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Archives pour 12/05/2010

Dr. Folamour ou comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe, par Stanley Kubrick (1963)

La version française de l'affiche du film de Kubrick, sorti en 1963. Le contexte de la Guerre froide est clairement apparent: le globe enveloppé du drapeau des Etats-Unis et de l'URSS, les bombardiers et le fameux téléphone rouge qui reliait la Maison Blanche au Kremlin (source: ozap.com)

Synopsis:

Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d’empoisonner l’eau potable des États-Unis, lance sur l’URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d’isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des Etats-Unis, convoque l’état-major militaire dans la salle d’opérations du Pentagone et tente de rétablir la situation. (source: allocine.fr)

Bande-annonce (en VO):

Image de prévisualisation YouTube

Contexte:

Le film est produit en 1963, un an après la crise des missiles de Cuba (1962) une des crises les plus chaudes de la Guerre froide puisque cette année-là on a frôlé de très près l’affrontement nucléaire entre les Etats-Unis et l’URSS. Nikita Khrouchtchev, dirigeant de l’URSS, avait décidé d’installer des missiles nucléaires sur l’île de Cuba pour défendre les intérêts de son allié, Fidel Castro, qui a pris le pouvoir lors de la révolution de 1959. Les américains voulait renverser le régime castriste car ils avaient d’importants intérêts économiques sur l’île du temps de la dictature de Batista et voulait aussi protéger l’Amérique de la propagation des doctrines soviétiques.
La peur du nucléaire, aussi appelé équilibre de la terreur, est à son paroxysme depuis 1949 (date à laquelle l’URSS se dote à son tour de l’arme nucléaire) et aux Etats-Unis le publicités pour les abris anti-atomiques se multiplient.
Le président John F. Kennedy lui-même évoque la gravité de la situation en novembre 1961, à la tribune des Nations Unies:
« Aujourd’hui chaque habitant de cette planète doit envisager le jour où cette planète ne sera plus vivable. Chaque homme, chaque femme et chaque enfant vit sous le coup d’une épée de Damoclès atomique, suspendue par le plus fin des fils, susceptible d’être coupé à n’importe quel moment par accident, erreur ou folie. Les armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. »

La crise de Cuba à fait comprendre aux deux Grands de la nécessité de dialoguer pour éviter LA catastrophe: c’est le début de la Détente et du processus de désarmement nucléaire (toujours en cours comme en témoigne le récent traité signé entre Barack Obama et Dimitri Medvedev).

Intérêt historique du film:

Le film est une caricature cruelle des relations entre l’URSS et les Etats-Unis aux débuts des années 1960. Le principal acteur du film, Peter Sellers (qui joue 3 personnages dans le film: le président des Etats-Unis, le Docteur Folamour et le colonel Mandrake), est d’ailleurs l’un des meilleurs acteurs comiques de sa génération.

Comme dans toute caricature, il y a toujours un peu de vrai… La folie de la course aux armements, les malentendus et la communication très difficile entre les deux Grands, les relations douteuses entre les Etats-Unis et les scientifiques qui avaient servi sous le régime nazi d’Hitler (c’est le personnage du Docteur Folamour), le peu d’importance accordé au peuple (il n’intervient à aucun moment dans le film) face à la suprématie de l’armée sont autant de thèmes qui sont ancrés dans l’histoire de la Guerre froide.

Ci-dessous une des scènes d’anthologie du film dans laquelle le président américain tente d’expliquer (grâce au fameux téléphone rouge qui reliait bel et bien le Kremlin à la Maison Blanche) la situation, extrêment grave, à son homologue soviétique, complètement ivre:

Scène du dialogue entre les deux présidents (en VOSTFR):

http://www.dailymotion.com/video/x2exmm

Filmographie de Stanley Kubrick (1928-1999)

Autoportrait de Kubrick à la fin des années 1940 (source:Drama and Shadows: Photographs 1945-1950. Phaidon Press)

1957 = Les sentiers de la gloire (sur les mutineries pendant la 1ère GM, avec Kirk Douglas)

1960 = Spartacus (sur l’esclave qui se révolta contre Rome, avec Kirk Douglas)

1962 = Lolita (les aventure amoureuses, et scandaleuses, d’un cinquantenaire et d’une jeune fille de 15 ans)

1964 = Dr Folamour (la guerre froid e et l’équilibre de la terreur)

1968 = 2001, l’Odysée de l’espace (oeuvre de science-fiction; complexe mais incontournable)

1971 = Orange mécanique (ultra-violence juvénile, urbanisation et conditionnement; un regard froid et aceberbe sur la société)

1975 = Barry Lyndon (film d’époque: le XVIIIè siècle européen entre grandeur et décadence de la vie d’un courtisan)

1980 = The Shining (adaptation du terrible roman de Stephen King…la meilleure adaptation car King fut écarté de l’écriture du scénario dit la légende…)

1987 = Full Metal Jacket (la guerre du Vietnam, de la formation des marines aux horreurs de la guerre)

1999 = Eyes Wide Shut (son dernier film, avec Nicole Kidman et Tom Cruise)

Liens:

Analyse du film sur dvdclassik.com

kubrick.fr, site en français consacré au réalisateur américain.

Le mur de Berlin (1961-1989)

Le mur de Berlin en 1986 (source: wikimedia commons)

Le mur de Berlin fut construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par les autorités de la RDA, sur ordres de Moscou.

L’objectif des communistes était de stopper le flux de départs des Ossies vers l’Ouest (plus de 2 millions de départs entre 1949 et 1961, 200 000 pour la seule année 1960).

Le mur faisait 155 km de long et était haut de 3,60 mètres. Il était sous la surveillance de 7 régiments de 1000 à 2000 hommes qui n’hésitaient pas à faire feux contre ceux qui osaient tenter de franchir le mur: il y a eu entre 1000 et 1500 morts et plus de 75 000 personnes arrêtées et jugées, considérées comme des « déserteurs de la république ».

En juin 1963, John Fitzgerald Kennedy, président des Etats-Unis, vient à Berlin en tant que leader du monde libre. Il prononce un discours célèbre qui dénonce le système communiste et dont on peut retenir deux phrases:

« Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir »

« Ich bin ein Berliner » (à écouter ici: jfk, ich bin ein berliner, 1963)

Le 9 novembre 1989, de façon un peu inattendue et surtout très rapide, le mur tombe.

Le 9 novembre 2009, les dirigeants du monde entier se réunissent à Berlin pour célébrer le 20ème anniversaire qui symbolise la défaite et bientôt la disparition du système soviétique.

A cette occasion, le site internet du journal Le Monde proposait un « web documentaire » exceptionnel qui retrace toute l’histoire du mur et offre des extraits des actualités de l’époque. A voir absolument en cliquant sur l’image ci-dessous:

Grafitti du mur de Berlin. On y voit une Trabant (le seul modèle de voiture commercialisé en RDA) traverser le mur, la plaque minéralogique rappelle la date de la chute de ce symbole de la Guerre froide (auteur: Bogdangiusca, source: wikimedia commons)