Archive pour Histoire des arts

Wall Art : fais le mur à Waldeck !

 

Le street-art à Waldeck, c’est pour bientôt… Le projet Wall Art démarre la semaine prochaine avec un groupe d’élèves volontaires de 4ème et de 3ème. Le vendredi de 13h à 14h, tu vas participer à…

  • … un projet artistique où tu crées et exposes tes œuvres
  • … un projet vidéo où l’on filme ce que l’on fait pour le diffuser sur internet
  • … un projet pour rencontrer Ella&Pitr, les papiers-peintres
  • … un projet où plaisir et liberté sont les maîtres mots

 

Wall art#1 : si tu regardes un vieux mur…

Introduction

Pour commencer, nous allons nous intéresser aux techniques du street-art en présentant par la même occasion un rapide historique et quelques grands noms de ce mouvement artistique.

Activité : à la manière de…

1. Dans sa salle, M. Valette a un mur complètement décrépi. L’idée est d’utiliser ce support comme un espace créatif à la manière de l’artiste stéphanois OakOak qui s’amuse à égayer les murs des villes. Adepte du détournement urbain, OakOak transforme le banal et l’anime le temps de quelques regards.

A consulter : le site d’OakOak

évadé (2)

OTARIE AU BALLON (2)

Cette façon de travailler, partagée par de nombreux street-artists, rappelle une citation du Traité de la peinture signé Léonard de Vinci :

« Si tu regardes des murs souillés de beaucoup de taches, faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelques scènes, tu y trouveras l’analogie de paysages au décors de montagne, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toutes sortes. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses que tu pourras ramener à une forme nette et compléter« 

 

2. Les artistes de rue adorent détourner le mobilier urbain… Et si vous faisiez revivre du vieux mobilier scolaire ? Les tabourets de la salle 201 sont des antiquités qui vont bientôt être remplacés. Nous vous proposons d’y mettre une touche humoristique ou créative. Tous les élèves de Waldeck passent par la salle d’Arts plastiques : c’est l’occasion de montrer à tous vos premières réalisations.

 

[Histoire des arts…de rue#6] Le tape-art, l’art au bout du rouleau

Avec du scotch, on rapièce, recolle, raccommode, répare. Inventé en 1925 par l’Américain Richard Drew pour le compte de la société 3M, le ruban adhésif (adhesive tape) devait faciliter le travail des carrossiers qui peignaient les voitures de deux couleurs différentes. Jusqu’alors, ils utilisaient des journaux pour protéger la partie déjà peinte mais le décollage abîmait la peinture.

Ce ruban collait seulement sur les deux bords et les employés de 3M, « pensant qu’il s’agissait d’une économie de colle, le surnommèrent ruban écossais (scotch tape), à cause de la réputation des écossais d’être économes« . Le scotch était né. La ménagère, les écoliers et les bricoleurs allaient trouver là un allié efficace dans leurs menus travaux.

Produit de consommation courante, le scotch est une matière première qui séduit aussi les artistes. Au bout du rouleau, ils créent des œuvres originales et saisissantes dans des styles complètement différents. Depuis un an, c’est Max Zorn (artiste allemand né à Amsterdam) qui scotche la Toile avec ses vidéos. Armé d’un scalpel et d’un ruban de scotch marron, il fixe des visages et des paysages sur des surfaces vitrées.

Sa jeune fille à la perle est un vrai petit bijou. Pour mettre en lumière ses productions, il arpente les rues et grimpe le long des lampadaires. Pour découvrir son travail, 3 vidéos sont à visionner dans le lecteur Youtube ci-dessous.

Mais le tape-art (art du ruban adhésif), n’est pas apparu avec Max Zorn. Beaucoup d’autres artistes ont saisi les rouleaux pour modeler leur imaginaire. L’artiste américain Mark Jenkins moule des centaines de mètres de scotch pour donner vie à des personnages qu’il met en scène au coin d’une rue.

 

« Installées dans l’espace public, les trottoirs, les squares, ces sculptures en Scotch donnent à l’oeuvre de Jenkins tout son potentiel. La rencontre du matériau mort et des formes humaines déconcerte les passants qui croisent ces personnages inertes. Disposés dans des positions souvent incongrues – en suspension sur le toit d’un immeuble, dans un fast food, la tête dans un plateau, sortant d’une bouche d’égout ou la tête emmurée – les mannequins sans vie, habillés et coiffés de perruques créent l’interaction. » (extrait d’un article de Libération de mars 2012 / Mark Jenkins, ou l’art de scotcher le passant)

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=KjMWGgNxcao[/youtube]

 

Plus coloré, le collectif slovène ORTO réveille le paysage urbain et chasse la grisaille comme le montre cette vidéo en stop-motion.

