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Firminy, la géo sur le terrain

Pour cette leçon de géographie sur le terrain, la brume n’a pas empêché la lecture du paysage de Firminy. Sur les hauteurs de Montessus, on peut vraiment raconter l’histoire de Firminy du bout du doigt. Vous avez repéré quatre unités paysagères :

  1. le Firminy industriel et son totem noir, la Tour de trempe
  2. le centre-ville et ses lieux de pouvoirs, de culture, de culte, …
  3. Firminy-vert et sa ceinture végétale où trône l’Unité d’habitation du Corbusier
  4. la vallée de l’Ondaine, sa rivière et ses voies de communication

Démarrée à la Maison de la Culture, la visite « Architecture et lien social » avait pour objectif de vous faire comprendre l’ensemble du travail du Corbusier à Firminy-Vert à travers les thèmes de l’architecture et de l’urbanisme. Mission réussie, on en reparle en classe. 

+ d’infos 

Histoire des arts : Le Corbusier à Firminy

 

Firminy : ma ville et son patrimoine

Firminy, un village devenu grand

Habiter à Firminy, c’est vivre dans une ville chargée d’histoire. Proche de Saint-Etienneet de l’Ondaine, la cité a grandi au XIX°s au moment où l’industrie s’est développée. Les travailleurs de la Haute-Loire voisine et de l’Ardèche descendent « bosser » dans la vallée, dans les mines ou les usines. Le village devient alors une ville qui attire une main d’œuvre étrangère. En 1820, la population s’élève à 2627 habitants. Un siècle plus tard, la ville accueille plus de 20000 habitants, venant d’un peu partout. Pour loger tout ce monde, on construit des habitations de façon désorganisée. Après la Seconde Guerre mondiale, le maire Claudius Petit et un architecte surnommé Le Corbusier vont repenser la ville : Firminy vert voit le jour…

 

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Le paysage pour point de départ

 

L’histoire de Firminy se voit. Sur la RN88 qui mène à Saint-Etienne, le patrimoine industriel de la vallée de l’Ondaine défile sous nos yeux. Un colosse noir règne sur la vallée, c’est la tour de trempe nommée aussi « la canonnière » : la connais-tu ? Cherche la sur la vue panoramique de Firminy… pic_0020

Pour que tu connaisses ta ville et son patrimoine, nous allons prendre de la hauteur.  Aller sur la colline de Montessus car de là-haut le paysage dévoile des indices pour comprendre l’histoire des Appelous. Pourquoi travailler là ?  Pourquoi construire ici ? Sur les traces du patrimoine industriel et du patrimoine Le Corbusier, l’histoire de Firminy prendra du sens. Des parties du paysage (que l’on appelle aussi « des unités paysagères ») se détacheront et, à ton tour, tu pourras conter l’histoire de ta ville avec le bout du doigt…

Le feuilleton paysager de Firminy commence, la suite dans le prochain épisode …

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Sources images :

J’ai pris en photo ce panorama de la ville de Firminy depuis le quartier de Montessus (octobre 2009).

La photo de la tour de trempe (du grand H et de l’Unité d’habitation) a été prise par René Commère. Son blog « L’Unieutaire » est une mine d’informations pour ceux qui s’intéressent au patrimoine industriel de la vallée de l’Ondaine.

Les copies d’écran viennent du site Géoportail / IGN


Le patrimoine Le Corbusier à Firminy, le vert de l’espoir

Firminy noir, Firminy vert : d’un patrimoine à un autre

A deux pas du collège Waldeck Rousseau, l’église Saint-Pierre est finalement sortie de terre après des années d’abandon. Aujourd’hui, le patrimoine Le Corbusier est devenu un atout pour la ville de Firminy. La ville a en effet accusé le coup avec des fermetures d’usines installées dans la vallée de l’Ondaine. Le Corbusier offrira t-il le vert de l’espoir

C’est ce qu’espérait l’ancien maire de la ville, Dino Cinieri. En 2007, il est interviewé par Frédéric Morvan pour expliquer son projet pour valoriser l’héritage Le Corbusier à Firminy.

