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Débat argumenté : vers la fin du portable au collège ?

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Dans le cadre du chapitre d’Education civique sur « Etre libre«  (4ème), vous allez débattre sur un sujet de société. Récemment, un projet d’article de loi agite beaucoup les médias et les cours de récréation :

« Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation par un élève d’un téléphone portable est interdite« 

Le premier débat argumenté de l’année aura pour sujet la question suivante :

Faut-il interdire le téléphone portable au collège ?

Cette question en pose d’autres :

– Est-il utile d’avoir un portable au collège ?

– Comment vivre au quotidien avec les nouvelles technologies ?

– Ce projet de loi limite t-il la liberté de communiquer des élèves ?

– Finalement, qu’est-ce que la liberté ?


1. Pour préparer le débat, il faut d’abord se documenter sur ce projet de loi. Voici quelques liens pour en savoir plus :

Une dépêche de l’Agence française de Presse (AFP) résume l’objectif de la loi.

La santé : un argument avancé par les sénateurs qui parlent de « principe de précaution ».

le « happy slaping » : les Clés juniors relatent une grave dérive de l’utilisation du portable… Un argument de plus pour  interdire l’utilisation du portable à l’école ?

Un sondage sur l’utilisation par les jeunes du téléphone portable : « des chiffres édifiants » selon Le Point…

Comme vous le voyez, la loi n’est pas encore votée et on entend chacun défendre ses arguments. Un argument est une preuve montrant que notre raisonnement tient debout.

2. Grâce aux liens ci-dessus et aux vidéos mises en ligne, rechercher les arguments pour et les arguments contre cette éventuelle loi.

Qu’en pense l’inévitable « opinion publique » ? Quelques avis de Français(es) …

Qu'en pense Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale ? Avancez la vidéo jusqu'à la minute 5.42.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xapv5m_luc-chatel-rtl-la-votation-sur-lave_news[/dailymotion]

Au passage, on n'entend pas souvent parler de savoir-vivre et de vie en société… Nous évoquerons cette dimension essentielle du sujet en classe.

3. Après t'être documenté(e), tu dois avoir une opinion sur le sujet. Ecris ton avis sur ton cahier d'Education civique.

4. Maintenant, tu dois être comprendre les mots-clés essentiels pour le débat :

  1. avoir des arguments
  2. avoir une opinion sur le sujet
  3. projet de loi
  4. savoir-vivre
  5. vie en société
  6. principe de précaution
  7. ondes électro-magnétiques
  8. "happy-slaping"
  9. "Digital natives"

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Parmi les sujets tombés au Bac de Philo, les Terminales L ont eu droit au sujet suivant :

« L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ? »

Le sujet pose évidemment la question de la vérité historique et du métier d’historien. Pour ne pas trahir ou travestir le passé, quelle démarche doit adopter l’historien ? L’objectivité est-elle possible en histoire ? Pour répondre à ces interrogations, on convoque inévitablement l’historien grec Thucydide (pour qui l’objectivité fonde le métier d’historien) ou Paul Ricœur (l’objectivité de l’histoire suppose la subjectivité de l’historien).

Mais j’imagine le plaisir du correcteur trouvant sur la copie d’un aspirant bachelier la référence du livre d’Antoine Prost, « Douze leçons sur l’histoire« . C’est un ouvrage de référence pour qui s’interroge sur le métier d’historien et ses finalités. A relire quelques pages sur mon édition bien cornée, j’ai même l’impression que l’idée du sujet en émane. N’ayant pas la prétention ni le temps de proposer un corrigé, je vous renvoie à quelques extraits au cœur d’un sujet passionnant. L’historien livre ici une clé du sujet

La démarche historique ou comment « administrer la preuve »

Pas d’affirmations sans preuves, pas d’histoire sans faitsdit Antoine Prost dans ses leçons sur l’histoire. Les preuves permettent de faire émerger une vérité. Mais pour avoir des preuves, il faut des sources écrites (textes, …), iconographiques(images en tous genres), orales (témoignages) ou vidéos. Faire de l’histoire, c’est pister les traces du passé pour établir des faits. Pour arriver à son but, l’historien(ne) passe obligatoirement par la case “archives” pour croiser les sources, confronter les points de vue et tendre vers l’objectivité…

Mais, pour Antoine Prost, « l’objectivité est impossible en histoire… Plutôt que d’objectivité, il faudrait parler de distanciation et d’impartialité. La comparaison de l’historien et du juge est ici éclairante. Le juge ne peut être totalement objectif : dans l’appréciation qu’il formule sur un crime passionnel, ses sentiments personnels jouent inévitablement. Mais la procédure est contradictoire : les points de vue de l’accusation et de la défense sont défendus également, et les chroniqueurs disent impartial le juge qui tient la balance égale entre les deux parties, pose des questions sans parti pris, s’en tient aux faits. Ainsi doit-il en aller pour l’historien qui doit éviter les perspectives unilatérales. »

« L’impartialité (plutôt que l’objectivité) de l’historien résulte d’une double attitude, morale et intellectuelle. Morale d’abord : de Seignobos à Marrou, tous les auteurs qui ont écrit sur l’histoire ont tenu un discours éthique. Ils ont insisté sur la nécessité pour l’historien de prendre en compte la position de tous les acteurs, de faire preuve d’honnêteté intellectuelle, de mettre entre parenthèses leurs propres opinions, de faire taire leurs passions, et pour cela de s’efforcer d’abord d’élucider et de dépasser leurs implications personnelles. Bien que moralisateurs, ces conseils ne sont pas inutiles. On voit encore trop d’historiens qui, emportés par leurs passions, commettent des erreurs de fait qui les discréditent.

