Archive de mots clefs pour dessin de presse

Sur la route de Lampedusa

OBJECTIFS

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1. Quelles sont les routes de l’immigration illégale du Maghreb vers l’Europe ?

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x15nszs_les-routes-de-l-immigration-en-europe_news?start=100[/dailymotion]

 

2. Sur la route de Lampedusa

 

En 2011, une révolution vient de chasser du pouvoir le dictateur Ben Ali. L’espoir de fonder une démocratie est permis. Alors que le parfum de la liberté flotte en Tunisie, des jeunes choisissent le départ vers l’Europe et traversent les 138 kilomètres qui séparent le littoral tunisien de l’île italienne de Lampedusa. 

Porte d’entrée de l’Europe, Lampedusa accueille alors des migrants tunisiens venus tenter leur chance au-delà de la Méditerranée (environ 20 000 personnes en avril 2011). 

Pour comprendre ce flux migratoire, une sélection de documents pour répondre à cinq questions :

  • Qui part ?
  • D’où partent-ils ?
  • Pourquoi partir ?
  • Comment sont-ils accueillis ?

Une carte du journal Le Figaro parue le 16 février 2011

Un extrait de l’émission C dans l’Air présentée par Yves Calvi, « Après la révolte, l’exode »

 

3. Les immigrés, tous clandestins ?
Accueil
Médiatiquement, l’immigration clandestine est souvent plus traitée que l’immigration régulière. Au point que vous avez parfois du mal à comprendre comment et pourquoi des étrangers viennent aujourd’hui travailler, étudier et vivre en France.

Aujourd’hui, entre un quart et un tiers de la population qui vit en France est issu de l’immigration. Les descendants d’immigrés sont plus nombreux que les immigrés, un cas original en Europe.

La France a besoin de travailleurs étrangers car certains emplois ne trouvent pas preneurs parmi les salariés français. Sur son site internet, le ministère de l’Intérieur tient une liste des métiers ouverts aux étrangers qui ne font pas partie des pays de l’Union européenne.

voir cette vidéo de France 5 : L’immigration en chiffres

Cette situation est le fruit de deux siècles d’immigration en France. Pour connaître cette histoire, clique sur le logo de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et regarde la vidéo.

 

VIDÉO : Le témoignage d’un jeune professionnel serbe recruté par le restaurant « Chez Laurent »

[vimeo]http://vimeo.com/50672649[/vimeo]

 

Mise en perspective : Les régions de départ et d’arrivée des migrants

 

Migrations_tourisme-3

 

4. Je réalise un dessin de presse sur l’immigration
 
Les dessins de presse sont des ressources très utiles en classe. L’enjeu du dessinateur est passionnant : avec un angle de vue et un trait d’humour, il faut commenter le plus simplement du monde une actualité parfois complexe. Pour l’Iranienne Firoozeh Mozaffari, « un caricaturiste est un journaliste qui sait dessiner ». 
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Consignes 
1. Réalise un dessin de presse sur l’immigration en choisissant un de ces deux sujets abordés en cours
– sur la route de Lampedusa
– les immigrés, tous clandestins ?
2. Rédige une description de ton dessin et explique le message que tu as voulu faire passer. 
Burki240211

par Burki, le 24 février 2011

naufragio-de-lampedusa-italia-imigrantes

Ouvrons l’œil : Marianne 2.0

Elle est française, célèbre, universelle, libre et moderne. 2011, c’est l’année de son come-back, le retour fracassant de l’icône féminine préférée des Français. Copiée, recyclée, Marianne resurgit de l’imaginaire collectif pour illustrer le printemps des peuples arabes. Tunisienne ou égyptienne, elle tend les bras vers la démocratie tant espérée et inonde les Unes des journaux tricolores. Son retour en force dans l’imagerie médiatique des révolutions arabes s’explique :

« Depuis le 15 janvier, l’image de la jeune femme insurgée envahit les Unes des journaux de gauche en France (Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs). En effet, depuis la fuite de Ben Ali, les mots « dictature » et « révolution » ont fleuri dans les médias. Et s’il y a une révolution, il faut une figure emblématique, un symbole reconnaissable par tous. Les Français l’ont depuis belle lurette : c’est Marianne, l’allégorie de « La Liberté guidant le peuple », le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Alors, pour marquer la rupture de langage (de régime autoritaire à dictature / de révolte à révolution), les photographes vont se mettre à la recherche d’une Marianne…