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=KVEfd8SjsAo[/youtube]

 

Avec un sac bourré de scotch multicolore, le new-yorkais Aakash Nihalani déroule des formes géométriques pour créer une illusion d’optique simple mais efficace.

[vimeo]http://vimeo.com/14983582[/vimeo]

 

A mesure que les rubans se déroulent, l’imagination des artistes déborde et s’empare de nouveaux supports. Ainsi, Erika Iris Simmons fait jaillir d’une K7 obsolète l’âme voodoo de Jimi Hendrix. On n’a pas fini d’être scotché.

 

+ de liens

 

Mark Khaisman, un artiste qui s’inscrit dans l’univers de Max Zorn

 

Khaisman
Quand deux marques de street-wear s’emparent du tape-art

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hHIs9mws64M[/youtube]

Histoire des arts… de rue #4 : Vhils

Burin et marteau, perceuse et marteau-piqueur, Vhils ne travaille pas comme les autres. De son vrai nom Alexandre Farto, ce Portugais sculpte les murs pour en faire émerger des portraits saisissants. Ce street-artist a commencé jeune dans la banlieue de Lisbonne. Dès l’âge de 13 ans, il tague les les murs puis les trains, s’essaye au pochoir. Vhils se penche ensuite vers sa boîte à outils pour mieux jouer sur le contraste. Quelques coups de bombe pour révéler les ombres du visage puis un mano a mano s’engage avec la surface. Sous l’épiderme de pierre et de brique jaillissent ses créations.

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=R2_tdw8lINE[/youtube]

 

Son art de la destruction est en fait plein de vitalité et de force. Une fois le travail terminé et le visage mis à jour, les murs parlent et les âmes endormies de la ville s’éveillent. Tel l’archéologue, Vhils gratte les couches du passé et change notre perception de la réalité urbaine. Il nous rappelle que la ville est comme le palimpseste, un parchemin où les hommes réécrivent sans cesse leur histoire. Les murs, la ville, l’homme : tous composés de différentes strates qu’il est parfois bon de remettre à la lumière.

 


Son travail est encore plus détonnant quand Vhils place des charges d’explosifs sous la surface des murs.
Boum art. Quand il travaille sur le papier, c’est à l’acide ou à l’eau de javel. Vhils, ça décape. Avec lui, le temps passe plus vite et souvent nous rattrape…

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=t6FU1Fvn9Nk&feature=player_embedded[/youtube]

Durant l’été 2011, le fabricant de jeans Levis a embauché Vhils pour immortaliser quatre « pionniers » qui contribuent à faire de Berlin un des centres culturels les plus vivants d’Europe. Pas de logo, ni le nom de la marque pour cette campagne de publicité new-look mais deux slogans qui appellent à aller de l’avant : « Go forth » et « Now is your time ».

 

Joe Hatchiban, un Irlandais qui organise avec son vélo customisé des karaokés mobiles sur l’amphithéâtre de Mauerpak à Berlin.

 

Réponse à la pollution visuelle des publicités en ville, le street-art devient ici une alternative pour faire connaître  son entreprise autrement. Levis innove, emmagasinant par la même occasion un peu de street credibilty, et quatre talents de Berlin (Fadi Saad, Various&Gold, Joe Hatchiban et Sven Marquardt) ont maintenant leur portrait sur les murs de la ville. En réinventant les rapports du street-art et de la publicité, Vhils montre que l’art de rue est en constante ébullition.


[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=FC-2ZVNh3wY[/youtube]

 

Durant l’été 2012, Vhils a participé au festival Walk&Talk. Il y a réalisé une œuvre («abraçar a ruína») tout simplement grandiose où l’on voit une jeune femme, qui, telle une madone, prend les ruines d’un château dans ses bras. Cette belle au bois dormant ressuscite les veilles pierres et renouvelle notre regard sur un patrimoine en sommeil.

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9f_kc9oftOQ[/youtube]

 

Source : image 1 et image 2 /image 3 : merci Véronique ! / image 4 : copyright Luck cat

 

Aller + loin :


Histoire des arts : A la manière de…

Cette image signée Marco Marilungo sur l’histoire de la peinture moderne a inspiré à M. Valette un travail avec ses 4ème. Voici la consigne :

A partir du document fourni caricaturant les différents mouvements de la peinture moderne traitant du même sujet (un tueur de mouche), représentez la Joconde selon un ou plusieurs de ces mouvements picturaux. Certains sont connus des élèves, d’autres à découvrir par des recherches.

 

Les productions des élèves montrent un faible pour l’Art nouveau. Nous assistons aussi à la naissance du minimatisme, né d’une touche d’humour et de paresse…