Aussehen : regarder au dehors

Nous avons eu la chance de faire la rencontre de l’artiste Sylvain Fraysse, dans le cadre de sa résidence au sein de notre lycée sur le thème du regard. Durant cette intervention, il nous a proposé le visionnage d’une vidéo du philosophe Jean-Luc Nancy, « Regarder, c’est garder deux fois ».

Aux alentours des 4 minutes, Jean-Luc Nancy, évoque la manière dont une image retient notre attention, notamment par la façon dont elle apparaît. De ce fait, il bascule sur l’allemand, car pour lui, c’est le terme aussehen qui définit le mieux cette situation.

Dans la langue française, regarder c’est d’abord diriger la vue vers quelque chose, porter de l’attention vers quelque chose.

Dans la langue allemande, regarder se traduit par sehen mais peut prendre un sens différent en mettant la préposition aus qui vient de raus, soit dehors, et devient alors aussehen, voir au dehors, sembler, paraître. Cela questionne sur le sens même de aussehen, qui est un verbe à particule séparable, on distingue alors l’action de voir et l’action de voir au dehors.

En effet, selon Jean-Luc Nancy, on peut percevoir une photographie avec notre interprétation, mais elle nous sera propre, et chacun aura une interprétation différente.

Ce terme aussehen nous propose aussi une vision du monde qui est hors de nous, qui nous est imposée, et non l’inverse, c’est-à-dire que ce n’est pas nous qui percevons le monde d’une façon particulière. La vision du monde ne dépend donc pas forcément de nous.

De plus, à partir de la définition allemande de aussehen, on trouve « quelque chose qui laisse quelque chose d’autre en suspend », ce qui donne une dimension plus profonde du regard.

Marina et Milena

Monika…

 

Le regard de Monika, extrait du film suédois Un été avec Monika d’Ingmar Bergman, sorti en 1957, est le premier regard caméra de l’histoire du cinéma. C’est sans doute en partie pour cela que cet extrait est si puissant, mais également pour l’étonnant jeu d’acteur de Harriet Andersson, interprétant Monika, qui était alors seulement âgée de 21 ans.

Ce film, c’est l’histoire de deux jeunes suédois, Harry et Monika, qui décident de fuir la vie active pour séjourner sur une île, où ils passeront un été de rêve. Mais, alors qu’ils vivaient d’amour et d’eau fraîche, la réalité les rattrape : Monika est enceinte, Harry s’inquiète de leur avenir, et ils sont contraints de revenir à Stockholm. De retour, ils se marient. Monika a 17 ans, Harry 19. Et avec le temps, Monika, bien jeune, se sent emprisonnée dans sa vie familiale avec Harry et leur fille. Elle se lasse.

La scène du regard caméra correspond au moment où Harry est parti pour un voyage d’affaire. Monika, qui a confié sa fille, encore bébé, à sa tante, trompe Harry. Assise dans ce que l’on devine être un pub, musique autour d’elle, beau garçon pour compagnie, une cigarette entre les lèvres, elle se tourne vers la caméra pour nous fixer pendant 30 secondes, qui nous paraissent alors interminables. Sans cligner des yeux. Pour celui qui a regardé le film en entier, ce regard nous paraît à la fois provocateur et rempli de désir. Ce désir, conséquence de l’ennui, se meut en joie de retrouver de l’action dans sa vie. Pour ceux qui n’ont vu que ce regard, il est triste.

Monika adresse un regard à la caméra. C’est un regard long, qui dure 30 secondes. On peut interpréter ce regard comme «méprisant» voire «triste» et « provocateur »,« rempli de désir ». La dimension de tristesse que l’on en a nous vient de la façon dont Jean-Luc Godard a qualifié le regard de« plus triste de l’histoire », il a déclaré, en 1958, dans la revue Arts :  « Il faut avoir vu Monika rien que pour ces extraordinaires minutes où Harriet Andersson, avant de recoucher avec un type qu’elle avait plaqué, regarde fixement la caméra, ses yeux rieurs embués de désarroi, prenant le spectateur à témoin du mépris qu’elle a d’elle-même d’opter volontairement pour l’enfer contre le ciel. C’est le plan le plus triste de l’histoire du cinéma. » Dans tous les cas, il nous semble excessivement long et insoutenable. Différentes suppositions peuvent se faire sur cette partie de film : on peut penser que le regard est adressé au spectateur dans le but de le faire réagir, de le provoquer ; on est en 1957, avant la libération sexuelle. Le spectateur d’alors a été choqué par ce regard. De plus, une rupture est créée lors de cet insoutenable regard et l’endroit où nous sommes semble s’éloigner de nous ; se plonger dans cet intense regard nous donne l’impression de nous plonger dans les pensées de Monika. On peut aussi penser que ce regard est un regard de détresse, d’appel au secours qu’elle lance pour qu’on la sauve de son ennui. Pour finir, on peut penser que le regard est adressé au réalisateur qui était son amant dans la vie réelle lors du tournage. Nous rentrons donc dans une intimité de couple et le regard ne nous est donc plus adressé.

