que les gens et les médias aiment : l'action. Ensuite, quelle action motiverait les gens à vouloir regarder notre vidéo? Quelque chose d'ambigu qui puisse être critiqué (sûrement ce qui nous a valu un tel buzz). Quels mots/tags sont le plus tapés sur les moteurs de recherche? Crash, accident..."

A ce jour (le 2 février), la vidéo a été visionnée près de 250 000 fois. Une réussite. En guise de CV, les auteurs de la vidéo ont ensuite posté sur leur compte YouTube le making-of de leur "fake". Pour eux, l'espoir d'une embauche rapide. Pour vous, une manière de déconstruire une vidéo et de comprendre les rouages du montage, bref, une leçon de plus pour les décodeurs de l'information…




CNN en Haïti : le monopole du cœur ?

Depuis le 12 janvier, les projecteurs sont braqués sur Haiti. Sur notre petit écran, les images de la catastrophe défilent : les médias filment les larmes de ceux qui ont tout perdu, les corps des victimes et les violences pour arracher à manger et à boire. Images chocs tournées par des vautours (« Comment vous sentez-vous, coincé ici dans les décombres ? ») ou nécessaire information pour mobiliser la planète ?

Face à une catastrophe, la déontologie du journaliste est mise à rude épreuve. Dans le quotidien sénégalais Le Soleil, Modou Mamoune Faye pose le débat : « Les caméras des chaînes européennes, asiatiques, américaines… se bousculent pour avoir les « meilleures » images à servir à leurs téléspectateurs. Mais il y a quelque chose qui choque dans cette course effrénée vers le scoop (…). Au nom de la liberté d’informer, a-t-on le droit de tout montrer au point de verser carrément dans le journalisme macabre ? Quelle est la valeur informative de ces milliers de cadavres exposés au regard quelque peu… voyeur de milliards de téléspectateurs ?« 

Journaliste et super-héros ?

Un journaliste peut-il rester insensible à ce qui se passe autour de lui ? Bien sûr que non. Cette semaine, un reportage de la journaliste française Maryse Burgot montrait comment une équipe de France 2 avait aidé à faire hospitaliser Jerry Lafrance, un petit garçon blessé. Jerry doit être adopté prochainement par une famille habitant à côté de Nantes. Avant de diffuser ces images, France 2 avait pris soin d’avertir la famille adoptive de Jerry pour qu’elle ne découvre pas par hasard ce sujet tourné à Port-au-Prince.

Lundi, le journaliste de la chaîne américaine CNN, Cooper Anderson, s’illustre lui aussi, mais un registre beaucoup plus spectaculaire.

Sur cette vidéo de CNN, on voit Cooper Anderson traîner un enfant ensanglanté, puis, après l'avoir rassuré, repart avec lui et le porte. Ensuite, l'enfant part avec un autre homme. Le site Eco89 fait le récit de cette scène : "Anderson Cooper raconte avoir entendu des coups de feu alors qu'il tournait un sujet avec son équipe ; des policiers tiraient en l'air pour effrayer les pillards. Quelques minutes plus tard, il aperçoit un homme qui lance des blocs de béton sur la foule amassée en bas d'un magasin pillé :

« Il a touché un petit garçon à la tête. Je l'ai vu s'effondrer (…) L'enfant était blessé et ne pouvait pas se lever. Il a essayé avant de retomber. Du sang coulait sur son visage. Il était conscient mais il ne pouvait vraiment pas bouger. J'ai eu peur que quelqu'un ne le voit couché là (…) J'ai eu peur qu'il se fasse tuer."

Sur son blog, Cooper Anderson raconte en détail son geste de bravoure, le tout accompagné d'un reportage photo saisissant. Mais, ne tombe t-on pas dans le sensationnel avec ce type d'images ? L'information est là : la situation critique en Haiti pousse certains à des extrémités pour s'en sortir, les plus faibles sont malmenés. Néanmoins le journaliste endosse ici volontairement l'étoffe des héros… alors qu'il a sous les yeux de multiples exemples de courage, d'abnégation et de dignité au quotidien. Les héros ordinaires sont sûrement moins télégéniques…

CNN semble s'être fait une spécialité de ce "journalisme émotionnel" : Eco89 explique "qu'une autre vedette de CNN, Sanjay Gupta, chirurgien et journaliste médical de CNN, couvre également la catastrophe pour la chaîne, qui ne diffuse pas seulement ses analyses, mais également ses opérations."

Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, la chaîne américaine CNN possédait le monopole des images. Avec le séisme en Haiti, CNN recherche t-elle le monopole du cœur ?


