Archive de mots clefs pour route touristique des Grands Crus

Plein les yeux sur la route des Grands Crus de Bourgogne

Partir en Bourgogne, c’est comme plonger dans une carte des vins. Pommard, Puligny-Montrachet ou Meursault, les noms des grands crus réveillent le palais des gourmets. Cette photo a été prise le long de la départementale 974, non loin de Nuits-Saint-Georges. La D974 fait partie de la route touristique des Grands Crus et traverse le prestigieux vignoble de Bourgogne : de Santenay à Dijon, trente-huit villages viticoles font la renommée de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune. Ici, le paysage défile à mesure que la voiture avale les kilomètres. La vigne est omniprésente, envahissant les versants de la Côte d’Or. Omniprésente mais partout différente : chaque village a son vignoble, son cru en rouge (pinot), en blanc (chardonnay)… Derrière un même paysage qui se déroule sur plus de 60 kms, il y a mille saveurs.

Les vignerons connaissent extrêmement bien leurs parcelles et donnent le meilleur pour mettre le paysage en bouteille. Des légendes abondent dans ce sens comme celle des moines qui goûtaient la terre pour savoir à quels terroirs il fallait rattacher les parcelles cultivées. Les Bourguignons désignent leurs terroirs sous le nom de « climats« . D’ailleurs, une association cherche à inscrire les climats du vignoble de Bourgogne sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.Ils définissent ainsi la notion de « climat ».

« Particulier à la Bourgogne, le terme climat désigne une parcelle ou un ensemble de parcelles de vignes, connues sous le même nom depuis plusieurs siècles. L’emplacement précis, le sol, le sous-sol, l’exposition, le microclimat, et tout particulièrement l’histoire de ces climats, forment au sein du vignoble les caractères constitutifs de la personnalité unique d’un terroir et d’un vin, de leur identité naturelle et culturelle. Le génie du lieu et de l’œuvre humaine s’y accomplissent durablement. La Côte bourguignonne est le seul vignoble au monde à avoir constamment, durant quelque deux mille ans, privilégié l’identité de ses climats.« 

Pour le géographe Jean-Robert Pitte, le climat n’est pas le seul atout des vins de Bourgogne. Le savoir-faire des vignerons et la réputation de leurs nectars ont contribué au succès international de leurs vins. Aujourd’hui, 60% des vins bourguignons partent à l’exportation et de nombreux touristes étrangers viennent goûter sur place au plaisir des premiers ou grands crus. Une richesse qui selon Jean-Robert Pitte pourrait être valorisée dans le cadre de l’Education nationale : « Boire intelligemment des quantités raisonnables de bon vin, pas forcément cher, peut les protéger durablement contre les risques de l’alcoolisme. Il faut parler de vin et le faire déguster aux jeunes français, encadré par des enseignants. Le vin est un facteur de sociabilité et d’ouverture vers l’Autre et l’Ailleurs. » Pour l’instant, ce n’est toujours pas au programme…

La série [Plein les yeux] à suivre sur le groupe Facebook de la [email protected]