D’un point de vue personnel au sein du groupe de réflexion que nous avons formé suite à la rencontre de Sylvain Fraysse qui nous a montré le regard de Monika, et d’un point de vue adolescent, nous ressentons plus de compassion pour Harry, le mari de Monika, que pour cette dernière. Il se retrouve seul avec sa fille qui vient de naître, après avoir surpris Monika avec son amant, alors qu’elle n’occupe ses journées qu’à dormir. La nuit, c’est d’ailleurs Harry qui s’occupe de leur fille. La journée, c’est sa tante : dans tous les cas, ce n’est jamais Monika. C’est pour cela que nous ne la trouvons pas juste envers Harry, car lui travaille toute la journée, il fait de son mieux pour nourrir sa famille et qu’elles soient heureuses, elle et leur fille, et en retour, Monika va jusqu’à le tromper. D’un autre côté, un adulte a plus de compassion pour Monika et comprend son ennui, par l’expérience qu’il a acquise au cours de sa vie.

Quoi qu’il en soit, ce regard est plein d’émotions et conduit le spectateur à s’interroger sur son sens, il ne laisse aucunement indifférent.

 

Julie-Mary, Carla, Camille, Laura, Marie, Sam

Le Regard de Méduse

Ce regard bref mais méprisant ;

Crépitant comme une grenade ;

Se perdant dans une balade ;

Au-delà même de ce temps ;

 

Ces lèvres bleues dans l’océan ;

Suspendues à une façade ;

Dont l’éclat n’a pas de brimades ;

S’effacent dans un sombre blanc ;

 

De ton visage de lumière ;

Tu assombris les fleurs sur Terre ;

Et tu abandonnes Athéna ;

 

Oh ! Regard mauvais de Méduse ;

Oh ! Regard ardent qui s’amuse ;

C’est ton beau regard Monika.

Célian

« Querelle d’esclaves », une relecture de Plaute.

Au cours d’une séquence consacrée aux esclaves, nous avons étudié un extrait de la Mostellaria de Plaute, la scène d’ouverture qui présente une confrontation entre deux esclaves, l’un de la ville (Tranion) et l’autre de la campagne (Grumion). Le langage fleuri des deux protagonistes nous a inspirés et nous avons fait une traduction libre de ce texte. Et si Grumion et Tranion se disputaient aujourd’hui…

GRUMION : Ah vraiment, bon à rien, tu te moques de ma vie, mais bientôt tu me rejoindras, et le travail, tu feras. En attendant, profites-en, parce que les soirées arrosées, ce sera terminé ! Fini de se la couler douce, tu n’iras plus t’amuser dans les maisons closes à faire la racaille de Shanghai. Tu n’en fais qu’à ta tête, que va dire le boss en rentrant ? Tu te rends compte que tu as perdu le fils et la maison du patron !

TRANION : Que la colère des dieux s’abatte sur toi ! Pff ! Tu pues l’ail, véritable ordure, péquenaud, t’empestes le bouc, sale porcas’, fumier !

GRUMION : Qu’est-ce que tu veux y faire ? On ne peut pas tous sentir le Chanel comme toi !  On n’est pas tous des bobos ! On bouffe pas tous du homard ou encore du caviar ! Alors, moi, l’ail me suffit. Tu es riche, pour moi, c’est la dèche au Bangladesh et c’est comme ça !

TRANION : T’es dans ta jalousie, je suis dans mon jacuzzi. Moi, je suis dans la lumière et toi, tu es dans mon ombre. Et bam ! Je pécho les femmes, et toi, les vaches ! Je suis posey dans mon palay, t’es posey dans ton fumiey.

Siriane, Eline, Marie, Jade (Bam !), Amandine, Edouard, Damien, Loris.

Un voyage pédagogique mais surtout une compétition !

En effet, le concours du boulet a animé la semaine des latinistes à Rome. Le principe ? Exécuter le plus belle cascade ou se trouver dans une situation insolite malgré soi. Tous les concurrents ont donné tout ce qu’ils avaient pour emporter le grand titre ! Un nombre de chutes inimaginables a été réalisé et une accumulation de grands moments des plus étonnants (notamment pour le grand gagnant, qui faisait son entrée dans la compétition) s’est produite.

Le grand prix a été remporté par une personne qui s’est découvert une passion pour la fiente. En effet, il a remporté le trophée (très convoité) du boulet de la semaine grâce à l’aide précieuse des plus beaux oiseaux de la capitale italienne : mouettes, pigeons, tourterelles. Parmi les figures hautement artistiques et techniques réalisées par le vainqueur : sur le Palatin, l’athlète s’est appuyé sur une rambarde enduite de fiente de mouette ; face à l’ambassade de France à Rome, le Palazzo Farnese, notre compétiteur  a réceptionné (bien malgré lui) une déjection de pigeon sur son blouson et face à Santa Maria di Trastevere, il a pratiqué la figure (délicate) de l’esquive, en évitant une offrande d’une tourterelle qui volait au-dessus de lui. A ce stade de maîtrise technique, il ne pouvait plus être dépassé dans le classement.

Les autres concurrents ont joué dans une catégorie différente : la gamelle. Deux techniques ont été employées : la répétition et le spectaculaire ! Lors de la découverte de la Città dell’altra economia, les participants ont pratiqué le patinage (plus ou moins) artistique… le concours de gamelle était lancé ! Certains (voire tous les élèves) ont passé plus de temps au sol que debout ! Mention spéciale pour un individu adepte, visiblement, du « ventreglisse »…

Et une montée dans le bus plus tard, après une chenille endiablée devant l’Ara Pacis, une nouvelle participante fait son entrée sur le podium, une cascade extraordinaire : course, tentative d’esquive de l’obstacle, choc, retournement, écroulement…ricanements ! 

Et voici le palmarès 2016 :

1ère Place : Monsieur Cacatastrophe

2ème Place : Miss Ikea

3ème Place : Madame Gaston Lagaffe

Prix Spécial : Monsieur Candéloro

Amandine, Jade, Siriane.

La fleur

 

En classe de latin, nous avons rencontré, avec nos camarades de terminale l’artiste Sylvain Fraysse avec qui nous avons parlé des différents regards, comme le regard caméra de Monika dans le film Un été avec Monika. Nous avons cherché ce que peuvent signifier les mots « regarder » et « regard», à travers différentes œuvres et par leurs compositions. Nous avons aussi vu les différents points de vue et les différentes formes du regard dans l’histoire.

Pendant la séance, nous avons proposé de faire un travail en rapport avec le regard. Nous pouvons faire ce travail en groupe ou seul et de la manière que nous voulions. J’ai choisi de travailler seule et de faire un dessin.

Pour ce travail, je voulais montrer un dessin qui représente le regard à travers quelque chose. J’ai pensé au début à faire un visage qui nous regarde, puis je trouvais cela compliqué alors j’ai réfléchi à faire un objet qui représenterait le regard de l’observateur.

J’ai fait plusieurs croquis, avec un visage qui nous regarde, avec un mur, avec un arbre. Après plusieurs essais, j’ai eu l’idée de dessiner une fleur avec une phrase qui nous fasse réfléchir sur le regard et le point de vue du regard par rapport au dessin.

Enfin, j’ai dessiné cette fleur pour montrer que l’objet qu’on regarde peut aussi nous regarder quel qu’il soit, même s’il on ne le remarque pas dans la vie quotidienne.

Lucie

La tombe du plongeur, Paestum

La Tombe du Plongeur de dimension 215 x 100 x 80 cm a été réalisée au Ve siècle avant J-C, et retrouvée en Italie en 1968 par Mario Napoli. Elle est actuellement exposée au musée archéologique national de Paestum en Italie. La fresque de la Tombe du Plongeur est célèbre car elle est l’unique exemple de peinture pariétale décorative sur tombe. Cette fresque représente la vie dans la grande Grèce.

Les quatre parois intérieures de la tombe sont entièrement recouvertes de peinture et représentent un banquet.

