Archive de mots clefs pour émeutes urbaines

Clichy-sous-bois, la banlieue en chantier

« J’ai honte d’être le représentant de la république dans une ville où des gens, à 15 kms de Paris, au XXI°siècle, dans une des régions les plus riches de l’Union européenne, vivent dans des conditions misérables. Je crois qu’avant les émeutes je n’aurais pas pu pousser ce coup de gueule parce qu’il n’aurait pas été entendu« .

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xfbq56_clichy-sous-bois-interview-du-maire_news[/dailymotion]

Signé par Claude Dilain, le maire socialiste de Clichy-sous-Bois, ce coup de gueule nous renvoie à une triste date anniversaire. Il y a exactement cinq ans, le 27 octobre 2005, Zyed (17 ans) et Bouna (15 ans), « deux jeunes des cités » meurent électrocutés dans un transformateur après une course-poursuite avec la police. Dès le soir, une flambée de violence touche Clichy-sous-Bois et l’émotion s’empare alors du pays.

Les mesures de couvre-feu et d’état d’urgence restent en mémoire. Des formules chocs aussi. La révolte de 2005 reste inédite par son ampleur, sa durée et les cibles des émeutiers : des voitures brûlent mais aussi des écoles, des gymnases, des centres sociaux, …  Pendant trois semaines, 300 communes françaises signalent des incidents et les médias du monde entier braquent leurs caméras sur l’Hexagone.

Cinq après, les médias français s’invitent à Clichy-sous-bois, l’épicentre de la colère des banlieues, pour y sonder l’avenir et l’espoir des habitants. Pour éprouver aussi le Programme national de rénovation urbaine (PNRU) qui parie sur un renouveau de l’urbanisme pour redonner du souffle aux quartiers populaires.


Le dossier spécial de Libération : « Clichy sans clichés »

– « Cinq ans après, l’éveil fragile de Clichy » : «Sur l’urbain on a bien avancé, mais sur l’humain, on est en échec», résume Bertrand Kern, un élu de Seine Saint-Denis.

Un reportage de France info

« Bruits des bull-dozers et des marteaux piqueurs » : ce reportage de France info raconte le changement de visage de Clichy-sous-bois, une ville en chantier. Il reste encore des « bidonvilles verticaux » (7000 habitants sur 30 000 ont été concernés par la rénovation urbaine) et le chômage reste fort (40% des jeunes de moins de 25 ans sont touchés). L’étiquette banlieue est encore difficile à enlever mais les projets de renouveau existent.

Une vidéo de Libération permet de visualiser le changement d’urbanisme à Clichy-sous-Bois : « 600 millions d’euros investis, 1624 logements démolis et, fait peu courant dans ces projets, davantage construits (2111)« 

Un article du Monde

« Les violences de 2005, c’était un cri d’alarme (…). Il y a toujours le même manque de reconnaissance et l’absence d’avenir » analyse Dominique de Villepin dans un article du Monde. Echec scolaire, chômage des jeunes, pauvreté et sentiment d’exclusion collent toujours aux basques des cités.

Pour en savoir plus :

Un article d’Europe 1 revient en images sur la chronologie des « violences urbaines » de 2005 :  « Comment les banlieues ont flambé ? ».

Un reportage de l’AFP sur Clichy-sous-bois

Un article de la [email protected] sur l’histoire du logement en France de 1950 à aujourd’hui

Sources images