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Archives pour 19/01/2011

L’Internationale, hymne du combat ouvrier

Dessin de Grandjouan, « 1er mai », L’Assiette au beurre, 28/4/1906
Je vous ai parlé de la naissance de la question sociale et du combat ouvrier pour faire valoir leurs droits. Voici une petite histoire d’un des hymnes de cette lutte: l’Internationale.A l’origine, il s’agit d’un poème écrit par Eugène Pottier, en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris. Il était destiné à être chanté sur l’air de La Marseillaise. La musique de L’Internationale a été composée ultérieurement par Pierre de Geyter en 1888.La Commune désigne le gouvernement municipal parisien élu en mars 1871. Composé de républicains et de socialistes révolutionnaires, il s’oppose au gouvernement royaliste installé. Le mouvement est réprimé par l’armée fin mai (30 000 morts!).

L’Internationale devient l’hymne des travailleurs et du mouvement. Traditionnellement ceux qui le chantent lèvent le bras en fermant le poing.

L’Association internationale des travailleurs est le nom officiel de l’organisation également connue sous le nom de 1ère Internationale, fondée le 28 septempbre 1864 à Londres. Dans ses statuts de 1864 (rédigés par Karl Marx), l’A.I.T. affirme que « l’émancipation des travailleurs doit être l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes » et déclare agir « pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat« . Quant aux socialistes révolutionnaires, ils fondèrent en 1889 une 2ème Internationale, puis les communistes une 3ème Internationale en 1919 et les trotskystes une 4ème internationale en 1938.

L’Internationale n’est pas chantée que par les communistes mais aussi (dans beaucoup de pays) par les socialistes ou des sociaux-démocrates. Ce fut également l’hymne de ralliement des étudiants et des travailleurs sur la place Tian’anmen (Chine) en 1989.

Elle fut l’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944 et est toujours l’hymne de la majorité des organisations socialistes de tendance marxiste ou communiste, dans une version la plupart du temps expurgée (les couplets les plus « violents » ne sont pas chantés)

Dans de nombreux pays d’Europe, ce chant a été illégal durant des années du fait de son image communiste et anarchiste et des idées dont elle faisait l’apologie.

source: wikipedia, article « L’internationale »


Manifestation en 1936, année du Front Populaire


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Un site propose plus de 40 versions de l’Internationale à télécharger (je vous conseille notamment celle signée Monsieur R., un rappeur belge que certains d’entre vous connaissent peut-être…): c’est ICI.

Les paroles de l’Internationale (Pottier/Degeyter)

Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim!
La raison tonne en son cratère
C’est l’éruption de la fin.
Du passe faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout!

C’est la lutte finale

Groupons-nous, et demain

L’Internationale

Sera le genre humain!

Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud.

L’état comprime et la loi triche
L’impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s’impose au riche
Le droit du pauvre est un mot creux
C’est assez, languir en tutelle
L’égalité veut d’autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits.

Hideux dans leur apothéose
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a crée s’est fondu
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l’air, et rompons les rangs
S’ils s’obstinent, ces cannibales
A faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs
La terre n’appartient qu’aux hommes
L’oisif ira loger ailleurs
Combien, de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours.