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Facebook : qui doit entrer dans la toile de mon réseau ?

Sur la [email protected], le réseau social préféré des internautes français a déjà été questionné. Suite à l’article « Facebook : la relation profs-élèves au pied du mur », où je faisais part de mes interrogations et de mes certitudes, des commentaires d’élèves et d’internautes sont venus enrichir ma réflexion initiale. Depuis ce billet, j’accepte comme « amis » certains anciens élèves. Comme arrière-boutique du blog, j’ai ouvert le groupe [La [email protected] HG] sur Facebook parce qu’on ne peut pas tout partager entre les murs d’une salle de classe ou dans un billet de blog. Les réseaux (Facebook, Twitter, Espaces numériques de travail) tiennent aujourd’hui le haut du pavé et il paraît essentiel que les enseignants s’emparent de ces outils : pour sensibiliser leurs élèves à une pratique futée des réseaux sociaux et repenser les espaces du savoir.

Qui doit entrer dans la toile de mon réseau ? Il est important de savoir à qui vous ouvrez la porte. Est-ce vraiment utile d’ajouter un ami avec qui vous n’avez aucun lien, ni à l’école, ni en dehors ? Construire son identité numérique demande des précautions : c’est ce que rappelle « Ma vie en numérique », un document réalisé par la mission TICE et le CLEMI.

« Tout ce que je mets en ligne constitue mon « identite? nume?rique » : c’est l’image que je donne de moi au monde exte?rieur. Elle est constitue?e par les informations que je remplis dans mon profil mais aussi par tout ce que je publie. C’est un instantane? de moi a? un moment pre?cis qui restera en ligne car tout ce qui est publie? sur internet est indexe? et archive?.(…)

Tous mes amis ? On se retrouve facilement avec des centaines de contacts, dans des dizaines de groupes… mais peut-on vraiment parler d’amis ? ou me?me de proches ? Les sites communautaires mettent tout le monde sur le me?me plan. A toi de faire le tri entre tes vrais amis, tes connaissances, les copains de copains et les gens croise?s dans une soire?e et que tu ne vas jamais revoir !

Avec qui partager ? Cre?er des groupes, accepter des contacts… ne se fait pas au hasard. Tu peux aussi parame?trer le degre? de confidentialite? de certaines informations et choisir les personnes a? qui tu t’adresses.« 

Facebook est un espace de liberté et certains dépassent les limites sans vraiment s’en rendre compte. Ces abus portent un nom : le harcèlement virtuel ou cyberbullying. La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a publié au début du mois quelques conseils pour expliquer et contrer ces pratiques. Ce spot de prévention « Cyberbullying, think before you click » montre bien les dégâts que peuvent causer insultes et intimidations sur Internet.

La confidentialité sur Facebook est aussi un sujet incontournable. Un site propose même un test pour voir si votre compte Facebook est bien protégé. Sur  profilewatch.org, il vous suffit de coller l'adresse URL de votre profil Facebook pour vérifier si votre compte est bien sécurisé. Bien que gadget, ce site a l'air crédible. J'ai obtenu 10/10 parce que mon mur est seulement ouvert à mes "amis". J'ai créé trois listes d'amis (cercle proche, réseau professionnel, anciens élèves) ce qui me permet d'ouvrir mes albums photos seulement à certaines personnes. Pour créer des listes d'amis, il suffit d'aller dans :

  • [Compte]
  • [Gérer la liste d'amis]
  • [Créer une liste]
  • Reste à placer  les "amis" dans la liste adéquate

Pour régler tes critères de confidentialité,clique sur l'image ci-dessous qui te dirigera vers un tutoriel simple pour protéger des données.


Bertrand Cantat chantait "Qui veut entrer dans la toile de mon réseau ?", mieux vaut se demander "Qui doit"… Quelques clics suffisent pour que vos données restent confidentielles sur Facebook.  Etre futé, c'est ne pas accepter n'importe qui comme ami et savoir régler ses critères de confidentialité.

Blocus des lycées à Firminy : vous bloquez, ils débloquent

Depuis jeudi 7 octobre, les blocus de lycée agitent quelques rédactions en France. Dans la Loire, la Une du quotidien La Tribune-Le Progrès (édition Ondaine) est occupée depuis deux jours par l’action lycéenne :

  • « Les lycéens de la Loire à leur tour dans la rue » (8 octobre)
  • « Manifestation des lycéens : dérapages à Firminy » (9 octobre)

L’enchaînement des événements paraissait couru d’avance : les jeunes bloquent leurs lycées, des incidents éclatent, le mouvement est en grande partie décrédibilisé. Alors que l’histoire commence, on a l’impression d’avoir déjà lu la fin.

