Archive de mots clefs pour immigration

Sur la route de Lampedusa : à vos crayons !

Les dessins de presse sont des ressources très utiles en classe. L’enjeu du dessinateur est passionnant : avec un angle de vue et un trait d’humour, il faut commenter le plus simplement du monde une actualité parfois complexe. Pour l’Iranienne Firoozeh Mozaffari, « un caricaturiste est un journaliste qui sait dessiner ». 
J’ai récupéré et scanné quelques réalisations d’élèves. Demain, je prendrai en photos d’autres dessins faits sur le cahier pour les mettre sur la page Facebook de la [email protected] Il y a des idées futées et aussi quelques malins qui ont réinterprété à leur façon un dessin déjà existant. J’ai donc mis l’original sur le fichier (Plantu, Hachfeld), histoire de comparer et de rappeler qui est à l’origine de l’œuvre…
 
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Consigne
 
Réalise un dessin de presse sur l’immigration en choisissant un de ces deux sujets abordés en cours
 
– sur la route de Lampedusa
– les immigrés, tous clandestins ?
 
Aller + loin
Début 2014 octobre, le chroniqueur de France 2 Aymeric Caron a tenté d'expliquer à Eric Zemmour que les termes 'immigré' et 'étranger' ne sont pas synonymes. L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) utilise pourtant des définitions très claires qui distinguent bien les notions d'étranger et d'immigré. Dans un débat, les chiffres/statistiques peuvent être instrumentalisés à des fins politiques. C'est pourquoi il est essentiel de bien définir les termes du débat pour savoir de quoi on parle.
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"Si une partie de l'opinion, confortée par des déclarations exagérées, est amenée à croire en une « vague » d'immigration dans le pays, c'est aussi parce que les migrants sont particulièrement visibles dans les points d'entrée du territoire (comme la frontière franco-italienne) et de sortie (comme Calais), créant un effet de masse. (…)
On l'a vu, si l'on se fie au nombre de demandes d'asiles déposées jusqu'à maintenant, le pays ne connaît pas de vague d'immigration plus importante que les dernières années. L'Hexagone se trouve au carrefour de routes de migrations très empruntées, sans que les hausses d'entrée dans l'UE ne se traduisent, pour le moment tout du moins, dans les chiffres français.
Mais l'effet de concentration joue à plein à Calais, passage considéré comme indispensable pour ceux souhaitant rejoindre le Royaume-Uni. Les images de ces derniers jours, montrant des migrants se battant entre eux ou « prenant d'assaut » des camions en partance pour la Grande-Bretagne et poussant le ministère de l'intérieur à envoyer des renforts sur place, continuent à alimenter les fantasmes sur le sujet."

Firminy, mémoires d’immigrés

Au cours du XIX°s, la bourgade de Firminy est devenue une ville ouvrière avec une population métissée. Les mines, les aciéries ont attiré en ville des travailleurs qui espèrent trouver ici une vie meilleure. Pendant plus d’un siècle, l’industrie fait vivre une vallée jusqu’alors rurale. Au départ, les ouvriers viennent des campagnes environnantes de la Haute-Loire et d’Ardèche. A partir de 1920, une main d’œuvre étrangère arrive pour travailler dans les mines et les usines de métallurgie. Des Polonais, des Italiens, des Espagnols et des Maghrébins s’installeront dans des cités ou des baraquements. Après 1950, Firminy attire des Siciliens, des Portugais, des Algériens et des Turcs.

Pour entrer de façon vivante dans cette histoire de l’exode rural et de l’immigration à Firminy, les élèves de 6°3 et 6°4 devaient raconter ou imaginer le parcours d’un campagnard ou d’un immigré venu travailler dans cette ville industrielle de la vallée de l’Ondaine.

