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Derby, du vert au rouge

25 septembre 2010, stade de Gerland, le 100ème derby de l’histoire entre Lyon et Saint-Etienne dure depuis 74 minutes et aucune des deux équipes n’a débloqué le compteur. Une faute à vingt mètres va faire basculer le sort du match. Coup-franc. Dimitri Payet frappe le cuir et trouve une trajectoire quasi parabolique qui finira sa course dans la lucarne gauche d’Hugo Lloris. 0-1, les Verts accrochent dans la douleur un succès historique. Seize ans que l’ASSE rentrait bredouille de cette joute régionale, sans victoire de prestige face au voisin lyonnais. L’ASSE, scotchée depuis deux saisons dans les profondeurs du classement, expédie l’OL à l’avant-dernière place de la Ligue 1 et conforte sa place de leader. C’est le monde à l’envers et certains supporters stéphanois ne se priveront pas d’immortaliser ce moment.

Samedi, le chaudron sera le théâtre du 101ème derby entre Saint-Etienne et Lyon. Un match spécial, électrique dont on narre chaque année les anecdotes dans la presse régionale. Des petites histoires que ressassent les supporters à l'entame de la semaine décisive. Les moments de gloire, les déculottées, les erreurs d'arbitrage sont remis sur le tapis. Les gens se chambrent, l'ambiance est bon enfant. Lors du dernier derby, une banderole, petite merveille d'humour footballistique, avait flotté au-dessus du kop stéphanois : "Rendez-nous la 17ème place… !". Installés dans le fauteuil du leader, les Stéphanois n'oubliaient ni leurs tristes saisons précédentes ni l'inconfortable classement du voisin lyonnais.

Aimer les siens sans détester les autres, devrait être la maxime du supporter. Evidemment, il cherchera à déstabiliser l'adversaire, c'est de bonne guerre… On peut chambrer sans s'écharper, rire des autres et (surtout) des siens. Mais chaque année, le derby réveille les querelles de clocher et l'instinct primaire de quelques uns. Alors, on confectionne des écharpes "anti-lyonnais" d'un côté, une série "anti-stéphanois" de l'autre. La bêtise cousue de fil blanc. Quand la passion met des œillères, qu'on oublie ce qu'est le sport, on vire du vert au rouge. Rien de méchant disent certains, œil pour œil, dent pour dent rétorquent les autres : en tout cas, ce n'est pas avec ça qu'on se targue d'être le "meilleur public de France"…

Tout le monde a intérêt à entretenir cette rivalité : les médias pour l'audience,  les clubs pour l'affluence, les supporters pour l'adrénaline. Lors du derby, on s'autorise des excès pour encourager les siens mais l'affirmation de son soutien inconditionnel par la détestation des autres est une attitude hors-jeu. Sortez de vos tranchées les "anti", la guerre est finie !

Il y a deux ans, j'avais tenté de marabouter l'intraitable Benzéma mais finalement le sort s'était abattu sur Frédéric Piquionne, auteur d'une drôle de prestation. Cette année, je ne tente rien de la sorte, je serai dans les tribunes pour encourager nos petits Verts et que le meilleur gagne ! Et qui c'est les meilleurs…

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