Archive de mots clefs pour Emmanuel Grange

Le Labo : « Les voix de la France après la débâcle »

Les Clionautes regroupent des professeurs d’Histoire-Géographie. Depuis 1998, cette association œuvre pour diffuser l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement de l’Histoire-Géo. 

C’est avec plaisir que j’ai contribué à leur revue numérique appelée « Le Labo » en montrant que la Seconde Guerre mondiale pouvait être étudiée en chansons. « Maréchal nous voilà ! » et « Le chant des partisans » condensent l’Histoire de la France occupée par les Allemands.  En ces temps de guerre, la musique dépasse son effet distrayant pour devenir une arme politique et un outil de propagande. Après la débâcle, les voix de la France mobilisent les esprits et ouvrent deux voies, deux choix pour le pays : la collaboration ou la résistance.

A lire sur le Labo : « Les voix de la France après la débâcle » 

Les objectifs d’un telle démarche sont multiples. La chanson en classe permet d’estomper la frontière entre le monde quotidien et l’univers scolaire et d’ancrer chez l’élève une culture du questionnement face aux médias et à sa consommation musicale (quel sens donner à ce que j’écoute ?). 

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La Seconde Guerre mondiale en chansons

L’hommage à Maurice Druon : « Ami, entends-tu … »











 

Sainte Sigolène : les visages de la ruralité

Le samedi 25 avril 2009, l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie (APHG) organise une journée découverte sur « Les pays de Sainte Sigolène et de Retournac : entre société rurale et société industrielle ». Contribuant avec Maurice Bedoin et Denyse Pouly à l’organisation de la matinée à Sainte Sigolène, nous tâcherons de montrer les visages de la ruralité du XIX° au XXI°siècle à partir de deux thèmes forts :

  • Sainte Sigolène : une terre de chrétienté à l’heure de la République (1880-1906)
  • L’industrie à la campagne : la plasturgie et les enjeux d’avenir

Sainte Sigolène est la cinquième ville de Haute-Loire, un département auvergnat aux paysages d’une grande beauté. Située à l’est du département, dans l’arrondissement d’Yssingeaux, la cité sigolénoise fait partie d’un territoire nommé « le Pays de la Jeune Loire et ses rivières » par l’INSEE.  Cet espace « se singularise en Auvergne par son dynamisme démographique, la jeunesse de sa population et la présence d’un tissu industriel diversifié. » C’est aussi mon pays natal, là où se trouve ma famille, bon nombre d’amis et un territoire rural que je sillonne avec toujours autant de plaisir. En 2001, l’attachement à cette terre et à son histoire me décide à consacrer une année de recherches à ce coin de Haute-Loire.

Le fil directeur de ce travail a été de saisir l’influence de l’Eglise dans la vie des Sigolénois(es) de 1800 à 1906. Au XIX°s, Sainte Sigolène est une terre de chrétienté, « une des meilleures paroisses du diocèse » dira l’évêque du Puy-en-Velay. Alors, quand la Troisième République cherche à limiter le rôle de la religion par les lois scolaires et la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, les Sigolénois, emmenés par leur curé et leur maire, préparent la parade. En 1906, la révolte des Inventaires illustre la foi vigoureuse et le caractère bien trempé des habitants de l’Yssingelais.

Avec la loi de 1905, les églises et les objets se trouvant à l’intérieur deviennent propriété de l’Etat et des communes. Pour connaître ces biens et les mettre gratuitement à disposition de l’Eglise pour la pratique du culte, des inventaires sont organisés mais un article (sur l’ouverture des tabernacles) soulèvera l’indignation de certains catholiques français. Pour eux, « un cambriolage légal de l’église » est organisé. A Sainte Sigolène, les paroissiens barricadent et défendent leur église comme une forteresse assiégée. Cet épisode se lit encore aujourd’hui sur les portes de l’édifice, marquées par les coups de hache et une plaque centenaire commémorant la farouche résistance des paroissiens. En 2009, l’empreinte religieuse marque toujours Sainte Sigolène (la procession des Pénitents, un seul collège…privé, …).

L’attractivité de Sainte Sigolène doit beaucoup à la plasturgie, un secteur aujourd’hui en mutation. Les passementiers sigolénois qui partageaient leur temps entre leurs métiers et leurs champs ont vu leur cité se transformer en « capitale du plastique souple« . Amorcé dans les années 1950, le passage du textile à l’industrie plastique a donné naissance à un bassin d’emplois fort de 3000 emplois directs et 2000 emplois indirects en 2006. Le débat autour du sac plastique et les conflits d’acteurs (industriels, grande distribution, associations écologistes) qu’il suscite ont attiré les médias dans la cité sigolénoise (Libération, France 3, …). Si l’on a pu focaliser sur le sac de sortie de caisse, la visite de l’entreprise Barbier et de son site internet montre la diversité des produits (agriculture, distribution, industrie) et les perspectives d’avenir. Serge Vassal, PDG de l’entreprise, présentera aux participants à la journée du 25 avril les réponses de sa société aux enjeux de demain. Son intervention sera axée sur de la prise en compte du développement durable dans la logique d’entreprise : sacs biodégradables (BIOPACK®), recyclage des plastiques agricoles usagés (éco-taxe à l’achat pour l’agriculteur, éco-service en retour) et des films plastiques, bilan Carbone® de l’entreprise, …

Les sources :

Les liens :

Les images : Photographie prise le 21 février 1906 lors des Inventaires à Sainte Sigolène / Le site de l’usine Barbier à la Guide (Sainte Sigolène)

« Fais mes devoirs » et les nègres scolaires

L’équipe de « Fais mes devoirs » : parce que la tromperie vaut mieux que l’échec !

