Archive de mots clefs pour portraits

Histoire des arts… de rue #4 : Vhils

Burin et marteau, perceuse et marteau-piqueur, Vhils ne travaille pas comme les autres. De son vrai nom Alexandre Farto, ce Portugais sculpte les murs pour en faire émerger des portraits saisissants. Ce street-artist a commencé jeune dans la banlieue de Lisbonne. Dès l’âge de 13 ans, il tague les les murs puis les trains, s’essaye au pochoir. Vhils se penche ensuite vers sa boîte à outils pour mieux jouer sur le contraste. Quelques coups de bombe pour révéler les ombres du visage puis un mano a mano s’engage avec la surface. Sous l’épiderme de pierre et de brique jaillissent ses créations.

 

 

Son art de la destruction est en fait plein de vitalité et de force. Une fois le travail terminé et le visage mis à jour, les murs parlent et les âmes endormies de la ville s'éveillent. Tel l'archéologue, Vhils gratte les couches du passé et change notre perception de la réalité urbaine. Il nous rappelle que la ville est comme le palimpseste, un parchemin où les hommes réécrivent sans cesse leur histoire. Les murs, la ville, l'homme : tous composés de différentes strates qu'il est parfois bon de remettre à la lumière.

 


Son travail est encore plus détonnant quand Vhils place des charges d'explosifs sous la surface des murs.
Boum art. Quand il travaille sur le papier, c'est à l'acide ou à l'eau de javel. Vhils, ça décape. Avec lui, le temps passe plus vite et souvent nous rattrape…

 

Durant l'été 2011, le fabricant de jeans Levis a embauché Vhils pour immortaliser quatre "pionniers" qui contribuent à faire de Berlin un des centres culturels les plus vivants d'Europe. Pas de logo, ni le nom de la marque pour cette campagne de publicité new-look mais deux slogans qui appellent à aller de l'avant : "Go forth" et "Now is your time".

 

Joe Hatchiban, un Irlandais qui organise avec son vélo customisé des karaokés mobiles sur l’amphithéâtre de Mauerpak à Berlin.

 

Réponse à la pollution visuelle des publicités en ville, le street-art devient ici une alternative pour faire connaître  son entreprise autrement. Levis innove, emmagasinant par la même occasion un peu de street credibilty, et quatre talents de Berlin (Fadi Saad, Various&Gold, Joe Hatchiban et Sven Marquardt) ont maintenant leur portrait sur les murs de la ville. En réinventant les rapports du street-art et de la publicité, Vhils montre que l'art de rue est en constante ébullition.


 

Durant l'été 2012, Vhils a participé au festival Walk&Talk. Il y a réalisé une œuvre («abraçar a ruína») tout simplement grandiose où l'on voit une jeune femme, qui, telle une madone, prend les ruines d'un château dans ses bras. Cette belle au bois dormant ressuscite les veilles pierres et renouvelle notre regard sur un patrimoine en sommeil.

 

 

Source : image 1 et image 2 /image 3 : merci Véronique ! / image 4 : copyright Luck cat

 

Aller + loin :


Histoire des arts : la beauté cachée des laids

Dans la continuité du travail sur « La partie de skat » d’Otto Dix (voir article de la [email protected]), M. Valette vous propose de partir à la découverte d’un photographe allemand du début du XX°siècle, August Sander. Le titre et l’esprit de ce travail font écho à une chanson de l’homme à la tête de chou, Serge Gainsbourg (Des laids, des laids / 1979).

Ce travail croise le programme d’histoire de la classe de troisième et l’étude faite dans cette matière du tableau d’Otto Dix datant de 1920, «Les joueurs de cartes».

Le photographe allemand August Sander entreprend dès 1910 dans son studio de Cologne un ambitieux projet documentaire, « Hommes du XX e siècle » (Menschen des 20. jahrhunderts), à travers lequel il recense méthodiquement des typologies de la population allemande, paysans, mineurs, propriétaires, policiers, enfants, forains anonymes… de très beaux portraits austères pour lesquels il écrit :

« Dans chaque visage d’homme son histoire est écrite de la manière la plus claire.« 

Documents fournis : une dizaine de photographies d’August Sander

Exemples 

Le cuisinier 

La secrétaire

Consigne de travail : A l’aide des reproductions (que l’on peut utiliser), réaliser des êtres hybrides, de construits selon le canon classique et reconstruits selon votre imagination et une cohérence plastique qui leur donnera une vie étrange, inquiétante, effrayante, poétique, amusante etc.

Pas plus de 50% de collage : bas relief possible.
Serge Gainsbourg : « Des laids des laids »

Quand on me dit que je suis moche,
Je me marre doucement, pour pas te reveiller,
Tu es ma petite Marylin, moi je suis ton Miller,
Hein, non pas Arthur, plutôt Henry spécialiste de hardcore.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.

Même musique même reggae pour mon chien,
Que tout le monde trouvait si bien,
Pauvre toutou c'est moi qui boit c'est qui est mort,
D'une cyrrose, peut être était ce par osmose,
Tellement qu'il buvait mes paroles.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.

Enfin faut faire avec ce qu'on a,
La sale gueule mais on y peut rien,
D'ailleurs, nous les affreux,
Je suis sûr que Dieu nous accorde,
Un peu de sa miséricorde car,

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai, et oui.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai