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Archives pour 01/2011

La place de l’Eglise, le cours (5è)

Pour ceux qui voudraient retravailler les documents vus en classe:

Cliquez sur l'image pour afficher les documents, vous pourrez ensuite les imprimer et/ou les télécharger (D. Villafruela, wikimedia commons)

L’abbé Suger de Saint-Denis et l’art gothique


La statue de l'abbé Suger (1080-1151) devant l'abbaye Saint-Bertin à Saint-Omer, ville dans laquelle serait né "l'inventeur du gothique". (photo de Matthieu Debailleul)

On fait souvent de l’abbé Suger de Saint-Denis l’inventeur du style gothique. Il est plutôt celui qui a fait le succès de ce style architectural qui s’est propagé pendant quatre cents ans dans l’Europe occidentale, du XIIème au XVème siècles.

Les différents éléments qui symbolisent l’art gothique existaient en effet avant que Suger ne décide de reconstruire l’église abbatiale de Saint-Denis (au nord de Paris, la ville du Stade de France aujourd’hui).  L’art gothique trouve sa source dans l’art roman! La voûte en croisée d’ogives a été expérimentée au XIème siècle dans la cathédrale de Dunham (Angleterre),  on trouvait des façades harmoniques (deux tours, un portail et une rosace) à Coutances et à Bayeux (en Normandie, au nord de la France), les premiers arcs-boutants symbole par excellence du style gothique sont présents, sous une forme primitive, sur la basilique Sainte-Marie-Madeleine-de-Vezelay en Bourgogne, dont la construction débute en 1120. De plus, il faut rappeler que l’abbé Suger s’inspire directement de la cathédrale de Sens dont les travaux de rénovation démarrent en 1135 soit cinq années avant ceux de Saint-Denis.

La basilique de Vézelay de style roman "flamboyant" (le plus riche en techniques architecturales et le plus tardif) et les premiers arc-boutants. (photo de Jean-Pol GRANDMONT)

Le génie de Suger est d’avoir réuni ces trouvailles techniques et surtout d’avoir donner un sens spirituel aux innovations architecturales. Le but de Suger est de faire des églises des écrins de lumière. Il s’appuyait pour cela sur la Bible qui dit que « Dieu est lumière », il paraissait donc contradictoire que les églises, maisons de Dieu pour les chrétiens, soient si exiguës et si sombres. La lumière devait entrer dans l’église par de grandes fenêtres, les vitraux. Les vitraux sont de fragiles mais sublimes supports à la liturgie. L’abbé voulait aussi de la lumière pour que les fidèles puissent admirer les précieuses reliques qu’abritaient la basilique, notamment celles des rois de France de la dynastie des Mérovingiens (si, si, vous savez celle de Dagobert Ier, roi des Francs de 629 à 639) et des premiers Capétiens!

La rosace de Saint-Denis (photo de Sailko)

Le choeur de la basilique de Saint-Denis, baigné de lumière (photo de MOSSOT)

Détail d'un vitrail de la basilique de Saint-Denis représentant l'abbé Suger (photo de Acoma)

Les gisants de Saint-Denis, impressionnantes tombes des rois de France et des grandes personnalités du royaume. De nombreuses sépultures ont été pillées pendant la Révolution française (photo de Rita1234)

Ce qui fait la renommée de Suger c’est aussi le retentissement de l’inauguration en grande pompe de la nouvelle basilique de Saint-Denis. En 1144, le roi de France et de nombreux évêques découvrent avec émerveillement la nouvelle apparence de cette église déjà très importante dans le royaume. Le prestige de Saint-Denis est immense, de par sa relation privilégiée avec le pouvoir royal (elle est la nécropole officielle) et de la renommée de saint Denis, premier évêque de Paris, qui serait mort en martyr, en 272, sur le site  de la basilique.

Un documentaire reconstitue, assez fidèlement, cette page de l’histoire:

Image de prévisualisation YouTube

Précision lexicale:

Le mot « gothique » n’est utilisé qu’à partir de la période de la Renaissance (fin XVème-début XVIIème siècles), avant on parlait de « style ogival » ou même de « style français ». Les hommes de la Renaissance, utilise ce terme péjoratif pour dénigrer un art qu’ils considèrent comme barbare, « à peine digne des Goths » (peuple germanique du IIIème siècle).

Source: herodote.net

Pour aller plus loin:

Le site Saint-Denis, une ville au Moyen Âge qui offre de très belles reconstitutions (cliquez ci-dessous):

Maquette de la basilique telle qu'elle était au XIXème siècle avant la destruction volontaire de la flèche (photo de Arnaud 25)

La basilique de Saint-Denis sur Wikimedia Commons, puits de photos libres de droits (toutes les photos de l’article en sont issues):

La basilique de Saint-Denis aujourd'hui (photo de Arnaud 25)

Pour écrire cet article je me suis beaucoup inspiré d’un article de François GIRON sur le site de l’hebdomadaire Le Point intitulé « Abbatiale de Saint-Denis: La mèche qui provoque l’explosion gothique » publié le 30 mars 2006. (c’est ce qui s’appelle citer ses sources!)

