Archive de mots clefs pour 12 janvier 2010

Les vidéos du séisme en Haiti : comment démêler le vrai du « fake » ?

Aujourd’hui, la séance est organisée en deux temps. Avant de continuer les scripts pour la réalisation des vidéos, nous allons parler de la situation en Haiti.

Grâce aux journaux télévisés, vous suivez quotidiennement l’évolution de la situation grâce aux journalistes dépêchés sur place. Cependant, le traitement de l’information peut laisser à désirer comme le montre très bien cet article d’Arrêt sur images : « A son tour, l’émission 66 minutes (M6), diffuse des images filmées lors d’une secousse en Californie, en les faisant passer pour des images du tremblement de terre en Haiti. »

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Le 13 janvier, France 3 était déjà tombé dans le panneau


Vérifier les sources pour démêler le vrai du faux

A partir de cette vidéo, on arrive facilement à un site earthquakedog.blogspot.com où il est écrit "A 6.5 magnitude earthquake struck Northern California on Saturday 01.09.10 at 4:27 p.m. just offshore of Eureka on the Pacific Coast. This video was captured on surveillance cameras at the Times-Standard daily newspaper in Eureka."

Ces informations montrent bien que ces images ne viennent pas d'Haiti mais de Californie et que le tremblement de terre a lieu trois jours avant le 12 janvier 2010. En vérifiant les sources, on s'aperçoit rapidement que l'on a à faire à un "fake", un terme courant sur le Web pour qualifier un montage vidéo ou photographique, une rumeur, bref une fausse information.

Remonter à la source : une compétence du B2i

En tombant de le piège du "fake", des journalistes de France 3 et de M6  montrent qu'ils n'ont pas su "relever des éléments permettant de connaître l'origine de l'information (auteur, date, source)". Cette compétence est pourtant attendue des collégien(ne)s qui passent le Brevet et doivent valider le B2I (Brevet Informatique et Internet)… Si des professionnels tombent le panneau, c'est qu'il est devenu très facile de diffuser de fausses informations. D'où la nécessité de croiser les sources et de rester vigilants…


Pour aller plus loin : un article d'un journaliste du Nouvel Observateur intitulé "Séisme, mensonges et vidéo"

PS : Haiti s'écrit avec un i tréma mais comme le i tréma empêche le bon envoi des articles de la [email protected] pour les abonnés, je l'ai supprimé sur les articles du blog (après avoir passé quelques dizaines de minutes à comprendre l'origine du problème…)


Le séisme en Haïti mobilise les dessinateurs de presse

Internet a été le premier média à rendre compte des conséquences du séisme en Haiti. Utilisant sa webcam, un journaliste haïtien décrivait la gravité de la situation à Port-au-Prince. Aujourd’hui, tous les médias sont en mesure de traiter la catastrophe mais dans ce flot d’informations et d’images, il est précieux de s’arrêter sur l’œuvre des dessinateurs de presse. En quelques coups de crayons, ils fixent une situation, une émotion. Après avoir parcouru plusieurs sites, l’image symbole du séisme en Haiti est le bras tendu. Un S.O.S vers le sauveteur fouillant les décombres, un cri du corps pour un plat chaud et l’eau qui manquent cruellement.  Un signal de détresse envoyé au monde entier pour agir et vite.

MAUVAIS SORT ?

12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7 ravage le pays mais pas toute l’île d’Hispanolia. La République dominicaine est heureusement épargnée par le séisme. « Pourquoi nous ? » implore cet habitant les larmes aux yeux… Terre du vaudou, certains en viennent à se demander qui leur a jeté le mauvais sort.

Bob Englehart, The Hartford Courant

LES DEUX GENOUX A TERRE

Avant le 12 janvier, Haiti avait déjà un genou à terre. Les inégalités sociales sont criantes (80% de la population vit sous le seuil de pauvreté), les conditions sanitaires sont désastreuses (37% de la population a accès à l’eau potable) et le pays peine à reconstruire une démocratie. Après le 12 janvier 2010, à l’ombre de la mort de dizaine de milliers de personnes, Haiti a les deux genoux à terre et lance un S.O.S.

Simanca Osmani, Cagle Cartoons, BrazilRJ Matson, Haiti grita por Ayuda

Olle Johansson, Sweden, Haiti

L’AIDE… D’URGENCE !

Un aéroport saturé, un Etat en miettes, une incapacité à organiser les secours : le peuple compte sur la communauté internationale pour leur venir en aide. Mais avant, il faut démêler la situation, sécuriser les lieux pour permettre aux victimes de recevoir l’aide attendue.

John Cole, The Scranton Times-Tribune

LES MEDIAS ET LA CATASTROPHE

Une question de déontologie se pose toujours pour les journalistes et les cameramen. Où arrêter sa quête d’images dans le vif d’une catastrophe ? Faut-il tout filmer pour rendre compte de la situation ? Les journalistes ne sont pas des secouristes et relaient une information qui mobilise l’opinion internationale. Ils sont responsables de l’information qu’ils nous transmettent. La surmédiatisation du tsunami de 2004 avait été accompagnée par des dons disproportionnés : pendant ce temps, d’autres souffraient, bras tendus vers le ciel… Coquin de sort, revoilà encore Haiti…  Attendre la catastrophe pour venir en aide aux plus démunis, triste, triste sort…

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Sources images :

Tous les dessins datent de janvier 2010 (sauf le dernier). Ils sont l’œuvre de dessinateurs du monde entier ce qui montre que la mobilisation et l’émotion sont mondiales.

PS @ Tiffany (3°2) : Je viens juste de voir que tu avais écrit un article sur la situation en Haiti. Si tu veux l’actualiser, je le publierai par la suite.