Archive de mots clefs pour Marianne

Egypte, l’Histoire en direct

Egypte : le 11 février 2011, la révolte est devenue révolution. Indéboulonnable depuis 30 ans, Hosni Moubarak vient de démissionner. Sur la place Tahrir, épicentre de l’éruption populaire au Caire, une foule en liesse fête sa victoire. Après les Marianne tunisiennes, les photographes tricolores saisissent cette fois des Egyptiennes qui tendent les bras vers la démocratie. Nul doute que les Français aiment bien mettre un peu de bleu-blanc-rouge sur ce qui se passe autour d’eux… En tout cas, l’Histoire se vit en direct, les caméras du monde entier braquées sur un peuple de 84 millions d’habitants. « Ce n’est plus moi qui regarde la télé, c’est la télé qui me regarde » disait hier un Egyptien fier de l’issue du combat.


Tout est allé très vite, les événements dépassant les pronostics plus prudents des spécialistes du monde arabe il y a encore quelques semaines. A la suite des Tunisiens, les Egyptiens ont fait sauté le verrou de la dictature. Bien sûr, il y a eu Internet, une formidable caisse de résonance pour un peuple en lutte. "La révolution numérique" a activé les réseaux, informé le monde entier. Mais sans la détermination du peuple à changer le cours des choses, rien n'aurait été possible. Beaucoup de pages d'histoire restent à écrire : le passage de la dictature à la démocratie n'est pas simple. Quand l'Egypte aura déserté les Unes de nos médias, que la liesse sera retombée, il faudra bâtir un régime politique en accord avec les souhaits du peuple. Ce dessin de presse témoigne de l'incertitude sur la transition politique à venir. Quelle place prendront les Frères musulmans dans cette Egypte en construction ? Des observateurs redoutent que la chute de Moubarak ouvre la porte à un régime islamiqueD'après l'Agence Française de presse, "les Frères musulmans inspirent méfiance ou déférence" en Egypte.


Hier, dans la soirée, le président américain Barack Obama a résumé la portée des événements et les enjeux à venir pour l'Egypte.

"Il y a très peu de moments dans nos vies où nous avons le privilège d'assister à l'Histoire qui prend place et nous vivons l'un des ces grands moments. Le peuple s'est exprimé, on a entendu sa voix et l'Egypte ne sera plus jamais la même. En démissionnant, le président Moubarak a répondu à la volonté de changement du peuple mais ce n'est que le début de la transition égyptienne. Je suis certain qu'il y aura des jours difficiles devant nous et des questions nombreuses auxquelles il faudra répondre. Mais je suis certain que le peuple égyptien trouvera les réponses et fera cela pacifiquement et de façon constructive. (…) Les Egyptiens ont été très clairs : ils veulent une véritable démocratie pour leur pays".

Yes they can !


Sources :

La Une de Libération datée du samedi 12 février 2011

Ce dessin de presse est l'œuvre Clay Bennett. Il est paru le 1er février 2011 sur le site timefreepress.com.

Aller + loin

"La Tunisie et l'Egypte, pourquoi ces révolutions ?", un article "d'Un jour, une actu".

Courrier international a sélectionné plusieurs dessins de presse sur le thème : "L'Egypte sur la voie tunisienne"

Ouvrons l’œil : les Marianne tunisiennes

2011, l’histoire est en marche en Tunisie. Dans cette « révolution du jasmin », le peuple est l’acteur principal du combat pour la liberté et la démocratie. Depuis une semaine, les médias français ont choisi une figure symbolique de la révolte contre la dictature de Ben Ali : la jeune manifestante tunisienne . Debout et déterminée, à la tête d’une nation insurgée (drapeau tunisien en arrière-plan), elle envoie un message cinglant au régime autoritaire (« Ben Ali, dégage »). Passé des réseaux sociaux à la rue, ce mot d’ordre incarne la modernité et la soif de liberté de tout un peuple. C’est autour de cette idée que le journal Libération a composé une magnifique Une, avec le mot Liberté écrit en français et en arabe.

Une de Libération du 15 janvier

Une de L'Humanité du 16 janvier 2011

Une du Nouvel Observateur du 20 janvier 2011

Depuis le 15 janvier, l’image de la jeune femme insurgée envahit les Unes des journaux de gauche en France (Libération, L’Humanité, Le Nouvel Obs). En effet, depuis la fuite de Ben Ali, les mots « dictature » et « révolution » ont fleuri dans les médias. Et s’il y a une révolution, il faut une figure emblématique, un symbole reconnaissable par tous. Les Français l’ont depuis belle lurette : c’est Marianne, l’allégorie de « La Liberté guidant le peuple », le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Alors, pour marquer la rupture de langage (de régime autoritaire à dictature / de révolte à révolution), les photographes vont se mettre à la recherche d’une Marianne…

 

Une allégorie permet d'exprimer une idée (la liberté) à l'aide d'une image, d'un personnage (Marianne)

Photographier un peuple qui se révolte donne souvent lieu aux mêmes images. C’est ce qu’explique très bien  ce document du Monde. Marianne poing levé est « une figure de la contestation » appréciée des photographes car elle est proche de nous et de notre histoire… Marianne est le symbole de notre république et ces clichés en Une des journaux français tissent ce lien affectif entre notre propre histoire et « la révolution du jasmin ». Ces Marianne répondent à « un besoin médiatique de reconnaissance visuelle« . Des images compréhensibles par tous, universelles.

Cliquez sur l'image pour accéder à ce document sonore du Monde

 

Sihem Bensedrine

 

Anonymes sur nos couvertures de journaux, ces femmes tunisiennes qui se battent pour conquérir la liberté sont nombreuses. Sihem Bensedrine, journaliste défendant les droits de l’Homme en Tunisie depuis 20 ans, en fait partie. Le Nouvel Obs de cette semaine consacre quelques lignes à son histoire :


« Arrêtée, torturée, elle n’a jamais été réduite au silence. Exemple, cette lettre de décembre 2009 : « Monsieur le président, partez, les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent« .

Une Marianne bien réelle qui guide son peuple vers cette Liberté en Tunisie que nous espérons tous.

Aller plus loin :

Cette vidéo du Canal éducatif explique la naissance de l’icône féminine de « la Liberté guidant le peuple »