Archive

Archives pour la catégorie ‘La Guerre froide (1945-1991)’

Je publie mon travail sur le web (évaluation compétence 4 du socle commun)

La compétence 4: La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication

source: Eduscol

La culture numérique implique l’usage sûr et critique des techniques de la société de l’information. Il s’agit de l’informatique, du multimédia et de l’internet, qui désormais irriguent tous les domaines économiques et sociaux.

Ces techniques font souvent l’objet d’un apprentissage empirique hors de l’école. Il appartient néanmoins à celle-ci de faire acquérir à chaque élève un ensemble de compétences lui permettant de les utiliser de façon réfléchie et plus efficace.

Les connaissances et les capacités exigibles pour le B2i collège (Brevet informatique et internet) correspondent au niveau requis pour le socle commun. Elles sont acquises dans le cadre d’activités relevant des différents champs disciplinaires.

Pour résumer: la compétence 4, c’est le B2i!

Les items de la compétence 4:

Objectif de la séance (30 minutes):

Publier un devoir écrit sur internet.

Consigne:

Pour aujourd’hui vous deviez rédiger un texte pour expliquer en quoi la ville de Berlin était un symbole de la Guerre froide.

Utilisez un logiciel libre pour créer un document texte dans lequel vous mettrez proprement en page votre travail.

Ce document devra être enregistré dans le dossier du réseau du collège puis publié, sous votre nom, dans un article sur le blog « L’atelier de l’Astrolabe ».

Il existe de très nombreuses images du mur de Berlin libres de droit, intégrez-en une dans votre travail en la présentant correctement.

Quand vous aurez terminé vous posterez un commentaire sous cet article pour me prévenir, en vous identifiant correctement.

Travaillez bien!

Le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin a été célébré en grande pompe le 9 novembre 2009. Pour l'occasion, Manuel Barrosso, alors président de la commission européenne, a fait tomber les dominos qui avaient décorés par des artistes de divers horizons. (photo de Kilohn limahn, 7/11/2009, wikimedia commmons)

Le « domino day » berlinois en vidéo:

Image de prévisualisation YouTube

Mikhaïl Gorbatchev par Renaud

Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1985 à Genève en Suisse (source: Ronald Reagan Presidential Library)

Biographie:

Né en 1931 dans le Caucase, il adhère au parti communiste en 1952. Notons et c’est important qu’il n’a pas fait la guerre de 39-45: sa lecture des choses et notamment de la question allemande est réellement différente de celle de ses prédécesseurs. Il est spécialisé dans les questions agricoles et il prend conscience avec son ami et mentor Iouri Andropov, chef du KGB et de l’URSS, du retard pris par l’URSS en matière économique et industrielle. Quand Gorbatchev lui succède à la tête du PCUS il a 54 ans (un vent de jeunesse). Margaret Tatcher (GB) et François Mitterand (Fr) sont confiants alors que Reaggan (EU) et Khol (RFA) sont plus pessimistes mais aucun d’entre eux n’imaginent ce qui va se passer.

Dès son arrivée au pouvoir il se lance dans les réformes et accélère le retour de la Détente (nécessaire aux réformes comme Khrouchtchev en son temps) : Arms Control en 1985, traité de désarmement nucléaire en 1987 à Washington avec Reagan, il retire aussi ses troupes d’Afghanistan en 1988 (le Vietnam de l’URSS).

Il ouvre aussi une nouvelle diplomatie en Europe, fondée sur les négociations bilatérales (entre deux pays) qui dépassent la logique des blocs. Il est donc plus souple avec l’opposition dans les démocraties populaires (on peut parler de laisser-faire). Il le fait en toute confiance car il ne pense pas que tous les pays d’Europe de l’Est tourneraient le dos au communisme. Début 1989, il se permet même de dire, lors d’un voyage en Chine, qu’il y a trop de mur dans le monde!

Au niveau national, il lance une nouvelle politique incarnée par la Perestroïka et la Glasnost (voir cours).

Ce personnage est reconnu pour ses qualités: il est « homme de l’année » du Times en 1987, puis homme de la décennie en 1989 et enfin obtient le Prix Nobel de la Paix en 1990.

Gorbatchev avait voulu réformer un système sclérosé, il a signé la fin de l’URSS! Il démissionne de son poste le 25 décembre 1991 et avec son départ c’est une page d’histoire qui se tourne.

En1992, le chanteur Renaud lui consacra une chanson.

Image de prévisualisation YouTube

Contexte de la chanson:

« Gorby » est ici un prétexte pour une critique en règle de la société française du début des années 1990. Gorbatchev est ici décrit comme un héros malgré lui, qui a fait tombé le mur de Berlin, mais qui continue d’incarner l’URSS et ses méthodes totalitaires, tendances léninistes, qui, selon Renaud, ne ferait pas de mal à une France qui va mal, corrompue par le capitalisme et tous ses excès (Big Brother, Bernard Tapie entre autres). Renaud finit sur une petite blague: si les chars de Borgy débarquaient à Paris, ils ne voudraient surement pas rester!

Cette chanson est sortie sur la face B du single La ballade nord-irlandaise (très bonne chanson au passage) et reprend la musique des Dimanches à la con. Ces deux dernières chansons figurent sur l’album Marchand de cailloux, en 1991.

Paroles:

Welcome Gorby

(Renaud Séchan, 1992)

Il est pas né le mec qui m’f’ra
Dire qu’j’ai d’la tendresse pour les rois
Ou pour les chefs
Z’ont tous mérité dans l’histoire
Les foudres de mon encre noire
Mais Gorbatchev
Est un p’tit bonhomme épatant
Contre qui je n’ai pour l’instant
Aucun grief
Personne méritait plus que lui
L’prix Nobel de la pénurie
Et de la dèche

Welcome Gorby, bienv’nue ici
Où on est quelques-uns, je crois
Un copain à moi et pi moi
A espérer
Que tu vas v’nir avec tes blindés
Nous délivrer

T’as fait tomber le mur de Berlin
Si tu sais pas quoi faire des parpaings
Pour ta gouverne
Y’a d’la place ici, mon pépère
Autour de tous les ministères
Toutes les casernes
ça évit’ra qu’le populo
Un jour nous pende tous ces barjots
A la lanterne
Quoiqu’ pour une fois ça s’rait justice
De contempler ces pauvres sinistres
La gueule en berne

Ici y’a des chaînes à briser
Commence par les chaînes de télé
Ca serait Byzance
Que tu nous débarrasses un peu
De ce « Big Brother » de mes deux
J’te fais confiance
Tu pourras aussi liquider
Les radios FM à gerber
Qui nous balancent
De nos chanteurs hydrocéphales
Et de leur poésie fécale
Toute l’indigence

Welcome Gorby, bienv’nue ici
Où on est quelques-uns, je crois
Un copain à moi et pi moi
A espérer
Que tu vas v’nir avec ton armée
Tout balayer

Tu peux construire, si tu t’amènes
Quelques goulags au bord de la Seine
De toute urgence
Ici y’a un paquet d’nuisibles
Qui nous font péter les fusibles
De la conscience
Des BHL et des Foucault
Pas l’philosophe, non, l’autre idiot
Des Dorothées
Fort sympathiques au demeurant
Je dirais plus exactement
Aux demeurés

Welcome Gorby, bienv’nue ici
Où on est quelques-uns, je crois
Un copain à moi et pi moi
A espérer
Que tu vas v’nir claquer l’beignet
A ces tarés

On a ici, c’est bien pratique
Quelques hôpitaux psychiatriques
Qu’tu peux vider
Pour y foutre les psychanalystes
Les députés, les journalistes
Et les Musclés
Ca va te faire un sacré boulot
Mais si tu veux des collabos
Faut pas t’miner
Tu sais, à part dans mon public
En chaque français sommeille un flic
T’as qu’à piocher

