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Articles taggués ‘religions’

La place de l’Eglise, le cours (5è)

Pour ceux qui voudraient retravailler les documents vus en classe:

Cliquez sur l'image pour afficher les documents, vous pourrez ensuite les imprimer et/ou les télécharger (D. Villafruela, wikimedia commons)

L’abbé Suger de Saint-Denis et l’art gothique


La statue de l'abbé Suger (1080-1151) devant l'abbaye Saint-Bertin à Saint-Omer, ville dans laquelle serait né "l'inventeur du gothique". (photo de Matthieu Debailleul)

On fait souvent de l’abbé Suger de Saint-Denis l’inventeur du style gothique. Il est plutôt celui qui a fait le succès de ce style architectural qui s’est propagé pendant quatre cents ans dans l’Europe occidentale, du XIIème au XVème siècles.

Les différents éléments qui symbolisent l’art gothique existaient en effet avant que Suger ne décide de reconstruire l’église abbatiale de Saint-Denis (au nord de Paris, la ville du Stade de France aujourd’hui).  L’art gothique trouve sa source dans l’art roman! La voûte en croisée d’ogives a été expérimentée au XIème siècle dans la cathédrale de Dunham (Angleterre),  on trouvait des façades harmoniques (deux tours, un portail et une rosace) à Coutances et à Bayeux (en Normandie, au nord de la France), les premiers arcs-boutants symbole par excellence du style gothique sont présents, sous une forme primitive, sur la basilique Sainte-Marie-Madeleine-de-Vezelay en Bourgogne, dont la construction débute en 1120. De plus, il faut rappeler que l’abbé Suger s’inspire directement de la cathédrale de Sens dont les travaux de rénovation démarrent en 1135 soit cinq années avant ceux de Saint-Denis.

La basilique de Vézelay de style roman "flamboyant" (le plus riche en techniques architecturales et le plus tardif) et les premiers arc-boutants. (photo de Jean-Pol GRANDMONT)

Le génie de Suger est d’avoir réuni ces trouvailles techniques et surtout d’avoir donner un sens spirituel aux innovations architecturales. Le but de Suger est de faire des églises des écrins de lumière. Il s’appuyait pour cela sur la Bible qui dit que « Dieu est lumière », il paraissait donc contradictoire que les églises, maisons de Dieu pour les chrétiens, soient si exiguës et si sombres. La lumière devait entrer dans l’église par de grandes fenêtres, les vitraux. Les vitraux sont de fragiles mais sublimes supports à la liturgie. L’abbé voulait aussi de la lumière pour que les fidèles puissent admirer les précieuses reliques qu’abritaient la basilique, notamment celles des rois de France de la dynastie des Mérovingiens (si, si, vous savez celle de Dagobert Ier, roi des Francs de 629 à 639) et des premiers Capétiens!

La rosace de Saint-Denis (photo de Sailko)

Le choeur de la basilique de Saint-Denis, baigné de lumière (photo de MOSSOT)

Détail d'un vitrail de la basilique de Saint-Denis représentant l'abbé Suger (photo de Acoma)

Les gisants de Saint-Denis, impressionnantes tombes des rois de France et des grandes personnalités du royaume. De nombreuses sépultures ont été pillées pendant la Révolution française (photo de Rita1234)

Ce qui fait la renommée de Suger c’est aussi le retentissement de l’inauguration en grande pompe de la nouvelle basilique de Saint-Denis. En 1144, le roi de France et de nombreux évêques découvrent avec émerveillement la nouvelle apparence de cette église déjà très importante dans le royaume. Le prestige de Saint-Denis est immense, de par sa relation privilégiée avec le pouvoir royal (elle est la nécropole officielle) et de la renommée de saint Denis, premier évêque de Paris, qui serait mort en martyr, en 272, sur le site  de la basilique.

Un documentaire reconstitue, assez fidèlement, cette page de l’histoire:

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Précision lexicale:

Le mot « gothique » n’est utilisé qu’à partir de la période de la Renaissance (fin XVème-début XVIIème siècles), avant on parlait de « style ogival » ou même de « style français ». Les hommes de la Renaissance, utilise ce terme péjoratif pour dénigrer un art qu’ils considèrent comme barbare, « à peine digne des Goths » (peuple germanique du IIIème siècle).

Source: herodote.net

Pour aller plus loin:

Le site Saint-Denis, une ville au Moyen Âge qui offre de très belles reconstitutions (cliquez ci-dessous):

Maquette de la basilique telle qu'elle était au XIXème siècle avant la destruction volontaire de la flèche (photo de Arnaud 25)

La basilique de Saint-Denis sur Wikimedia Commons, puits de photos libres de droits (toutes les photos de l’article en sont issues):

La basilique de Saint-Denis aujourd'hui (photo de Arnaud 25)

Pour écrire cet article je me suis beaucoup inspiré d’un article de François GIRON sur le site de l’hebdomadaire Le Point intitulé « Abbatiale de Saint-Denis: La mèche qui provoque l’explosion gothique » publié le 30 mars 2006. (c’est ce qui s’appelle citer ses sources!)

Amiens, une cathédrale en couleurs

Au XIIIème siècle, les bandes-dessinées de l'Eglise étaient en couleurs (source: wikimedia commons)

Pour prolonger le cours sur la place de l’Eglise dans l’occident médiéval, je vous propose de visionner ce court reportage sur la cathédrale d’Amiens qui a retrouvé ses couleurs passées grâce aux technologies modernes:

http://www.dailymotion.com/video/xfdxwv

En cliquant sur l’image ci-dessous vous pourrez voir une collection d’images libres de droits sur le même sujet:

Une collection d'images signées Vassil sur Wikimedia Commons

Enfin, pour les inconditionnels, le site de la cathédrale d’Amiens qui offre des photos magnifiques mais qui nécessite l’installation d’un petit logiciel pour les découvrir. Demandez l’autorisation de vos parents avant!

