Archive pour Education civique

Entre les murs : les 4ème en action

La séquence d’Education civique sur l’exercice des libertés en France se terminera cette semaine avec la correction de l’évaluation. Au cours des séances, vous avez travaillé en groupe, en autonomie, à l’écrit, à l’oral (exposé, débat argumenté) sur deux sujets d’actualité.

 

 

Votre capacité à prendre des initiatives, à avancer avec le reste du groupe ou à exposer clairement votre travail/opinion était aussi importante que le contenu des séances. Travailler sur la liberté sans en faire véritablement usage aurait été dommage. Le débat argumenté a permis à chacun de s’exprimer tout en prenant conscience des exigences d’un tel exercice. Au final, chacun a compris que la liberté c’est faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.  Savoir, savoir-faire, savoir-être vont de pair pour s’affirmer comme un citoyen éclairé.

 

L’actualité fait écho au travail réalisé en classe. Le ministère de l’Education nationale vient de lancer une campagne contre le harcèlement en insistant sur un chiffre : 1 élève sur 10 est victime de harcèlement à l’école. Trois vidéos montrent les ravages de la cyber-intimidation et permettent une sensibilisation efficace.

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=BAovquxcEnk&feature=related[/youtube]

 

Pour illustrer ces deux semaines et demi de travail, voici quelques photos prises avec les 4°2 et 4°4. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler ainsi et je pense que vous aussi. Vous trouverez également le lien vers Youtube pour (ré)écouter le débat des 4°2 sur Facebook.

 

Pour terminer, j’ai scanné 3 copies d’élèves (Clara, Sofia, Jean-Baptiste) qui répondent aux questions : « Qu’as-tu retenu du débat « Comment faire usage de sa liberté sur Facebook ? ». Quelle est ton opinion sur le sujet ?« . Elles nous permettront de voir comment bien argumenter (le fond et la forme).

 

 

 

Le débat argumenté des 4°2

Tunisie : le combat pour la liberté


"Liberté !". La Tunisie en route pour la démocratie (dessin de Sondron, 17.01.11)


Depuis vendredi 14 janvier, le combat pour la liberté mené par le peuple tunisien fait les gros titres des médias français et internationaux. Ce soulèvement populaire contre le régime du président Ben Ali est historique. D’abord, parce que la révolte s’est transformée en révolution, chose rare dans le monde arabe. Elle est appelée « révolution du jasmin » car cette fleur blanche et parfumée symbolise la Tunisie, « la pureté, la douceur de vivre et la tolérance« . C’est aussi une révolution numérique : l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux (Facebook, Twitter) a joué un rôle essentiel pour amplifier la révolte et mener les Tunisiens sur le chemin de la démocratie.

L’étude de « la révolution du jasmin » en Tunisie présente plusieurs intérêts pour l’étude du chapitre d’Education civique « Etre libre ». Vendredi, vous travaillerez à l’aide de cet article et d’une fiche pour atteindre les objectifs suivants.

Objectifs de la séance :

  • Comprendre le combat pour la liberté mené en Tunisie
  • Repérer les symboles de la lutte et de la liberté
  • Croiser des documents de nature différente
  • Rédiger un texte/réaliser un dessin sur le combat mené par les Tunisiens




1. Un article « d’1 jour, 1 actu » résume simplement les raisons et les revendications de la révolte tunisienne

« Après un mois de révolte, les jeunes Tunisiens ont obtenu le départ du président Ben Ali. Ce dernier a quitté le pouvoir après vingt-trois ans passés à la tête du pays, et s’est enfui de Tunisie vendredi dernier avec toute sa famille.

À l’origine de cette révolte tunisienne : le suicide d’un jeune de 26 ans, qui vendait des fruits et légumes pour survivre. Mais en décembre 2010, la police a détruit son stand, le privant ainsi de travail et donc d’argent. De nombreux Tunisiens se sont reconnus en lui. En Tunisie, un jeune sur trois est au chômage, malgré les diplômes obtenus. La population doit en plus faire face à un autre problème : la vie coûte de plus en plus cher et les gens n’ont pas les moyens de s’acheter les produits de base, comme le pain et la farine.