Les jeunes dans la rue :  les médias sont friands de ce type d’information. Dans l’inconscient collectif, cela rappelle Mai 68, les barricades, les pavés, une jeunesse rebelle qui a soif de libertés. Jeudi, à Saint-Etienne, Firminy et Feurs, près de 1400 lycéens assistaient/participaient au mouvement de contestation de la réforme des retraites et du lycée. Empressé de diffuser l’information, Le Progrès commet une erreur dans un article diffusé jeudi sur son site internet en écrivant que ces actions dénonçaient « non pas la réforme des retraites mais celle du lycée ». Dans l’emballement, seule la contestation de la réforme du lycée était évoquée. Une erreur corrigée dans l’édition de vendredi mais très révélatrice. L’empressement à traiter l’événement montre que les raisons de la mobilisation sont vite dépassées par les possibles conséquences sur l’ordre public. Dans l’article du Progrès de jeudi sur Firminy, il n’est pas question de slogans, de banderoles qui indiqueraient la nature des revendications, seuls les troubles à l’ordre public sont mentionnés. C’est un mouvement d’humeur désorganisé, une sorte de grande récréation qui est décrite (lire ici).

D’après le journal, le mouvement est « initié par les jeunes communistes de la Loire, aucun syndicat n’étant associé au mouvement. » En discutant avec des anciens élèves aujourd’hui à Albert Camus ou à Jacob Holtzer, j’ai l’impression que les instigateurs du mouvement ne sont pas clairement identifiés. Si la manifestation a effectivement au départ une coloration politique, tout semble se diluer par les canaux d’information utilisés par les jeunes. Avertis par SMS, MSN ou Facebook, ils relaient souvent l’information sans trop se demander qui en est à l’origine. L’avantage des réseaux, c’est que l’information passe vite. Le risque, c’est d’être instrumentalisé ou d’agir sans réfléchir aux conséquences que peut avoir un mode d’action tel que le blocus.

Le mode d’action : blocus, malus

En 2006, la lutte contre le CPE est marquée par de nombreux blocus en milieu scolaire (lycées, universités). Si à l’origine, « le blocage est une décision collective que les étudiants les plus mobilisés prennent au cours d’assemblées générales, en ayant soin de mettre cette décision au vote à la majorité absolue des personnes présentes« , on connaît aussi les limites de ce type d’action (le vote à main levée par exemple). Les blocus qui s’éternisent ont donné une très mauvaise image à ce type d’action. Priver les autres de la liberté d’étudier est aussi très problématique…

Pourquoi bloquer ? D’abord, parce qu’un blocus se monte à la vitesse d’internet. Il ne demande pas une longue réflexion : un appel est lancé (« AVIS A TOUS LES CAMUSIENS ! Demain blocus a camus, si vous aussi vous ne voulez pas bosser jusqu’a 70 ans, alors rejoignez nous ! ») et s’il est relayé massivement, c’est gagné. Le blocus doit servir de déclencheur à un mouvement de protestation, de signal d’alerte pour les médias et l’opinion publique. Souvent improvisé, le mouvement semble se construire au fur et à mesure : la justification du mouvement s’échafaude souvent en même temps que l’événement.

Si les lycéens ont évidemment leur mot à dire, le blocus est-il le bon ? Avec un blocus, tout va trop vite. Ce mode d’action s’impose aux jeunes et séduit un bon nombre : mais sans véritable organisation, on crée les conditions du désordre et nombreux sont les lycéens déçus de la tournure que prennent les événements. Il faut préparer son coup pour rendre lisible la manifestation… Si jeudi le journaliste de la Tribune se trompe sur les raisons du blocus à Firminy :

  • soit il s’est précipité pour rendre compte le plus vite possible de l’information
  • soit les motivations du blocus n’étaient pas assez lisibles : mettre des poubelles tête bêche ne suffit pas à faire passer un message.

Le côté spontané de l’action à Firminy (manque de porte-paroles identifiés, mouvement peu organisé) peut laisser penser que pour certains le blocus est une fin en soi. On s’aligne sur quelques mots d’ordre, on participe à un grand charivari, on s’époumone, on existe. Rite initiatique, séchage de cours et vraie mobilisation se mêlent : qu’en restera t-il ? Je pense  qu’un blocus n’est jamais une bonne solution, il faut débattre, libérer la parole, chercher des actions alternatives pour faire entendre sa voix. Fermer des portes, monter une barricade et empêcher le bon déroulement des cours font basculer l’action dans quelque chose de négatif, qui laisse la place au débordement et à la bêtise. Surtout quand on a rien fait avant. Pour réussir une action, il faut gagner l’opinion publique. Surtout pour des lycéens en quête de crédibilité. Deux anciennes élèves me disaient hier après-midi qu’elles avaient vu applaudir une dame, très émue par l’action de ses jeunes compatriotes. Mais les propriétaires de véhicules stationnés près de Jacob Holtzer n’auront pas la larme à l’œil en voyant leur rétro cassé ou leur pare-brise abîmé. De plus, dans des villes comme Firminy où il y a eu récemment des flambées de « violences urbaines »,  il faut réfléchir sérieusement à la portée d’une telle action. Un mouvement peut vite se faire déborder : c’est ce qui ressort des derniers articles en date dans le Progrès :