  1. Grâce au patrimoine Le Corbusier, quelles activités souhaitait développer le maire ?
  2. Pourquoi est-ce un site exceptionnel selon le maire ?
  3. Comment était perçu le patrimoine Le Corbusier par des habitants de Firminy ?
  4. Qui est intervenu pour terminer l'église Saint-Pierre ?
  5. Pourquoi avoir déposé un dossier à l'UNESCO ?
  6. Quels événements vont se dérouler dans l'église Saint-Pierre ?

D'après un article paru l'année dernière, l'activité touristique autour du patrimoine Le Corbusier doit encore se développer. L'inauguration de l'église Saint-Pierre a permis une hausse de la fréquentation en 2007. Cependant, l'année 2008 a été moins réussie : aujourd'hui, l’objectif des 50 000 visiteurs par an à Firminy n'est pas atteint. Selon Benoît Rémy, le directeur de l'Office de tourisme de Saint-Etienne métropole, le bilan est "mitigé mais prometteur". Un événement pourrait accélérer les choses. Aux dires de Benoît Rémy, l'arrivée massive de touristes "devrait avoir lieu en 2010 / 2011 avec l’inscription du site au patrimoine mondial de l’humanité."

L'empreinte du Corbusier à Firminy, suivez le guide !

Sources :

Un livre récent permet de comprendre l'histoire de l'œuvre du Corbusier à Firminy. "Firminy, Le Corbusier en héritage" a été écrit sous la direction de Xavier Gillot. Avec le livre, deux DVD donnent la parole aux acteurs qui ont participé aux travaux de l'Eglise Saint-Pierre.

Histoire des arts : Le Corbusier à Firminy

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Le Corbusier par Willy Rizzo

Adulé, apprécié, surcoté ou détesté, Le Corbusier laisse rarement les gens indifférents. Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier est un artiste complet (architecte, peintre, sculpteur, designer et poète) qui a marqué l’histoire du XX°siècle. Quarante-six après sa mort, l’homme au nœud papillon et aux lunettes rondes cerclées de noir est toujours au centre de discussions animées. Courant après les commandes publiques, il propose ses services à des hommes en mesure de lui donner du travail : Blum, De Gaulle mais aussi Mussolini, Staline, Pétain. Cela entretient la confusion autour de l’homme et certains le disent extrémiste ou antisémite. Pourtant, seul Nehru (premier ministre indien) lui confiera une œuvre majeure à réaliser : Chandigarh. Le Corbu semble avant tout être un opportuniste, prêt à tout pour travailler. Bref, Le Corbusier alimente aussi bien les Unes des journaux (lire l’article du Matin, « Faut-il brûler le Corbusier ?) que le programme d’Histoire de la classe de 3ème.

Pour les habitants de Firminy, Le Corbusier fut aussi un sujet de polémiques. Au menu de l’épreuve de l’Histoire des arts, il devient pour vous un sujet d’étude passionnant et révélateur de l’histoire contemporaine de la cité appelouse. Pour guider vos pas sur le patrimoine Le Corbusier à Firminy, voici quelques informations utiles collectées après la visite des lieux en compagnie d’Yvan Mettaud, conservateur du patrimoine à Firminy.

Vous pouvez retrouver un fil de discussion et plus de photos de l’œuvre du Corbusier à Firminy sur le groupe La [email protected] sur Facebook. Pour cela, cliquez sur le logo !

 

Le Corbusier : l’homme et l’architecte

1887 : Charles-Edouard Jeanneret naît à la Chaux-de-Fonds en Suisse. Il y étudie l’art.

1908 : Il découvre la technique du béton armé.

1907-1911 : Cet autodidacte continue sa formation en voyageant beaucoup (en Europe centrale et autour du bassin méditerranéen). Il est à la fois admiratif des grandes réalisations comme celle du Parthénon et à l’initiative d’un nouveau langage architectural.

