Archive pour Ballon rond

Un armistice au chaudron

Les dates anniversaires ont pour vocation de se souvenir et de regarder le chemin parcouru. En ces temps de commémorations, je ressors de mes archives un texte écrit il y  a un an sur un événement bien dérisoire aux yeux de la grande Histoire. Un petit exercice de style sur l’armistice car il y a un an le chaudron était en ébullition. Alors, pour faire baisser la pression, l’état-major vert évinça le général en chef pour s’assurer du cessez-le-feu… un 11 novembre ! Football, entre guerre et paix… On pourrait ainsi multiplier les allusions entre le combat guerrier et le football (la guerre économique, la « paix armée » des supporters, l’infirmerie bien remplie – spécialité forézienne-, …). Pour ce qui est du chemin parcouru par le bataillon stéphanois, je préfère attendre la fin de la campagne, enfin de la saison… Pour l’instant, pas sûr qu’on en soit encore aux décorations.


« Aujourd’hui, 11 novembre 2008, le pays célèbre le 90ème anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre. Un armistice met fin aux combats armés entre les pays belligérants mais ne signifie pas que la guerre est officiellement terminée : pour cela, un traité de paix doit être signé.
L’armistice revient à enterrer la hache de guerre. Les présidents de l’AS Saint Etienne, sorte de Dupont et Dupond du football, ont décidé dimanche d’en faire de même. Il faut remédier à la situation sportive du club et aux quolibets des supporters verts à l’encontre de Laurent Roussey et d’une équipe apathique. Devant les caméras de Canal +, ils sont montés au front, têtes basses, pour annoncer des changements. A l’arrivée d’un manager sportif a succédé le passage à la casserole du coach de l’ASSE. 5 défaites consécutives auront eu raison de l’entraîneur qui a ravivé la nostalgie européenne sommeillant depuis 26 ans à Sainté. Malgré ses tâtonnements tactiques et un aplomb jugé irritant, Roussey était il y encore 3 mois l’homme fort du club. Dans un chaudron, la descente aux flammes est rapide.
Roussey, soldat vert fusillé pour l’exemple ? On peut évidemment reprocher à Roussey des décisions à la tête de l’équipe pro mais les absents et cette coupe UEFA tant attendue ont assurément déstabilisés les Verts. Peu importe, la situation et la vindicte populaire font qu’une tête devait tomber. Ce qu’il y a de cocasse dans cette situation c’est que la direction de l’ASSE s’apprête à pactiser avec l’ancien commandant en chef de l’artillerie gone pour redresser la barre. Aux manettes du club forézien va t-on trouver Alain Perrin, auréolé d’un doublé historique avec l’OL l’année dernière mais remercié par Jean Michel Aulas au terme de la saison ? Tout est possible, même la fraternisation entre les tranchées rhônalpines.
Au moment où j’écris, les sites sportifs officialisent l’arrivée de Perrin à la tête de la maison verte. L’armistice est signé avec les supporters mais la guerre n’est pas terminée. Seuls des résultats probants en championnat feront taire les critiques : voilà toute la différence entre un armistice et un cessez-le-feu. Le cessez-le-feu est temporaire et un chaudron se remet vite en ébullition. Espérons la signature d’un traité de paix solide… On se rappelera que le diktat de Versailles de 1919 portait en lui les germes d’une nouvelle guerre… »
Sources : Images des présidents de l’ASSE, de Laurent Roussey, d’Alain Perrin

EG

11.11.08

Les sifflets du Chaudron

La défaite sans relief des Bleus face au Nigéria a fait l’objet de commentaires dubitatifs sur les qualités de l’équipe de France. Mais, ce que les médias retiendront de la venue des tricolores à Geoffroy-Guichard est l’accueil d’une partie du public stéphanois aux footballeurs de la sélection nationale évoluant à l’Olympique Lyonnais. Pour le latéral Patrice Evra, «ils (les supporters) ont confirmé ce que j’ai dit. C’est grave. Nous, on n’a pas été bons. Mais eux, ils ont été zéro». Du sélectionneur au capitaine, chacun a fait un commentaire sur l’attitude déconcertante du « meilleur public de France«  selon la LFP (Ligue Professionnelle de Football). Hué du premier ballon touché jusqu’au dernier, Karim Benzéma n’a pas eu droit au soutien légitime que l’on pourrait attendre de ce « meilleur public de France« . Un joueur de l’équipe de France représente son pays et ses valeurs. Que des supporters dans les tribunes n’arrivent pas à dépasser la rivalité entre les Gones et les Steph’s pose le problème de l’éthique sportive : on peut encourager les siens sans huer les autres. Dans l’édition du Progrès d’aujourd’hui, un journaliste sportif déclare que lorsqu’on « confond à ce point soutien sans faille à son club au mépris de l’équipe nationale, cela relève quelque part d’un manque d’éducation sportive et d’éducation tout court.« 

Evidemment, l’attitude de certains tient de la bravade et de la provocation. « C’est de bonne guerre » peut-on lire sur le forum de l’ASSE. D’ailleurs cette saison, c’est bien plus d’un Vert qui a été sifflé sur la pelouse… Mais ne pas reconnaître le talent de Karim Benzéma ou de Syndey Govou quand ils jouent pour la France (ou pour Lyon…) et en rester aux rivalités de clochers est décevant. Un argument de plus pour ceux qui trouvent au foot tous les défauts alors qu’à Geoffroy Guichard la communion du public avec son équipe reste quelque chose d’extraordinaire. On peut mettre plus de subtilité et d’humour dans la façon de chambrer le voisin lyonnais. Les sempiternels chants anti-lyonnais que j’entends depuis mes années pupilles dans les travées de Geoffroy Guichard ternissent à mon goût l’exceptionnel engouement qui fait vibrer le Chaudron…

Quand on revendique le meilleur public de France, il serait bon que tous soutiennent l’équipe qui joue à domicile… qu’elle soit verte ou bleue.

Sources : Un article de L’Equipe : Le public « a été zéro »

Image : Captures d’écran depuis le site de la LFP et de la boutique des Verts

Juke Box : Dans ce contexte, écouter Georges Brassens parlant des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part » me plaît assez…

Sorcellerie et Derby

Sur notre verte terre, le derby a une saveur toute particulière. Pourtant les temps sont durs pour les Stéphanois, bien loin de l’orbite lyonnais en championnat. Mais, comme la symbolique des couleurs fait bien les choses, il nous reste l’espoir d’un exploit en UEFA ou chez nos voisins rhônalpins…Quand on sait que les Verts n’ont pas battu les Gones depuis 1994, on se dit que l’espoir fait vivre… et rire.

La poupée vaudou qui a défrayé la chronique récemment (article de 20minutes.fr) m’a donné l’idée de BenzémaL, figurine confectionnée avec humour

Supporter c’est encourager les siens sans détester les autres : vous remarquerez ainsi tous les soins portés à la fine gâchette lyonnaise…


Que le meilleur gagne !