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LE MASQUE ET LA PLUME – DANSE AVEC LES LOUPS


Ça a commencé comme ça : « Ok, une liste de films… Comment, tu en as déjà vu ?… Ouais, le nom a l’air pas mal, c’est plutôt inspirant. Heu, on prend celui-là, donc ? ». Certains membres du groupe l’avaient déjà aimé (et non “vu”, car il est difficile de le voir sans s’y attacher), mais qu’importe, puisque les détails avaient été oubliés… Nous avons inscrit « Danse avec les loups » devant nos quatre noms respectifs. L’aventure prenante de la critique radiophonique sur Radio l’Ardoisière, bien qu’elle se révélera être de courte durée, a englobé ces noms timides sur la feuille de papier dont les noms étaient grossièrement taillés au binaire…


L’ÉMISSION DE LEA, KLERVI, MARGAUX, YUNA

Danse avec les loups, avant d’être un film que l’on doit analyser, c’est une ambiance dans laquelle il faut se plonger. Entièrement, complètement ; jusqu’au cou ne suffit pas : il faut immerger la tête. Mettre pour un temps de côté les a-priori de l’Homme qui veut tout avoir vite et immédiatement -pouvoir dire « j’ai vu » sans avoir regardé– cette vitesse caractéristique d’un monde qui accélère en nous laissant derrière -car nous n’irons jamais aussi rapidement qu’une voiture lancée sur le périph’.

Le vif d’un cheval est déjà plus abordable que celui d’un avion, n’est-ce pas ? Oui oui, nous sommes de l’autre côté du miroir, du côté de l’Autre que nous observons pour mieux comprendre... Pour prendre -enfin- le temps qui s’enfuit. 

Mais, de quoi parle-t-on exactement ? Danse avec les loups, qu’est-ce que c’est ? Dans un avant-poste de l’Ouest américain, perdu dans le désert de la frontière Américaine, la vie d’un soldat est transformée au contact d’une tribu indienne… Blessé gravement mais victorieux dans un combat lors de la guerre de Sécession, John Dunbar est muté au fin fond du monde ; dans le pays des grains de sable et des herbes folles. Pour cet homme qui se destinait à une mort prompte sur le champ de bataille, débute un cycle de vie nouveau ; renaissance et sortie de la chrysalide d’un papillon aux couleurs de la liberté… Sous le ciel étoilé, il danse avec les loups ; sur la plaine, il chasse le bison. Il se mêle à la culture Siou avec le délice de celui qui a trouvé sa place au sein du monde. La réalité des hommes blancs le rattrapera tout de même, avec ses armes à feu et sa folie dévastatrice ; miroir coupant s’opposant à la sagesse des indiens. Coupant ? John Dunbar subira les affres des côtés mal taillés, se blessera de n’être plus le même qu’autrefois… Si le peuple blanc le renie pour s’être baigné dans la culture sauvage des brins d’herbe fumés au calumet, il trouvera refuge dans sa deuxième patrie : le peuple indien qui l’accueille désormais comme l’un des sien. Accompagné de Dressée avec le poing -la femme qu’il avait sauvé d’une tentative de suicide- il s’isolera alors dans les montagnes, et n’en sortira plus jamais, se satisfaisant de la vie solitaire en autarcie. 

“Il faut hurler avec les loups, si l’on veut courir avec eux.”

Proverbe français

De tous les personnages présents dans l’univers pittoresque de Danse avec les loups, il nous faut en retenir un, plus que tous les autres. Ce n’est pas un personnage très complexe ; il ne se distingue ni par sa présence d’esprit, ni par sa force, encore moins pour sa répartie… c’est un voisin très silencieux ! On aurait tort de le croire endormi, ou caché, car il est toujours à l’affût. Sûrement que pas un seul lézard ne court sur le sol sableux sans l’avertir de sa présence. Sûrement même qu’en partant du camp militaire, il y avait une forme d’attraction exercée par ce doux animal au poil long sur ce gradé de l’armée Américaine ; une forme de défi lancé dans ses hurlements à l’air du temps. “Eh, le Destin ! Si tu es prêt à  le faire mourir pour distraire les fils de Cruauté, ne voudrais-tu pas plutôt me le laisser ? Je pourrais en faire quelque chose, moi !” dirait le maîtragile Loup.

Cet animal sensible, pour qui le contact est synonyme d’apprivoisement, ne touchera qu’une seule fois la main de son garant, John Dunbar. Ce dernier l’aura par ailleurs affectueusement nommé Chaussette, pour ses petites pattes dont le velour blanc remonte jusqu’à mi-hauteur.

Montagnes et terre d’espoir

Alors que je cherchais la solitude des fleurs, j’ai un instant cru te retrouver. Dans ce coin de paradis, où jaillissaient à tes côtés les fleurs rosées par le printemps de la montagne, je refusais ta mort. Je voulais te faire renaître, et-mettre l’amour que je te portais et la communiquer aux arbres grandioses (qui n’auraient, sinon, pas la moindre pensée pour les bagnards-de-la-vie que nous sommes). Je tenais serré dans mes bras l’animal à qui je devais le bonheur…

Chaussette a été cueilli par Thanatos alors qu’il était endormi dans le tas d’herbes sauvages qui recouvrait le haut d’une butte surplombant l’étroit chemin par lequel était passé le convoi conduisant John Dunbar à la mort. Il y a fort à parier que l’animal avait compris, d’une certaine manière, que son humain-protecteur courrait vers la dispersion de son âme, contre son gré. Or, ce loup avait suivi la progression et l’enthousiasme grandissant de John pour le désert des siou depuis le tout début ; le lien puissant qui les unissait serait quasiment indescriptible, irreprésentable, insaisissable…

Et, pourtant, nous avons tenté de le capturer, de le faire notre, ce lien. En une image, une fraction de minute d’un bel instant que nous aurions voulu avoir le plaisir d’admirer… Au coeur d’une nature sauvage et merveilleuse, symbole de l’épanouissement de John Dunbar que l’on comprend dans toute sa sagacité à la fin du film, il retrouve le loup gris-sable aux pattes blanches. La coloration orangée du ciel, ses nuages lourds d’appréhension (que va-t-il se passer ensuite…?), posés comme un duvet protecteur sur les souvenirs qui ne doivent pas s’envoler, indiquent l’instant de la journée. Nous sommes au crépuscule du film, le dénouement approche à pas puissants ; serions-nous à la fin du commencement ? Car l’Histoire ne s’arrêta pas ici, ne s’arrêtera pas à cette ultime embrassade ; elle peut continuer, à travers vous, nous, moi : le fil continu, lorsque nous rajoutons des perles aux couleurs de celui qui est Autre.

Cet Hymne à la Différence pourrait faire,

avec tous les fils ainsi recueillis,

une jolie tresse kaléidoscopique,

n’est-ce pas Chaussette ? Ne nous ment pas, tu rêverais de la porter ! 

Critique par Lea, Klervi, Margaux et Yuna

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