Archive de mots clefs pour Emmanuel Grange

L’histoire à la source

« Les sources ?«  : cette question arrive souvent aux oreilles d’un(e) élève qui aurait lu un texte sans avoir indiqué d’où vient le document. Dire qui écrit, quand, où, comment, c’est déjà faire de l’histoire…  Il suffit ensuite de se poser les bonnes questions pour faire « parler » les sources.

« Pas d’affirmations sans preuves, pas d’histoire sans faits » dit Antoine Prost dans ses célèbres « leçons sur l’histoire ». Les preuves permettent de faire émerger une vérité. Mais pour avoir des preuves, il faut des sources écrites (textes, …), iconographiques (images en tous genres), orales (témoignages) ou vidéos.

Faire de l’histoire, c’est pister les traces du passé pour établir des faits. Pour arriver à son but, l’historien(ne) passe obligatoirement par la case « archives ». 

Aller aux archives, c’est voyager dans le temps et depuis peu, les archives nationales américaines nous proposent un périple outre-Atlantique à peu de frais. Derrière notre écran d’ordinateur, elles nous ouvrent leur album de famille… et de quelle manière. 

Télérama a consacré un article à cette plongée virtuelle dans l’histoire des Etats-Unis. 

« Ouvert cette année, le site des archives nationales américaines compte déjà 1 200 documents. Un patrimoine à explorer de manière ludique et intelligente. Envie de zoomer sur le manuscrit original de la Constitution des Etats-Unis ? Aucun problème, suivez le guide.« 

Lors de ma recherche, j’ai zoomé sur le visage d’un immigrant allemand relativement pas comme les autres (Einstein, 1940), suivi le moon-walk de Buzz Adrin (1969), vu l’encre qui s’estompe peu à peu sur l’original de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique (1776).

La série consacrée à la Deuxième Guerre mondiale nous rappelle qu’en temps de guerre la peur de l’espion est grande (voir posters dans la galerie d’images). Pour l’Oncle Sam, un bon patriote américain ne doit divulguer aucune information susceptible de servir l’ennemi. Motus et bouche cousue : c’est la devise pour ne pas compromettre la sécurité nationale. 

Emballantes, ces visites virtuelles ne remplacent pas encore le plaisir d’une journée passée à parcourir, feuilleter et déchiffrer les archives en feuilles et en encre.  L’historienne Arlette Farge raconte dans un livre le « goût de l’archive« . Se replonger dans le passé met en alerte tous les sens. Entendre craquer les pages, toucher l’aspect rugueux du papier d’antan reste la meilleure manière de voir se dérouler le fil de l’Histoire…et de toucher du doigt les traces du passé.

E.G

Captures d’écran : Digital vaults, site des archives nationales américaines

« En campagne » : La France des villages

« En campagne » : c’est le nom d’un nouveau programme de France 5 consacré à la vie des villages français. Deux reporters, Aurélie Sfez et Julien Cernobori, sillonnent des patelins des Alpes de Haute-Provence, du Berry, de Corse et sondent avec simplicité leurs habitants. C’est leur émission radio « Village people » qui a donné envie à France 5 de leur laisser un espace sur le petit écran. 

Avec tact et humanité, ils interrogent les habitants pour faire ressentir aux téléspectateurs l’atmosphère d’une bourgade de l’Hexagone. Le reportage sur Reillanne est en ligne sur le site de France 5. A la question, « qu’est-ce qu’un village ? », Jean Jacques, un habitant de Reillanne répond :

« Un village c’est un lieu chargé d’histoire, une photographie, une image qu’on a dans les yeux (…). C’est en priorité une communauté : un assemblage de gens si différents qui fait la richesse de ce village« .

Sans voyeurisme, l’interview de Mme Trouchet et de Thérèse, sa sœur, donne à voir une maisonnée où le temps semble s’être arrêté…Une séquence plus tard, c’est le groupe rock jouant dans « le bar un peu en marge »  de Reillanne qui anime le village et rappelle que les petits bleds ne sont pas hors du temps. 

Il faut aujourd’hui regarder le monde rural avec un œil neuf : ce n’est plus le monde agricole de naguère. « Villes et campagnes s’articulent » dit un rapport de la DATAR de 2003.

Mais une réplique m’a particulièrement fait sourire… me renvoyant à ma Haute-Loire natale où l’on prend le temps de vivre : 

Aurélie Sfez interroge un automobiliste à l’arrêt et lui demande : 

« – Vous êtes tout le temps là à vous balader dans le village ?

