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L’immigration régulière en France : comment ça marche ?

OBJECTIFS

  • Distinguer l’immigration clandestine de l’immigration régulière
  • Connaître les informations essentielles sur la population immigrée en France

 

Thème central de la campagne présidentielle de 2012, l’immigration reste un sujet de débat dans une France en pleine crise économique. En classe, nous avons étudié le printemps arabe en Tunisie et le flux de migrants clandestins qui a suivi. Un flux migratoire qui ne s’est pas arrêté puisque le 7 septembre 2012, une embarcation clandestine faisait naufrage au large de Lampedusa, provoquant la mort de plusieurs dizaines de passagers. L’histoire se répète puisque deux naufrages ont eu lieu au large de Lampedusa en octobre 2013.

 

Médiatiquement, l’immigration clandestine est souvent plus traitée que l’immigration régulière. Au point que vous avez parfois du mal à comprendre comment et pourquoi des étrangers viennent aujourd’hui travailler, étudier et vivre en France.

 

Cette sélection de documents et d’informations te permettra de t’y retrouver.

                                                                                                            

 

Aujourd’hui, entre un quart et un tiers de la population qui vit en France est issu de l’immigration. Les descendants d’immigrés sont plus nombreux que les immigrés, un cas original en Europe.

Cette situation est le fruit de deux siècles d’immigration en France. Pour connaître cette histoire, clique sur le logo de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et regarde la vidéo.

 

 

La population immigrée en chiffres

 

 

 

L’immigration régulière : comment ça marche ?

L’immigration professionnelle

Pour les citoyens de l’Union européenne

Tout citoyen européen* a le droit de séjourner et de s’installer en France s’il le souhaite. Il peut exercer toute activité professionnelle dans les mêmes conditions que les Français (sauf pour les emplois de la fonction publique liés à des prérogatives de puissance publique) à condition d’avoir un titre de séjour valide au-delà de 3 mois.

*cas particulier pour les Roumains et les Bulgares jusqu’en 2013

Pour les étrangers hors Union européenne

Il existe en France des métiers qui connaissent des difficultés de recrutement. On les appelle « métiers en tension ». Comme il y a des offres d’emplois mais pas assez de candidats français, l’Etat ouvre ces postes à des étrangers. Il existe une liste officielle de 14 métiers en tension ouverts aux étrangers qui ne font pas partie d’un des pays de l’Union européenne ou de l’espace économique européen.

Cette politique migratoire cible en priorité les entreprises internationales et les travailleurs qualifiés ou à fort potentiel.

 

Pour les étrangers originaires de 13 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Congo, Gabon, Maurice, Sénégal, Tunisie, …) et la Russie

Des accords ont été pris entre la France et ces 14 pays pour organiser de façon concertée les flux migratoires (cibles orange). Par exemple, l’offre de travail est élargie à 77 métiers pour les Tunisiens. Il existe aussi un accord pour faciliter la mobilité professionnelle des jeunes (cibles bleues)

 

VIDÉO : Le témoignage d’un jeune professionnel serbe recruté par le restaurant « Chez Laurent »

 

[vimeo]http://vimeo.com/50672649[/vimeo]

 

Les différentes cartes de séjour

Pour répondre aux besoins du marché du travail français, il existe plusieurs cartes de séjour : salarié, travailleur temporaire (avec mention scientifique-chercheur, profession artistique ou culturelle) , travailleur saisonnier, …

 

L’immigration familiale

Le regroupement familial permet à un étranger isolé en France d’être rejoint par son épouse et ses enfants à condition…

  • … d’avoir une résidence stable depuis 18 mois
  • … d’avoir des ressources suffisantes (gagner au moins le salaire minimum)
  • … que sa femme soit majeure et ses enfants mineurs (hormis cas spéciaux)

 

Le séjour des étudiants étrangers

La France accueille chaque année environ 60 000 nouveaux étudiants étrangers, venant principalement de Chine, du Maroc, des Etats-Unis, d’Algérie, du Brésil et de Tunisie. Ils doivent être inscrits dans un établissement français et disposer de ressources nécessaires.

LE DÉBAT : Pourrait-se passer de la main d’œuvre immigrée ? (d’après un dossier du Parisien repris par France 24 en mai 2011)

« Tout est parti d’une phrase prononcée par Claude Guéant dimanche soir : « La France n’a pas besoin de maçons et de serveurs de restaurants ». Les journaux se demandent donc ce mardi si c’est vrai et Le Parisien est allé interroger des chefs d’entreprises et des économistes pour répondre à la question : Main d’œuvre, peut-on se passer des immigrés ?

Le quotidien détaille la place des immigrés dans le marché du travail. Ils représentent ainsi 16% dans la construction, 25% dans les services domestiques aux particuliers et 32% dans les activités de nettoyage dans les entreprises.
Difficile de tous les remplacer d’autant que ce sont des emplois sous qualifiés dont les Français ne veulent pas.
Entre 300 000 et 600 000 offres d’emplois, peu qualifiées et mal rémunéré, ne trouvent pas preneurs, révèle Le Parisien. »
Quels droits pour les travailleurs saisonniers étrangers en France ?


