Archive de mots clefs pour la [email protected]

La [email protected] fait sa rentrée

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La tête encore un peu dans les nuages, on sent souffler de plus près le vent de rentrée. La semaine prochaine, l’année scolaire 2009-2010 débute. Ainsi, je retrouve la [email protected], assoupie lors ces deux mois d’été. Moins d’un an après le lancement de ce blog scolaire, j’ai pu apprécier toutes les prespectives qu’offre un tel outil pour le professeur d’Histoire-Géo que je suis : espace de communication, support de travail en classe et fenêtre sur l’actualité. Elèves, parents, collègues et blogtrotteurs, la [email protected] continue son bout de chemin. Au plaisir de vous y retrouver…

PS : Une pensée pour les élèves de 3ème qui ont franchi la porte de Waldeck cet été et attaqueront cette année scolaire 2009-2010 au lycée ou dans un autre établissement :  bonne route à tous !

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Le viaduc de Millau : plus haut, plus court, moins cher

Pour aborder l’aménagement du territoire en France, vous allez étudier le projet du viaduc de Millau. A l’aide d’un extrait vidéo de l’émission « C’est pas sorcier » et de la fiche distribuée, ton objectif sera de

  • montrer que le viaduc de Millau est un exemple réussi d’aménagement du territoire

Sur le site officiel, les enjeux de la construction sont évoqués :

« Le 16 décembre 2004, le viaduc de Millau s’ouvre à la circulation. Les traditionnels bouchons entre Aguessac et la Cavalerie font désormais partie du passé. Culminant à 343 mètres au-dessus de la vallée du Tarn, le viaduc constitue le dernier chaînon manquant jusqu’alors sur l’A75. Cette autoroute – la Méridienne – relie Clermont-Ferrand à Béziers en 340 km. Aujourd’hui, avec le viaduc, l’axe A10-A71-A75 représente le plus court trajet entre Paris et Perpignan : 60 km de moins qu’en passant par Lyon, soit près d’une demi-heure de conduite. Sans compter le temps gagné avec la fin des embouteillages de Millau. Lors des grands départs en vacances, plusieurs heures seront ainsi économisées !« 

Capture d'image : le site officiel du viaduc de Millau

J'ai pris la photo du viaduc en juillet 2006, sur le chemin des vacances…

Aller plus loin : Un diaporama sur le viaduc de Millau

« Fais mes devoirs » et les nègres scolaires

L’équipe de « Fais mes devoirs » : parce que la tromperie vaut mieux que l’échec !

Terme péjoratif aux connotations racistes quand il est employé pour désigner une personne à la peau noire, « le nègre » est aussi une personne qui rédige pour de l’argent un travail qui sera signé par quelqu’un d’autre.

On parle de « nègre littéraire » quand un écrivain en panne d’inspiration commande à un autre le roman qu’il n’arrivait plus à rédiger. Devant la page blanche, la supercherie vaut mieux que l’échec

Aujourd’hui, le « nègre scolaire » devient une espèce médiatique en vogue. Un site appelé « Fais mes devoirs » embauche des jeunes, beaux et souriants  « nègres scolaires » pour faire le travail à la place des élèves. L’élève dit « Fais mon devoir d’Histoire ! » et le nègre scolaire rédige le travail contre 10 ou 20 €. Sur le site, on peut d’ailleurs faire la connaissance du préposé à l’Histoire-Géographie (voir copie d’écran). 

En apparence, c’est du solide : « après avoir étudié durant trois années à l’université du Caire, il est rentré en France pour faire une thèse sur l’histoire des civilisations« . Avec lui, le mythe d’Osiris c’est les doigts dans le nez et la main dans le portefeuille. Il vous analyse 4 à 6 documents pour 400 points soit la pharaonique somme de 20€. La seule chose dont je ne doute pas, c’est qu’il est bien « rentré en France » : sur la photo trône la Tour Eiffel et pas une pyramide. Par contre, je ne suis pas sûr qu’il ait beaucoup de temps à accorder aux élèves avec une « thèse sur l’histoire des civilisations« . S’il pense véritablement s’y atteler, j’espère qu’il peut compter sur plusieurs vies et plusieurs « nègres »…

Autrement dit, le site entretient le flou et l’apparence du prestige. Des étudiants de haut rang qui planchent pour des élèves et de l’argent sur des exercices de la 6ème à la Terminale : la solution à l’échec scolaire ? Comprendre par soi-même, là est le véritable sens de l’école. Vendre des corrigés à des élèves en manque de confiance ou de résultats, c’est de la poudre aux yeux. Quand on n’apprend pas à nager tout seul, on coule.

Le site de « nègres scolaires » poursuit parait-il une mission. Dans une phrase enrobée de philanthropie, il est dit :

« Fais Mes Devoirs est un outil pédagogique qui a pour vocation d’aider les élèves en difficulté. Toute autre utilisation irait à l’encontre de notre mission.« 

Peut-être espèrent-ils aussi être déclarés d’intérêt public pour qu’enfin cessent les « Tu vas voir ta gueule à la récré si j’ai pas l’exo de Maths !« .  Le seul objectif est le suivant :

– Fais mes devoirs est un non sens pédagogique qui a pour vocation de soutirer l’argent de poche d’élèves à plumer. Toute autre utilisation non lucrative irait à l’encontre de notre business plan –

Leur logo résume d’ailleurs très bien la note que j’attribuerais au site : O + O = la tête à Toto. Dans ses yeux, ne voyez-vous pas tourbillonner les euros ?  

Tant que les créateurs du site se payent la tête à Toto ça va, ne vous faîtes pas payer la vôtre … D’ailleurs, une fois sur le site vous n’avez plus qu’à suivre Toto et « par ici la sortie »Les conseils avisés de vos professeurs resteront toujours non déductibles de votre argent de poche.

E.G

L’histoire à la source

« Les sources ?«  : cette question arrive souvent aux oreilles d’un(e) élève qui aurait lu un texte sans avoir indiqué d’où vient le document. Dire qui écrit, quand, où, comment, c’est déjà faire de l’histoire…  Il suffit ensuite de se poser les bonnes questions pour faire « parler » les sources.

« Pas d’affirmations sans preuves, pas d’histoire sans faits » dit Antoine Prost dans ses célèbres « leçons sur l’histoire ». Les preuves permettent de faire émerger une vérité. Mais pour avoir des preuves, il faut des sources écrites (textes, …), iconographiques (images en tous genres), orales (témoignages) ou vidéos.

Faire de l’histoire, c’est pister les traces du passé pour établir des faits. Pour arriver à son but, l’historien(ne) passe obligatoirement par la case « archives ». 

Aller aux archives, c’est voyager dans le temps et depuis peu, les archives nationales américaines nous proposent un périple outre-Atlantique à peu de frais. Derrière notre écran d’ordinateur, elles nous ouvrent leur album de famille… et de quelle manière. 

Télérama a consacré un article à cette plongée virtuelle dans l’histoire des Etats-Unis. 

« Ouvert cette année, le site des archives nationales américaines compte déjà 1 200 documents. Un patrimoine à explorer de manière ludique et intelligente. Envie de zoomer sur le manuscrit original de la Constitution des Etats-Unis ? Aucun problème, suivez le guide.« 

Lors de ma recherche, j’ai zoomé sur le visage d’un immigrant allemand relativement pas comme les autres (Einstein, 1940), suivi le moon-walk de Buzz Adrin (1969), vu l’encre qui s’estompe peu à peu sur l’original de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique (1776).

La série consacrée à la Deuxième Guerre mondiale nous rappelle qu’en temps de guerre la peur de l’espion est grande (voir posters dans la galerie d’images). Pour l’Oncle Sam, un bon patriote américain ne doit divulguer aucune information susceptible de servir l’ennemi. Motus et bouche cousue : c’est la devise pour ne pas compromettre la sécurité nationale. 

Emballantes, ces visites virtuelles ne remplacent pas encore le plaisir d’une journée passée à parcourir, feuilleter et déchiffrer les archives en feuilles et en encre.  L’historienne Arlette Farge raconte dans un livre le « goût de l’archive« . Se replonger dans le passé met en alerte tous les sens. Entendre craquer les pages, toucher l’aspect rugueux du papier d’antan reste la meilleure manière de voir se dérouler le fil de l’Histoire…et de toucher du doigt les traces du passé.

E.G

Captures d’écran : Digital vaults, site des archives nationales américaines