Archive de mots clefs pour féminisme

Playlist 15 titres – Riot Grrrls ! –

Free Pussy riot ! Ce cri de ralliement pour « la libération des membres du groupe punk féministe russe Pussy Riot » a, en ce 17 août 2012, une résonance mondiale. Sur son site, Amnesty international explique les raisons de son soutien aux Pussy riot, trois jeunes femmes héritières du mouvement riot grrrl dont vous trouverez en fin d’article une présentation.

 

Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina, membres du collectif Pussy Riot, sur le banc des accusés (Maxim Shemetov / Reuters)

 

« Les trois jeunes femmes du groupe Pussy Riot ont participé le 21 février 2012, dans la Cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, à une prière punk intitulée «Sainte Vierge chasse Poutine». Aucune dégradation du lieu de culte n’a été constatée et aucune insulte envers les croyants n’a été prononcée. Elles ont pourtant été rapidement arrêtées et sont accusées de «vandalisme aggravé, d’incitation à la haine religieuse et de sabotage des valeurs et du fondement spirituel du pays».   

 

Les jeunes femmes plaident «non coupable», rejettent l’acte d’accusation formulé contre elles et affirment que leur action n’avait pas un caractère religieux, mais politique. Par cette entreprise, elles tenaient à dénoncer l’utilisation politique de l’Eglise orthodoxe par le régime. Ce spectacle s’inscrivait dans un cadre de protestation plus large contre Vladimir Poutine et les élections frauduleuses en Russie.« 

 

 

D'après une dépêche de l'AFP de ce jour , "les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été reconnues coupables de "hooliganisme" pour une "prière" contre Vladimir Poutine dans une cathédrale, à l'issue d'un procès à Moscou qui a acquis un retentissement international. (…) La peine maximum pour "hooliganisme" est de sept ans de camp."

 

Pour en savoir + : Un article des Inrocks - Pussy Riot : les punkettes qui bousculent Poutine

 

 

Dans Riot Grrrls, il y a trois r qui roulent comme les grognements de protestation poussés par des filles en colère. Tissée autour du mouvement punk et du féminisme, cette aventure militante est lancée en 1991 aux Etats-Unis par des musiciennes engagées dans la lutte contre le sexisme à l'image de Kathleen Hanna. Récemment (janvier 2012), le magazine Têtu a consacré un dossier complet à ce mouvement qui mêle énergie rock et revendications féministes. Un article revient sur le contexte de création de ce mouvement musical :

 

"1991, Etats-Unis. Tandis que Smells Like Teen Spirit de Nirvana caracole dans les charts américains, faisant de la prolixe scène grunge de Seattle le vivier culturel en vogue, les associations chrétiennes marchent sur Washington DC dans la ferme intention de révoquer le droit à l'avortement. Le climat politique est alors particulièrement hostile à la cause féministe: outre ces revendications religieuses, une affaire de harcèlement sexuel éclabousse la Cour Suprême - mais le juge incriminé est relaxé."

 

Des groupes comme Bikini kill ou Bratmobile ont incarné les combats des Riot Grrrls. Lors de la décennie 1990, leurs idées ont essaimé jusqu'à ce qu'une communauté se forme. Aujourd'hui encore, des artistes se réclament de cet héritage et y trouvent une véritable source d'inspiration.

 

Cette playlist de 15 titres revient en musique sur l'histoire de ce mouvement et de son héritage.

 

 

#1. Le Tigre - Deceptacon
#2. Bikini kill - Capri pants
#3. Bratmobile - Eating Toothpaste
#4. X-Ray Spex - Identity
#5. Huggy Bear - Her Jazz
#6. Peaches ft. Iggy Pop - Kick it
#7. Elastica - S.O.F.T.
#8. The Breeders - Cannonball
#9. Hole - Jennifer's Body
#10. Spinnerette - Cupid
#11. L7-This Ain`t Pleasure
#12. I Object! - Intra Muros/Don't Bother
#13. Sleater-Kinney - Dance Song
#14. Julie Ruin - Stay Monkey
#15. PJ Harvey - Sheela-Na-Gig

 

A lire : le manifeste Riot Grrrl "publié dans le fanzine Bikini Kill Zine 2, il entend dynamiser d’emblée le mouvement et lui insuffler une énergie fédératrice."