Photographier un peuple qui se révolte donne souvent lieu aux mêmes images. C’est ce qu’explique très bien  ce document du Monde. Marianne poing levé est « une figure de la contestation » appréciée des photographes car elle est proche de nous et de notre histoire… Marianne est le symbole de notre république et ces clichés en Une des journaux français tissent ce lien affectif entre notre propre histoire et « la révolution du jasmin ». Ces Marianne répondent à « un besoin médiatique de reconnaissance visuelle« . Des images compréhensibles par tous, universelles. » (voir article « Ouvrons l’œil : les Marianne tunisiennes »)

Sous la mine du dessinateur de presse, Marianne condense l’autre facette des révoltes du XXI°s : le rôle d’Internet, cette formidable caisse de résonance à échelle mondiale. Les artistes piochent dans le même fonds culturel et détournent cette fois « La Liberté guidant le peuple » à la mode des réseaux sociaux. Facebook, Twitter sont les armes des révolutionnaires. Marianne 2.0 lève bien haut l’étendard d’Internet et un symbole du XVIII°siècle s’acclimate à notre temps.


Ce recyclage de Marianne par les photographes ou les dessinateurs amène à tirer quelques enseignements. Nous comprenons l’Histoire du temps présent à travers ce que nous avons déjà vécu. Le risque, c’est de n’avoir qu’une vision bleu-blanc-rouge des événements. La vérité d’un territoire ne s’écrit pas de façon systématique et il faut avoir un regard neuf sur ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. D’autre part, certains symboles semblent éternels parce qu’ils véhiculent des valeurs universelles et qu’ils ont été magnifiés par des artistes de grand talent. Aujourd’hui comme hier, la liberté guide le peuple. Fière et câblée, Marianne 2.0 nous montre qu’avec les armes du moment et un véritable engagement les peuples peuvent s’affranchir de l’oppression…

Source images :

Dessin d’Oliver Schopf paru le 11 février 2011 dans un journal allemand

« Le nouveau monde arabe », dessin de Patrick Chappatte paru le 5 mars sur le site Globe Cartoon

Tunisie : le combat pour la liberté


"Liberté !". La Tunisie en route pour la démocratie (dessin de Sondron, 17.01.11)


Depuis vendredi 14 janvier, le combat pour la liberté mené par le peuple tunisien fait les gros titres des médias français et internationaux. Ce soulèvement populaire contre le régime du président Ben Ali est historique. D’abord, parce que la révolte s’est transformée en révolution, chose rare dans le monde arabe. Elle est appelée « révolution du jasmin » car cette fleur blanche et parfumée symbolise la Tunisie, « la pureté, la douceur de vivre et la tolérance« . C’est aussi une révolution numérique : l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux (Facebook, Twitter) a joué un rôle essentiel pour amplifier la révolte et mener les Tunisiens sur le chemin de la démocratie.

L’étude de « la révolution du jasmin » en Tunisie présente plusieurs intérêts pour l’étude du chapitre d’Education civique « Etre libre ». Vendredi, vous travaillerez à l’aide de cet article et d’une fiche pour atteindre les objectifs suivants.

Objectifs de la séance :

  • Comprendre le combat pour la liberté mené en Tunisie
  • Repérer les symboles de la lutte et de la liberté
  • Croiser des documents de nature différente
  • Rédiger un texte/réaliser un dessin sur le combat mené par les Tunisiens




1. Un article « d’1 jour, 1 actu » résume simplement les raisons et les revendications de la révolte tunisienne

« Après un mois de révolte, les jeunes Tunisiens ont obtenu le départ du président Ben Ali. Ce dernier a quitté le pouvoir après vingt-trois ans passés à la tête du pays, et s’est enfui de Tunisie vendredi dernier avec toute sa famille.

À l’origine de cette révolte tunisienne : le suicide d’un jeune de 26 ans, qui vendait des fruits et légumes pour survivre. Mais en décembre 2010, la police a détruit son stand, le privant ainsi de travail et donc d’argent. De nombreux Tunisiens se sont reconnus en lui. En Tunisie, un jeune sur trois est au chômage, malgré les diplômes obtenus. La population doit en plus faire face à un autre problème : la vie coûte de plus en plus cher et les gens n’ont pas les moyens de s’acheter les produits de base, comme le pain et la farine.

