Déc 4 2011

Biographe de Staline par Julien T et Antoine T

Publié par 3eantoinet dans 3ème, Histoire      

1. Sa jeunesse : 

Iossif Vissarionovitch Djougachvili (ou Joseph Staline), est né le 18 décembre 1878 à Gori, en Géorgie et il est mort le 5 mars 1953 (à 74 ans) à Moscou. Le père de Staline, Vissarion Djougachvili, était un cordonnier gagnant bien sa vie mais qui devint rapidement alcoolique. Il était originaire d’un village du nord de la Géorgie, Djougha (d’où son nom) ; on dit qu’il avait des origines ossètes. Sa mère, Ekaterina Gavrilovna Gueladzé, était une couturière d’Ossétie. Fervente orthodoxe, abandonnée par son mari, elle pousse son fils vers la prêtrise et finance difficilement ses études.

Après avoir brillamment réussi ses examens, il suit un enseignement secondaire général avec une forte connotation religieuse. Iossif Djougachvili commence alors sa carrière de révolutionnaire sous le surnom de Koba (ours).

2. Son engagement politique et la prise du pouvoir :

Fils d’un paysan géorgien, ancien séminariste, il participe à la révolution d’Octobre 1917. Il devient commissaire du Peuple aux nationalités, puis secrétaire général du Parti Communiste d’Union Soviétique en 1922. Après l’élimination de ses rivaux en 1928, il s’impose comme seul maître de l’URSS jusqu’à sa mort.

En février 1917, la Russie est à nouveau en pleine ébullition politique. La révolution se traduit pour Staline par une libération et le retour parmi les cadres de la mouvance bolchevique. Reprenant les rênes de la Pravda dès mars, il est élu le mois suivant au Comité central. En accord avec Lénine sur la rupture nécessaire avec les mencheviks, il participe à la Révolution d’octobre. Membre du Politburo, commissaire du peuple aux Nationalités et très actif dans la guerre civile, Staline cumule déjà de nombreuses fonctions. Sur la question des nationalités, il suit dans un premier temps le point de vue de Lénine en faveur de l’autodétermination et l’égalité entre les peuples.

Pendant la guerre civile, il est remarqué pour ses actions radicales et ses capacités à gérer les situations difficiles avec sang froid et sans états d’âme. Ainsi, il est chargé de récupérer des récoltes dans la région de Tsaritsyne (future Stalingrad, désormais Volgograd) pour sauver Moscou, mission qu’il accomplit avec succès mais au prix d’actions musclées. C’est d’ailleurs à cette époque que commence son différend avec Trotsky. Son action pour maintenir l’ordre à Saint-Pétersbourg est également une réussite. Il échoue en revanche en Pologne où son refus d’envoyer des renforts à Varsovie mène à une défaite et est très critiqué.

Lénine a en effet perçu le rôle stratégique que prend le poste a priori formel de « secrétaire général du Comité central » quand la bureaucratie se renforce. Cela n’échappe pas non plus à Staline. Après la mort, en janvier 1924, du dirigeant historique de la révolution bolchevique, c’est un atout fondamental dans la course à la succession. D’autant plus que les dirigeants, trop soucieux d’évincer Trotsky, ne prennent pas garde aux avertissements de Lénine concernant Staline.

Staline se positionne tour à tour « à droite » puis à gauche. Ainsi, il élimine ses adversaires les uns après les autres, s’alliant avec les ennemis d’hier pour faire tomber un allié de la veille : Trotsky, Zinoniev ou encore Boukharine et Rykov chutent successivement, laissant le champ libre. Staline les éliminera définitivement quelques années plus tard dans les procès de Moscou.

Parallèlement, Staline use d’un discours simplificateur qui lui donne l’agrément des nouveaux arrivants du Parti, souvent moins cultivés et d’origine plus modeste que les dirigeants historiques de la révolution. Il se clame véritable successeur orthodoxe de la pensée de Lénine, et s’emploie à faire oublier les désaccords des dernières années.

En 1929, Staline occupe tous les postes stratégiques et a évincé ses ennemis. Il les remplace par des proches, des collaborateurs fidèles et dociles. Mais Staline ne s’est pas simplement imposé dans les cercles de pouvoir, il devient le « vojd » (le guide) du peuple et amorce le culte de la personnalité. L’URSS est mûre pour accueillir le stalinisme.

3. Les caractéristiques de son « règne » sur l’URSS :

Le stalinisme

Deux grandes actions engagées successivement en 1928 et 1930 illustrent la politique nouvelle que l’on nommera par la suite stalinisme : le premier plan quinquennal et la création du goulag.