Source : Les infographies viennent du Figaro et les informations du Ministère de l'Intérieur et du site "Pour la promotion de l'immigration professionnelle".

La petite histoire de l’arrestation de Louis XVI : pile ou farce ?

Pour comprendre l’établissement d’une république en France, nous sommes partis de  la fuite de Louis XVI le 21 juin 1791. L’extrait du film intitulé « La Révolution française » (5 minutes – fin de l’extrait) a été choisi comme document de travail pour répondre à quatre questions :

  • Pourquoi Louis XVI tente t-il de fuir ?
  • Pourquoi l’Assemblée nationale parle « d’un enlèvement » ?
  • Comment est considéré Louis XVI après cette fuite ?
  • Où est-il arrêté ? Comment ?



 

Ce film sort en 1989 pour commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Le comédien français Dominique Pinon joue le rôle de Jean-Baptiste Drouet, le maître de poste qui fait arrêter la famille royale à Varennes. Dans cette reconstitution, la petite histoire d'une pièce de monnaie vient se mêler à l'Histoire de France… Vrai ou faux ? Pile ou farce ?

http://vldsnumis.free.fr/images/1774_louis_xvi/c2183_louis_d_or_buste_nu_avers.jpgComme le suggère cet extrait, l'anecdote voudrait que Jean-Baptiste Drouet ait reconnu Louis XVI grâce à son effigie gravée sur une pièce de monnaie.En effet, "durant tout l’Ancien Régime, les pièces sont restées pour l’immense majorité de la population le seul support où apparaissait l’image, symbolique ou réaliste, du souverain."

Cette hypothèse romanesque est jugée peu crédible par des universitaires  "car les monnaies en circulation en juin 1791 représentaient un portrait de Louis XVI jeune, donc difficilement reconnaissable. En fait, Drouet avait déjà aperçu Louis XVI lors de la fête de la fédération de 1790. A moins qu’il ne l’ait reconnu grâce à un assignat (un papier-monnaie créé pendant la Révolution) qui comportait le « buste » actualisé du Roi."

http://www.monnaiesdantan.com/medias/assignat-livres-emission-sept-z600409.jpg

Sur internet, les hypothèses et les rumeurs qui circulent sur la petite histoire de l'arrestation du roi à Varennes sont monnaie courante. Farce et attrape, fausse monnaie et monnaie de singe, mieux vaut écrire la légende au conditionnel…


Sources : "Les billets comme mass media : de « la Fortune » de 1803 aux « portails, fenêtres et ponts » de 2002", publié dans Economies et Sociétés, Tome XXXVI, n°1, janvier 2002, p. 35/54

Immigration tunisienne : l’eldorado européen

138 kilomètres : c’est la distance qui sépare le littoral tunisien de l’île italienne de Lampedusa. Porte d’entrée de l’Europe, Lampedusa accueille des migrants tunisiens venus tenter leur chance au-delà de la Méditerranée (environ 20 000 personnes en avril 2011). Une question simple se pose en voyant ce flux de population : mais pourquoi partent-ils ? Alors que le parfum du jasmin flotte encore en Tunisie, pourquoi des jeunes ont-ils choisi le départ vers l’Europe ? Une révolution a chassé du pouvoir le dictateur Ben Ali, l’espoir de fonder une démocratie est permis. Pour comprendre ce flux migratoire, une sélection de documents pour répondre à cinq questions :

  • Qui part ?
  • D’où partent-ils ?
  • Pourquoi partir ?
  • Pourquoi partir maintenant ?
  • Comment sont-ils accueillis ?


– Une carte du journal Le Figaro parue le 16 février 2011

– Un extrait de l’émission C dans l’Air présentée par Yves Calvi, « Après la révolte, l’exode ». (clique ici)


– Medhi Houas, le ministre tunisien du Tourisme explique la situation au journal France soir (14 février 2011)

FRANCE-SOIR : Des milliers de Tunisiens fuient leur pays, comment expliquez-vous cette situation ?

MEHDI HOUAS Je suis très étonné que les gens en France et en Europe tombent des nues ! La situation n’a pourtant pas changé, les pauvres du Sud veulent toujours rejoindre l’eldorado du Nord.

F.-S. Cinq mille personnes en cinq jours, c’est du jamais-vu !

M. H. Il y a eu une révolution ici. Pendant un mois, le pays a été paralysé ; 350.000 personnes vivent du tourisme (6 % du PIB tunisien, NDLR) et sont en situation de doute. Certains sont pris de panique. C’était une chose prévisible. Ce n’est pas parce que l’on s’est débarrassé de la dictature que tout s’est arrangé. La différence, c’est que nous n’avons plus une seule famille (Ben Ali) qui pompe les finances du pays, voilà tout. Mais il y a toujours 10 millions d’habitants, dont certains pensent qu’il n’y a plus d’espoir. Je suis là pour le leur rendre.

