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Etats-Unis : les défis à relever pour Barack Obama

Après l’étude du territoire, des aspects de la puissance américaine, il convient de terminer le cours en évoquant les défis à relever pour le 44ème président des Etats-Unis. Pour cela, nous allons d’abord écouter le discours d’Obama au moment de son élection (novembre 2008). D’après lui, que représente son élection ?


Pour Obama,
le rêve américain n’est pas mort. « Tout est possible » ! La démocratie américaine fonctionne et la nation est ouverte aux différences. Cependant, il y a des dossiers difficiles à traiter.

Herrmann

Un article de France 24 évoque les sujets les plus épineux grâce à des reportages intéressants. A la veille d'une nouvelle élection présidentielle aux Etats-Unis, Obama a t-il été à la hauteur de l'espoir placé en lui ?

Cliquez ici - lien vers les vidéos de France 24

1. Le système de santé et la question de la dette publique

En 2008, les Américains pauvres mais aussi une partie de la classe moyenne ne bénéficient pas d’une couverture médicale efficace. La réforme du système de santé d'Obama a été contestée mais votée en mars 2010. Aujourd'hui, les Etats-Unis doivent faire des économies et ce programme risque d'être affecté.

2. Faire face à la crise

Il faut sauver les entreprises en difficulté (ex : l’état américain est venu en aide à Chrysler au bord de la faillite) et créer de l’emploi (2,5 millions d’emplois nouveaux). Un  plan de relance de 800 milliards de $ est mis en place. En 2011, des emplois ont été créés aux Etats-Unis.

3. Obama, la politique étrangère et le combat contre le terrorisme

Obama veut se rapprocher du monde arabo-musulman et retirer les troupes américaines d’Irak (courant 2011) en laissant une démocratie. La mort de Ben Laden est une victoire mais ne signifie pas la fin du terrorisme.


4. La question de l’environnement

En 1997, les Etats-Unis, 1er pollueur de la planète, ne signent pas  le protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre. En 2009, à Copenhague, le sommet sur le climat est décevant. La marée noire qui touche la Louisiane au printemps 2010 est un défi environnemental et économique à relever.

Obama oil

Sources dessins de presse :

11 septembre 2010 : « The war on errorism »

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, George W. Bush, alors président américain, lançait une guerre contre le terrorisme (The war on terrorism). Neuf ans plus tard, c’est une guerre pour combattre l’erreur (The war on errorism) qu’il faut mener. Les erreurs conjugués d’un pasteur recherchant le « quart d’heure de gloire » et de médias en quête de sensationnel pouvaient faire craindre une flambée de violences. Un emballement médiatique a eu lieu autour de cet acte isolé mais réfléchi (évoqué dans l’article « l’idiot du village planétaire »). Les raisons de la surmédiatisation sont identifiables :

  • Terry Jones a lancé son idée durant les vacances, moment où les médias n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent.
  • Il choisit de faire sa « performance » lors de la date anniversaire du 11 septembre 2001, événement qui a changé le cours de l’Histoire.


  • Depuis quelques mois aux Etats-Unis le projet de construction d’une mosquée proche de Ground zero (emplacement des deux tours jumelles) crée la polémique. Le monde est inflammable et le pasteur a surfé sur l’atmosphère d’islamophobie qui existe aux Etats-Unis pour exister médiatiquement.

  • La brève d’un site internet méconnu sur le projet du pasteur est reprise par Yahoo puis la chaîne américaine ABC l’invite sur son plateau. L’emballement médiatique commence, les politiques s’en mêlent.

Dans son livre « Le cauchemar médiatique« , Daniel Scheidermann écrit qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Si les médias parlent d’un sujet, c’est que le contexte s’y prête (ici la date anniversaire du 11 septembre et la polémique sur la construction d’une mosquée à New-York). « Mais  l’emballement commence quand la fumée obscurcit si bien l’horizon, et terrifie si bien les observateurs, que chacun en oublie d’aller vérifier l’importance du feu » (page 21). Notons ici que les médias américains ont commencé leur mea culpa et la chaîne CNN a affirmé qu’elle ne diffuserait aucune image de l’autodafé (acte de brûler des livres en public) s’il avait lieu.