– Je suis venu voir si on jouait aux boules… ils ont pas joué. Il faut que je me balade, je peux pas resté sans rien faire.

– Qu’est-ce que vous avez fait aujourd’hui ?

– Rien. Non mais j’ai fait une sieste quand même…« 

E.G

A voir : Le reportage des reporters de « En campagne » à Reillanne

 

Captures d’écranhttp://www.france5.fr/videos/

Pour aller plus loin : le rapport de la DATAR (2003) sur les campagnes : http://www.pme.gouv.fr/essentiel/etudesstat/pdf/francerurale.pdf

Clim’city : un jeu écologique en ligne

Après Sim City, gérer une ville durable avec Clim’city !

http://climcity.cap-sciences.net/#h

Un jeu en ligne pour sensibiliser les élèves aux questions environnementales : voici le défi de Clim’city édité par Cap science ( le centre de culture scientifique d’Aquitaine). Le début de l’aventure, c’est l’état de notre bonne vieille planète Terre : 

« Pas de doute, la Terre prend un bon coup de chaud ! La fièvre s‘est même emballée durant ces dix dernières années. Si la Terre a de la fièvre, la majorité des scientifiques pensent que l‘homme en est majoritairement responsable. Premier accusé : le dioxyde de carbone (CO2).(…) Notre environnement est déjà en train de se modifier : apprêtons-nous à changer de comportement, à changer de vie !« 

Plus question de devenir le roi du pétrole mais le maire d’une ville durable ! Une fois connecté sur le site, vous voilà aux commandes d’une cité où l’objectif est de réduire par quatre l’émission de gaz à effet de serre d’ici à 2050. L’article des Clés juinors explique que pour y arriver, « le joueur dispose de 50 ans et de « 250 actions » qu’il choisit d’appliquer comme le développement des transports en commun sur la ville, le recyclage des déchets, etc. À chaque joueur d’établir son programme. Toutefois, attention ! Il est difficile de gagner, même pour un adulte !« .

 

A défaut de remporter le jeu, on apprend une foule de choses en passant « la souris sur le  paysage (ce qui) actionne des vignettes bourrées d’informations sur les sources de pollution, les énergies écolos… On découvre ainsi qui sont les gros producteurs de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.« 

 

Clim’city, le « Sim city écolo », un jeu qui devrait plaire aux collégiens de Waldeck-Rousseau…comme à leurs professeurs.

La presse en parle :

Les Clés juniors : http://www.lesclesjunior.com/rubriques/monde/climat/le-roi-de-clim2019city

Le Monde :  http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/06/clim-city-une-ville-durable-au-bout-de-la-souris_1138373_3244.html

Source images : capture d’écran du jeu Clim’city (http://climcity.cap-sciences.net/#h)

E.G

La trêve de Noël

« Joyeux Noël », un film français de 2005, montrait comment le 25 décembre 1914, des soldats anglais et allemands osaient la fraternisation : le no man’s land (espace séparant deux tranchées adverses) devenait momentanément un terrain de football improvisé. Un instant d’humanité dans la Grande guerre. Une trêve pour Noël.

Aujourd’hui, 24 décembre 2008, les médias réutilisent cette expression pour un tout autre sujet. « Les bourses européennes clôturent à la baisse avant la trêve de Noël« . Il s’agit ici d’une autre guerre et d’une autre époque. Les plans anti-crise résorberont-ils le krach boursier ? L’économie digérera t-elle la crise de foi dans la finance internationale ? Cette fin d’année a vu Bernard Madoff (un « grand » homme d’affaires américain) décroché in extremis la palme de la plus grande escroquerie financière détenue jusqu’alors par le Français Jérôme Kerviel. 

Alors les caricaturistes sentant la crise à plein nez nous croquent le « pire noël » du IIIème millénaire. Le père Noël a la vie dure. Le caddie de la ménagère se retrouve, vers les bas de laine, accroché à la cheminée. 2008 n’aurait pas fait de cadeau. 2009 s’annonce morose. Les boules. Pourtant, à Noël, les choses essentielles sont celles qui ne s’achètent pas : la joie d’être ensemble et de partager. Croire en sa bonne étoile, tel est aussi le message de Noël, une fête porteuse d’espoir. Chacun peut saisir sa chance.

Alors, trêve de morosité ! Je vous souhaite à tous un beau Noël fait de partage et de simplicité. 

E.G

Sources :

Dessins pris sur  http://www.caglecartoons.com/