Les côtés Sud et Nord de la tombe sont des peintures représentant des convives allongés sur des lits se divertissant (mangeant, buvant, jouant et écoutant de la musique). On peut également voir sur la paroi Nord une scène amoureuse homosexuelle. Ces scènes de banquet sont les dernières scènes heureuses du monde des vivants que le défunt verra.

Le côté Est représente un serviteur à côté d’un vase : c’est le côté où la tête se trouve. L’intérieur du vase symbolise l’élixir de jouvence c’est-à-dire la jeunesse et le commencement de la vie. Le mort ne peut pas voir cette scène, ce qui montre que sa jeunesse n’est plus.

Enfin, sur la paroi côté Ouest on trouve un cortège avec trois personnages. Le cortège illustrerait l’intégration du défunt à sa nouvelle vie après sa régénération par la mer, qui figure sur le couvercle.

Le couvercle est la face que le mort «voit». On peut observer un homme en train de plonger dans une mer qui celle-ci représenterait les Enfers, l’au-delà. Ce plongeon symboliserait la transition de sa vie passée vers une nouvelle vie dans l’au-delà. En effet, l’arbre situé derrière lui représenterait sa vie parmi les mortelles, et la branche cassée le malheur. L’arbre devant lui incarnerait la résurrection grâce à ses sept branches. Le chiffre sept est associé à la régénération.

On peut se demander si les peintures qui ornent la tombe sont vues par le défunt ou bien si elles permettent uniquement de rassurer les vivants.

Jade, Audrey, Clotilde, Dayane, Maëlys, Anna

Un petit tour au Vatican

           Dernier jour du voyage, on part pour le Vatican. On arrive devant une grosse pierre avec une porte.

Après 30 minutes de queue, on entre enfin. Il y a du monde partout ! Direction le musée, on prend l’escalier et c’est parti. Évidemment, on n’en visitera qu’une partie, il y a 1400 salles abritant l’une des plus grandes collection d’art au monde ! Des tableaux, des sculptures, partout. On se presse pour en voir le plus possible, on n’a peu de temps. On sort après 2h dans le musée. On a pris plein de photos. Encore une à faire, la photo de groupe.

         

   Après le déjeuner, on y retourne, pas par le gros caillou mais cette fois par la grande place. Celle-ci fait 198m sur 148m et a une forme elliptique. On s’arrête un temps pour trouver un endroit, un marquage au sol d’où on voit qu’une seule rangée de colonnes sur les 4 de la place. Après un quart d’heure de recherche, on se dirige vers la Basilique. Celle-ci mesure 219m de long pour 136 m de haut (Notre-Dame-de-Paris y rentre deux fois en hauteur), c’est la plus grande basilique au monde ! De grands artistes ont participé à sa construction comme Michel-Ange, Brammante, Raphaël, Le Bernin … Bref, on entre, on voit de grandes sculptures représentant les Saints (Sainte Hélène, Saint Longin, Saint André, Saint Benoît, Sainte Véronique) … Après un petit temps dedans, on se pose sur les escaliers et on part pour une dernière balade dans Rome.

Loris, Damien, Edouard

Testaccio

Tout a commencé

En avançant  dans l’allée

Seul mon regard s’est dispersé

Tout en étant claire dans mes pensées.

Attirée comme un aimant

Coucher de soleil éblouissant

Couverte de tes rayonnements

Immobile en te regardant

On ne pourra jamais se résigner à t’oublier.

Marie et Éline

Le poème décrit notre arrivée à la Città dell’altra economia. La cité de l’autre économie se situe dans un quartier de Rome nommé Testaccio, d’où les premières lettres des vers du texte. C’est un endroit aménagé sur un espace de 3500 m2 dans les halles des anciens abattoirs de Rome. Ce centre commercial est dédié à l’économie sociale et solidaire. Les huit boutiques présentes veulent montrer à la population qu’une autre économie est possible, celle liée au commerce équitable. C’est à la suite de la visite du centre d’art du MACRO que nous avons découvert cet endroit étonnant.

A venir…

Rome 2016 : La basilique Saint Pierre, la Città dell’altra economia, etc.. (élèves de 2de)

Le regard : Dossier réalisé par les élèves de 1ère et terminale suite à la rencontre avec Sylvain Fraysse, artiste en résidence au lycée. (Monika, Que regardent les morts ? etc.)