Si t’en as marre du communisme
J’te raconte pas l’capitalisme
Comme c’est l’panard
Comment on est manipulés,
Intoxiqués, fichés, blousés
Par ces connards
Viens donc contempler nos idoles
Elles sont un peu plus Rock and Roll
Que ton Lénine
Bernard Tapie et Anne Sinclair
‘vec ça tu comprends qu’not’misère
Soit légitime

Welcome Gorby, bienv’nue ici
Où on est quelques-uns, je crois
Un copain à moi et pi moi
A espérer
Que tu vas v’nir éliminer
Nos enfoirés

Welcome Gorby, bienv’nue ici
Où on est quelques-uns, je crois
Un copain à moi et pi moi
A supposer
Que si tu v’nais avec tes blindés
Y voudraient sûr’ment pas rester …


Dr. Folamour ou comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe, par Stanley Kubrick (1963)

La version française de l'affiche du film de Kubrick, sorti en 1963. Le contexte de la Guerre froide est clairement apparent: le globe enveloppé du drapeau des Etats-Unis et de l'URSS, les bombardiers et le fameux téléphone rouge qui reliait la Maison Blanche au Kremlin (source: ozap.com)

Synopsis:

Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d’empoisonner l’eau potable des États-Unis, lance sur l’URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d’isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des Etats-Unis, convoque l’état-major militaire dans la salle d’opérations du Pentagone et tente de rétablir la situation. (source: allocine.fr)

Bande-annonce (en VO):

Image de prévisualisation YouTube

Contexte:

Le film est produit en 1963, un an après la crise des missiles de Cuba (1962) une des crises les plus chaudes de la Guerre froide puisque cette année-là on a frôlé de très près l’affrontement nucléaire entre les Etats-Unis et l’URSS. Nikita Khrouchtchev, dirigeant de l’URSS, avait décidé d’installer des missiles nucléaires sur l’île de Cuba pour défendre les intérêts de son allié, Fidel Castro, qui a pris le pouvoir lors de la révolution de 1959. Les américains voulait renverser le régime castriste car ils avaient d’importants intérêts économiques sur l’île du temps de la dictature de Batista et voulait aussi protéger l’Amérique de la propagation des doctrines soviétiques.
La peur du nucléaire, aussi appelé équilibre de la terreur, est à son paroxysme depuis 1949 (date à laquelle l’URSS se dote à son tour de l’arme nucléaire) et aux Etats-Unis le publicités pour les abris anti-atomiques se multiplient.
Le président John F. Kennedy lui-même évoque la gravité de la situation en novembre 1961, à la tribune des Nations Unies:
« Aujourd’hui chaque habitant de cette planète doit envisager le jour où cette planète ne sera plus vivable. Chaque homme, chaque femme et chaque enfant vit sous le coup d’une épée de Damoclès atomique, suspendue par le plus fin des fils, susceptible d’être coupé à n’importe quel moment par accident, erreur ou folie. Les armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. »

La crise de Cuba à fait comprendre aux deux Grands de la nécessité de dialoguer pour éviter LA catastrophe: c’est le début de la Détente et du processus de désarmement nucléaire (toujours en cours comme en témoigne le récent traité signé entre Barack Obama et Dimitri Medvedev).

Intérêt historique du film:

Le film est une caricature cruelle des relations entre l’URSS et les Etats-Unis aux débuts des années 1960. Le principal acteur du film, Peter Sellers (qui joue 3 personnages dans le film: le président des Etats-Unis, le Docteur Folamour et le colonel Mandrake), est d’ailleurs l’un des meilleurs acteurs comiques de sa génération.

Comme dans toute caricature, il y a toujours un peu de vrai… La folie de la course aux armements, les malentendus et la communication très difficile entre les deux Grands, les relations douteuses entre les Etats-Unis et les scientifiques qui avaient servi sous le régime nazi d’Hitler (c’est le personnage du Docteur Folamour), le peu d’importance accordé au peuple (il n’intervient à aucun moment dans le film) face à la suprématie de l’armée sont autant de thèmes qui sont ancrés dans l’histoire de la Guerre froide.

Ci-dessous une des scènes d’anthologie du film dans laquelle le président américain tente d’expliquer (grâce au fameux téléphone rouge qui reliait bel et bien le Kremlin à la Maison Blanche) la situation, extrêment grave, à son homologue soviétique, complètement ivre:

Scène du dialogue entre les deux présidents (en VOSTFR):

http://www.dailymotion.com/video/x2exmm

Filmographie de Stanley Kubrick (1928-1999)

Autoportrait de Kubrick à la fin des années 1940 (source:Drama and Shadows: Photographs 1945-1950. Phaidon Press)

1957 = Les sentiers de la gloire (sur les mutineries pendant la 1ère GM, avec Kirk Douglas)

1960 = Spartacus (sur l’esclave qui se révolta contre Rome, avec Kirk Douglas)

1962 = Lolita (les aventure amoureuses, et scandaleuses, d’un cinquantenaire et d’une jeune fille de 15 ans)

1964 = Dr Folamour (la guerre froid e et l’équilibre de la terreur)

1968 = 2001, l’Odysée de l’espace (oeuvre de science-fiction; complexe mais incontournable)

1971 = Orange mécanique (ultra-violence juvénile, urbanisation et conditionnement; un regard froid et aceberbe sur la société)

1975 = Barry Lyndon (film d’époque: le XVIIIè siècle européen entre grandeur et décadence de la vie d’un courtisan)

1980 = The Shining (adaptation du terrible roman de Stephen King…la meilleure adaptation car King fut écarté de l’écriture du scénario dit la légende…)

1987 = Full Metal Jacket (la guerre du Vietnam, de la formation des marines aux horreurs de la guerre)

1999 = Eyes Wide Shut (son dernier film, avec Nicole Kidman et Tom Cruise)

Liens:

Analyse du film sur dvdclassik.com

kubrick.fr, site en français consacré au réalisateur américain.

Le mur de Berlin (1961-1989)

Le mur de Berlin en 1986 (source: wikimedia commons)

Le mur de Berlin fut construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par les autorités de la RDA, sur ordres de Moscou.

L’objectif des communistes était de stopper le flux de départs des Ossies vers l’Ouest (plus de 2 millions de départs entre 1949 et 1961, 200 000 pour la seule année 1960).

Le mur faisait 155 km de long et était haut de 3,60 mètres. Il était sous la surveillance de 7 régiments de 1000 à 2000 hommes qui n’hésitaient pas à faire feux contre ceux qui osaient tenter de franchir le mur: il y a eu entre 1000 et 1500 morts et plus de 75 000 personnes arrêtées et jugées, considérées comme des « déserteurs de la république ».

En juin 1963, John Fitzgerald Kennedy, président des Etats-Unis, vient à Berlin en tant que leader du monde libre. Il prononce un discours célèbre qui dénonce le système communiste et dont on peut retenir deux phrases:

« Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir »

« Ich bin ein Berliner » (à écouter ici: jfk, ich bin ein berliner, 1963)

Le 9 novembre 1989, de façon un peu inattendue et surtout très rapide, le mur tombe.

Le 9 novembre 2009, les dirigeants du monde entier se réunissent à Berlin pour célébrer le 20ème anniversaire qui symbolise la défaite et bientôt la disparition du système soviétique.

A cette occasion, le site internet du journal Le Monde proposait un « web documentaire » exceptionnel qui retrace toute l’histoire du mur et offre des extraits des actualités de l’époque. A voir absolument en cliquant sur l’image ci-dessous:

Grafitti du mur de Berlin. On y voit une Trabant (le seul modèle de voiture commercialisé en RDA) traverser le mur, la plaque minéralogique rappelle la date de la chute de ce symbole de la Guerre froide (auteur: Bogdangiusca, source: wikimedia commons)