Beaucoup d’élèves ont fait le choix de raconter une histoire familiale. Travailler sur son espace de vie, c’est aussi se demander pourquoi on habite là et pas ailleurs. En partant à la recherche de leurs origines, ils ont échangé avec leurs parents ou grands-parents. Suivant l’itinéraire familial, ils ont rencontré l’Histoire avec un grand H : la Première Guerre mondiale, le génocide arménien, l’Espagne de Franco, la Deuxième Guerre mondiale, la guerre d’Algérie. D’autres ont pris conscience de l’attrait qu’a longtemps exercé Firminy sur les habitants des campagnes alentour.

J’ai sélectionné des récits révélateurs de l’histoire d’une cité métissée. Lus en classe, ces récits ont également été enregistrés pour que les élèves deviennent à leur tour des passeurs de cette mémoire ouvrière et immigrée. Pour naviguer d’une vidéo à une autre, cliquez sur la flèche en bas à gauche du lecteur.



ANNEE SCOLAIRE 2012-2013

#1. Dylan, élève de 6°2 au collège Waldeck-Rousseau, raconte l’histoire de son grand-père portugais qui a débuté sa carrière de mineur à 14 ans à la Ricamarie. Ses parents avaient quitté le Portugal à pied dans les années 1920.

#2. Manelle raconte l’histoire de son grand-père. Habitant en Algérie, il a rejoint la France en 1981 et a travaillé comme métallurgiste dans la tour de trempe avant de devenir marchand de fruits.

#3. Hava raconte l’histoire de son grand-père venu en car et sans papiers de la Turquie jusqu’en France. Il restera un an sans titre de séjour avant de faire régulariser sa situation et de faire venir sa famille.

#4. Léna, élève de 6°2 au collège Waldeck Rousseau, raconte l’histoire de son grand-père maternel né en Algérie en 1925. Il aidait son père à la ferme et a voulu tenter sa chance en France à l’âge de 23 ans.

#5. Inès, élève de 6°4, raconte l’histoire de son grand-père venu de Kabylie (une région d’Algérie). En 1948, il part pour la France et rejoint les amis de son village qui ont trouvé du travail dans les usines de la vallée de l’Ondaine.

#6. Selma, élève de 6°2, raconte l’histoire de son grand-père, un agriculteur algérien venu travailler en France dans les années 1950. Lors de ses congés, il repartait en Algérie voir sa femme et ses enfants qu’il fera venir en 1972.

 

 

ANNEE SCOLAIRE 2012-2013

#1. Ambre raconte l’histoire de son arrière grand-père arménien, réfugié au Liban à cause du génocide arménien et venu travailler en France après la Première Guerre mondiale (1914-1918).

#2. Emma raconte l’histoire de son arrière grand-père italien venu après la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). Elle explique les conditions de sa venue, ses impressions et le racisme dont les immigrés italiens ont pu être les victimes.

#3. Riad raconte l’histoire de son grand-père venu en France après la guerre d’Algérie (1954-1962). Arrivé à Roanne, il loge dans un foyer puis part travailler dans une usine métallurgique de la vallée de l’Ondaine.

#4. Léo raconte l’histoire de sa grand-mère italienne qui immigre clandestinement avec sa mère et sa sœur après la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945).

#5. Ceryane raconte l’histoire de son arrière grand-père originaire de Haute-Loire qui part travailler dans une usine métallurgique de Firminy.

#6. Lorena raconte l’histoire de son grand-père espagnol venu en France en 1964. Il participa à la construction de l’Unité d’habitation de Le Corbusier en tant que grutier.

#7. Maïssa raconte l’histoire de son grand-père algérien venu en France en 1951. Il travaille et s’installe d’abord en région parisienne puis il part pour Firminy.

#8. Coline a imaginé l’itinéraire d’un campagnard de Haute-Loire venu travailler à Firminy.

 

Pour aller + loin :

Le site de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration présente deux siècles d’immigration en dix séquences thématiques.

Souvenirs de la visite au Corbu avec les 6°3 et les 6°4…