1920-1925 : Il fonde la revue « L’Esprit nouveau ». Il écrit sous le pseudonyme de Le Corbusier. Pour lui, la maison est une « machine à habiter » et « l’écrin de la vie« .

1922 : Il fonde une agence d’architecture à Paris. Dans un projet pour la ville de Paris appelé le plan Voisin (du nom d’une marque automobile), il propose de raser la moitié de la ville ! A Paris, une partie de l’habitat est insalubre, indigne selon lui de la condition humaine. Il faut également adapter la ville aux nouveaux moyens de transport comme l’automobile. Il ne sera pas suivi…

1933 : Il énonce les 5 points d’une architecture nouvelle (les pilotis, l’ossature indépendante, le plan libre, la façade libre, le toit jardin) et les 4 fonctions de la ville (habiter, travailler, se cultiver le corps et l’esprit, circuler) qui seront repris dans la Charte d’Athènes de 1933. Cette charte est le fruit des réunions des CIAM (Congrès International d’Architecture moderne).

1946 : Le Corbusier rencontre Claudius-Petit, le futur maire de Firminy.

1954 : Il se voit confier la construction du centre civique de Firminy (Maison de la Culture, stade, piscine, église Saint-Pierre) puis la conception de trois Unités d’Habitation.

1965 : Il meurt noyé à la suite d’une baignade à la Roquebrune-Cap-Martin (Alpes maritimes) où il possédait un simple cabanon.

Le Corbusier et l’architecture moderne

L’œuvre de Le Corbusier s’inscrit pleinement dans le mouvement moderne, un courant architectural apparu après la Première Guerre mondiale (1918). Il est aussi connu sous le nom de Style international car ses principes se diffusent à l’échelle mondiale. C’est un retour à des choses simples et aux couleurs primaires. L’ornement et la décoration laissent place aux formes épurées, aux volumes, au jeu avec la lumière. Le modernisme né avec l’ère industrielle et la standardisation fait la part belle aux nouveaux matériaux : le métal, le béton et le verre. C’est une architecture fonctionnaliste : la forme d’un bâtiment dépend de sa fonction. Pour Le Corbusier, la maison est une « machine à habiter » : il construira aussi bien des villas blanches (villa Savoye, 1931) que de l’habitat collectif (les Cités radieuses). Cette architecture est une réponse au besoin de logements sociaux qui émerge après-guerre. La vision de Le Corbusier est résumée dans Les Cinq Points d’une nouvelle architecture (1926) :

  • les pilotis transforment le rez-de-chaussée en espace dégagé.
  • le toit-terrasse peut servir de jardin, d’espace sportif, de solarium, …
  • le plan libre libère l’espace dans les appartements.
  • l’ossature indépendante : un poteau remplace un mur portant. Les fenêtres sont d’un bout à l’autre de la façade pour plus de lumière.
  • la façade libre : ainsi la façade peut facilement être modelée par l’architecte (fenêtre en bandeau).

Autres grands noms de l’architecture moderne français : Jean Prouvé, Charlotte Perriand.

Le Corbusier à Firminy-Vert (1953-1965)

En Europe, c’est à Firminy que l’on trouve la plus grande concentration d’œuvres du Corbusier. Ce n’est pas rien pourtant le site n’attire pas encore des foules de visiteurs. Retour sur l’histoire d’une rencontre et d’une réalisation architecturale atypique…

 

Habiter à Firminy, c’est vivre dans une ville chargée d’histoire. Proche de Saint-Etienne et de l’Ondaine, la cité a grandi au XIX°s au moment où l’industrie s’est développée. Les travailleurs de la Haute-Loire voisine et de l’Ardèche descendent « bosser » dans la vallée, dans les mines ou les usines. Le village devient alors une ville qui attire une main d’œuvre étrangère. En 1820, la population s’élève à 2627 habitants. Un siècle plus tard, la ville accueille plus de 20000 habitants, venant d’un peu partout. Pour loger tout ce monde, on construit des habitations de façon désorganisée. L’essor industriel fonde des projections démographiques optimistes durant les Trente Glorieuses : on prévoit toujours plus de monde dans la ville…