Amiens, une cathédrale en couleurs

Au XIIIème siècle, les bandes-dessinées de l'Eglise étaient en couleurs (source: wikimedia commons)

Pour prolonger le cours sur la place de l’Eglise dans l’occident médiéval, je vous propose de visionner ce court reportage sur la cathédrale d’Amiens qui a retrouvé ses couleurs passées grâce aux technologies modernes:

http://www.dailymotion.com/video/xfdxwv

En cliquant sur l’image ci-dessous vous pourrez voir une collection d’images libres de droits sur le même sujet:

Une collection d'images signées Vassil sur Wikimedia Commons

Enfin, pour les inconditionnels, le site de la cathédrale d’Amiens qui offre des photos magnifiques mais qui nécessite l’installation d’un petit logiciel pour les découvrir. Demandez l’autorisation de vos parents avant!

Cliquez sur l’image ci-dessous pour aller sur ce site:

auteur: Vassil, wikimedia commons

Au fait, la cathédrale d’Amiens est-elle de style gothique ou roman?

L’église abbatiale de Conques

Quelques sites indispensables pour compléter la fiche d’étude du tympan de l’église de Conques et du reliquaire de sainte Foy.

Ils sont classés par ordre d’importance.

Cliquez sur les images pour y accéder.

1. Une animation flash pour découvrir tous les recoins du tympan du Jugement dernier

(par Ticeman01 sur cyberhistoiregeo.com)

Le tympan de l'église de Conques by Jean-Pol GRANDMONT (wikimedia commons)

2. Visite virtuelle de l’église (le tympan et le trésor)

Vue plongeante sur l'abbatiale par D. Villafruela (wikimedia commons)

3. Le site de l’office de tourisme de Conques (rubrique: histoire et patrimoine)

Le reliquaire de sainte Foy, pièce maîtresse du trésor de l'abbaye de Conques (domaine public)

L’Internationale, hymne du combat ouvrier

Dessin de Grandjouan, « 1er mai », L’Assiette au beurre, 28/4/1906
Je vous ai parlé de la naissance de la question sociale et du combat ouvrier pour faire valoir leurs droits. Voici une petite histoire d’un des hymnes de cette lutte: l’Internationale.A l’origine, il s’agit d’un poème écrit par Eugène Pottier, en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris. Il était destiné à être chanté sur l’air de La Marseillaise. La musique de L’Internationale a été composée ultérieurement par Pierre de Geyter en 1888.La Commune désigne le gouvernement municipal parisien élu en mars 1871. Composé de républicains et de socialistes révolutionnaires, il s’oppose au gouvernement royaliste installé. Le mouvement est réprimé par l’armée fin mai (30 000 morts!).

L’Internationale devient l’hymne des travailleurs et du mouvement. Traditionnellement ceux qui le chantent lèvent le bras en fermant le poing.

L’Association internationale des travailleurs est le nom officiel de l’organisation également connue sous le nom de 1ère Internationale, fondée le 28 septempbre 1864 à Londres. Dans ses statuts de 1864 (rédigés par Karl Marx), l’A.I.T. affirme que « l’émancipation des travailleurs doit être l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » et déclare agir « pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat« . Quant aux socialistes révolutionnaires, ils fondèrent en 1889 une 2ème Internationale, puis les communistes une 3ème Internationale en 1919 et les trotskystes une 4ème internationale en 1938.

L’Internationale n’est pas chantée que par les communistes mais aussi (dans beaucoup de pays) par les socialistes ou des sociaux-démocrates. Ce fut également l’hymne de ralliement des étudiants et des travailleurs sur la place Tian’anmen (Chine) en 1989.

Elle fut l’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944 et est toujours l’hymne de la majorité des organisations socialistes de tendance marxiste ou communiste, dans une version la plupart du temps expurgée (les couplets les plus « violents » ne sont pas chantés)

Dans de nombreux pays d’Europe, ce chant a été illégal durant des années du fait de son image communiste et anarchiste et des idées dont elle faisait l’apologie.

source: wikipedia, article « L’internationale »


Manifestation en 1936, année du Front Populaire


Découvrez la playlist l’internationale avec Lilith Duo

Un site propose plus de 40 versions de l’Internationale à télécharger (je vous conseille notamment celle signée Monsieur R., un rappeur belge que certains d’entre vous connaissent peut-être…): c’est ICI.

Les paroles de l’Internationale (Pottier/Degeyter)

Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim!
La raison tonne en son cratère
C’est l’éruption de la fin.
Du passe faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout!

C’est la lutte finale

Groupons-nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain!

Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud.

L’état comprime et la loi triche
L’impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s’impose au riche
Le droit du pauvre est un mot creux
C’est assez, languir en tutelle
L’égalité veut d’autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits.

Hideux dans leur apothéose
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a crée s’est fondu
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l’air, et rompons les rangs
S’ils s’obstinent, ces cannibales
A faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs
La terre n’appartient qu’aux hommes
L’oisif ira loger ailleurs
Combien, de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours.