Archive de mots clefs pour déontologie

Le rôle et la diversité des médias

Objectifs

  1. Comprendre comment se diffuse l’information au XXIème siècle
  2. Comprendre la révolution Internet
  3. Faire preuve d’esprit critique : les buzz, les fake, les hoax
  4. Faire le lien avec le cours d’Histoire : Je montre la différence entre un état totalitaire et une démocratie à travers le rôle des médias

Le rôle des médias

 

Cette vidéo résume l’origine et les évolutions d’internet

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xgdned_l-histoire-d-internet_tech#.UPK5BOhxgao[/dailymotion]

Internet a révolutionné notre façon de communiquer

Les types de médias sociaux

 

Le rôle des agences de presse

Le site de la Fédération Française des agences de presse explique leur importance dans la diffusion de l’information.

« Sans les agences, la presse ne pourrait pas fonctionner. La plus grande partie des informations que véhiculent les media de toutes formes est collectée, mise en forme et transmise par les agences de presse.

L’agence de presse est un maillon essentiel et incontournable dans la chaîne de l’information.

  • Elle est l’intermédiaire entre « l’événement » et les media.
  • Elle s’adresse à tous les types de media dans le monde entier : presse écrite, radio, télévision, internet.
  • Elle utilise tous les supports d’information : le texte, la photo, l’image animée, le son.
  • Elle collecte l’information à tous les niveaux : local, régional, national, international.
  • Elle est généraliste ou spécialisée ( économie-finances, sports, religions, loisirs, …) »

Le métier de journaliste

La charte d'éthique professionnelle des journalistes de 2011

Extraits

"Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication. Son exercice demande du temps et des moyens, quel que soit le support. (…)

La notion d’urgence dans la diffusion d’une information ou d’exclusivité ne doit pas l’emporter sur le sérieux de l’enquête et la vérification des sources."

"Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;

Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent."

Le pluralisme des médias : l'exemple de la presse écrite

L'objectivité journalistique ?

Si un présentateur télé comme David Pujadas (France 2) doit se montrer impartial et objectif dans ses interviews, ce n'est pas le cas de tous les journalistes. Laurent Joffrin à gauche (Le Nouvel Observateur) et Eric Zemmour à droite (RTL) font état de leurs opinions personnelles dans les médias où ils travaillent.

Les médias et leurs limites

L'emballement médiatique : quand les médias s'emballent, ils oublient souvent les règles de déontologie et les missions du journaliste. Un exemple : le 11 septembre 2010, un pasteur américain dit vouloir brûler des exemplaires du Coran pour, selon lui, montrer les dangers de l'islam. Au risque de créer l’amalgame et d’encourager l’erreur, on braque des caméras sur lui et on lui tend le micro. Quand un extrémiste réussit à faire d’un geste inconsidéré et isolé un événement médiatique, il faut aussi se questionner sur la responsabilité des médias à traiter l’information.

Un exemple d'emballement médiatique : tigre ou chat ?

A lire sur la [email protected] : Terry jones, l'idiot du village planétaire / 11 septembre 2010, the war on errorism

Les buzz, fake, les hoax

A lire sur la [email protected] : Un bus et buzz : les dessous d'un fake

Les médias informent ou influencent-ils l'opinion publique ?

Le pouvoir de la télé par Arcadio Esquivel

Les médias : savoir débrancher

Le pouvoir de la télé par Arcadio Esquivel

Facebook : la relation profs-élèves au pied du mur

Cette semaine un dossier du Web Pédagogique est con
La véritable question étantsurtout : qu’est-ce que Facebook ? Pour certains, c’est un espace intime et il faut le sécuriser. Pour d’autres, un espace personnel ce qui change la donne. Du coup, je m’interroge sur la possibilité d’ouvrir mon espace à d’anciens élèves.
Une vraie réflexion s’ouvre sur l’outil Facebook le rapport prof/élèves. La réponse diffère selon les niveaux et des questions se posent suivant l’usage qui est fait de Facebook (personnel ou  intime). Si pour l’élè
Voir et être vu

Cette semaine, un dossier du Web Pédagogique est consacré au « phénomène Facebook ». J’y suis, vous y êtes… et nous ne sommes pas seuls car un Français sur quatre a déjà investi ce réseau social.  Les ados auraient même relegué aux oubliettes leur(s) blogs pour Facebook. Mon sujet n’est pas de disserter sur le « pourquoi nous y sommes ».  Ce qui m’intéresse en tant qu’enseignant, c’est la nouveauté qu’instaure Facebook entre les professeurs et leurs élèves. Nous nous retrouvons dans un espace commun qui n’est pas la salle de classe. Nous avons tous choisi d’y être. C’est la première fois dans l’histoire qu’un contact de ce type est possible entre le maître et l’élève. La rencontre est à un clic. Faut-il « Confirmer » ou « Ignorer » ? Par une touche bleue qui attire l’internaute, Facebook encourage à accepter la requête. Le professeur se transforme alors en garde frontière et se demande s’il doit ouvrir, filtrer ou fermer l’accès ? La relation profs-élèves est au pied du mur…

Facebook relations prof élève

Voir et être vu

J’ai ouvert un profil Facebook il y a environ deux ans. Très rapidement, la question de la relation professeur/élève a surgi sur mon écran sous la forme d’un carton d’invitation. Un élève voulait m’épingler comme « ami ». J‘imagine avec quelle jubilation il s’était lancé à la recherche de ses profs et sa traque aboutissant, je le voyais s’écrier devant son écran « Il y est ! » … Ma souris s’était alors dirigée vers la case « Ignorer« , j’avais cliqué.  Non, par principe je ne veux pas d’élèves sur mon Facebook. Accepter un « ami » revient à tisser un lien particulier avec quelqu’un. Pour un enseignant, c’est instaurer avec l’élève un rapport qui sort de l’ordinaire, de la routine du collège … et surtout, s’exposer. Dans l’enseignement, il est naturel de découvrir l’individu qui est derrière le maître ou l’élève mais Internet ne remplacera jamais le contact quotidien. Refuser l’invitation, c’est aussi séparer sa vie scolaire de sa vie privée. Un professeur a un rapport d’autorité avec ses élèves, Facebook brouillerait les cartes. Mon refus signifiait que je n’avais pas envie qu’il entre sur mon territoire et que je ne voulais pas entrer sur le sien…

Facebook professeurFacebook, c’est voir et être vu. Avec son carton d’invitation envoyé en un clic, cet élève avait-il conscience qu’il m’ouvrait son espace personnel et/ou intime ? L’invitation partie à la vitesse de l’ADSL ne sera-elle pas regrettée quelques instants plus tard ? Pour beaucoup, je le pense sincèrement. Seriez-vous tout à fait libres de vous exprimer en sachant que votre professeur d’Histoire-Géo a accès à tout ce que vous partagez sur votre mur ?


Depuis le premier carton d’invitation, j’ai dû en recevoir une vingtaine d’autres dont certains patientent vainement dans la file d’attente… Je note d’ailleurs ici que pour la plupart des élèves, il ne viendrait pas à l’idée d’ajouter un de leur professeur à leur liste « d’amis ». Vous êtes une majorité à savoir régler vos critères de confidentialité, à ne pas laisser votre mur visible par un quelconque internaute. Vous n’êtes pas aussi naïfs que certains articles de presse vous présentent. Beaucoup ont compris que « l’ami de Facebook » sonne creux, que l’amitié s’épanouit ailleurs.

Pour les curieux qui se demandent ce qu’on peut bien trouver sur mon Facebook, voici la réponse :

  • beaucoup de musique
  • des liens vers des articles que je juge intéressants
  • des photos de vacances, de randonnées (très peu de photos de moi, je préfère montrer des paysages, des sites, des objets, de jolis cèpes, des vélos ou des illusions …)
  • des réflexions
  • quelques créations (une orchidée fanée m’a inspiré récemment de drôles de cavaliers)

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Savoir ce qu’on fait là

Un jour, j’ai reçu une invitation d’un ancien élève à présent en Terminale, accompagné d’un message sympa… Il y a deux ans, tout était clair dans mon esprit. Mon principe « pas d’élèves sur Facebook » était extensible aux anciens élèves. Même sympathiques. Si j’accepte, une déferlante va arriver. Just do it : « Ignorer ». Je dis « était » car cette règle pour les anciens élèves m’interroge aujourd’hui.  Mon utilisation de l’outil Facebook est rodée. Je sais ce que je fais là. Et surtout, ce que je ne fais pas.

  • Certains voient Facebook comme un tableau de chasse où les « amis » sont autant de trophées et leur nombre une marque indélébile de popularité. Je ne me suis jamais lancé dans un tel safari…
  • Pour certains, c’est un espace intime. Ils racontent leur vie, livre une émotion ou une banalité. J’évite.
  • Il y aussi le Facebook-miroir (« Miroir, mon beau miroir, dis moi que je suis narcissique…« ). L’important, c’est la pose…
  • Il y a ceux qui jouent toute la journée à PAF le chien ou qui consultent de drôles d’horoscopes. Niet.
  • Enfin, il y le partage d’idées, d’articles, de musique, de bons mots, de créations. C’est pour cela que je suis sur Facebook.

photo-3Chaque fois que je demande ou accepte une invitation, je le fais dans l’optique du partage. Je sais que la personne m’apportera quelque chose. Des nouvelles de la famille, une idée pour faire mes cours, des réactions sur l’actualité, une opinion pour débattre ou sensibiliser, des photos pour voyager, de la musique à découvrir… Le réseau permet de trier les informations dans le flot d’internet, d’interagir. Mon Facebook n’est pas un espace intime, c’est un espace personnel, nuance importante… J’y retrouve des amis et des contacts. Je ne déballe pas ma vie, je réfléchis à ce que je poste comme message. Si je mets la photo de ma fille, c’est pour partager un bonheur avec d’autres mais sans un étalage de sentiments que je juge hors-propos.