Mais l’appel à l’honnêteté et à la rigueur est aussi d’ordre intellectuel. C’est d’abord le choix d’une posture intellectuelle, et non morale ou politique. S’il vise l’impartialité, l’historien doit résister à la tentation de faire servir l’histoire à autre chose qu’elle-même. Il cherche à comprendre, pas à faire la leçon, ou la morale. (…) La question du régime de vérité de l’histoire déborde cependant très largement celle de l’impartialité du chercheur et du désintéressement de la recherche. C’est aussi une question de méthode: la vérité, en histoire, c’est ce qui est prouvé. »

S’en suit un passage éclairant la nécessité d’une méthode rigoureuse grâce à laquelle « l’historien peut légitimement prétendre détenir un savoir vérifié » et donner à l’Histoire une finalité sociale.

Bon courage aux aspirants bacheliers pour la suite des épreuves…

Le 7 juin 2009, pourquoi voter aux élections européennes ?

Nous sommes Européens et un grand moment de la vie démocratique communautaire se profile à l’horizon. Le 7 juin 2009, les citoyens des 27 états de l’UE choisiront les députés du Parlement européen. Elus pour 5 ans, les députés ont pour mission :

  • de représenter les citoyens européens
  • de voter les lois et le budget européens avec le Conseil des ministres
  • de contrôler les autres institutions européennes

Le site des élections européennes 2009 démontrent l’importance du vote en insistant notamment sur le rôle que joue le Parlement dans la vie quotidienne des Européens. Pourtant les médias, qui nous informent peu sur le sujet, relaient des sondages inquiétants. A l’heure actuelle, un Français sur deux (51%) ne compte pas aller voter. En 2004, l’abstention avait culminé à 54% et les sondeurs annoncent que 2009 sera peut-être pire…

Pourquoi une telle abstention ? Certains reprochent à l’Europe son manque d’efficacité face à la crise. Beaucoup méconnaissent les rouages complexes des institutions européennes. Jacques Delors qualifiait l’Union européenne d’OPNI (Objet Politique Non Identifié) et cela se vérifie aussi aujourd’hui.

Quoiqu’il en soit, s’abstenir c’est laisser les autres choisir à sa place. La campagne d’information lancée par la France donne aux citoyens des outils permettant de comprendre l’intérêt de ces élections.

Le spot pour inciter les Français à voter est réussi et instructif. Il retrace l’histoire de la construction européenne en faisant défiler les visages, les valeurs, les projets et les réalisations de l’Union européenne. Un excellent document pour travailler sur les aspects de la puissance de l’Union européenne… et comprendre la nécessité du vote.

Consignes :

  1. Visionnons une première fois le clip
  2. Lire la fiche "L'UE, les réalisations d'une puissance mondiale"
  3. Après un deuxième visionnage, complète la fiche (réalisations / domaines de puissance)
  4. Clip + autres documents : Pourquoi l'union fait la force ? Pourquoi élargir l'UE ?
  5. Rédaction d'un citoyen en herbe : Motive tes parents à aller voter le 7 juin en leur donnant trois arguments sur l'utilité du projet européen.

Jurassic Parking : Chrysler bon pour la casse ?

L’industrie automobile américaine est en crise. En décembre, les patrons du Big Three – General Motors, Ford et Chrysler – suppliaient le Congrès américain de leur accorder un crédit-relais de 25 milliards de dollars pour éviter le pire. Aujourd’hui, Chrysler se déclare en faillite. La Tribune de Genève relaie les propos du président américain qui commente cette décision. Pour lui, Chrysler n’est pas encore bon pour la casse. 

« Personne ne doit se méprendre sur le sens » de cette procédure de faillite, a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche. « Ce n’est pas un signe de faiblesse mais plutôt un pas supplémentaire » sur la voie de « la renaissance de Chrysler« . « Pendant trop longtemps« , a souligné le président américain, « Chrysler a avancé trop lentement pour s’adapter (…), concevant et construisant des voitures qui étaient moins populaires, moins fiables et moins économes en carburant que ses concurrents étrangers. » 

Dépassées, les grosses cylindrées américaines sont en route pour Jurassic Parking. En attendant la dolce vita et le lifting à l’italienne ?

Sources :

Jurassic Parking, par Hajo de Reijger, avril 2009, Cagle cartoons

La galerie cartoons de Courrier International : le secteur automobile face à la crise 

Pour aller plus loin : Nano, une indienne dans la ville