Ils réclament de meilleures conditions de vie. Pour cela ils veulent du travail et la baisse du prix des aliments. Ils souhaitent aussi pouvoir s’exprimer librement, ce qui n’était pas le cas quand Ben Ali était au pouvoir. D’autres pays d’Afrique, comme l’Algérie par exemple, prennent exemple sur la Tunisie et commencent eux aussi à se révolter contre la vie chère et leurs mauvaises conditions de vie.« 

2. Deux dessins de presse, deux raisons de se révolter


1987-2011 : Ben Ali est resté plus de 23 ans à la tête de la Tunisie. En 2009, il est élu pour la 5ème fois consécutive avec 89,6% des voix. (dessin de Hic, 2009)

 

Les émeutes de la faim en Tunisie (dessin de Haddad, 2011)


3. Les moyens de se faire entendre

– La manifestation

 


La Une du journal Libération du samedi 15 janvier 2011


– La musique

Un article du Monde intitulé « Le rap est le porte-parole de la jeunesse tunisienne«  montre le rôle et l’impact de la musique sur le mouvement tunisien. « Style musical populaire chez les jeunes et largement implanté dans le pays, le rap est par essence contestataire, (…). Diffusée sur les réseaux sociaux comme Facebook, cette musique se partage rapidement et parvient à contourner les canaux de la parole officielle. (…) Jeudi 6 janvier, Hamada Ben Amor, 22 ans, est arrêté puis relâché trois jours après. Dans un clip diffusé sur Internet, il interpellait le chef de l’Etat Ben Ali : « Président, ton peuple est mort.« 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Q3tesjVIQGw[/youtube]

– Internet et les réseaux sociaux

Un récent article de Libération explique que les réseaux sociaux ont été une pièce maîtresse de la révolution tunisienne. Extraits :

« Plus que Twitter, c’est sur Facebook que s’est faite la cyberrévolution. Ce réseau est utilisé par 1,5 à 2 millions de Tunisiens soit un habitant sur cinq. «Twitter sert exclusivement pour diffuser des informations en temps réel, des chiffres, alors que Facebook permet surtout de partager des photos et des vidéos» (…). Et si le régime a bien tenté une censure par piratage et fermeture de comptes, Facebook restait difficile à museler complètement. (…) «C’est grâce aux gens qui sont descendus dans la rue, dans tout le pays, qui ont pris des vidéos, les ont postées sur leur compte Facebook, que nous avons pu relayer l’information. Ce sont eux les véritables soldats sur le front», souligne un informaticien de métier, âgé de 34 ans. (…) «Comme les journalistes étaient empêchés de faire leur travail, ce sont les citoyens qui sont devenus journalistes et qui ont couvert l’événement», analyse Selim Ben Hassen. «Il y avait un besoin très fort d’informations. »

Autre exemple : le mot d’ordre « Dégage », que l’on retrouve en Une de Libération, est passé d’Internet à la rue.

4. Une révolution contagieuse ?

 

Dessin de Hic paru dans El Watan (01.2011)

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Z4ymzkWF9sw&feature=related[/youtube]

5. Quelques symboles de la révolte tunisienne

Les "Marianne tunisiennes" (Une du journal L'Humanité du 17 janvier)

Twitter, les gazouillis de la révolution

Informations, vidéos, flash-mobs ont été diffusés sur le réseau social Facebook

Le poing levé et le rouge de la révolution tunisienne


Sources :


De l’abstention à l’action : aux urnes citoyens !

« Voter, ce n’est pas précisément un des droits de l’Homme : on vivrait très bien sans voter, si l’on avait la sûreté, l’égalité, la liberté. Le vote n’est qu’un moyen de conserver tous ces biens. (…) Quand je vote, je n’exerce pas un droit, je défends tous mes droits. Il ne s’agit donc pas de savoir si mon vote est perdu ou non, mais bien de savoir si le résultat cherché est atteint, c’est-à-dire si les pouvoirs sont contrôlés, blâmés et enfin détrônés dès qu’ils méconnaissent les droits des citoyens. »