Ils réclament de meilleures conditions de vie. Pour cela ils veulent du travail et la baisse du prix des aliments. Ils souhaitent aussi pouvoir s’exprimer librement, ce qui n’était pas le cas quand Ben Ali était au pouvoir. D’autres pays d’Afrique, comme l’Algérie par exemple, prennent exemple sur la Tunisie et commencent eux aussi à se révolter contre la vie chère et leurs mauvaises conditions de vie.« 

2. Deux dessins de presse, deux raisons de se révolter


1987-2011 : Ben Ali est resté plus de 23 ans à la tête de la Tunisie. En 2009, il est élu pour la 5ème fois consécutive avec 89,6% des voix. (dessin de Hic, 2009)

 

Les émeutes de la faim en Tunisie (dessin de Haddad, 2011)


3. Les moyens de se faire entendre

– La manifestation

 


La Une du journal Libération du samedi 15 janvier 2011


– La musique

Un article du Monde intitulé « Le rap est le porte-parole de la jeunesse tunisienne«  montre le rôle et l’impact de la musique sur le mouvement tunisien. « Style musical populaire chez les jeunes et largement implanté dans le pays, le rap est par essence contestataire, (…). Diffusée sur les réseaux sociaux comme Facebook, cette musique se partage rapidement et parvient à contourner les canaux de la parole officielle. (…) Jeudi 6 janvier, Hamada Ben Amor, 22 ans, est arrêté puis relâché trois jours après. Dans un clip diffusé sur Internet, il interpellait le chef de l’Etat Ben Ali : « Président, ton peuple est mort.« 

- Internet et les réseaux sociaux

Un récent article de Libération explique que les réseaux sociaux ont été une pièce maîtresse de la révolution tunisienne. Extraits :

"Plus que Twitter, c'est sur Facebook que s'est faite la cyberrévolution. Ce réseau est utilisé par 1,5 à 2 millions de Tunisiens soit un habitant sur cinq. «Twitter sert exclusivement pour diffuser des informations en temps réel, des chiffres, alors que Facebook permet surtout de partager des photos et des vidéos» (…). Et si le régime a bien tenté une censure par piratage et fermeture de comptes, Facebook restait difficile à museler complètement. (…) «C'est grâce aux gens qui sont descendus dans la rue, dans tout le pays, qui ont pris des vidéos, les ont postées sur leur compte Facebook, que nous avons pu relayer l'information. Ce sont eux les véritables soldats sur le front», souligne un informaticien de métier, âgé de 34 ans. (…) «Comme les journalistes étaient empêchés de faire leur travail, ce sont les citoyens qui sont devenus journalistes et qui ont couvert l'événement», analyse Selim Ben Hassen. «Il y avait un besoin très fort d'informations."

Autre exemple : le mot d'ordre "Dégage", que l'on retrouve en Une de Libération, est passé d'Internet à la rue.

4. Une révolution contagieuse ?

 

Dessin de Hic paru dans El Watan (01.2011)


5. Quelques symboles de la révolte tunisienne

Les "Marianne tunisiennes" (Une du journal L'Humanité du 17 janvier)

Twitter, les gazouillis de la révolution

Informations, vidéos, flash-mobs ont été diffusés sur le réseau social Facebook

Le poing levé et le rouge de la révolution tunisienne


Sources :


Chappatte, coups de crayon et traits d’esprit


Un dessinateur de presse dans un face-à-face avec un public, des rires… Cela ressemble à un one-man show, un exercice de style réservé d’habitude aux humoristes. Pourtant, sur les planches de cette émission, c’est bien un cartoonist qui est en scène. L’un des meilleurs : Patrick Chappatte est suisse, travaille pour plusieurs journaux et recense sur le site Globecartoon quelques uns de ses meilleurs dessins.

"I am a newspaper cartoonist", c'est ainsi que Patrick Chappatte commence sa conférence intitulée "The power of cartoons". Accompagné de son accent francophone et par ses dessins, il démontre que face à une page blanche ou sur scène, il n'a pas de panne d'inspiration. Après avoir épinglé Internet et son impact sur notre société, Chappatte aborde son métier, la liberté qui guide sa plume et l'utilisation politique qui peut être faite du cartoon. S'il rappelle que "le dessin de presse peut être utilisé comme une arme", il montre que la liberté laissée au caricaturiste est proportionnelle à celle offerte aux citoyens. Ce qui ressemble à un stand-up est en fait un plaidoyer pour la liberté d'expression. Comme pour un dessin, Patrick Chappatte passe d'abord par le registre de l'humour pour mieux faire passer son message. Le caricaturiste est "un journaliste qui sait dessiner". C'est aussi un ardent défenseur de la liberté d'expression : à coups de crayon et de traits d'esprit, ainsi vit notre démocratie.

Pour aller plus loin

Globe cartoon : le site du dessinateur Patrick Chappatte

Un article de la [email protected] : Le caricaturiste, "un journaliste qui sait dessiner"