Pour les médias, combattre l’erreur, c’est de ne pas transformer une simple étincelle en un feu de forêt. Pour les citoyens, c’est de mettre en marche son esprit critique pour repérer l’emballement médiatique. Un tel geste fait l’affaire de tous les extrémismes. Sur ce dessin de presse, Terry Jones est représenté en apôtre d’Al Qaida et de Ben Laden. A qui profite le crime ? A ceux qui prêchent la violence et souhaite une campagne promotionnelle à peu de frais. The War on errorism, work in progress


Aux dernières nouvelles, Terry Jones aurait renoncé à son projet mais parions qu’il voudra  prolonger son quart d’heure de gloire. Aux médias et à nous d’en décider…


Sources :

Mon titre est emprunté à un album du groupe de punk-rock américain, NOFX (2003). En écoute, la chanson American Errorist (I hate, hate, haters)

Les images ont été prises sur le site caglecartoons et sur la galerie de courrier international intitulée "Un quart d'heure de gloire"

Dans l'ordre

- Pastor Terry Jones, Emad Hajjaj, Jordan (8/09/2010)

- Burning the Koran, Christo Komarnitski, Bulgaria (10/09/2010)

- L'homme préhistorique découvre le feu. [Dove World Outreach Center est le nom de l'Eglise de Jones.] Dessin de Corrigan paru dans The Toronto. Star

- What would Jesus burn, John Darkow, Columbia Daily Tribune, Missouri (9/09/2010)

Terry Jones, l’idiot du village planétaire

Terry Jones. C’est le nom de l’idiot du village de Gainesville, en Floride (Etats-Unis). Cet inconnu, qui aurait dû le rester, est un chrétien extrémiste qui accuse l’Islam « de vouloir conquérir le monde » et trouve que le Coran est « rempli de mensonges« .  Alors pour la date anniversaire du 11 septembre 2001 (attaques terroristes d’Al-Qaida contre les Etats-Unis), Terry Jones a décidé de brûler des exemplaires du Coran dans sa ville. La raison ? : « Le 11 septembre 2010, nous allons brûler des exemplaires du Coran pour alerter le monde. Ce n’est ni un acte d’amour ou de haine. Mais nous voyons l’islam comme un danger ». Cet ignorant bourré d’intolérance joue à monter les religions les unes contre les autres. Faut-il vraiment faire la Une avec ce genre d’individu ?

Terry Jones ne représente que lui même : son mouvement est ultra-minoritaire, une cinquantaine de personnes seulement le suivraient à Gainesville. Mais un climat d’islamophobie (une peur de l’islam) semble se manifester depuis quelques temps aux Etats-Unis. Comme le note Le Monde, « le projet de construction d’un centre islamique près de Ground zero déchaîne les passions« . Alors, dans cette atmosphère particulière, quand un extrémiste veut jouer avec le feu, les médias se précipitent. Les journalistes de la chaîne CNN ressemblent vraiment à des pompiers pyromanes : parmi eux, Anderson Cooper, qui jouait déjà au reporter super-héros en Haiti (voir article de la [email protected] : CNN en Haiti, le monopole du cœur), incarne parfaitement la télévision qui aime le show et le choc. Dans cette vidéo de CNN, il médiatise internationalement l’action isolée de Terry Jones et joue en même temps au redresseur de torts en rappelant les dangers qu’un tel geste fait courir pour les soldats américains en Afghanistan.

Terry Jones représente la bêtise et les écueils de la médiatisation de notre monde devenu un village planétaire. Au risque de créer l'amalgame et d'encourager l'erreur, on braque des caméras sur lui et on lui tend le micro. Quand un extrémiste réussit à faire d'un geste inconsidéré et isolé un événement médiatique, il faut aussi se questionner sur la responsabilité des médias à traiter l'information. Dans ce court et excellent reportage, le journaliste commence par dire : "C'est une histoire qui n'aurait jamais dû voir le jour". Pourtant le 11 septembre 2010, on parlera bien de Terry Jones, l'idiot du village planétaire. Après, les médias se demanderont si le battement d'ailes de ce papillon de mauvais augure peut déclencher une flambée de violences à l'autre bout du monde. Quand on participe à la métamorphose du ver en papillon, on aime bien savoir ce qu'il est capable de faire.

Sources : Un article du Monde intitulé "Un pasteur américain maintient son projet de brûler le Coran"

Aller plus loin : Une interview de Terry Jones et les dix raisons qui expliquent son geste.

Image : AP / John Raoux