L’objectif des plans quinquennaux est de rattraper l’immense retard économique de l’URSS : l’industrialisation doit se faire à marche forcée. Ainsi, la NEP (Nouvelle politique économique) est supprimée et l’agriculture doit accepter une profonde réforme : la collectivisation de masse. En effet, pour permettre à l’industrie de fleurir, Staline veut s’appuyer sur un large effort du monde paysan. Mais ce dernier n’adhère pas avec enthousiasme à cette nouvelle économie. Les kolkhozes, immenses fermes d’Etat, sont perçus comme un nouveau servage. Staline démontre qu’il n’est pas surnommé « l’homme d’acier » sans raison et qu’il n’a pas perdu la fermeté qui le caractérisait lors de la guerre civile. Les ennemis de la réforme sont immédiatement assimilés aux ennemis de la révolution et donc du peuple. Parmi eux, les « koulaks », des paysans enrichis, sont particulièrement mal considérés. Une véritable guerre leur est livrée, donnant tout son sens au Goulag, lieu de déportation des ennemis du régime. Aux milliers d’exécutés et de déportés, s’ajoutent les millions de morts de la grande famine de 1932-1933. Staline, au courant de la situation, ne faiblit pas : la paysannerie se soumet.

Après avoir écarté dans les années 1920 ses adversaires potentiels dans les cercles restreints du pouvoir, Staline engage en 1936 la mise au pas de toute la société. C’est la période des grandes purges. Des milliers de fonctionnaires sont remplacés, des centaines exécutées dans tous les domaines de l’Etat et notamment dans l’armée. Les bolcheviques de la première heure servent d’exemples dans les procès de Moscou. Mais les actions staliniennes ne se limitent pas à la bureaucratie et aux élites : de vastes campagnes, aidées par une juridiction d’exception, permettent l’arrestation de plusieurs centaines de milliers de personnes. C’est ce que l’on nomme la « Grande Terreur ». A la fin des années 1930, entre 600 000 et 700 000 personnes auraient été exécutées tandis que l’URSS compte entre 5 et 10 millions de prisonniers politiques. Staline a mis en place un système totalitaire.

En 1945, devenu maréchal, Staline bénéficie d’un nouveau statut dans ses frontières comme à l’extérieur : il est l’homme qui a sauvé le peuple et celui qui a battu Hitler. La guerre lui a permis de renforcer le culte de la personnalité et de centraliser encore plus de pouvoirs. Le « petit père des peuples » est presque considéré comme un dieu, il est au faîte de sa puissance et de sa gloire.La victoire de l’URSS aux côtés des alliés contre l’Allemagne Nazie renforce le prestige de Staline.

Après 1945, il impose le régime communiste dans les pays d’Europe centrale et orientale. Staline est à l’origine du concept « d’ ennemi du peuple » qui a rendu possible les répressions les plus violentes pour ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui.

Fin du règne : 

Ainsi affermi, Staline replonge le pays dans la terreur durant les dernières années de sa domination. Si la guerre a permis une certaine libéralisation du régime, le retour à la paix favorise le retour à l’ordre. De surcroît, la guerre froide justifie un durcissement de l’idéologie. « L’impérialisme », synonyme de capitalisme, redevient l’ennemi premier tandis que Tito remplace Trotsky dans le rôle du « déviationnisme ». De nouvelles arrestations ont lieu, comme lors de l’affaire de Leningrad. Staline pousse la logique totalitaire jusque dans ses extrémités. La culture, cible traditionnelle, est à nouveau sommée de se plier aux dogmes du réalisme. Staline est de plus en plus omniprésent dans toute la vie de l’URSS mais le personnage est de moins en moins visible. Depuis que sa seconde femme s’est suicidée en 1932, il semble avoir renoncé à un nouveau mariage et à une vie sociale « classique ». Il vit essentiellement entouré de ses très proches collaborateurs.
Vers la fin de sa vie, Staline est l’objet d’un véritable « culte de la personnalité » de la part des communistes du monde entier. Après sa mort, le 5 mars 1953, son successeur, Nikita Khrouchtchev, dénonce ses crimes, c’est la « déstalinisation ». Les funérailles de Staline sont grandioses, à la hauteur du culte de la personnalité cultivé de son vivant. Les communistes du monde entier manifestent pour lui rendre hommage. Pourtant, en quelques mois seulement, les portraits de Staline disparaissent progressivement des murs soviétiques. En 1956, Khrouchtchev fait un rapport secret sur les excès de l’ancien dirigeant lors du XXème Congrès du PCUS. C’est le début de la déstalinisation. Staline a en effet régné dans le sang : entre les arrestations, les déportations, les exécutions massives et la famine de 1932, les victimes du régime se comptent en millions. Face à un tel bilan, on compare souvent Staline et Hitler, les deux bourreaux du XXème siècles et les créateurs d’un nouveau type de régime défini comme « totalitaire » .

 

Culte de la personnalité :  Attitude donnant plus d’importance à l’image du chef politique qu’à la collectivité.

 

 

 

Ci-dessus, une image de propagande montrant Staline diriger le peuple

 

 

 

 

 

Sources: Hist-géo.com // wikipedia.fr // l’internaute.fr // google.image.fr //