F.-S. Il est paradoxal qu’ils perdent espoir au moment où le pays se démocratise…

M. H. Il n’y a pas eu de touristes en janvier, en février non plus. Si l’on ne fait rien, ce n’est pas 4.000 Tunisiens qui partiront mais 350.000.


– Le témoignage de Sirine, une Française qui habite Zarzis, une ville touristique du sud du pays (trouvé dans un article de France 24 : « Il y a depuis toujours cette obsession du rêve européen »).

« Zarzis s’est vidée de sa jeunesse ces dernières semaines. Les terrasses de café sont désertées, on voit très peu de jeunes dans la rue. Tous n’ont qu’un seul objectif : profiter de l’absence de contrôle pour partir en Italie. J’habite à 300 mètres de la plage qui est, avec le port, l’un des deux points de départ pour immigrer clandestinement en Italie. (…) Avant, les immigrés clandestins passaient par la Libye. Maintenant, ils partent directement d’ici. Les capitaines des bateaux vous demandent 2.000 dinars [1036 euros] pour le voyage. Il n’y a presque plus de police ici et les quelques militaires présents dans la ville ne font rien pour arrêter cet exode, alors que cela se passe sous leurs yeux, car ils ont peur de se mettre la population à dos.

Ici, à Zarzis, il y a depuis toujours cette obsession du rêve européen. Beaucoup de membres de la famille de mon mari sont déjà partis. Pourtant ils ne souffraient ni de la misère, ni du chômage. Moi j’essaie d’expliquer aux candidats au départ qu’il ne fait pas forcément mieux vivre en France, là où ils veulent tous aller. Mais ils ne voient que le salaire. Ils se disent que même s’ils gagnent 1500 euros à Paris, c’est toujours 10 fois plus qu’ici. Ils ne se rendent pas compte du coût de la vie dans l’Hexagone. »


– Une vidéo de BFM TV expliquant la tension entre la France et l’Italie au sujet de l’immigration tunisienne


Aller plus loin :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xh5oe2_des-milliers-d-egyptiens-et-de-tunisiens-fuient-la-libye_news[/dailymotion]


Firminy : l’histoire d’une ville ouvrière

Les ouvriers aux mains d’or…

vue-de-firminy1Au cours du XIX°s, la bourgade de Firminy est devenue une ville ouvrière avec une population métissée. Les mines, les aciéries ont attiré en ville des travailleurs qui espèrent trouver ici une vie meilleure. Pendant plus d’un siècle, l’industrie fait vivre une vallée jusqu’alors rurale.

Au départ, les ouvriers viennent des campagnes environnantes de la Haute-Loire et d’Ardèche. A partir de 1920, une main d’œuvre étrangère arrive pour travailler dans les mines et les usines de métallurgie. Des Polonais, des Italiens, des Espagnols et des Maghrébins s’installeront dans des cités ou des baraquements. Après 1950, Firminy attire des Siciliens, des Portugais, des Algériens et des Turcs.

Cependant, dans les années 1980, les dernières mines de la vallée ferment et la grande usine de Creusot-Loire fait faillite. Des monstres de métal comme la tour de trempe nous rappellent le temps du Firminy noir. Aujourd’hui encore, des usines de métallurgie perpétuent les savoir-faire des « métallos » de la vallée de l’Ondaine qui « forgeaient l’acier rouge avec leurs mains d’or« .

La situation économique de la ville reste difficile : avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (13,6% en 2006), des Appelous ont quitté leur ville pour trouver du travail ailleurs. « Des 25 060 habitants de 1975, il en reste 17 975 au dernier recensement » note un article récent du Progrès. Alors, on se tourne vers un autre patrimoine pour redonner de l’attrait à la ville, celui qui porte le vert de l’espoir…

Prochain épisode : Le patrimoine Le Corbusier à Firminy, le vert de l’espoir …

Mots-clés : une ville ouvrière / les ruraux / les urbains / les Appelous / l’immigration


VIDEO : Firminy, une bourgade devenue ville

  1. Quel symbole du Firminy industriel apparaît au début de la vidéo ?
  2. Avant l'installation de l'industrie, à quoi ressemblait Firminy ?
  3. Au milieu du XVIII°s (vers 1750), quels étaient les métiers des habitants ?
  4. A quel siècle se développe l'industrie ?
  5. D'après M. Commère, quels sont les atouts de Firminy ?
  6. Qu'est-ce qui change avec l'installation de l'industrie à Firminy ?

Sources :

  • La vidéo est extraite du blog de Louis Brun, enseignant au lycée Jacob Holtzer de Firminy. Ce documentaire a été réalisé par des lycéens de 1ère.
  • L'article "Le chômage mine les «cités radieuses» de l'Ondaine" est paru dans l'édition de la Tribune-Le Progrès du 11 juillet 2009.
  • Des informations viennent du site officiel de la ville de Firminy.
  • J'ai écrit cet article avec comme bande-son une chanson signée Bernard Lavilliers, "Les mains d'or" (à écouter dans le lecteur Deezer)