Alain (Emile Chartier), 1926


carte électeur français

La carte de l’électeur français est un condensé de citoyenneté. Elle porte les symboles de notre république (la devise, le drapeau, Marianne) et la phrase : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ». Cette formule a pourtant la vie dure. Aux dernières élections européennes, 60% des inscrits n’ont pas voté. Cette année, il y a eu presque autant d’abstentionnistes que de votants pour les régionales.  A se demander si Marianne porte un bonnet phrygien ou un bonnet d’âne…

abstention-en-France-V°-république-300x197

Comme le montre ce graphique, de plus en plus de Français(es) renoncent à s’exprimer avec leur bulletin de vote. On voit bien que certaines élections mobilisent moins que d’autres. Selon des sondages, la désillusion peut en partie expliquer l’abstentionnisme (les politiques ne tiennent pas leurs promesses et n’ont pas de réponse face à la crise). Mais il est trop facile de faire des politiques les seuls responsables de cette crise de la citoyenneté. Chaque voix compte et chaque Français peut agir et faire changer les choses. Certains l’ont compris à 20H, le 21 avril 2002, après le premier tour des élections présidentielles.


Le 21 avril 2002, un tsunami politique

Le 21 avril 2002 est un « tsunami politique » en France. Pour le comprendre, clique ici pour regarder cette vidéo.

tsunami politique

2002-2007 : de l’abstention à l’action

L’étude comparative de deux chansons du groupe No one is innocent permet d’aborder le paysage politique français de la décennie 2000 (candidats, partis) et l’importance du vote dans notre démocratie. Le questionnement se fera prochainement dans un cours mêlant Education civique et Histoire.


L’impact du 21 avril 2002 est grand et une prise de conscience s’opère chez certains abstentionnistes. En 2004, le groupe No one is innocent revient sur ce « scrutin d’avril » avec le titre « Où étions-nous ? ». A la plage, à la pêche mais pas aux urnes… Pendant ce temps, l’avenir du pays se joue.

« Ou étions nous ce jour, nous les langues si fertiles
Perdu dans le message de ce scrutin d’Avril
Quelle est triste la rosé, minée de l’intérieur
Et quand la flamme est trop vive, elle consume la fleur
A l’arrivée, c’est le grand ballottage
Ni toi, ni moi n’avons cru autant dans le naufrage
Canadair, canadairs arrosés.
Ni même le sondage n’avais prévu l’orage.
« 

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2lbgq_no-one-is-innocent-mais-où-étions-n_music[/dailymotion]

« Tirer les leçons du 21 avril » est une expression devenue courante dans le monde politico-médiatique. No one is innocent le fait en chanson avec son titre « La peur » sorti en 2007 sur l’album « Gazoline ». D’une élection présidentielle à une autre,  de l’abstention à l’action. Ne pas voter, c’est laisser les autres choisir à sa place. Voter, c’est choisir le meilleur candidat… ou le moins pire.

« Ca va être dur, tu crois,
Entre untel ou celui-là,
Mais encore plus que le choix, on a surtout l’embarras.

On avance, on avance
Sans savoir où l’on va,
Par dépit, faut choisir pour contourner le pire. (…)

Ca va être dur mais je sais déjà, ceux qui n’auront pas ma voix« 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=28xaKC2Iiok[/youtube]


Les leçons du 21 avril retenues, la mobilisation a été plus forte pour les élections présidentielles de 2007 : plus de 83% des Français ont voté. Trois ans après, le réveil démocratique est-il déjà tombé en panne ?

Sources :

« America’s army » : le danger de la réalité virtuelle

Depuis le milieu de la décennie 1990, les jeux vidéos font partie intégrante du paysage culturel des adolescents et des jeunes adultes. Dans la continuité de la séance « Traiter l’information en temps de guerre », nous allons parler du jeu vidéo America’s Army, le jeu officiel de l’armée américaine.

« Sorti le 4 juillet 2002, il fait du joueur un soldat américain. L’armée affiche clairement ses intentions, expliquant que ce jeu a pour vocation d’attirer le plus grand nombre de jeunes vers une carrière militaire. De fait, pour jouer, il faut s’inscrire sur le site de l’armée. Plus d’un million de personnes l’auraient déjà fait, dont environ 600 000 auraient terminé les missions d’entraînement[1]. »


America's army

Quel danger représente le passage du monde virtuel au réel ?

Notions : réel / réalité virtuelle / esprit critique

Des images du jeu

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XMI5oz4jT6Y[/youtube]

Le jeu officiel de l’armée américaine

Image 1

« Les vrais héros » américains

Image 2

Source : Stéphane Pilet, Le jeu vidéo comme arme de propagande, article paru dans Le Monde Diplomatique, septembre 2003, http://www.monde-diplomatique.fr/

Images : Captures d’écran du site America’s army