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« La liberté guidant le peuple » décryptée sur ARTE

Karambolage est une émission d’ARTE diffusée le dimanche soir. Dans le dernier numéro de l’émission (article édité en janvier 2009), une œuvre patrimoniale, signée du peintre Eugène Delacroix en1830, est décryptée :

La liberté guidant le peuple

Cette peinture est visible en bonne qualité sur le site du Louvre.

Jeanne Desto explique d’abord l’impact du tableau sur l’histoire de France. La femme brandissant fièrement le drapeau français, l’allégorie (= figure symbolique) de la Liberté, est un motif repris partout : sur les timbres, un billet de banque, les caricatures, les unes de journaux, …. Le contexte historique, l’inspiration du peintre, la composition et l’histoire du tableau sont clairement expliqués. Au terme de cet exposé rondement mené, Jeanne Desto explique l’attachement du peuple français à ce  tableau :

« Les Français, peuple si fier d’être, d’avoir été « révolutionnaire » se sont tout bonnement approprié La Liberté guidant le peuple. C’est leur icône. Elle leur appartient, symbolisant le meilleur d’eux-mêmes.« 

Nous étudierons ce tableau en cours (chapitre : La France de 1815 à 1914)… en espérant que ce numéro de Karambolage soit toujours en ligne.

Le lien : l’étude du tableau commence au bout de 2mn50

CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER À L’EMISSION KARAMBOLAGE D’ARTE

Images : captures d’écran faite sur le site arte.tv

Pour en savoir plus, Canal éducatif a mis en ligne une analyse détaillée sur ce tableau « devenu une icône de la république triomphante »

Ouvrons l’œil : les Marianne tunisiennes

2011, l’histoire est en marche en Tunisie. Dans cette « révolution du jasmin », le peuple est l’acteur principal du combat pour la liberté et la démocratie. Depuis une semaine, les médias français ont choisi une figure symbolique de la révolte contre la dictature de Ben Ali : la jeune manifestante tunisienne . Debout et déterminée, à la tête d’une nation insurgée (drapeau tunisien en arrière-plan), elle envoie un message cinglant au régime autoritaire (« Ben Ali, dégage »). Passé des réseaux sociaux à la rue, ce mot d’ordre incarne la modernité et la soif de liberté de tout un peuple. C’est autour de cette idée que le journal Libération a composé une magnifique Une, avec le mot Liberté écrit en français et en arabe.

Une de Libération du 15 janvier

Une de L'Humanité du 16 janvier 2011

Une du Nouvel Observateur du 20 janvier 2011

Depuis le 15 janvier, l’image de la jeune femme insurgée envahit les Unes des journaux de gauche en France (Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs). En effet, depuis la fuite de Ben Ali, les mots « dictature » et « révolution » ont fleuri dans les médias. Et s’il y a une révolution, il faut une figure emblématique, un symbole reconnaissable par tous. Les Français l’ont depuis belle lurette : c’est Marianne, l’allégorie de « La Liberté guidant le peuple », le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Alors, pour marquer la rupture de langage (de régime autoritaire à dictature / de révolte à révolution), les photographes vont se mettre à la recherche d’une Marianne…

 

Une allégorie permet d'exprimer une idée (la liberté) à l'aide d'une image, d'un personnage (Marianne)

Photographier un peuple qui se révolte donne souvent lieu aux mêmes images. C’est ce qu’explique très bien  ce document du Monde. Marianne poing levé est « une figure de la contestation » appréciée des photographes car elle est proche de nous et de notre histoire… Marianne est le symbole de notre république et ces clichés en Une des journaux français tissent ce lien affectif entre notre propre histoire et « la révolution du jasmin ». Ces Marianne répondent à « un besoin médiatique de reconnaissance visuelle« . Des images compréhensibles par tous, universelles.

Cliquez sur l'image pour accéder à ce document sonore du Monde

 

Sihem Bensedrine

 

Anonymes sur nos couvertures de journaux, ces femmes tunisiennes qui se battent pour conquérir la liberté sont nombreuses. Sihem Bensedrine, journaliste défendant les droits de l’Homme en Tunisie depuis 20 ans, en fait partie. Le Nouvel Obs de cette semaine consacre quelques lignes à son histoire :


« Arrêtée, torturée, elle n’a jamais été réduite au silence. Exemple, cette lettre de décembre 2009 : « Monsieur le président, partez, les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent« .

Une Marianne bien réelle qui guide son peuple vers cette Liberté en Tunisie que nous espérons tous.

Aller plus loin :

Cette vidéo du Canal éducatif explique la naissance de l’icône féminine de « la Liberté guidant le peuple »