Sources images

Le séisme en Haïti mobilise les dessinateurs de presse

Internet a été le premier média à rendre compte des conséquences du séisme en Haiti. Utilisant sa webcam, un journaliste haïtien décrivait la gravité de la situation à Port-au-Prince. Aujourd’hui, tous les médias sont en mesure de traiter la catastrophe mais dans ce flot d’informations et d’images, il est précieux de s’arrêter sur l’œuvre des dessinateurs de presse. En quelques coups de crayons, ils fixent une situation, une émotion. Après avoir parcouru plusieurs sites, l’image symbole du séisme en Haiti est le bras tendu. Un S.O.S vers le sauveteur fouillant les décombres, un cri du corps pour un plat chaud et l’eau qui manquent cruellement.  Un signal de détresse envoyé au monde entier pour agir et vite.

MAUVAIS SORT ?

12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7 ravage le pays mais pas toute l’île d’Hispanolia. La République dominicaine est heureusement épargnée par le séisme. « Pourquoi nous ? » implore cet habitant les larmes aux yeux… Terre du vaudou, certains en viennent à se demander qui leur a jeté le mauvais sort.

Bob Englehart, The Hartford Courant

LES DEUX GENOUX A TERRE

Avant le 12 janvier, Haiti avait déjà un genou à terre. Les inégalités sociales sont criantes (80% de la population vit sous le seuil de pauvreté), les conditions sanitaires sont désastreuses (37% de la population a accès à l’eau potable) et le pays peine à reconstruire une démocratie. Après le 12 janvier 2010, à l’ombre de la mort de dizaine de milliers de personnes, Haiti a les deux genoux à terre et lance un S.O.S.

Simanca Osmani, Cagle Cartoons, BrazilRJ Matson, Haiti grita por Ayuda

Olle Johansson, Sweden, Haiti

L’AIDE… D’URGENCE !

Un aéroport saturé, un Etat en miettes, une incapacité à organiser les secours : le peuple compte sur la communauté internationale pour leur venir en aide. Mais avant, il faut démêler la situation, sécuriser les lieux pour permettre aux victimes de recevoir l’aide attendue.

John Cole, The Scranton Times-Tribune

LES MEDIAS ET LA CATASTROPHE

Une question de déontologie se pose toujours pour les journalistes et les cameramen. Où arrêter sa quête d’images dans le vif d’une catastrophe ? Faut-il tout filmer pour rendre compte de la situation ? Les journalistes ne sont pas des secouristes et relaient une information qui mobilise l’opinion internationale. Ils sont responsables de l’information qu’ils nous transmettent. La surmédiatisation du tsunami de 2004 avait été accompagnée par des dons disproportionnés : pendant ce temps, d’autres souffraient, bras tendus vers le ciel… Coquin de sort, revoilà encore Haiti…  Attendre la catastrophe pour venir en aide aux plus démunis, triste, triste sort…

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Sources images :

Tous les dessins datent de janvier 2010 (sauf le dernier). Ils sont l’œuvre de dessinateurs du monde entier ce qui montre que la mobilisation et l’émotion sont mondiales.

PS @ Tiffany (3°2) : Je viens juste de voir que tu avais écrit un article sur la situation en Haiti. Si tu veux l’actualiser, je le publierai par la suite.

Sommet sur le climat : pourquoi à Copenhague ?

cop15_logo_imgAu sommet des requêtes sur Google, « Copenhague » vient concurrencer « Facebook », « Youtube », « H1N1 », ou « Mickael Jackson » comme recherche la plus tapée par les internautes pour cette année 2009… L’effervescence médiatique est à la hauteur de l’attente suscitée par le sommet. La capitale danoise est sous les projecteurs mais pourquoi cette réunion essentielle pour le sort de la planète a t-elle lieu à Copenhague ?

D’après le site 20 minutes, le sommet sur le climat « doit respecter un roulement entre les cinq blocs régionaux des Nations Unies. Cette année, c’était au tour du groupe des états d’Europe occidentale d’accueillir la conférence. » Suite au sommet de la terre de Rio en 1992, une Conférence des parties signataires de la convention climat (COP) a lieu chaque année. En 2009, les Européens avaient la responsabilité d’accueillir ce quinzième sommet. La fibre verte des Danois a fait le reste. En effet, le Danemark est un pays souvent cité en exemple en matière de développement durable … mais qu’en est-il vraiment ?

« Copenhague : bon ou mauvais élève ? ». Global Mag (ARTE) s’interroge… « Adeptes de la bicyclette, champions de l’éolien et friands de nourriture bio, les Danois ont de quoi faire verdir d’envie les Européens écolo. Mais le pays-hôte du sommet de Copenhague est-il aussi vert qu’on le pense ? « . C’est depuis le ciel que Global Mag nous livre sa réponse (cliquez sur ici pour accéder à la vidéo).

Copehague 2009

Action !

Un lien vers Action Pact, un site ludique où l’on vous demande de lancer votre propre slogan pour ce sommet de Copenhague et de customiser l’emballage qui va avec… Ci-joint, mon action-pact inspiré par le travail sur le teaser de Waldeck Info pour l’éco-collège.

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