Cliquez sur l’image ci-dessous pour aller sur ce site:

auteur: Vassil, wikimedia commons

Au fait, la cathédrale d’Amiens est-elle de style gothique ou roman?

L’église abbatiale de Conques

Quelques sites indispensables pour compléter la fiche d’étude du tympan de l’église de Conques et du reliquaire de sainte Foy.

Ils sont classés par ordre d’importance.

Cliquez sur les images pour y accéder.

1. Une animation flash pour découvrir tous les recoins du tympan du Jugement dernier

(par Ticeman01 sur cyberhistoiregeo.com)

Le tympan de l'église de Conques by Jean-Pol GRANDMONT (wikimedia commons)

2. Visite virtuelle de l’église (le tympan et le trésor)

Vue plongeante sur l'abbatiale par D. Villafruela (wikimedia commons)

3. Le site de l’office de tourisme de Conques (rubrique: histoire et patrimoine)

Le reliquaire de sainte Foy, pièce maîtresse du trésor de l'abbaye de Conques (domaine public)

Le patrimoine d’Al-Andalus (UNESCO)

Carte d'Al-Andalus sous le règne du calife Add al-Rahman III au Xème siècle (source: wikipédia)

L’expression « al-Andalus » désigne la partie de l’Espagne dominée par les musulmans entre 711 et 1492, date de la chute de Grenade, capitale du dernier royaume musulman de la péninsule ibérique.

Marquée par la dynastie omeyyade qui installa sa capitale à Cordoue à partir de 736, al-Andalus va profondément influencé le patrimoine culturel de cette partie de l’Espagne. Une des principales caractéristiques de cette période est le mélange des cultures et des savoirs juifs, chrétiens et musulmans. La région Andalousie tire aujourd’hui une grande richesse de cette cohabitation et a largement développé son tourisme sur ce thème. Dans de nombreuses villes andalouses on découvre la médina (coeur de la cité, ce mot vient du nom de la ville de Médine en Arabie, lieu saint de l’Islam), une mezquita (mosquée de quartier), les juderias (quartiers juifs), des hammams, des palais (alcazar ou alcazaba).

Trois villes andalouses sont aujourd’hui inscrites au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) et ce sont les monuments « nés » pendant la période d’occupation musulmane qui sont mis en avant. Même si ceux-ci ont ensuite été transformés par les rois chrétiens espagnols (les mosquées furent transformées en églises), l’influence musulmane est omniprésente dans ces trois villes, comme l’illustre les vidéos ci-dessous.

CORDOUE:

« Solidement plantée au coeur de la Vega du Guadalquivir [le grand fleuve en arabe], fertile plaine agricole, Cordoue (Cordoba) est l’une des trois villes phares d’Andalousie. Sous ses apparences de grande dame tranquille, cette ville de 326 000 habitants environ porte encore sur ses vieux murs les traces d’un passé agité et emprunt d’une grandeur légendaire. Tour à tour capitale de la Bétique romaine, du monde hispano-musulman, puis quartier général des Rois Catholiques lors de la Reconquête, Cordoue a toujours joué un rôle essentiel dans l’histoire mouvementée de la région. Mais c’est sous l’ère musulmane, du VIIIè au XIIIè siècle, que Cordoue connu son âge d’or politique, culturel et architectural, dont subsistent des joyaux tels que la mosquée et le site archéologique de la Medina Azahara, ainsi que le tracé tortueux des ruelles de la Juderia »

(source: GeoGuide, Andalousie, 2008)

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GRENADE:

« Blottie au pied de la majestueuse sierra Nevada à 645m. d’altitude, baignée par les eaux du Darro et du Genil, Grenade bénéficie d’un site naturel exceptionnel. Cette ville de contrastes impose d’emblée au visiteur son atmosphère romantique. La silhouette majestueuse de l’Alhambra la rouge et le lacis enchevêtré des ruelles blanches de l’Albaicin rappellent que Grenade fut l’âme du dernier royaume d’al-Andalus. Mais la reconquête par les Rois Catholiques Isabelle et Ferdinand apporta son lot d’édifices chrétiens […] Grenade la musulmane et Grenade la chrétienne se regarde depuis toujours sous l’oeil attendri de Grenade la moderne »

(source: GeoGuide, Andalousie, 2008)

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SÉVILLE:

« Inlassablement convoitée, la cité fut tour à tour aux mains des Phéniciens, des Grecs, des Carthaginois, des Romains, avant que les Maures [nom donné aux musulmans par les chrétiens européens] ne s’y installent au VIIIe siècle. Ils feront de la ville, au cours du XIIe siècle, l’un des joyaux architecturaux européens. L’implantation chrétienne, puis la découverte des Amériques lui donnent un nouvel essor […] Pureté de l’art mauresque, du style mudéjar [musulmans vivants dans les royaumes chrétiens], mélange de gothique et d’art musulman, fraîcheur de l’azulejo, mariage harmonieux de la pierre et du végétal (les jardins), maîtrise de la lumière et de la chaleur (les patios), le charme de Séville est comme les bons vins, il se bonifie avec le temps. »

(source: Le Guide du Routard, Andalousie, 2008)

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Les vidéos ci-dessus sont extraites du site de l’UNESCO consacré au patrimoine mondial de l’humanité. Pour découvrir la liste complète des sites inscrits, cliquez ICI.