En 1953, le maire Eugène Claudius Petit fait le point sur la situation économique et sociale de la ville : il y a des taudis, beaucoup d’Appelous n’ont pas accès à l’eau potable, les équipements scolaires, sportifs et culturels manquent cruellement. C’est sur la base de ce constat que le maire Claudius Petit lance le projet de Firminy-Vert. Avec une équipe d’architectes inspirés par le mouvement moderne, ils repensent la manière de vivre la ville au XX°s. L’idée est de réserver 80% de la surface aux espaces verts en misant sur la verticalité et l’économie d’espace (grands immeubles), de socialiser l’espace public et de suivre les principes édictés par Le Corbusier. 11 immeubles d’habitation et 7 bâtiments sortent de terre.


C’est en 1955 que le conseil municipal vote à l’unanimité le choix de Le Corbusier pour la réalisation d’un centre civique à Firminy-Vert. Un an plus tôt, l’architecte était déjà venu incognito à Saint-Etienne. Son séjour avait été discret car après la réalisation de la Cité Radieuse à Marseille, l’homme était sous le feu des critiques. On l’accuse par exemple de défigurer le paysage français (« La maison du fada »). Ainsi, il faut le soutien indéfectible de Claudius-Petit pour mener à bien le projet qui donnera naissance à cinq réalisations pensées par Le Corbusier.


  • La maison de la culture (1961-1965) est le seul bâtiment réalisé de son vivant.
  • Le stade (1966-1968) est construit par deux de ses collaborateurs : André Wogensky et Fernand Gardien.
  • La construction de la piscine (1969-1971) est aussi confiée à André Wogensky.
  • L’Unité d’habitation est pensée par Claudius-Petit et Le Corbusier (trois unités étaient prévues au départ). Cité-jardin verticale, on y retrouve les principes de Le Corbusier. Commencée en 1965, elle est achevée par Wogensky en 18 mois.
  • L’église Saint-Pierre (1970-2006) culmine à 33 mètres de hauteur. Le chantier s’interrompt en 1976 et ce n’est que dans les années 2000 que l’on décide de continuer les travaux.

Réponse au Firminy noir, l’œuvre de Le Corbusier n’a pas fait l’unanimité dans la population appelouse. Si les habitants de l’Unité ont conscience de vivre dans un immeuble pas comme les autres, l’idée d’appartenance et de collectif s’est atténuée au fil du temps. Conçu pour une cité en pleine expansion, l’équipement culturel et sportif de Firminy est aujourd’hui exceptionnel pour une ville de 17 000 habitants.

 

 

Quelques phrases de Le Corbusier

  • « La vie moderne demande, attend un plan nouveau, pour la maison et pour la ville. »
  • « La maison ne doit plus être faite au mètre mais au kilomètre. »
  • « Les matériaux de l’urbanisme sont le soleil, les arbres, le ciel, l’acier, le ciment, dans cet ordre hiérarchique et indissolublement« .
  • « La maison a deux fins, c’est d’abord une machine à habiter (…). Mais c’est ensuite le lieu utile pour la méditation, et enfin le lieu où la beauté existe et apporte à l’esprit le calme qui lui est indispensable…« 
  • « Le grand art est simple, les grandes choses sont simples. Mais n’oublions jamais que si le simple est grand et digne c’est qu’il n’est par définition que la synthèse du compliqué, du riche, du complexe. »

L’oraison funèbre de Le Corbusier par André Malraux, ministre chargé des affaires culturelles (1965), est restée célèbre.

« Le Corbusier a connu de grands rivaux, dont quelques-uns nous font l’honneur d’être présents et les autres sont morts. Mais aucun n’a signifié avec une telle force la révolution de l’architecture, parce qu’aucun n’a été si longtemps, si patiemment insulté.« 

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