Avec un code de conduite et une bonne compréhension du site, chacun est maître à bord de son Facebook. Du coup, je me laisse la liberté d’ouvrir une brèche concernant des anciens élèves. Pourquoi se priver d’un contact sympathique et enrichissant si le courant passait avec un(e) élève ? Ils trouveraient sur mon Facebook ce qui fait ma pratique professionnelle et un espace d’échanges. Derrière, il y a ma conviction que la mission d’un enseignant ne s’arrête pas aux quatre murs d’une salle de classe. Si la parole du professeur trouve un écho auprès des élèves, pourquoi s’arrêter une fois que celui-ci a cessé de l’être ? Au pied du mur de Facebook, je laisse donc une ouverture. Par contre, ceux qui m’ont en cours trouveront toujours portes closes : pas de confusion des genres.

Facebook est un instrument de partage et d’ouverture mais tout dépend de ce que l’on en fait. Sur son piano, Mozart a composé les plus beaux airs de musique. Beaucoup ne jouent que des fausses notes.  D’autres, s’y essaient et laissent la poussière se déposer sur les touches. Sur Facebook,  chacun joue sa mélodie.  Mais pensez quand même à accorder votre instrument, les notes restent…

CNN en Haïti : le monopole du cœur ?

Depuis le 12 janvier, les projecteurs sont braqués sur Haiti. Sur notre petit écran, les images de la catastrophe défilent : les médias filment les larmes de ceux qui ont tout perdu, les corps des victimes et les violences pour arracher à manger et à boire. Images chocs tournées par des vautours (« Comment vous sentez-vous, coincé ici dans les décombres ? ») ou nécessaire information pour mobiliser la planète ?

Face à une catastrophe, la déontologie du journaliste est mise à rude épreuve. Dans le quotidien sénégalais Le Soleil, Modou Mamoune Faye pose le débat : « Les caméras des chaînes européennes, asiatiques, américaines… se bousculent pour avoir les « meilleures » images à servir à leurs téléspectateurs. Mais il y a quelque chose qui choque dans cette course effrénée vers le scoop (…). Au nom de la liberté d’informer, a-t-on le droit de tout montrer au point de verser carrément dans le journalisme macabre ? Quelle est la valeur informative de ces milliers de cadavres exposés au regard quelque peu… voyeur de milliards de téléspectateurs ?« 

Journaliste et super-héros ?

Un journaliste peut-il rester insensible à ce qui se passe autour de lui ? Bien sûr que non. Cette semaine, un reportage de la journaliste française Maryse Burgot montrait comment une équipe de France 2 avait aidé à faire hospitaliser Jerry Lafrance, un petit garçon blessé. Jerry doit être adopté prochainement par une famille habitant à côté de Nantes. Avant de diffuser ces images, France 2 avait pris soin d’avertir la famille adoptive de Jerry pour qu’elle ne découvre pas par hasard ce sujet tourné à Port-au-Prince.

Lundi, le journaliste de la chaîne américaine CNN, Cooper Anderson, s’illustre lui aussi, mais un registre beaucoup plus spectaculaire.

Sur cette vidéo de CNN, on voit Cooper Anderson traîner un enfant ensanglanté, puis, après l'avoir rassuré, repart avec lui et le porte. Ensuite, l'enfant part avec un autre homme. Le site Eco89 fait le récit de cette scène : "Anderson Cooper raconte avoir entendu des coups de feu alors qu'il tournait un sujet avec son équipe ; des policiers tiraient en l'air pour effrayer les pillards. Quelques minutes plus tard, il aperçoit un homme qui lance des blocs de béton sur la foule amassée en bas d'un magasin pillé :

« Il a touché un petit garçon à la tête. Je l'ai vu s'effondrer (…) L'enfant était blessé et ne pouvait pas se lever. Il a essayé avant de retomber. Du sang coulait sur son visage. Il était conscient mais il ne pouvait vraiment pas bouger. J'ai eu peur que quelqu'un ne le voit couché là (…) J'ai eu peur qu'il se fasse tuer."

Sur son blog, Cooper Anderson raconte en détail son geste de bravoure, le tout accompagné d'un reportage photo saisissant. Mais, ne tombe t-on pas dans le sensationnel avec ce type d'images ? L'information est là : la situation critique en Haiti pousse certains à des extrémités pour s'en sortir, les plus faibles sont malmenés. Néanmoins le journaliste endosse ici volontairement l'étoffe des héros… alors qu'il a sous les yeux de multiples exemples de courage, d'abnégation et de dignité au quotidien. Les héros ordinaires sont sûrement moins télégéniques…

CNN semble s'être fait une spécialité de ce "journalisme émotionnel" : Eco89 explique "qu'une autre vedette de CNN, Sanjay Gupta, chirurgien et journaliste médical de CNN, couvre également la catastrophe pour la chaîne, qui ne diffuse pas seulement ses analyses, mais également ses opérations."

Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, la chaîne américaine CNN possédait le monopole des images. Avec le séisme en Haiti, CNN recherche t-elle le monopole du cœur ?


Sources images