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Le fordisme : son histoire, son héritage et ses critiques

OBJECTIFS de la séquence

 

  • Décrire l’évolution de l’entreprise Ford comme un exemple des transformations du système de production et de son organisation au XX°s
  • Observer la diffusion du fordisme en France grâce aux photos de Robert Doisneau prises dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt.
  • Comprendre les critiques adressées au fordisme à travers un extrait du film de Charlie Chaplin (Les Temps modernes – 1936) et un extrait du livre de Simone Weil (La Condition ouvrière, 1951)

 

1. La saga Ford à Detroit (Etats-Unis)

 

Consigne : Réponds aux questions 1 à 5 p 29

 

 

Cette vidéo complète l’étude menée à partir du manuel en mettant en images la trajectoire de l’entreprise Ford. La suivante montre les cadences imposées lors l’assemblage de la Ford T.

 

 

L'assemblage d'une Ford T

 

 

2. La diffusion de la production de masse dans le monde

 

Dans les années 1930, la diffusion du fordisme en France est illustrée par les clichés du photographe Robert Doisneau, véritable témoignage de la vie de l'entreprise Renault à Boulogne Billancourt sur l’Ile Seguin.
C’est là que Doisneau fit ses premiers pas en tant que photographe, il y passa cinq années.

Une exposition de 2005 "Le Renault de Doisneau" rendait hommage à ce grand nom de la photo. Elle apporte un éclairage intéressant sur la perception qu'avait Doisneau des ouvriers et de leur travail.

 

"Doisneau, au sein de l’usine, est mandaté pour une double tâche : d’une part, archiver visuellement tout ce qui concerne la vie, les machines-outils modernes, les procédés de fabrication récents, les agencements et organisations d’ateliers, les chaînes de montage; mais aussi les différents lieux et mouvements de la population ouvrière, cantine, vestiaires, sortie. Les photographies présentent la mise en évidence de la disproportion entre hommes et machines" :

 

« Au début, j’étais assez timide devant ces caïds, ces seigneurs de l’usine qu’étaient les ouvriers [...]. Quand on est plongé pour la première fois dans une atmosphère d’usine, il y a de quoi être impressionné : les machines énormes, les bruits des percussions, les sifflements, le côté dangereux. J’avais le trac de déballer mon matériel ».

 

 

« J’ai appris ce que signifie la fraternité des travailleurs. J’ai toujours éprouvé beaucoup de timidité à les photographier. Disons que par discrétion, je n’ai pratiquement jamais fait de photos de proximité. J’avais l’impression de faire le gugusse au milieu d’eux. Pourtant, ils m’acceptaient volontiers. Toujours, ils ont montré le plus grand respect pour mon travail ».

 

Ford, une firme multinationale (carte tirée du manuel numérique Hachette éducation 2012)

 

 

Au cours du XX°s, le toyotisme (lancé dans les années 1960 par Toyota) et la robotisation sont deux autres voies pour augmenter la productivité.

 

3. Le travail à la chaîne sous le feu des critiques

 

En 1936, le cinéaste et acteur américain Charlie Chaplin réalise les Temps modernes. C'est une comédie acerbe qui met en scène le travail à la chaîne comme un procédé de production abrutissant et aliénant. Les cinq premières minutes du film vous permettront de saisir le génie de Chaplin et serviront de support pour la prochaine évaluation

 

Ouvrière dans les usines Renault de 1934 à 1935, la philosophe Simone Weil (à ne pas confondre avec Simone Veil, femme politique française) a décrit dans La Condition ouvrière la dureté du travail à la chaîne.

 

"Professeur agrégé, elle ne se veut pas "en vadrouille dans la classe ouvrière ", mais entend vivre la vocation qu'elle sent être sienne : s'exposer pour découvrir la vérité. Car la vérité n'est pas seulement le fruit d'une pensée pure, elle est vérité de quelque chose, expérimentale, " contact direct avec la réalité ".

 

 

 

 'A bas les cadences infernales', une affiche de mai 68 dénonce elle aussi le travail à la chaîne.

« Inside job » décrypte la crise des subprimes

Au moment où les Bourses s’affolent de nouveau, il est très instructif de (re)voir le documentaire « Inside Job » réalisé en 2010 par Charles Ferguson. De façon claire et didactique, il retrace l’histoire de la dérégulation des marchés  depuis les années 1980 et les liens ténus entre le monde de la finance et les politiques. « Inside Job » donne des repères précieux pour comprendre la crise des subprimes (= crédits à risques) et montre de façon inquiétante les difficultés pour moraliser le capitalisme financier

« Au nom de quoi un ingénieur financier est payé entre 4 et 100 fois plus qu’un vrai ingénieur. Un vrai ingénieur construit des ponts. Un ingénieur financier construit des rêves. Et quand ces rêves tournent au cauchemar, ce sont les autres qui paient.« 

Pour visualiser le documentaire sous-titré en français, cliquez sur l'image.

Critique d'Inside Job par e Télérama le 17.11.2010 :

"Les hedge funds, les subprimes, la « titrisation », les contrats dérivés... tous ces termes barbares sont expliqués par les intervenants, parfois à l'aide de tableaux, de manière claire. Et palpitante. On suit Inside job comme un thriller. Nerveux, vif. Vu l'aridité et la complexité du sujet, c'est une performance. Qui dit thriller dit figures du mal. Dans le genre, Henry Paulson (ex-secrétaire au Trésor), Larry Summers, Glenn Hubbard sont parfaits. On n'est pas près de les oublier. Agents influents de la dérégulation, ils sont aussi les symboles de l'impunité la plus obscène. Exemple : le plan de sauvetage opéré par Henry Paulson lui-même a permis de renflouer grassement la banque d'investissement Goldman Sachs (dont il est l'ex-pdg !), en liquidant définitivement son concurrent direct, Lehman Brothers, alors en pleine faillite. "