 

Quand les femmes des sixties chantaient « Liberté, Egalité, Féminité »…

En 1967, fièrement cambrée sur sa machine, Brigitte Bardot clame « Je n’ai besoin de personne« . Au cours des années 1960, les femmes s’affirment et leur émancipation se voit. Cuissardes, mini-jupes et cheveux au vent, elles sont prêtes à botter au loin les vieilles traditions. Serge Gainsbourg, le mécano de la célèbre « Harley Davidson », dessine en notes et paroles les contours d’une femme qui brise les chaînes d’une autre époque.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x61djx_brigitte-bardot-harley-davidson-196_music[/dailymotion]

Bien sûr, les femmes n’attendent pas les sixties pour revendiquer leurs libertés. En 1904, les féministes brûlaient le Code civil vieux d’un siècle qui affirmait « la femme doit obéissance à son mari » (article 213). En 1943, « une loi supprime la nécessité d’autorisation maritale pour l’ouverture d’un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l’accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. » L’indépendance économique qui se dessine en 1943 précède la charge de citoyenne à part entière. En 1944, les Françaises obtiennent le droit de vote et prennent légitimement part au débat politique.

A  l’occasion du travail sur les publicités de Moulinex, nous avions pu voir ce renversement de la condition féminine. L’épouse modèle, fée du logis et mère attentionnée (pub de 1959), cède la place à la femme active qui se défait du carcan des obligations ménagères. Le célèbre slogan « Moulinex libère la femme ! » (1962) prend étrangement les initiales d’un collectif féministe qui ne naîtra qu’à partir de 1968 : le Mouvement de Libération des Femmes. Sur cette affiche, la cuisinière tombe le tablier et laisse apparaître la séductrice, qui de ses bras en V, nous envoie le signal de la victoire des femmes.

publicités Moulinex MLF


 

France, Etats-Unis : même combat. La chanson de Nancy Sinatra, « These boots are made for walking » (1966), véritable hymne de l’émancipation, met en avant un symbole fort de la féminité (les bottes). Le mari infidèle n’arrache plus les larmes à sa femme mais réveille chez elle l’instinct de mutinerie.

"You keep saying you got something for me
Something you call love but confess
You've been a'messin' where you shouldn't 've been a'messin'
And now someone else is getting all your best
Well, these boots are made for walking, and that's just what they'll do
One of these days these boots are gonna walk all over you"

Traduction trouvée sur le site lacoccinelle.net

"Tu dis sans cesse que tu ressens quelque chose pour moi
Quelque chose que tu appelles de l'amour mais tu avoues
Que tu as gâché ce que tu n'aurais jamais dû gâcher
Et maintenant une autre prend ce qu'il y a de meilleur en toi
Eh bien, ces bottes sont faites pour marcher et c'est exactement ce qu'elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner"

Nançy Sinatra bootsNancy marche sur le mâle et piétine ce qui lui reste de virilité... Au-delà de la mode et des codes vestimentaires, les bottes en disent long sur les femmes qui les portent.

D'ailleurs, quand retentit l'air de la chanson dans le film "Full Metal Jacket" (1987), il ne faut pas se fier aux apparences. La jeune femme qui se déhanche n'est pas la femme objet que l'on croit… et le GI mord à l'hameçon. Notons tout de même que ce tube des années 1960 a été composé par un homme Lee Hazlewood : le combat des femmes peut aussi être celui des hommes…

Liberté, égalité, féminité : les chanteuses des sixties ont incarné à merveille cet idéal. Chapeau mesdames ! … et bottes de cuir.

Sources : Les extraits cités dans cet article proviennent du site du Planning familial.