Archive pour IDD

Manipuler l’image : les décodeurs de l’info passent à l’acte

Un des objectifs du cours d’Education civique et de l’IDD « Les décodeurs de l’information » était de vous apprendre à lire et à décrypter une image. Les exemples des guerres en Irak et du séisme en Haiti montrent l’importance de l’image et la nécessité de rester vigilant face au flot d’informations qui se déverse quotidiennement sur nos écrans et journaux.

Cette démarche s’est prolongée naturellement en cours d’Arts plastiquesM. Valette vous a appris qu’une image se construit. En apprenant à manier l’outil informatique, on peut facilement travestir (= changer) la réalité. Quand on sait décoder une image, il faut aussi apprendre à la construire. Voici les consignes données par M. Valette, professeur d’Arts plastiques au collège Waldeck Rousseau, pour sa séance intitulée HYBRIDE :

Demande : créez un être hybride tenant de l’humain, de l’animal, du végétal, de l’inanimé ; donnez du sens et de la cohérence plastique aux associations que vous effectuerez. Utilisez l’outil informatique, le logiciel « Photofiltre Studio » et sa gestion des « calques ». Une base d’images est mise à votre disposition dans un répertoire du réseau du Collège.

Les références montrées lors de la verbalisation seront puisées dans les visions cauchemardesques de Jérôme Bosch (XV°siècle) et dans les « self- hybridations » d’Orlan (artiste contemporaine).


Thomas et Quentin

Thomas Bacyk et Quentin-Gauthier Stehlin

Camélia et Tiffany


Camélia & Tiffany

Romain et Nicolas

romain C et nicolas

Nahel et Zachary

nahel et zack les fou bou

Manuel et Lamine

MANUEL LAMINE

Bastien

bastien


Pour faire le lien entre l’Education civique, l’IDD et les Arts plastiques, les élèves ont ensuite travaillé sur la notion de désinformation toujours à partir de Photofiltre. Des exemples avaient été vus en cours : par exemple, ce montage datant de la guerre en Irak de 2003 réalisé par le photographe Brian Walski lui a valu d’être licencié du journal américain, The LA Times.

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En salle informatique, les élèves ont laissé libre cours à leur imagination…

Manuel et Lamine

lamine manu

Tiffany et Camélia

Caméliia & Tiffany =D

Bastien

bastien guerre a firminy

Rayane et Adel

rayane et adel

Quentin et Thomas

Quentin STEHLIN-GAUTHIER et Thomas BACYK

Sources : toutes les images sont des productions d’élèves de la classe de 4°3 du collège Waldeck Rousseau de Firminy.

PS aux élèves dont le travail est publié : si vous souhaitez me communiquer le titre de votre œuvre, n’hésitez pas. Je mettrai à jour l’article.

Un bus et un « buzz » : les dessous d’un « fake »

Le « buzz » fait du bruit. En peu de temps, beaucoup de personnes ont entendu parler de lui… Aujourd’hui, une vidéo peut créer le « buzz » sur internet. Le « buzz », c’est un document qui fait sensation sur la toile. Les internautes en parlent, se l’échangent, le commentent. Le « buzz » flotte pendant un  temps au dessus de la vague médiatique, puis, il est rapidement balayé.

Le 17 janvier 2010, le « buzz » c’est la vidéo d’un bus se retournant en plein centre-ville de Lyon.

"Ok, vas-y", lance le vidéaste amateur à son camarade en pleine de rue de Lyon. En deux secondes, les auteurs de la vidéo donnent l'impression de mettre en scène une plaisanterie stupide qui consiste à effrayer le conducteur d'un bus lyonnais. Finalement, la plaisanterie finit avec un bus couché par terre et avec deux piétons qui l'ont échappé belle. Le vidéaste à l'origine de la mauvaise blague prend ses jambes à son cou…

Mise en scène plausible, apparence de la réalité : tout peut laisser croire que l'accident a bel et bien eu lieu. Pourtant, il s'agit d'un "fake", un montage vidéo parfaitement réalisé. Le Post a interviewé l'auteur du fake pour connaître ses motivations. Cet ancien élève de l'école Bellecour, spécialisée en infographie 3D, a été épaulé par deux co-équipiers. Fraîchement arrivés sur le marché du travail, ils ont créé "un buzz" pour faire parler d'eux et montrer leurs compétences dans le milieu de l'audiovisuel. L'idée du "fake" n'a pas été choisie au hasard :

"Nous avons réfléchi sur la manière de créer un buzz à partir de rien. Il faut d'abord regarder ce qui marche le mieux sur le net, ce que les gens et les médias aiment : l'action. Ensuite, quelle action motiverait les gens à vouloir regarder notre vidéo? Quelque chose d'ambigu qui puisse être critiqué (sûrement ce qui nous a valu un tel buzz). Quels mots/tags sont le plus tapés sur les moteurs de recherche? Crash, accident..."

A ce jour (le 2 février), la vidéo a été visionnée près de 250 000 fois. Une réussite. En guise de CV, les auteurs de la vidéo ont ensuite posté sur leur compte YouTube le making-of de leur "fake". Pour eux, l'espoir d'une embauche rapide. Pour vous, une manière de déconstruire une vidéo et de comprendre les rouages du montage, bref, une leçon de plus pour les décodeurs de l'information…




Les vidéos du séisme en Haiti : comment démêler le vrai du « fake » ?

Aujourd’hui, la séance est organisée en deux temps. Avant de continuer les scripts pour la réalisation des vidéos, nous allons parler de la situation en Haiti.

Grâce aux journaux télévisés, vous suivez quotidiennement l’évolution de la situation grâce aux journalistes dépêchés sur place. Cependant, le traitement de l’information peut laisser à désirer comme le montre très bien cet article d’Arrêt sur images : « A son tour, l’émission 66 minutes (M6), diffuse des images filmées lors d’une secousse en Californie, en les faisant passer pour des images du tremblement de terre en Haiti. »

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Le 13 janvier, France 3 était déjà tombé dans le panneau


Vérifier les sources pour démêler le vrai du faux

A partir de cette vidéo, on arrive facilement à un site earthquakedog.blogspot.com où il est écrit "A 6.5 magnitude earthquake struck Northern California on Saturday 01.09.10 at 4:27 p.m. just offshore of Eureka on the Pacific Coast. This video was captured on surveillance cameras at the Times-Standard daily newspaper in Eureka."

Ces informations montrent bien que ces images ne viennent pas d'Haiti mais de Californie et que le tremblement de terre a lieu trois jours avant le 12 janvier 2010. En vérifiant les sources, on s'aperçoit rapidement que l'on a à faire à un "fake", un terme courant sur le Web pour qualifier un montage vidéo ou photographique, une rumeur, bref une fausse information.

Remonter à la source : une compétence du B2i

En tombant de le piège du "fake", des journalistes de France 3 et de M6  montrent qu'ils n'ont pas su "relever des éléments permettant de connaître l'origine de l'information (auteur, date, source)". Cette compétence est pourtant attendue des collégien(ne)s qui passent le Brevet et doivent valider le B2I (Brevet Informatique et Internet)… Si des professionnels tombent le panneau, c'est qu'il est devenu très facile de diffuser de fausses informations. D'où la nécessité de croiser les sources et de rester vigilants…


Pour aller plus loin : un article d'un journaliste du Nouvel Observateur intitulé "Séisme, mensonges et vidéo"

PS : Haiti s'écrit avec un i tréma mais comme le i tréma empêche le bon envoi des articles de la [email protected] pour les abonnés, je l'ai supprimé sur les articles du blog (après avoir passé quelques dizaines de minutes à comprendre l'origine du problème…)