Terme péjoratif aux connotations racistes quand il est employé pour désigner une personne à la peau noire, « le nègre » est aussi une personne qui rédige pour de l’argent un travail qui sera signé par quelqu’un d’autre.

On parle de « nègre littéraire » quand un écrivain en panne d’inspiration commande à un autre le roman qu’il n’arrivait plus à rédiger. Devant la page blanche, la supercherie vaut mieux que l’échec

Aujourd’hui, le « nègre scolaire » devient une espèce médiatique en vogue. Un site appelé « Fais mes devoirs » embauche des jeunes, beaux et souriants  « nègres scolaires » pour faire le travail à la place des élèves. L’élève dit « Fais mon devoir d’Histoire ! » et le nègre scolaire rédige le travail contre 10 ou 20 €. Sur le site, on peut d’ailleurs faire la connaissance du préposé à l’Histoire-Géographie (voir copie d’écran). 

En apparence, c’est du solide : « après avoir étudié durant trois années à l’université du Caire, il est rentré en France pour faire une thèse sur l’histoire des civilisations« . Avec lui, le mythe d’Osiris c’est les doigts dans le nez et la main dans le portefeuille. Il vous analyse 4 à 6 documents pour 400 points soit la pharaonique somme de 20€. La seule chose dont je ne doute pas, c’est qu’il est bien « rentré en France » : sur la photo trône la Tour Eiffel et pas une pyramide. Par contre, je ne suis pas sûr qu’il ait beaucoup de temps à accorder aux élèves avec une « thèse sur l’histoire des civilisations« . S’il pense véritablement s’y atteler, j’espère qu’il peut compter sur plusieurs vies et plusieurs « nègres »…

Autrement dit, le site entretient le flou et l’apparence du prestige. Des étudiants de haut rang qui planchent pour des élèves et de l’argent sur des exercices de la 6ème à la Terminale : la solution à l’échec scolaire ? Comprendre par soi-même, là est le véritable sens de l’école. Vendre des corrigés à des élèves en manque de confiance ou de résultats, c’est de la poudre aux yeux. Quand on n’apprend pas à nager tout seul, on coule.

Le site de « nègres scolaires » poursuit parait-il une mission. Dans une phrase enrobée de philanthropie, il est dit :

« Fais Mes Devoirs est un outil pédagogique qui a pour vocation d’aider les élèves en difficulté. Toute autre utilisation irait à l’encontre de notre mission.« 

Peut-être espèrent-ils aussi être déclarés d’intérêt public pour qu’enfin cessent les « Tu vas voir ta gueule à la récré si j’ai pas l’exo de Maths !« .  Le seul objectif est le suivant :

– Fais mes devoirs est un non sens pédagogique qui a pour vocation de soutirer l’argent de poche d’élèves à plumer. Toute autre utilisation non lucrative irait à l’encontre de notre business plan –

Leur logo résume d’ailleurs très bien la note que j’attribuerais au site : O + O = la tête à Toto. Dans ses yeux, ne voyez-vous pas tourbillonner les euros ?  

Tant que les créateurs du site se payent la tête à Toto ça va, ne vous faîtes pas payer la vôtre … D’ailleurs, une fois sur le site vous n’avez plus qu’à suivre Toto et « par ici la sortie »Les conseils avisés de vos professeurs resteront toujours non déductibles de votre argent de poche.

E.G

Good Bye Lenin… parodié

Good Bye Lenin ! est un film allemand de 2003. Le réalisateur Wolfgang Becker raconte l’histoire d’Alex, un jeune habitant de Berlin-Est, dont la mère, Christiane, tombe dans le coma en octobre 1989. Quelques semaines plus tard, le Mur de Berlin tombe. Cette frontière séparait le monde issu de la guerre froide en deux : une partie communiste sous contrôle de l’URSS et un bloc capitaliste sous influence américaine.

En 1990, le réveil miraculeux de Chrisitiane pose un problème à son fils. Le médecin demande à Alex de tout mettre en œuvre pour éviter à sa mère une rechute : aucun choc ne doit venir troubler sa guérison. Alex décide ainsi de cacher la réalité de la réunification de l’Allemagne à sa mère, une fervente communiste. Le fils se met alors à réinventer l’Allemagne, un pays rêvé pour les nostalgiques de la R.D.A (République Démocratique Allemande). Avec un ami, il tourne de faux journaux télévisés où la réalité s’inverse : l’idéal communiste a vaincu et la R.F.A (République Fédérale Allemande) n’existe plus…

Nous étudierons prochainement quelques extraits ce film aussi bien en 4ème (Géographie : étude de l’Allemagne) qu’en 3ème (Histoire : la guerre froide). Pour découvrir ce film, clique sur le lien ci-dessous :

La bande annonce

En surfant sur le net, j’ai trouvé une parodie du film nommée Good Bye Lyonnais. Une parodie est une façon humoristique d’imiter une œuvre en la détournant de sens initial (ex : Les Guignols de l’info parodient les Journaux télévisés). Good Bye Lyonnais a été réalisé par l’équipe des Cahiers du football, un mensuel décalé sur l’univers du ballon rond. L’extrait de Good Bye Lenin est associé à un tout autre scénario : 

« À une supportrice des Verts qui se réveille après vingt-huit ans de coma, il vaut mieux cacher la vérité… »

Les supporters apprécieront… ;)

E.G