Du fait de ma participation à l’opération Masse critique organisée par le site Babelio, j’ai reçu il y a deux mois un petit livre que j’avais choisi parmi une large sélection, et en échange duquel j’avais promis, comme tous les autres participants, de cracher une critique dans le mois qui suit. Honte sur moi, je rends ma copie en retard, ne le dites pas à mes enfants.

C’est donc un petit livre bleu. Tout mince et tout petit. Un mini-livre.

Il doit raconter une partie de la vie d’une jeune femme qui rencontre quelques déboires au début de sa vie professionnelle – début qui s’éternise.

« […] Si pour certains [le travail] est synonyme d’épanouissement, pour d’autres il rime avec précarité, chômage, licenciement, humiliations, ou tout simplement ennui […] », dit la quatrième de couverture.

Je m’imaginais que l’histoire recouperait celle de quelques amis, sortis (trop) diplômés de l’université, dans les années 1990-95, et condamnés à de longues années de galère, chômages, stages, re-formation, avant d’en trouver l’issue.

Histoire de lire en me disant, ah ouais, comment c’est trop vrai tout ça.

Ou alors, j’imaginais que l’auteur me raconterait les problèmes que rencontrent aujourd’hui ceux qui terminent leur scolarité, parce qu’ils sont des femmes, parce que leur nom n’a pas la bonne consonnance, parce qu’ils se sont trompés d’étude, parce que leur famille, l’école et la vie ne les ont pas formés au monde du travail.

Histoire que j’en tire des leçons pour mes enfants.

En fait non, le récit parle d’une femme, jeune, pas sous-diplômée, pas sur-diplômée, qui ne s’en tire pas si mal que ça, change de boulot pour cause de bougeotte, tombe parfois sur des cons, des connes et des machos. Pas grand chose de ce livre n’est resté gravé dans mon souvenir (car bien sûr, j’ai perdu le livre – il est si petit!). Serait-ce qu’il manque de caractère, ou que je n’ai pas su lui en trouver?

Je retiens surtout cela: le récit est raconté à la deuxième personne du pluriel. Vous. Voyons, je connais trois auteurs qui usent de ce procédé:

  • Georges Perec, me semble-t-il, dans le bouquin qui se passe dans le train Paris-Rome. Damned, je ne retrouve pas le titre, ça se trouve c’est même pas de lui. N’empêche, j’avais trouvé le bouquin carrément bien.
  • Nicole de Buron dans tous ses romans, d’ailleurs quand j’en ai lu un je les ai tous lu, mais ça repose et, éventuellement, ça me fait rire.
  • Mais surtout Michèle Rader, parce qu’elle a écrit Maman au secours!, qu’elle a édité chez Manuscrit.com, et j’aime beaucoup son oeuvre, vraiment, pas juste parce qu’elle écrit à la deuxième personne du pluriel. Interview. Livre.

Bien. Finalement, je retiens de ce livre qu’il m’a donné envie de relire Perec et Rader. Pas mal, en fait.

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