« La manifestation de 400 lycéens contre la réforme des retraites, ce matin à Firminy, a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Cinq manifestants ont été interpellés pour avoir lancé des projectiles sur les policiers.« 


Le reste de l’article de vendredi décrit une journée de heurts et le champ lexical utilisé laisse facilement imaginer la réaction des lecteurs :

  • « forces de l’ordre »
  • « gazer »
  • « dégradations’
  • « casseurs »
  • « gaz lacrimogènes »
  • « projectiles »
  • « dissimulation du visage »
  • « contrôle d’identité »
  • « meneurs violents »
  • « gardes à vue »

Les raisons de la colère disparaissent complètement de l’article, ne reste que le côté sombre. Les participants peuvent s’estimer léser par le journal mais le jeu médiatique est ainsi. Le blocus alerte les médias mais le traitement de l’information tourne rarement en la faveur des bloqueurs à moins de l’avoir organisé et jugulé. Dans l’édition d’aujourd’hui (samedi 9 octobre), il y a plus de recul dans le contenu des articles, des lycéens ont la parole et certains font entendre leur déception :

« Les casseurs nous empêchent de faire ce que l’on souhaite et donne une image négative de notre mouvement. Nous ne nous faisons pas entendre comme il faut, c’est dommage. »

Des propos sensés comme celui-ci, il doit y en avoir beacuoup. Mais comme toujours ne restera que : « Vous bloquez, ils débloquent ».  Puisqu’ils n’ont pas le bulletin de vote, comment les jeunes peuvent-ils se faire entendre sans systématiser le recours au blocus ? Cela pourra être l’objet de commentaires de votre part dans cet article. Une chose est sûre, il faut débattre de ces sujets d’actualité en cours et réfléchir aux armes que possèdent le citoyen pour faire entendre sa voix. Réfléchir avant d’agir. Aux professeurs de faire de la compréhension de l’actualité et de la citoyenneté des raisons d’être à l’école, au collège et au lycée.  L’ECJS (Education civique juridique et sociale) est faite pour ça. Que le blocus et ses répercussions deviennent un thème d’étude dans les lycées de Firminy : en voilà une revendication claire, utile et citoyenne.

Sources :

Les images viennent du site internet de La Tribune-Le Progrès (copyright Damien Nore, Yves Salvat) et la copie d’écran vient du site de l’UNL.

Les articles de la Tribune-Le Progrès

Jeudi 7 octobre : 600 jeunes dans la rue et quelques débordements

Vendredi 8 octobre : Firminy : affrontements entre lycéens et policiers

Samedi 9 octobre : Manifestations à Firminy : des casseurs se mêlent aux lycéens


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La p@sserelle HG

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Les décodeurs de l’info, Facebook, on en parle…

… sur le blog d’une enseignante de technologie « La souris curieuse ». Dans son billet intitulé « Quand les élèves se prennent pour des journalistes », Sylvie Rambour parle de notre travail en IDD (que nous sommes ravis de voir ainsi partagé). Elle évoque aussi tout l’intérêt de mener des projets interdisciplinaires et innovants avec les élèves, avis auquel nous souscrivons à 100% M. Florin et moi-même.

Capture d’écran 2010-05-15 à 09.27.10

Profitez de votre passage sur « La souris curieuse » pour continuer la réflexion menée récemment autour de l’utilisation de Facebook. En effet, la souris tient un journal de bord et un mode d’emploi depuis son inscription sur Facebook. Comment ça marche ? A quoi ça sert ? Des questions posées dans un reportage d’Envoyé spécial (France 2) que je partage ici. Les sujets abordés dans ce reportage sont d’actualité notamment les manifestations publiques lancées depuis Facebook. Dans des villes de France, des avis « d’apéros géants » sont lancés depuis le réseau social. Cette semaine, un jeune est mort à Nantes à l’occasion d’un « apéro Facebook »et la question de la réglementation de ces événements d’un nouveau type est posée…

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Copie d'écran : La souris curieuse